thumb|upright|Blason du de Paris. thumb|Logo du de Paris. Le de Paris est un des vingt arrondissements de Paris, situé sur la rive droite de la Seine.

Aux termes de l'article R2512-1 du Code général des collectivités territoriales (partie réglementaire), il porte également le nom d'« arrondissement de l'Entrepôt », mais les appellations d'arrondissement sont très rarement employées dans la vie courante.

Géographie Le arrondissement est situé dans le centre-est de la ville.

Bordé au nord par le 18, à l'est par le 19, au sud par les 2, 3 et 11, à l'ouest par le et à l'est par le 20 arrondissement, le territoire du arrondissement est délimité par les boulevards de la Chapelle et de la Villette, la rue du Faubourg-du-Temple, les boulevards Saint-Martin, Saint-Denis et de Bonne-Nouvelle, la rue du Faubourg-Poissonnière, et la partie la plus au nord du boulevard de Magenta. Il comprend sur son territoire une partie des places de la Bataille-de-Stalingrad, du Colonel-Fabien et de la République.

Sa superficie totale atteint , ce qui le classe en position des plus petits arrondissements de Paris.vignette|redresse=2|Plan du .|alt=|centré

Quartiers administratifs Comme tous les arrondissements parisiens, le est découpé en quatre quartiers administratifs : Quartier Saint-Vincent-de-Paul ( de Paris) ; Quartier de la Porte-Saint-Denis ( de Paris) ; Quartier de la Porte-Saint-Martin ( de Paris) ; Quartier de l'Hôpital-Saint-Louis ( de Paris).

vignette|Plan des quartiers.|alt=|centré Le compte également six conseils de quartier : Saint-Vincent-de-Paul - Lariboisière Louis Blanc - Aqueduc Porte Saint-Denis - Paradis Château d'Eau - Lancry Grange-aux-Belles - Terrage Faubourg du Temple - Hôpital Saint-Louis

Historique Antiquité Territoire marécageux et impropre à l'habitat, les Romains y établissent deux voies menant hors de Lutèce : celle qui menait vers l'actuelle Beauvais (Caesasoromagus) et qui deviendra la rue du Faubourg-Saint-Denis, et celle qui conduisait vers l'actuelle Saint-Denis (Catolacus), qui deviendra la rue du Faubourg-Saint-Martin.

Moyen Âge Le territoire du , situé hors des murs de la capitale, se développe d'abord autour d'institutions qui nécessitent d'être tenues à l'écart de la ville. C'est le cas des établissements religieux et médicaux, mais aussi du lieu d'exécutions capitales utilisé par les rois de France sur la butte de Montfaucon. En effet, dès le , sont érigées près de l'actuelle place du Colonel Fabien, des fourches patibulaires. Devenues au début du un véritable gibet construit en pierres sur 16 mètres de hauteur, le gibet de Montfaucon a fonctionné jusque sous le règne de Louis XIII, et fut démoli en 1760. vignette|Le gibet de Montfaucon, visible en haut à droite.|alt=|gauche Les institutions religieuses et médicales connaissent un développement précoce : dès le , les marécages sont asséchés et cultivés, avec la fondation d'un monastère qui deviendra l'église Saint-Laurent.

Au début du , c'est une léproserie qui s’installe à son tour sur la route de Saint-Denis. À côté de l'établissement s’étendait une vaste ferme permettant de subvenir à ses besoins. La léproserie s'agrandit progressivement jusqu’à devenir le plus étendu des enclos religieux de Paris : l'enclos Saint-Lazare.

Au début du , une autre communauté religieuse s'installe, entre les actuelles rues du Faubourg-Poissonnière et du Faubourg-Saint-Denis. Fondée par le futur évêque de Paris Guillaume d'Auvergne en 1226, le prieuré royal des Filles-Dieu est destiné à « retirer des pécheresses qui, pendant toute leur vie, avaient abusé de leur corps et à la fin estoient en mendicité ». Cependant, ce couvent de femmes situé hors de la ville étant trop exposé, il quitte sa première maison en 1360 pour se réfugier dans Paris, rue Saint-Denis, et le bâtiment est démoli.

