L'Alaska (prononcé en français, en anglais, Аля́ска en russe et Alaasikaq en inupiaq) est le des États-Unis, dont la capitale est Juneau et la plus grande ville Anchorage, où habite environ 40 % de la population de l'État. Avec une superficie totale de , il est l'État le plus étendu et le plus septentrional du pays, mais l'un des moins peuplés, ne comptant que en 2023.

Comme Hawaï, l'Alaska est séparé des États-Unis contigus. Il se situe au nord-ouest du Canada. Bordé par la mer de Beaufort au nord, la mer des Tchouktches au nord-ouest, la mer de Béring au sud-ouest, par l'océan Pacifique le long des côtes méridionales d'une partie des Aléoutiennes (depuis l'île d'Unimak jusqu'à l'île d'Attu), par le golfe d'Alaska au sud, ce territoire est séparé de l'Asie par le détroit de Béring, la mer de Béring et la mer des Tchouktches. L'Alaska du Sud-Est est baignée par les eaux côtières de l'Alaska du Sud-Est et de la Colombie-Britannique. En outre, ses divisions administratives se distinguent du reste des États-Unis puisqu'elles ne sont pas des comtés mais des boroughs.

Alaska signifie « grande Terre » ou « continent » en aléoute.. Cette région, que l'on appelait au l'« Amérique russe », tire son nom d'une longue presqu'île, au nord-ouest du continent américain, à environ mille kilomètres au sud du détroit de Béring, et qui se lie, vers le sud, aux îles Aléoutiennes. Le surnom de l'Alaska est ou .

Peuplé par des Aléoutes, Inuits (notamment Iñupiat et Yupiks) et peut-être d'autres Amérindiens depuis plusieurs millénaires, le territoire est colonisé par des trappeurs russes à la fin du . Les ressources de l'Alaska proviennent alors essentiellement du commerce du bois et de la traite de fourrures. Le , les États-Unis l'achètent à la Russie pour la somme de de dollars (environ de dollars actuels), et celui-ci adhère à l'Union le . Les secteurs économiques prédominants aujourd'hui sont la pêche, le tourisme, et surtout la production d'hydrocarbures (pétrole, gaz) depuis la découverte de gisements à Prudhoe Bay dans les années 1970.

Le Denali ( d'altitude), point culminant des États-Unis, se trouve dans la chaîne d'Alaska et constitue le cœur du parc national et réserve du Denali. Denali est le nom originel du massif pour les peuples natifs de cette région.

Le climat y est de type polaire, et la faune caractéristique des milieux froids (grizzli, caribou, orignal, ours blanc). Les températures moyennes en Alaska ont augmenté de depuis 1950, le réchauffement climatique s'exerçant de façon particulièrement forte dans cette région du monde..

Les territoires limitrophes sont le territoire du Yukon et la province de Colombie-Britannique au Canada. Le kraï du Kamtchatka et le district autonome de Tchoukotka en Russie se trouvent à quelques dizaines de kilomètres, de l'autre côté du détroit de Béring.

Bastion du Parti républicain, l'Alaska est gouverné depuis 2018 par Mike Dunleavy.

Origine du nom Alaska est la version russe () du mot aléoute signifiant « terres » ou « grande péninsule ». Les Aléoutes sont des Inuits habitant les îles Aléoutiennes et l'ouest de l'Alaska.

Histoire Cultures autochtones

L'Alaska est habité pendant des milliers d'années par différents peuples avant la colonisation européenne.

Les savoirs et savoir-faire traditionnels font l'objet de recherches et colportage, notamment coordonnés par l'Alaska Native Science CommissionPortail de la commission Alaska Native Science Commission, qui inclut notamment une base de données sur les savoirs traditionnels et les nourritures des populations autochtones natives de l'Alaska.

