Jean Peyrelevade, né le à Marseille, est un haut fonctionnaire, banquier et dirigeant d'entreprise français.
Études Jean Peyrelevade, ancien élève du lycée Saint-Charles puis du lycée Périer et du lycée Thiers, est diplômé de l’École polytechnique (X1958) et est ingénieur en chef de l'aviation civileBiographie Jean Peyrelevade, Archives Nationales. Il est titulaire du diplôme de l'IEP de Paris (promotion 1963, section Economie-Finance) et d'un DES en sciences économiques (1963).
Carrière en entreprise et conseiller économique
Jean Peyrelevade a commencé sa carrière en 1963 au ministère des Transports, secrétariat général à l'aviation civile, où il a travaillé pendant dix ans sur les grands programmes de construction aéronautique civile. Chargé des aspects économiques du programme, il dirigea les premières études de marché du Concorde et affirma très tôt que ce serait un échec commercial. Il a ensuite participé au premier groupe de travail qui a défini le cahier des charges du premier Airbus. Quittant la fonction publique, il entre au début des années 1970 au Crédit lyonnais où il travaille sur le financement des échanges internationaux (négoce et biens d'équipement). À ce titre, il crée le service des Financements aéronautiques, qui finance toutes les exportations d'Airbus, sans exception, entre 1974 et 1981. Jean Peyrelevade négocie et signe lui-même à Séoul, avec Denis Viard d'Airbus Industrie, le premier contrat à l'exportation d'Airbus (six A300, achetés en leasing fiscal par Korean Airlines)Extrait du "Korea Airlines Lease Agreement" document.
Nommé en 1981 directeur adjoint du cabinet de Pierre Mauroy et conseiller économique du Premier ministre, il gère les nationalisations, tout en professant son scepticisme sur leur intérêt. Il participe activement au « tournant de la rigueur » de 1982-1983.
Jean Peyrelevade est nommé puis confirmé à la tête de grandes entreprises contrôlées par l'État : président de Suez de 1983 à 1986, puis après deux ans à la Banque Stern (privée) de 1986 à 1988, de l'UAP de 1988 à 1993, et du Crédit lyonnais de 1993 à 2003. Il est nommé à la tête de la banque pour la redresser alors que celle-ci, ayant pris des risques « hors de toute raison » est en état de quasi-faillite. Il reviendra sur cette période dans son ouvrage Journal d’un sauvetage publié en 2016.
Il avait par ailleurs, en 1985, été chargé de négocier les accords d'implantation d'Eurodisney à Paris, au nom des autorités françaises.
En outre, en 1986, il est le créateur avec Bernard Hirsch, directeur de l'École nationale des Ponts et Chaussées, du Collège des ingénieurs, dont il assure la présidence.
À partir de 2004, il travaille comme banquier d'affaires privé chez Toulouse et Associés, puis la banque Leonardo dont il préside la filiale française, puis la banque Degroof et Petercam. Depuis 2019, il est indépendant et intervient comme conseil de chefs d'entreprise. Il devient simultanément investisseur dans des start-ups.
Il se consacre au redressement d'entreprises en difficultés. Ainsi a-t-il, de 2014 à 2019, conçu puis accompagné le redressement de la SAUR. De même fut-il à partir de 2020 président du Conseil de Surveillance du groupe Bourbon, qu'il a accompagné pour sortir du règlement judiciaire.
Il est administrateur de Al Mada au Maroc, de MK2, de Vitalliance dont il est actionnaire de même que de la start-up Myre.
Convictions et carrière politique
Jean Peyrelevade s'est toujours présenté comme social-démocrate.