Dans le même temps, à partir du , de nombreux artisans, jardiniers, maraîchers, vignerons commencent à quitter Paris intra-muros. C'est le début de la constitution des faubourgs, petits hameaux situés aux portes de Paris : faubourg du Temple, faubourg Saint-Martin, faubourg Saint-Denis, faubourg Poissonnière, etc.

Époque moderne vignette|L'hôpital Saint-Louis, construit à partir de 1607 sur ordre d'Henri IV.|alt=|gauche Au début du , à la suite des graves épidémies de 1562, 1596 et 1606, Henri décide de créer l'hôpital Saint-Louis. L'édit de fondation est signé le . Il s’agit initialement d'un hôpital intermittent, utilisé en période d’épidémie, pour mettre en quarantaine les malades contagieux de Paris. Il est ainsi installé hors les murs, au-delà de la porte du Temple, au milieu de champs, entre la rue du Carême-Prenant et les chemins de Saint-Maur, de Meaux et de Belleville comme le montre le plan de Turgot.

Dans le même temps, avec le recul de la lèpre, l'hôpital Saint-Lazare est en déclin depuis la fin du Moyen Âge. L'établissement sert à partir de 1633 à Vincent de Paul pour en faire le siège de la mission qu’il venait de fonder, la Congrégation de la Mission, dont les religieux prendront le nom de Lazaristes, en référence à l'enclos du même nom. vignette|La porte Saint-Martin, construite sur ordre de Louis XIV, en 1674, en l'honneur de ses victoires sur le Rhin et en Franche-Comté. Face au développement des faubourgs et de la ville qui s'étend, le territoire de l'actuel connaît un essor nouveau. En 1670, Louis XIV décide de détruire les remparts de Paris. Les murailles sont rasées et les anciens fossés comblés, remplacés sur la partie est par un fossé extérieur côté faubourg, de 24 mètres de large, pour le passage des égouts. Le « Nouveau Cours » est construit de 1674, année des premières plantations, à 1705. C'est aussi l'époque de construction des deux portes monumentales Saint-Martin et Saint-Denis.

Cependant, il devient nécessaire, en 1737, de réaménager le Grand Égout, un ruisseau canalisé depuis le et qui décrit une boucle autour des limites de la ville, jusque vers la Seine. Le prévôt des marchands, Michel-Étienne Turgot, décide du comblement de l'ancien égout et de la création d'un nouveau, dont les travaux durent jusqu'en 1740 et emploient plus de .

Au , le percement des boulevards et l'assainissement du quartier fait des Grands Boulevards un secteur en plein essor : de nombreux théâtres s'installent dès cette époque autour de la porte Saint-Martin, tradition qui perdure de nos jours.

Le faubourg Poissonnière s’urbanise à cette époque et devient un des quartiers prisés par l’aristocratie parisienne. Il se pare d'élégants hôtels particuliers : l’hôtel Benoît de Sainte-Paulle, l’hôtel Bourienne, l’hôtel Botherel de Quintin, l’hôtel Titon, l’hôtel Cardon, l’hôtel de Goys, l’hôtel Tabary (démoli)...

À partir des années 1780, le territoire de l'actuel est compris dans Paris intra-muros, avec la construction du mur des Fermiers Généraux. Une trace en subsiste à proximité du , avec la rotonde de la Villette, ancienne « barrière Saint-Martin ».

Révolution et Au début de la Révolution, Paris est découpé en sections : l'actuel correspond aux sections Poissonnière, Faubourg-Saint-Denis et Bondy, qui demeureront fidèles à la Convention nationale lors de la chute de Robespierre.

Les trois sections sont habitées par des populations économiquement faibles, et qui soutiennent la Révolution. Dès ses débuts, l'enclos Saint-Lazare est d'ailleurs pillé et saccagé pour ses importantes réserves de blé. En , les Lazaristes doivent quitter les lieux, et en , l'enclos devient une prison.

En 1795, les sections sont abandonnées et Paris est découpé en 12 arrondissements. L'actuel comprend toute la partie nord des anciens et .vignette|Le canal Saint-Martin, ouvert en 1825.Sous le Consulat, pour éviter de nouvelles épidémies (dysenterie, choléra), Bonaparte décide en 1802 de remédier au mauvais approvisionnement en eau potable des Parisiens. Gaspard de Chabrol, le préfet de la ville de Paris, propose alors que l'on reprenne un projet de canalisation de l'Ourcq (prenant sa source à une centaine de kilomètres au nord-est de Paris) datant déjà du .

