Sānchī ( ; ISO 15919 : ) est un petit village de l'Inde centrale, situé à au nord-est de Bhopal, dans le cœur de l'État du Madhya Pradesh. Il est célèbre pour son ensemble de monuments bouddhistes et en particulier le grand stūpa, un des sites parmi les plus visités en Inde. Sanchi n'est pas relié avec le bouddha historique, mais l'une des femmes d'Ashoka aurait habité à Vidisha, ville voisine dont elle portait le nom. Ce fut un lieu de pèlerinage jusqu'au par Robert E. Buswell Jr et Donald S. Lopez Jr aux éditions Princeton University Press, , page 703.
Sous les Maurya, à l'époque d'Ashoka sans doute, au , on construisit plusieurs édifices et le tumulus du grand stūpa. Le tumulus de ce grand stūpa (n°1) fut englobé dans une maçonnerie sous les Satavahana à la fin du , suivant un usage qui restera attesté dans tout le monde bouddhique jusqu'à l'époque moderne pp. 70 - 71.. D'autres stūpa ainsi que d'autres bâtiments religieux bouddhistes, tels que des monastères, complétèrent le site jusqu'au . Cependant, à la suite de la contre-réforme hindouiste, les monuments de Sânchî furent oubliés et se détériorèrent par manque d'entretien.
Le site a été redécouvert en 1818 par un officier britannique, le général Taylor. Des archéologues amateurs et des chasseurs de trésor ravagent la zone jusqu'en 1881, où des mesures de restauration sont entreprises. Entre 1912 et 1919, les structures sont remises dans leur état actuel sous la supervision de l'archéologue anglais Sir John Marshall.
Il reste aujourd'hui cinquante monuments sur la colline de Sânchî, dont trois stūpa importants, et plusieurs temples en ruines.
Le site des Monuments bouddhiques de Sânchî est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1989.
Il est également inscrit, avec Lumbini, lieu de naissance de Bouddha au Népal, et le grand vihara Somapura (Somapura Mahavihara) de Paharpur, l'un des plus célèbres viharas bouddhistes, situé au Bangladesh, dans le programme « Routes du patrimoine mondial des sites du patrimoine bouddhiste ».
Le grand stūpa de Sanchi L'ensemble du grand stūpa de Sanchi a un diamètre de 36 m environ. Le stūpa est d'abord un mausolée qui est un lieu de pèlerinage. Les dévotions se font en tournant autour du stupa, dans le sens des aiguilles d'une montre. Cet espace de circumambulation est protégé par une balustrade de pierre (vedikâ) qui reproduit, en son principe constructif, une balustrade de bois comme on en construisait alors dans les villages. L'ensemble du grand stūpa de Sanchi, avec la balustrade, a un diamètre de 36 m environ. Les quatre toranas, qui sont des portiques sculptés, sont tournés vers les quatre points cardinaux, et permettent d'accéder au stūpa. Deux volées d'escalier, sur la face ouest, offrent un accès à un deuxième chemin de circumambulation (parikrama), sur un haut soubassement, légèrement débordant. Le stūpa est sommé d'un espace carré fermé par une autre balustrade. La restitution moderne n'a pu remonter les très vastes parasols qui surmontaient l'édifice, symboles de protection et signes du pouvoir, comme le mât central signifie l'axis mundi.
Son noyau était une structure de brique hémisphérique construite sur les reliques du Bouddha.
Ses toranas Dans les innombrables scènes qui couvrent les faces des piliers et des architraves, certaines sont centrées sur un évènement de la vie de Buddha, mais son image humaine est toujours évitée encore à cette époque. Chaque fois une forme adaptée à la scène permet de l'évoquer. Soit que l'on utilise l'arbre pipal, l'arbre de la Bodhi, en particulier lors du premier sermon, soit que l'on évoque le parinirvāṇa au moyen d'un stūpa… Chaque forme symbolique sert ainsi à identifier, même de loin, la scène représentée. La première représentation anthropomorphe de Buddha n'apparait qu'avec l'art gréco-bouddhique du Gandhara, contemporain des derniers toranas, au cours du premier siècle de notre ère.
