vignette|300px|Waterloo, 1815. Disposition des troupes et mouvements. La tactique militaire est l'art de conduire une bataille, en disposant les différentes armes (infanterie, arme blindée cavalerie, artillerie, génie ; puis aviation tactique, etc.) sur le terrain et en combinant leur action en vue d'obtenir le maximum d'effet sur l'ennemi.

Étymologie Le terme de tactique est issu du grec Taktikos (« qui concerne l'arrangement, spécialement l'organisation ou l'alignement d'une troupe »).

La tactique désignait aussi la science de construire les machines des anciens, « qui lançaient les flèches, les dards, les pierres et les globes à feu » par la force des arcs bandés, bascules et contrepoids. Héron de Byzance et Végèce ont écrit à propos de ces machines et elles ont été décrites et dessinées par Juste Lipse.

Définition

Citations

Branches de la tactique militaire La tactique militaire est l'art de conduire une bataille. On en distingue plusieurs niveaux :

la tactique générale, tactique d'ensemble ou tactique des trois armes s'appliquant à l'ensemble des forces militaires présentes sur le champ de bataille, organisées en ordre de bataille. Elle consiste à la coordination synergique de l'action des différentes armes lors de la bataille. C'est donc la tâche des commandants d'unités interarmes, soit des commandants de divisions, de corps d'armée, d'armées et de groupes d'armées. la tactique élémentaire, tactique de détail, tactique d'armes ou encore subtactique, s'appliquant à chaque petite unité sur le champ de bataille (bataillon, régiment, brigade, escadron, batterie...). Elle concerne notamment les formations tactiques de ses unités, lors du combat ou des manœuvres.

Ces dimensions de la tactique furent théorisées par Jomini ou Grouard. Aussi, on retrouve le concept de grande tactique, aujourd'hui oublié et qui ne fait plus partie de la tactique mais de l'art opératif.

Tactiques anciennes

Manœuvres et attaques

Attaque frontale

On parle d'attaque frontale lorsque des forces militaires attaquent d'autres forces militaires de front, sur le centre de leur dispositif tactique. Ce genre d'attaques est souvent meurtrier et risqué mais peu difficile à mettre en œuvre.

La charge est une manœuvre consistant en une attaque frontale et massive effectuée à l'aide d'infanterie (de ligne armée de baïonnettes lors des guerres d'armes à feu) ou de cavalerie - souvent lourde - et qui donne lieu à une mêlée. Elle est utilisée tout au long de l'histoire.

La charge des hussards ailés polonais en 1683 à la bataille de Vienne est mémorable. Celle des 12 000 hommes du maréchal Murat à Eylau en 1807 est considérée comme la plus grande de cavalerie de l'histoire. En 1863, lors de la bataille de Gettysburg, la charge de Pickett voit 13 000 fantassins se lancer à l'assaut des positions nordistes. La charge constitue également la manœuvre offensive la plus utilisée de la Première Guerre mondiale.

Enveloppement

Ces tactiques d'enveloppement, se déroulant davantage sur les ailes qu'au centre, s'opposent à l'attaque frontale. Elles nécessitent une manœuvrabilité importante que permet la cavalerie légère notamment. De même, l'infanterie, composante majoritaire d'une armée, ou l'artillerie peuvent jouer un rôle important dans le cas de tir en enfilade par exemple.vignette|Manœuvre de flanquement à la bataille de Chancellorsville. La manœuvre de flanquement est une attaque menée sur un ou plusieurs flancs d'une force adverse. Dans le cas d'une attaque menée sur les deux flancs, on parle de mouvement en tenaille ou de double-enveloppement. Si cette manœuvre risquée aboutit, la force adverse peut se retrouver cernée selon deux directions voire encerclée, ce qui réduit considérablement sa manœuvrabilité et son aptitude à se défendre ou à retraiter. De fait, l'encerclement correspond une manœuvre consistant à encercler, à entourer une armée. Il s'agit d'un risque majeur pour une armée. Mais cette tactique est difficile à appliquer et nécessite la plupart du temps une supériorité numérique.

La bataille de Marathon (-490), comme celle du Yarmouk (636) donne lieu à un double-enveloppement. La tactique zoulou de la « corne de buffle » correspond également à cette manœuvre. La bataille d'Austerlitz (1805) voit se produire une attaque de flanc qui tourne au désastre ce qui montre parfaitement le risque que constitue cette manœuvre. Lors de la seconde bataille de Bull Run, les nordistes subissent le flanquement des hommes de Longstreet. À la bataille de Chancellorsville (1863), le général Lee décide de séparer en deux son armée, en nette infériorité numérique, et mène avec succès, une attaque de flanc. Pour ce qui est de l'encerclement, cela ne correspond pas à une période historique particulière mais si elle fut davantage couronnée de succès durant l'Antiquité. Alexandre le Grand utilise la tactique dite "du marteau et de l'enclume" aux batailles de Granique (-334) et d'Issos (-333) qui n'est autre qu'un encerclement par les ailes. Hannibal Barca encercla son adversaire à la bataille du Tessin, à celle de la Trébie mais c'est la bataille de Cannes (-216) qui fournit l'exemple le plus célèbre d'encerclement. Hannibal est lui-même encerclé à la bataille de Zama. Beaucoup plus tard, l'armée française se retrouve encerclée par les prussiens à Sedan (1870).vignette|Ordre oblique à la bataille de Leuctres.On retrouve également la tactique de l'ordre oblique. L'armée est alors disposée de façon à engager le combat par l'une de ses ailes, en refusant l'autre aile à l'ennemi. L'aile renforcée lance l'attaque, bientôt soutenue par le centre, et cherche l'enveloppement de l'ennemi.