La création du canal Saint-Martin est décidée par la loi du 29 floréal an X, avec celle des canaux Saint-Denis et de l'Ourcq. La construction des canaux est retardée par la situation du pays entre 1809 et 1815. Puis Louis XVIII relance le projet en y confirmant l'ingénieur Pierre-Simon Girard. Pour trouver les financements nécessaires : le préfet Chabrol propose de recourir aux capitaux privés, et en 1818, la Compagnie des Canaux de Paris se crée. Le préfet de la Seine pose la première pierre le 3 Mai 1822, et le nouveau canal est inauguré par Charles X le . Le territoire s'urbanise alors de plus en plus, notamment au nord.

La Restauration voit aussi la création de la place Charles X (actuelle place Franz Liszt, 1822), et le percement des rues de Chabrol (1822) et La Fayette (1823), ainsi que la construction de l'église Saint-Vincent-de-Paul (1824). vignette|Le boulevard de Magenta, une des percées du préfet Haussmann.|alt=|gauche À partir de 1852, Napoléon III et le préfet Haussmann entament de vastes travaux de réaménagement de Paris. Parmi les percées haussmanniennes importantes dans l'actuel , on trouve le boulevard de Strasbourg (1852) et le boulevard du Nord (1855, devenu boulevard de Magenta), mais aussi la création de la caserne du Prince Eugène (1855), à l'origine de la future place de la République, ou encore de la gare de Strasbourg (1849-1850), et de la nouvelle gare du Nord (1861-1866). D'autres travaux importants sont réalisés, comme la construction du nouvel hôpital Lariboisière (1854), ou encore la reconstruction de la façade de l'église Saint-Laurent (1863-1867).

Création de l'arrondissement moderne Par la loi du , les limites des anciens arrondissements sont bouleversées. Le nouveau est créé en 1860 à la suite de ce texte qui donne lieu à un nouveau découpage de Paris en 20 arrondissements.

D'abord surnommé « arrondissement de l'Enclos Saint-Laurent » (une appellation qui subsiste longtempsBulletin des lois de l'Empire français, volume 14 (751). après la disparition de ce marché situé rue Saint-Laurent, et dont l'emplacement est aujourd'hui occupé par la gare de l'EstSource : article R. 2512-1 du Code général des collectivités territoriales (partie réglementaire), sur Légifrance), le prend en 1977 le nom d'« arrondissement de l'Entrepôt »Article R184-12 (abrogé) du Code des communes (partie réglementaire)., en référence à l'entrepôt des douanes, situé 11 rue Léon-Jouhaux. Cette appellation n'est, en pratique, jamais donnée à l'arrondissement.

Période contemporaine vignette|La place de la République, vers 1900. Les grands travaux du Second Empire sont poursuivis sous la Troisième République, avec notamment, au sud, le réaménagement de la place de la République dans les années 1880 (et son Monument à la République des frères Morice), les constructions de la Bourse du Travail de Paris (1892) et de la mairie d'arrondissement (inaugurée en 1896), et au nord la création de la ligne 2 du métro, et ses viaducs (1900-1903).

Au nord, l'essor des chemins de fer métamorphose le paysage de l’arrondissement. À proximité de ces gares s’implantent des dépôts de cristal (cristallerie Baccarat, cristallerie Saint-Louis), des dépôts de faïencerie (la faïencerie Boulanger et le siège de l’Union Faïencière), ainsi que des dépôts de porcelaine.

Au sud, l'engouement des Parisiens pour les Grands Boulevards ne se dément pas au début du siècle, et la tradition théâtrale se maintient jusqu'à nos jours, notamment autour des portes.

Quartier populaire, il accueille au début du , comme une bonne partie de l'est parisien, une importante communauté juive, notamment autour de la rue Saint-Maur et de la rue du Faubourg-du-Temple. L'arrondissement sera ainsi durement frappé par les rafles pendant l'occupation.