Le torana sud, qui semble être le plus ancien, porte une inscription gravée au milieu de l'architrave supérieure (face interne) dans le minuscule stūpa que l'on peut distinguer avec difficulté. Cette inscription signale « le don d'Anamda, fils de Vasithi (et) chef des artisans du roi Siri Satakarni » : probablement Satakarni des Satavahana qui aurait régné au , page 50.. Le torana est est celui qui montre le plus grand savoir-faire, page 71. dans les scènes les plus complexes : pour représenter l'espace dans le faible relief des sculptures et pour mettre en scène un large éventail de personnages dans les attitudes les plus variées. Les corbeaux qui semblent soutenir l'extrémité des jambages de porte sont constitués d'aimables yakshi qui tiennent chaque fois la branche d'un arbre couvert de fruits. Ce motif - la femme qui touche l'arbre porteur de fleurs ou de fruits - a traversé les siècles de l'art indien jusqu'à aujourd'hui. Sur le torana nord on trouve plusieurs scènes situées dans des villes dont l'architecture est figurée avec des solutions singulières adaptées à l'espace du panneau et à la scène représentée, toujours très dense. Lorsqu'un char attelé de chevaux sort par une des portes de la ville, les volumes saillants des tours, la nature des différents matériaux, mais aussi la hiérarchie des personnages, tout trouve sa formule sans laisser un seul espace vide, page 51.. La face intérieure des architraves du torana ouest, bien visibles du haut des escaliers qui desservent le passage supérieur, mettent en scènes de nombreux personnages qui illustrent le Chaddanta Jataka, l'histoire du bodhisattva incarné en un éléphant à six défenses, page 38.. Un épisode du « partage des reliques » à la mort de Bouddha, alors que des rois se les disputaient. Sur tous les toranas quelques endroits sont attitrés à certains types de motifs. Ainsi, à la base des piliers, sur la face correspondant au passage des pèlerins on retrouve toujours des gardiens: dvarapalas, figures de grande taille, débonnaires; toutefois certains portent une pique. Ailleurs, au-dessus des piliers, dans la partie qui supporte la première architrave des animaux ou des nains, ganas, de grande taille, assument le poids des blocs monumentaux. Tandis que les autres grands panneaux permettent de développer les moments les plus importants des histoires dans le premier bouddhisme: la vie de Buddha, ses vies antérieures et des scènes d'adoration.
Diffusion de son image La célébrité du site est principalement due au grand stūpa, monument majeur du site. L'image de l'édifice s'est très largement diffusée au moyen de la photographie. Dès les années 1860, le monument est photographié par le Lieutenant Waterhouse. Dans les années 1880, les images réalisées par Lala Deen Dayal témoignent des restaurations qui se déroulent sur le site. Par la suite, une micro-étude des décors des toranas du grand stūpa est rendue possible grâce aux prises de vues systématiques à échelle fixe réalisées par Henry Cousens. James Fergusson a lui aussi largement contribué à la célébrité du monument notamment au travers d'une publication mettant en parallèle les photographies du Lieutenant Waterhouse et des dessins réalisés par Frédéric Charles Maisey. Le torana est a connu une diffusion plus impressionnante encore grâce à une campagne de moulage dirigée par Henry Hardy Cole, plusieurs exemplaires en plâtre de ce portail ont été réalisés afin d'être envoyés en Europe et notamment à Londres, Paris ou encore Berlin.
Stupa N°2
Le Stupa N° 2 à Sanchi, est l'un des plus anciens stupas bouddhistes en Inde. Il est d'un intérêt particulier puisque c'est le premier cas connu d'importants reliefs décoratifs en Inde, probablement antérieur aux reliefs du Temple de la Mahabodhi à Bodhgaya, ou aux reliefs de BharhutDidactic Narration: Jataka Iconography in Dunhuang with a Catalogue of Jataka Representations in China, Alexander Peter Bell, LIT Verlag Münster, 2000 p.15ff. Ce stupa présente ce qui a été appelé "The railing of Sanchi Stupa No.2, which represents the oldest extensive stupa decoration in existence, (and) dates from about the second century B.C.E" Constituting Communities: Theravada Buddhism and the Religious Cultures of South and Southeast Asia, John Clifford Holt, Jacob N. Kinnard , Jonathan S. Walters, SUNY Press, 2012 p.197 Le Stupa numéro II de Sanchi est ainsi considéré comme le berceau des illustrations de Jataka en Inde.
Le temple 17 Le temple le plus ancien construit qui nous soit parvenu est celui de Sanchi : le temple . Il s'agit probablement d'un temple bouddhique, comme l'ensemble du site, y compris la citation, concernant la toiture.. Surélevé sur un soubassement, il est composé d'un sanctuaire (appareillé à joints vifs, initialement) et d'un porche à quatre colonnes à hautes bases carrées. Il aurait été construit au début du de l'ère commune. Il est peu décoré : seuls des lions couchés gardent un arbre sacré, sur chaque face du support de l'entablement. « Il est possible que le toit plat ait supporté une haute toiture aux arènes curvilignes, comme il en fut généralement aux époques suivantes. »
Galerie
Notes
Références
Bibliographie
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Voir aussi
Liens externes
UNESCO : Monuments bouddhiques de Sânchî
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