Anne-Marie Bauer, née le à Paris et morte le à Paris Relevé des fichiers de l'Insee, est une résistante française.
Famille, études
Anne-Marie Bauer est née le à Paris, d'Edmond Bauer, scientifique et professeur à Paris et à Strasbourg, et d'une mère lorraine de Toul. Elle semble avoir passé une enfance heureuse au milieu de ses trois frères : Michel (né en 1912), les jumeaux Étienne et Jean-Pierre (nés en 1918). Elle suit des études en langue et littérature anglaises, obtient sa licence avec une recherché sur Emily Brontë et la nature et commence à préparer l'agrégation. Sa grande passion à côté de ses études est la musique : elle joue du violon. La Seconde Guerre mondiale interrompt ses projets.
La Résistance
Bientôt elle s'engage dans la Résistance, ainsi que toute sa famille. Elle s'occupe d'abord des réfugiés à Clermont-Ferrand, ayant reçu très tôt son permis poids lourds pour pouvoir conduire des ambulances. À partir du printemps 1942, elle rejoint définitivement la Résistance dans le mouvement Libération-Sud, et commence à collaborer aux réseaux de renseignements. Par train et souvent par bicyclette, elle transporte des paquets de journaux et des messages à travers la zone libre. Ensuite, elle travaille avec Paul Schmidt, organisateur de parachutages, et fait désormais partie de la « Délégation de Lyon », dirigée par Jean Moulin, qui lui confie le radio-système « Eurêka » – un système de radioguidage permettant des parachutages pendant la nuit. Elle est alors connue sous le nom de Claudine et de Kim1, et le nom figurant sur sa fausse carte d'identité est Anne-Marie Brigault. Elle sert de codeuse, et aussi de courrier pour des messages annonçant des parachutages. Et ce fut à elle finalement qu'est transmise l'organisation de la fuite de Gérard Brault de la prison de Castres.
Arrestation et déportation
Anne-Marie Bauer est arrêtée à Lyon le par les Allemands et amenée à l'école de Santé Militaire, siège de la Gestapo. Là, elle doit se soumettre aux interrogatoires de Klaus Barbie, connu comme le boucher de Lyon. Elle ne trahit personne, ne livra ni nom, ni adresse ou fonction de ses camarades, bien qu'elle subit la torture, dont les conséquences devaient être permanentes : les mains et la colonne vertébrale restent endommagées. Emprisonnée à la prison Montluc à Lyon, elle y est soumise à un simulacre d'exécution.
En , elle est transportée au fort de Romainville à l'est de Paris. Puis, fin janvier 1944, c'est le transport au camp de transit de Compiègne, le camp de Royallieu, et de là au camp de Ravensbrück. Sous le numéro elle y est contrainte au travail dans la Strass-Colonne. Après deux mois et demi, elle est transportée dans le Kommando de Holleischen, dépendant du camp de concentration de Flossenbürg Tchécoslovaquie).
Libération
Le , elle est libérée par des partisans polonais, et peut rentrer en France le . Ses deux frères Étienne et Jean-Pierre survivent à la guerre, mais son frère aîné Michel meurt en au camp de concentration de Neuengamme, non loin de la ville de Hambourg.
La vie après la guerre
Anne-Marie Bauer cherche à reprendre sa vie. Mais elle ne peut plus poursuivre sa carrière de professeur en langue et littérature anglaises, car, en raison de ses mains blessées à jamais sous la torture, elle ne peut plus écrire vite dans les concours. Elle donne alors, comme professeur de langue et littérature françaises, des cours pour les étudiants étrangers à la Sorbonne. Elle a des contacts avec beaucoup des personnages importantes de la vie culturelle parisienne comme Bernard Dorival, Édith Thomas ou Dominique Aury avec le groupe autour de Jean Paulhan.
De même reprend-elle une vie littéraire comme auteur. Dans ses livres, elle essaie de rappeler les cauchemars des années de guerre. Avec Geneviève de Gaulle-Anthonioz, qui avait préfacé son livre Les oubliés et les ignorés - Claudine dans la Résistance (1993), il se lève une voix de combattante : « Anne-Marie, nous nous sommes rencontrées pour la première fois au camp de Compiègne en . Mais à travers le temps, c'est la même rencontre qui continue, comme une vie partagée. Parmi tant de femmes courageuses, tu rayonnais de cette force qui te met encore debout aujourd'hui pour témoigner…». Peu après Anne-Marie Bauer a publié sa deuxième collection de poèmes Les tambours de nuit.
Poème
(Cité de : La vigie aveugle, )
Ouvrages
La vigie aveugle (poèmes), Paris, 1957 La route qui poudroie (récit), Paris, 1959 Les oubliés et les ignorés - Claudine dans la Résistance (récit), Paris, 1993 Les tambours de nuit, Paris, 1994
Décorations (1990) ; chevalière en 1959 ; (1959) ; (1947).
Hommages Depuis le , la cité Anne-Marie-Bauer située à Paris porte son nom.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie L'Amicale de Ravensbrück et l'Association des Déportées et Internées de la Résistance (ADIR), Les Françaises à Ravensbrück, Paris, 1965 (Anne-Marie Bauer y est mentionnée comme membre de la rédaction) Voix et Visages, bulletin bimestriel de l'ADIR. novembre- - ,
François Fouré, Ne les oublions pas. Bauer Anne-Marie, Michel, Jean-Pierre, Étienne. Mouvement Libération Sud
Anke Krüger, Bibliographie zur Geschichte des Frauenlagers Ravensbrück. 1945 – 2003, Norderstedt 2004 ()
Dans une lettre du adressée à Geneviève de Gaulle Anthonioz, André Malraux écrit : "Pour Anne-Marie Bauer, elle sait, je crois, le bien que je pense de ses poèmes, car je l'ai dit à qui voulait l'entendre" (A. Malraux, Lettres choisies, Gallimard, 'Folio', 2016, p. 294).
Liens externes
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