Longtemps professeur d’économie à l’École polytechnique (de 1969 à 1994), il a écrit des ouvrages sur l’évolution du capitalisme contemporain, dont Le capitalisme total publié via le think tank La République des idées en 2005Sabine Delanglade et Eric Conan, Le capitalisme est-il menacé?, L'Express, 20 octobre 2005. Dénonçant dans cet ouvrage une forme exacerbée du capitalisme, il propose d'interdire les stock-options comme part de la rémunération des dirigeants pour éviter les conflits d'intérêts et d'offrir des dividendes plus avantageux aux actionnaires anciens afin de limiter les aller-retour spéculatifsEdouard Pflimlin, Les mutations du capitalisme depuis la fin des années soixante-dix expliquent-elles les dérives actuelles ?, Le Monde, 13 septembre 2007. Il a toujours été partisan d'un capitalisme de co-décision, à l'image de ce qui se passe dans les pays scandinaves, aux Pays-Bas et en Allemagne, comme expliqué dans "Réformer la France" (2023). À plusieurs reprises, Il préconise une séparation complète entre banque de dépôt et banque d'investissement afin de réguler le système financier et d'éviter une nouvelle crise financièreJean Peyrelevade prône la séparation des activités bancaires, latribune.fr, 11 janvier 2012Le Figaro, 14 novembre 2009. Selon lui, la banque est un vrai service public, qui doit être géré comme tel.
Jean Peyrelevade soutient François Bayrou lors de l'élection présidentielle française de 2007, et rejoint son équipe de campagne, en particulier pour s'occuper du programme économiqueClaire Guélaud, A chacun sa rigueur : le débat Cahuzac (PS)-Peyrelevade (MoDem), Le Monde, 23 mars 2012. En 2008, aux élections municipales, il mène la liste du MoDem dans le arrondissement de ParisJean Peyrelevade, la surprise du MoDem, Le Parisien, 25 février 2008, qui recueille 8,64 % des voix au premier tour, se plaçant en derrière les listes de Claude Goasguen (UMP), 51,71 %, Jean-Yves Mano (PS), 17,08 % et David Alphand (Divers droite), 13,22 %. Seul élu sur sa liste, il est conseiller d'arrondissement. Le , il est nommé vice-président du MoDem aux questions économiquesFrançois Bayrou complète l'équipe de la présidence du Mouvement démocrate : nomination de six vice-présidents, Mouvement démocrate, 13 juin 2008 (voir archive). Il démissionne du conseil du arrondissement le et de toutes fonctions au sein du MoDem à la même époque. Il participe depuis l'origine aux travaux du think tank « Inventer à Gauche », présidé par Michel Destot, ancien député-maire PS de Grenoble.
Lors des universités d'été du MoDem le et lors d'interviews radiodiffusées, Jean Peyrelevade déclare qu'il votera pour Manuel Valls au premier tour et – probablement – pour François Hollande au second tour des primaires socialistes. Jean Peyrelevade reconnaît en effet à Manuel Valls la qualité d'être politiquement incorrect lorsque ce dernier parle des « 35 heures » comme d’une erreur majeure sur laquelle il faut revenir (voir archive). En 2012, il est membre du comité stratégique de campagne de François Bayrou et affirme à ce titre qu'il faut une période de modération salariale pour relancer la compétitivité françaiseJean Peyrelevade : "Il faut une période de modération salariale", Le Point, 17 janvier 2012.
Il fait partie des premiers conseillers d'Emmanuel Macron avant la constitution du mouvement En Marche, avec lequel il rompt dès , après le meeting d'Emmanuel Macron, alors encore ministre des Finances de François Hollande, à la Mutualité. En , dans un article publié dans le quotidien Les Echos, il considère que le programme économique de Macron « est trop timide sur la baisse des dépenses publiques et la réduction des déficits ». Il n'a pas arrêté depuis de critiquer la politique économique d'Emmanuel Macron.
Jean Peyrelevade longtemps été membre du Parti Socialiste, où il a adhéré pour la première fois en 1964. Il l'a quitté en 2025.