Culture de Denbigh en Alaska (3000 à 1000 ) Territoire Les gens de Denbigh vivaient dans le nord de l'Alaska, il y a . Leur principale ressource était les animaux qu'ils chassaient dans la toundra, pour leur nourriture, leurs vêtements et leurs abris. En 1948, l'archéologue américain excave, au Cap Denbigh, sur la côte de la mer de Béring, des microlames de chert et d'obsidienne, qui ressemblent à celles trouvées précédemment dans le désert de Gobi (Paléo et mésolithique asiatique). Giddings remarque également que les pointes de projectiles ont des similitudes avec celles des Paléoaméricains et des cultures archaïques du Nouveau-Monde. Le nom de cette culture, comme beaucoup d'autres d'ailleurs, nous vient donc de la situation géographique de cette première découverte.

Ressources naturelles et activités de subsistance Ces peuplades passaient l'été sur les côtes de la mer de Béring et les autres saisons, à l'intérieur des terres à la recherche de caribous et de poissons anadromes.

Organisation sociale Ce groupe culturel est connu pour ses outils de pierre taillée, comme les grattoirs, les pointes de projectile, les outils pour le travail de l'os, les lames et les gouges.

Origines et descendances Le Denbighien est très proche culturellement des trois autres entités formant ce que l'on appelle les Paléoesquimaux anciens, que nous avons décrits précédemment. Les origines exactes de cette culture ne sont pas très bien connues. La technologie microlithique a sûrement pris racine dans la tradition paléolithique de l'Alaska et plus sûrement dans la culture paléosibérienne. En revanche, les Denbighiens sont les ancêtres de toute une série de cultures alaskaines : baleinières anciennes, Choris et Norton.

Pendant que les Paléoesquimaux développaient leur culture dans le Canada arctique et au Groenland, une évolution fort différente se poursuivait en Alaska dans la région du détroit de Béring. De leur côté, les îles Aléoutiennes ont connu un développement graduel qui a débouché sur la culture des Aléoutes d'aujourd'hui. La côte pacifique de l'Alaska, quant à elle, a connu une évolution technologique fondée sur l'ardoise polie, qui a pu être à l'origine des cultures inuits de cette région. Les côtes nord et ouest étaient occupées par des gens de la tradition des outils microlithiques de l'Arctique, la même culture que ceux de l'Arctique canadien. Vers 1000 , l'activité humaine en Alaska a connu un arrêt de plusieurs siècles. Après cette pause, apparaît une série de groupes comme les cultures baleinières anciennes, Choris et Norton qui sont un mélange complexe de microlithisme de l'Arctique, de culture de la côte du Pacifique et de groupes du Néolithique de la Sibérie orientale de la même époque.

Cultures baleinières anciennes (1000 à 120 ) Nous savons très peu de choses sur les cultures baleinières anciennes. En fait, il n'y a qu'un seul village de cinq maisons qui a été découvert au cap Krusenstern, au nord du détroit de Béring. Il y avait des os de phoque dans les maisons et des os de baleine étendus sur les plages environnantes. On peut considérer cette culture comme une tentative éphémère de mixité, des Aléoutes peut-être, des Inuits ou des Amérindiens.

Culture de Choris (1000 à l'an 1) Les gens de la culture de Choris vivaient dans de grandes maisons semi-souterraines ovales et chassaient le phoque et le caribou. Ils fabriquaient aussi des outils de pierre taillée qui rappellent passablement ceux de la Tradition microlithique de l'Arctique. Comme pour les cultures baleinières anciennes, l'origine des gens de Choris reste nébuleuse pour l'instant. Ces petits groupes de chasseurs étaient peut-être Inuits du sud de l'Alaska, ou des Aléoutes qui migrèrent vers le nord, ou des Amérindiens qui avaient adopté des coutumes inuits, voire des immigrants sibériens.

Colonisation russe Vitus Béring, un marin danois au service de l'Empire russe, est le premier Européen à arriver en Alaska en 1741.. L'Alaska devient alors une colonie russe, avant d'être vendu aux États-Unis en 1867 pour la somme de de dollarsVoir le montant sur le chèque utilisé pour le règlement (zoom)., et de devenir un État le .

Traite des fourrures

vignette|Les traces du passé russe sont encore visibles en Alaska : ici la ville d'Unalaska et son église orthodoxe.