Cette audacieuse tactique fut utilisée pour la première fois durant l'Antiquité par le général thébain Épaminondas lors de la bataille de Leuctres (-371). Elle est ensuite employée par Frédéric le Grand durant les guerres de succession d'Autriche et de Sept Ans, avec succès aux batailles de Rossbach et de Leuthen et, avec moins de succès aux batailles de Hohenfriedberg, Zorndorf, Hochkirch, Kunersdorf, Torgau.

Harcèlement

Le tiraillement est une tactique qui a prouvé son efficacité lors des guerres révolutionnaires et napoléoniennes. Elle consiste en l'utilisation de tirailleurs. Ce sont des troupes d’infanterie légère envoyées en avant du front en ordre dispersé (≠ordre serré) pour tirer fréquemment sur l’ennemi sans ordre et le harceler, infligeant souvent plus de pertes aux adversaires. Durant l'Antiquité, il existait des formes anciennes de tiraillement, notamment à travers les vélites.

La tactique de la caracole implique une disposition des cavaliers sur plusieurs rangs. Le premier rang, arrivé à portée de tir, fait feu sur l’ennemi, puis se replie derrière en dernier rang pour recharger. Les rangs suivants font de même.

Le cercle cantabrique consiste à former un cercle rotatif autour de l'ennemi tout en le harcelant en lançant des traits (javelots, flèches) sur lui.

Par ailleurs, la tactique du tire et détale ou du hit-and-run cherche à réaliser de courtes attaques surprises, puis à se retirer avant que l'ennemi ne puisse lancer de contre-attaques.

Percée

Cette tactique consiste à concentrer ses attaques, charges et bombardements à un endroit pour le faire faiblir et craquer pour in fine créer une ouverture dans le dispositif ennemi. Pour y faire face, il est important de disposer d'une réserve de bataille, capable d'intervenir rapidement pour combler la brèche. La réserve sert également, du côté des assaillants à exploiter la brèche créée, pour par exemple dans le dispositif adverse et lancer une manœuvre sur les arrières.

Pour réussir cette tactique, il peut être intéressant de concentrer beaucoup de troupes sur son centre comme cela a pu être fait par Pélopidas à la bataille de Tégyres. De cette façon, le dispositif peut être pénétré comme à la bataille de Chéronée.

Déception

Le terme de déception, de ruse de guerre ou encore de Maskirovka se réfèrent à l'art de la désinformation militaire.

Les embuscades et les diversions constituent des sortes de pièges pouvant être utilisés à des fins tactiques. Ces tactiques, certes anciennes, peuvent être utilisés aujourd'hui encore. Lors d'une embuscade, des embusqués se dissimulent pour attaquer les forces ennemies par surprise lorsqu'il passe devant leur position. La diversion constitue quant à elle une tactique et une stratégie de manipulation de l'adversaire destinée à détourner son attention et éventuellement ses troupes du point que l'on veut l'attaquer pour le prendre par surprise.

« Progresser séparément, frapper en groupe ». Telles furent les paroles de Moltke l'Ancien (1800-1891), qui prônaient une dispersion des forces lors d'une attaque avant une concentration. De cette façon, les attaques étaient moins prévisibles, par conséquent, les adversaires ont peu de temps pour réagir et renforcer les troupes attaquées. Cette tactique de dissimulation, pouvant être utilisée à une échelle opérative voire stratégique, peut être employée dans le cadre d'une manœuvre de flanquement ou d'une percée par exemple. Elle fut notamment utilisée par Napoléon durant la campagne d'Italie (1796-1797) ou par Moltke durant la guerre austro-prussienne (1866), en particulier à la bataille de Sadowa.

Aussi, dans certains cas, des groupes armés peuvent se retrouver dissimulés par le terrain (forêt, colline) ou un autre groupe armé, notamment de la cavalerie. Ce fut le cas à la bataille de Koulikovo, à la bataille de Gaugamèles ou à celle de Pharsale.

La retraite feinte constitue également une tactique de manipulation. Elle fut utilisée de nombreuses fois comme par Guillaume le Conquérant à la bataille d'Hastings, Gengis Khan lors du siège de Samarcande ou bien plus tard par Napoléon lors de la bataille d'Austerlitz.

Contre-attaque

On parle de contre-attaque lorsque des forces militaires, défendant un assaut de leurs adversaires, lancent à leur tour un assaut. En cause, pendant leur assaut, les attaquants peuvent être devenus vulnérables en se plaçant eux-mêmes dans une position défavorable qui peut être liée à l'épuisement, la désorganisation, l'isolement, la rupture des lignes de communication ou encore la suffisance.

Par exemple, le colonel Joshua Chamberlain commandant un régiment nordiste à Little Round Top, ordonne avec succès une contre-attaque considérée comme un des points culminants de la bataille de Gettysburg (1863).

Formations tactiques

Infanterie