Affaires judiciaires
Le , Jean Peyrelevade signe un « plaider coupable » avec la justice américaine dans le cadre de l'affaire Executive Life, qui était cependant antérieure à son arrivée au Crédit Lyonnais. Il accepte une peine de d'amende, cinq ans de mise à l'épreuve et trois ans d'interdiction d'entrée sur le territoire américain pour, selon la justice américaine, avoir fourni à la FED de fausses informations et avoir menti dans cette affaire. Cependant, il bénéficie d'une procédure rare () qui lui permet, tout en acceptant la condamnation, de se déclarer innocent des charges qui pèsent contre lui.Jean Peyrelevade a plaidé coupable - Le Nouvel Observateur, 20 janvier 2006.
Invité le du grand rendez-vous sur Europe 1, Bernard Tapie répète que Jean Peyrelevade est un escroc. Le lendemain Jean Peyrelevade répond « Celui qui dit qui y est » et indique qu'il ne déposera pas une plainte qui lui paraît désormais inutile puisque l'arbitrage favorable à Bernard Tapie a été annulé par la justice. Bernard Tapie accuse Jean Peyrelevade d'avoir cherché à influencer Pierre Mazeaud en lui demandant de se désolidariser de la décision d'arbitrage dans l'Affaire Tapie - Crédit lyonnais. En effet, le , Pierre Habib-Deloncle, gaulliste de la première heure , se rend chez Pierre Mazeaud et lui déclare : . Pierre Mazeaud, que Jean Peyrelevade n'a jamais rencontré, porte plainte pour menaces le contre Pierre Habib-Deloncle. Sa plainte est classée sans suite le .
Le , la Cour d'Appel de Paris juge que l'arbitrage a donné lieu à escroquerie, justifiant ainsi les positions de Jean Peyrelevade sur cette affaire. Son ouvrage L'Affaire Tapie : Vérité et mensonges publié en lui est consacré.
Ouvrages principaux L'économie de spéculation, Éditions du Seuil, 1974 La Mort du dollar (avec Jacques-Antoine Kosciusko-Morizet), Seuil, 1975 Économie de l'entreprise, Fayard, 1989 Pour un capitalisme intelligent, Éditions Grasset, 1993 La république silencieuse (avec Denis Jeambar), Plon, 2002 Le capitalisme total, Seuil, 2005, Seul face à la justice américaine : Toute la vérité sur Executive Life (avec Jean-Marie Pontaut), Plon, 2006 Sarkozy : l'erreur historique, Plon, 2008 France, état critique, Plon, 2011 Histoire d'une névrose, la France et son économie, Albin Michel, 2014 Journal d'un sauvetage, Albin Michel, 2016 Changer ou disparaître - Adresse au patronat, Éditions de l'Observatoire, 2018 Réformer la France, Éditions Odile Jacob, 2023 L'affaire Tapie. Vérité et mensonges, Editions Odile Jacob, 2024 La France : du populisme au chaos, Editions Odile Jacob, 2026.
Jean Peyrelevade est en outre chroniqueur mensuel aux Echos depuis plusieurs années .
Notes et références
Annexes Article connexe Affaire Tapie - Crédit lyonnais
Liens externes
Le blog de Jean Peyrelevade - Le Nouvel Observateur
Catégorie:Économiste français du XXe siècle Catégorie:Économiste français du XXIe siècle Catégorie:Banquier français du XXe siècle Catégorie:Banquier français du XXIe siècle Catégorie:Élève de l'École polytechnique Catégorie:Homme d'affaires français Catégorie:Personnalité du Mouvement démocrate (France) Catégorie:Élève du lycée Thiers Catégorie:Élève de l'École nationale de l'aviation civile Catégorie:Ingénieur aéronautique français Catégorie:Professeur à l'École polytechnique Catégorie:Élève de l'Institut d'études politiques de Paris Catégorie:Naissance en octobre 1939 Catégorie:Naissance à Marseille Catégorie:Auteur publié par les éditions du Seuil Catégorie:Auteur publié par les éditions Plon Catégorie:Auteur publié par les éditions Grasset Catégorie:Auteur publié par les éditions Albin Michel Catégorie:Auteur publié par les éditions Fayard Catégorie:Auteur publié par les éditions Odile Jacob Catégorie:Auteur publié par les éditions de l'Observatoire