vignette|La cité anglaise de Birmingham, au Royaume-Uni. Une cité (latin civitas) est un statut administratif ou honorifique attribué à un établissement humain généralement plus peuplé qu'une ville selon les règles locales.

Dans l’Antiquité, avant la création des provinces, elle désignait un groupe d’hommes sédentarisés libres (pouvant avoir des esclaves), constituant une société politique, indépendante des autres, ayant son gouvernement, ses lois, sa religion et ses propres mœurs.

Par extension, ce mot est appliqué à la désignation du lieu où ces hommes se sont réunis et ont créé un habitat fixe, la ville, et où ils avaient organisé un culte. La structuration de la cité reposait sur la spécialisation des activités pour permettre des échanges commerciaux, sur l'administration du lieu et des activités et sur une armée de protection des personnes et des biens. Les hommes exerçaient depuis l'Âge du cuivre (de -4000 à -2000 env. selon la région), où commence l'exploitation de mines et de la transformation en métal des premiers minerais utilisés (plomb, cuivre, or) par des fours et forges, une activité d'artisanat du métal pour outils, vases et armes, de la joaillerie, de la fabrication de tissus et d'objets en céramique. Ces activités impliquent l'échange avec monétarisation en plus de l'activité de culture et d'élevage sur des territoires environnant la cité, c’est-à-dire des terres cultivées que des personnes déclaraient posséder par le droit qu'ils s'étaient conféré vis-à-vis des nomades. (La sédentarisation ne concerne la majorité effective des habitants en France seulement après le Moyen Âge, et la notion de possession ne s'applique guère à ce qui n'est pas de fabrication humaine. Pour les ressources que fournit la Nature à l'être humain, il s'agit en fait d'usufruit selon le schéma prôné par la religion chrétienneJacques le Goff. La civilisation de l'Occident Médiéval, Flammarion, 1997..)

Les significations du terme « cité » dérivent de la tradition de la Grèce antique, où la ville est désignée par le mot grec polis. Ainsi les textes grecs antiques n’emploient jamais le terme d’Athènes ni de Sparte en politique, mais des expressions telles que : « Constitution des Athéniens » (Aristote), « les Athéniens déclarèrent la guerre » ou « les Spartiates envahirent les terres des Athéniens », ou « la flotte des Athéniens ». Ces expressions dénotaient l'absence d'unité politique de la Grèce antique, bien qu'il y eut une unité culturelle, fondée sur les écrits homériques.

De nos jours, la cité est aussi un statut légal défini différemment selon les régions du monde.

À la période gallo-romaine

Dans le contexte gallo-romain, une cité correspond à plusieurs définitions : on parle de cité pour définir le territoire occupé par un peuple gaulois : on parle alors de la cité des Éduens, de la cité des Ségusiaves. Le chef-lieu de ce territoire est appelé capitale de cité, Forum Ségusiavorum : Feurs dans la Loire fut la capitale de la cité des Ségusiaves ; on parle aussi de cité pour ce que l’on peut comparer aujourd'hui à une ville, (mot dérivé du bas-latin villa désignant une maison de campagne-ferme pouvant être constituée de 50 locaux). Plus habituellement on emploie la désignation 'agglomération secondaire' pour une autre ville que la capitale de cité, afin de marquer la différence avec le territoire du peuple gaulois, d’une cité au premier sens du terme.

Au Moyen Âge Dans un contexte médiéval, la cité (civitas, rarement urbs) correspondait à une réalité distincte de l'environnement urbain. Elle était opposée au suburbium.

Ce terme représente un regroupement d'hommes libres constituant une société politique indépendante, sans le servage.

Le reprend son sens antique de prérogatives. Le terme apparaît au à partir du picard.