À partir de 1784, les trappeurs russes établissent des comptoirs de traite permanents sur les îles Aléoutiennes et sur la côte américaine du Pacifique, jusqu'en Californie (Fort Ross, à moins de au nord de San Francisco). Pour commencer, des postes côtiers sont établis à Attu, Agattu et Unalaska, dans les îles Aléoutiennes, ainsi que dans l'île de Kodiak, au large de l'embouchure du golfe de Cook. Dix-huit mois plus tard, une colonie est établie sur le continent, en face de l'anse Cook. L'objectif est de chasser la loutre de mer, dont la fourrure se vend à prix d'or sur les marchés chinois. Comme en Sibérie, les Russes embauchent, alcoolisent et cherchent à convertir à l'orthodoxie les populations locales : la communauté orthodoxe alaskane est aléoute ou kodiak. On comptait environ à l'arrivée des Russes, mais seulement en 1885, après de domination russe (au pied du volcan mont Redoubt, haut de , la présence de l'église russe orthodoxe de Ninilchik rappelle que l'Alaska fut une colonie russe), puis américaine… vodka, bourbon et grippe ont eu ici les mêmes effets qu'ailleurs.. Dès la fin du , des marchands et des missionnaires américains et anglais viennent concurrencer les activités russes.

vignette|gauche|redresse|Alexandre Baranov.

En 1787, Aleksandr Andreïevitch Baranov fonde un poste de traite sur l'île Sitka, où il implante des serfs russes et aléoutes ; de 1799 à 1804, il est le gouverneur et administrateur résidant de l'Amérique russe et décide d'y construire sa capitale. Le fort est détruit par les Tlingits en 1802. Baranov reprend les lieux deux ans plus tard : l'île est rebaptisée de son nom actuel et la capitale prend le nom de Novo-Arkhangelsk (actuelle « Sitka »). En 1807, le gouverneur réside au château Baranov. En 1811, c'est lui qui établit le poste de Fort Ross en Californie. Au total, on peut compter une quarantaine de forts russes en Amérique, dans la première moitié du . La Russie déclare que l'Amérique russe s'étend jusqu'au détroit de la Reine-Charlotte (actuel Canada) et que les étrangers n'ont pas droit de passage. La Californie étant espagnole, alors que l'Oregon et la Colombie-Britannique (comprenant encore l'actuel État de Washington) sont anglais, l'accès au Pacifique et à ses fourrures semble impossible aux États-Unis. Face à ce blocage, le président américain James Monroe rédige sa célèbre doctrine qui vise à éliminer les influences européennes du continent. Les États-Unis, le Royaume-Uni et la Russie finissent par s'entendre, et un traité est signé en 1824, par le biais duquel la frontière russe est déplacée du sud (Californie) vers le nord (actuel Alaska), tandis que les Anglais renoncent à l’Oregon et au sud de la Colombie-Britannique (désormais territoire de Washington). Par ce traité, l'établissement de nouveaux forts russes hors Alaska est prohibé et, en 1825, le Royaume-Uni obtient un droit de passage le long de l'étroite bande côtière alaskaine. Finalement, l'achat de l'Alaska par les Américains, en 1867, met un terme à la présence russe en Amérique.

Territoire américain

Achat de l'Alaska

L'Alaska était un territoire russe, acheté par les Américains en 1867 pour de dollars. Cet achat fut effectué lors de la création d'une ligne télégraphique devant traverser la Russie et le détroit de Béring, reliant ainsi le territoire des États-Unis à l’Europe. Le transfert de ce territoire de la Russie aux États-Unis entraîna pour les Alaskains le passage du calendrier julien au calendrier grégorien ainsi que le décalage vers l'ouest de la ligne de changement de date ; pour cette double raison, ils virent le vendredi 18 octobre 1867 succéder au vendredi 6 octobre 1867. La région fut d'abord dénommée : département de l'Alaska () et placée sous la juridiction de l'armée jusqu'en 1877, puis du département américain du Trésor jusqu'en 1879 et enfin de la Marine jusqu'en 1884.