En règle générale, aux environs du , les villes fondées dans l'antiquité en Occident ont connu une rétractation de leur emprise spatiale à l'intérieur d'un quartier fortifié (le castrum), qui comprenait les centres politiques (forum, curie...) et religieux (cathédrale, résidence épiscopale), parfois le siège de l'autorité civile. Les villes ont vu leur superficie diminuer parfois de façon drastique : Senlis 7 ha, Tours 6 ha, Clermont 3 ha ; même si certaines villes ont conservé une emprise fortifiée démesurée en regard de leur population : Trèves 285 ha, Mayence 120 ha, Toulouse 90 ha, Metz 70 ha, Reims 35 ha, Bordeaux 30 ha…

Un excellent exemple de la cité médiévale est fourni par la ville d'Angers, dont le rempart du Bas-Empire a été édifié à la fin du ou au début du , cernant un secteur comprenant la cathédrale, la résidence de l'évêque, le forum antique (mentionné en fonctionnement par les Formules d'Angers du ) et probablement un centre de pouvoir - le comte d'Angers y résidait déjà bien avant 851. La cité d'Angers a formé le noyau du développement urbain, autour duquel les faubourgs se sont développés. Le tout est resté une entité à part dans la ville (quartier canonial de Saint-Maurice au Moyen Âge), encore aujourd'hui.

Dans la deuxième partie du Moyen Âge, pour des villes fortifiées on transformera des cités en citadelles (technique italienne). C'est la partie qui peut être inexpugnable de l'agglomération et faire sa réputation militaire.

À la Renaissance Le terme désignant l'habitant de la cité est apparu au à partir de l'italien.

Au prend pleinement le sens de personne morale, au sens pris actuellement par le terme Société dans 'Société des Nations'Voir Cité-États. Exemple le plus parlant, le statut du Saint-Siège est formé depuis 1702 par Clément XI dans la diplomatie, dans le concert des Nations. Actuellement à l’ONU il est celui d’un observateur ne votant pas, mais membre de commissions de décisions au-delà des pouvoirs des ONG : IVG, euthanasie, peine de mort. Cette personne morale, seule représentation religieuse internationale admise dans l'institution parce que levier de pouvoir historique de millions de catholiques, est différente du Vatican territoire-État résultant des accords de Latran avec l’Italie et peuplé de 750 personnes en relation diplomatique avec 174 pays.. Du mouvement européen d'imitation des formes prises dans l'Antiquité, il sera issu des appellations cité pour des regroupements littéraires et de beaux-arts, pour des Sociétés savantes, des AcadémiesL'aspect matériel financier du lieu spécifiquement générateur et réceptacle du Talent et des Idées est repris actuellement par chaque aménagement touristique nouveau : Cité des peintres, Cité des Arts, Cité des Sciences qu'elles soient en ville ou à la campagne. Ceci constitue de fait dans la vie organisée en groupe un contrepoint séculier et noble à l'harmonie religieuse qui est du ressort unique du clergé. Cette notion de groupe d'hommes donnera son sens très particulier au terme de au moment de la Révolution.

Après le Siècle des Lumières

La notion de cité sera aussi bien celle d'habitat réel et de lieu d'échange d'idées ou de savoir que celui d'habitat-état rêvé dans la politique, réalisé dans l'aménagement du territoire, imaginé dans la fiction artistique. Il est devenu aussi une simple adresse postale, qui ne réfère plus qu'à un lieu. Cette forme dissociée des références aux cultes religieux voire aux mœurs, est grandement issue du travail des philosophes aboutissant ensuite à la laïcisation de la société. L'émergence des Nations a constitué la forme nouvelle de regroupement humain dans une politique moderne majeure plus ou moins démocratiquement voulue (par exemple sous l'Ancien Régime en France), se distinguant des regroupements communautaires.

On trouve derrière la notion de cité, une idée d'homogénéité des éléments présents (cité universitaire, cité ouvrière...) héritée de la conception utopique de la cité harmonieuse où le système ressemble à la communauté (proximité des statuts des individus, solidarité mécanique).

Au XIX siècle

Si l'usine va pouvoir se confondre avec habitat ouvrier sur le modèle de l'entreprise Menier, cité idéale dans les faitsà Noisiel (Seine-et-Marne). Il est le prototype de la République technocratique conçue par le pharmacien fondateur de l'usine, et fait partie du Patrimoine industriel passim E. de Roux G. Fessy 'Patrimoine industriel' 2000 Scala., le terme nouveau cité ouvrière désigne un lieu à caractéristiques économiques et sociales nouvelles de la société industrielle (lorsque le lieu ne prend pas une forme dégradante de parcage de la main-d'œuvre sans hygiène, sans asile-crèche pour les enfants en bas âge : on le désigne à l'époque dans ce cas de casernement ouvrier). Des agglomérations opportunes sont fabriquées, administrativement elles sont une Commune avec un maire, souvent le patron d'usine. Ces créations sont l'effet des besoins techniques, des besoins de ressources ou bien de l'avantage financier de délocaliser sa manufacture pour éviter l'inconvénient de la compagnie de travailleurs revendicatifs, salariés ou travaillant à façonL. Chevalier, Classes laborieuses et classes dangereuses, 1958, Plon. Voir aussi la révolte des canuts lyonnais. Actuellement pour l'organisation sociale, est plus considéré comme dangereuse pour la société, la structure des familles donnant le communautarisme, que la division en classes sociales opposées entre elles.. La désignation utilisée pour la localité est opposable à village, terme issu du bas-latin 'villa' signifiant ferme agricole. Cité peut être aussi le label représentatif de la puissance industrielle pour une usine qui ne comporte pas du tout en fait de zone d'habitat sur son emprisePar exemple, ' la cité de l'eau ' une usine de remontée d'eau à Colombes (Hauts-de-Seine)..

L'intérêt pour la communauté scientifique de l'époque moderne de connaître les origines de l'homme et son histoire va conduire à reconstituer par l'archéologie des cités lacustres de la période néolithiqueRappel : période antérieure à la période Antiquité constitutive de l'appellation « cité ». La désignation de palafitte (1865) - cité sur pieux -, est tombée en désuétude, le terme village est actuellement utilisé..

Au milieu du la puissance publique organisatrice de l'espace d'Ordre et de Justice va organiser la mise à l'écart par leur exil de personnes privées de liberté pour cause politique en Nouvelle-Calédonie, mais aussi jusqu'à la limite de la mort par la « guillotine sèche » des travaux forcés en Guyane. On les y relègue après avoir perdu tout droit de citoyen dans une hors de métropole au MaroniLa déportation s'arrêta concrètement après la Guerre Mondiale. La totalité de cette conception n'est pas tombée en désuétude actuellement. Voir le bobard de « la cité pénitentiaire pilote à Palaiseau ».. Ce nouveau terme négatif de cité, en dénégation du sens de sa racine étymologique, n’est que la continuation-constatation de ce qui a été fait depuis les et s en Louisiane concernant la liberté - désordre suivi de déportation.

Un aménagement du territoire des loisirsPlaces fréquentées par la bonne société, décrites par M. Proust dans À la recherche du temps perdu Gallimard 1924. débute avec les issues du modèle anglaisvoir Joseph Paxton. Actuellement on utilise le terme de station : balnéaire, thermale, de ski. Les constructions hôtelières sont nouvelles, elles jouxtent le pavillonnaire et l'habitat est totalement séparé des lieux affectés à l'activité de productionL'activité du personnel y habitant évoluera par le fait d'activité de personnel de Maison attaché aux familles et les suivant, à celle d'activité dans le commerce le service et la restauration en faisant la saison. Le statut social qui disparaitra avec la crise économique débutant en 1931 est celui d'une activité avec des gages passant à une activité avec un salaire. Économiquement le service aux personnes est actuellement en expansion après avoir été en diminution..

Au XX siècle