Les Jeux olympiques d'hiver de 1964, officiellement connus comme les Jeux olympiques d'hiver, ont lieu à Innsbruck en Autriche du 29 janvier au . La ville était déjà candidate, en vain, pour accueillir les Jeux de 1960. Innsbruck obtient l'organisation des Jeux de 1964 en devançant les villes de Calgary au Canada et Lahti en Finlande. Les sites sportifs, dont plusieurs sont construits à l'occasion des Jeux, se situent dans un rayon d'environ vingt kilomètres autour d'Innsbruck. Les Jeux rassemblent de , ce qui constitue un record à l'époque pour les Jeux d'hiver. Ils participent dans six sports et dix disciplines qui regroupent un total de trente-quatre épreuves officielles, soit sept de plus qu'en 1960. La luge fait son entrée au programme olympique. Trois nations asiatiques font leurs débuts aux Jeux d'hiver : la Corée du Nord, l'Inde et la Mongolie.
Deux sportives soviétiques dominent leur discipline respective : Lidia Skoblikova remporte les quatre courses féminines de patinage de vitesse alors que Klavdiya Boyarskikh gagne les trois épreuves de ski de fond. Le fondeur suédois Sixten Jernberg, trois fois médaillé lors de ces Jeux, devient le premier athlète à atteindre neuf médailles aux Jeux d'hiver. En ski alpin, les sœurs françaises Christine et Marielle Goitschel obtiennent chacune une médaille d'or et une d'argent. L'Union soviétique est première au tableau des médailles avec vingt-cinq récompenses dont onze en or. Elle est suivie de l'Autriche, pays organisateur, qui obtient douze médailles dont quatre d'or. Avant les Jeux, l'armée autrichienne est mobilisée pour faire face au manque de neige. Ils en amènent des milliers de mètres cubes du col du Brenner, proche de la frontière italienne. Les Jeux olympiques d'hiver se dérouleront une seconde fois à Innsbruck en 1976.
Contexte Sélection de la ville hôte La ville d'Innsbruck, capitale du Tyrol, soumet sa première candidature olympique pour accueillir les Jeux d'hiver de 1960. Les Autrichiens présentent un dossier convaincant et sont les favoris. Au deuxième tour du vote des membres du Comité international olympique (CIO) en 1955, la candidature américaine de Squaw Valley, qui n'est alors qu'une petite station où tous les sites restent à construire, devance cependant celle d'Innsbruck par contre 30.
Un mois plus tard, les autorités d'Innsbruck décident de se présenter à nouveau pour les Jeux d'hiver de 1964. Le , lors de la du à Munich en Allemagne de l'Ouest, les Autrichiens obtiennent facilement l'organisation des Jeux puisqu'avec au premier tour, ils devancent Calgary (Canada) qui obtient 9 voix et Lahti (Finlande) qui n'en recueille aucune.
Politique Après la construction du mur de Berlin en 1961 qui augmente les tensions entre l'Est et l'Ouest et malgré le fait que l'Allemagne de l'Est souhaite avoir sa propre équipe, le parvient à maintenir l'équipe unifiée d'Allemagne pour la troisième olympiade consécutive. Dans les années 1960, le CIO discute également de la participation olympique de l'Afrique du Sud, pays plongé dans le régime de l'apartheid. Pendant les Jeux d'Innbruck, le président du CIO Avery Brundage annonce que le pays ne pourra participer aux Jeux olympiques d'été de 1964 à cause de sa politique de ségrégation raciale dans le sport. Plusieurs pays africains devenus indépendants rejoignent en revanche le mouvement olympique : les comités nationaux olympiques de l'Algérie, du Congo, du Nigeria et du Sierra Leone sont reconnus par le CIO lors de la session tenue pendant les Jeux d'Innsbruck. Le nombre de nations membres du CIO passe à 114. En outre, les Jeux d'Innsbruck sont utilisés pour la diffusion de messages politiques. Cinq étudiants iraniens sont arrêtés après avoir défilé avec des bannières hostiles au chah. Vingt autres Iraniens, qui manifestent pour la libération de prisonniers dans leur pays, sont également emprisonnés.
Organisation Comité d'organisation Le « comité d'organisation des Jeux olympiques d'hiver d'Innsbruck 1964 » est formé le . Heinrich Drimmel, président du comité olympique autrichien et ministre fédéral de l'Enseignement, est élu à sa présidence et Friedl Wolfgang en est le secrétaire général. Le comité d'organisation est composé de l'assemblée générale, du conseil d'administration, du comité exécutif ainsi que de huit sous-comités créés pour gérer les différents aspects des Jeux : les finances, la construction, les sports, les transports, le logement et le service médical, l'hébergement, l'administration et les contrôles.
Aspects financiers Les Jeux d'Innsbruck coûtent environ un milliard de schillings, soit de dollars américains répartis entre le comité d'organisation, l'état autrichien, le Land du Tyrol et la ville d'Innsbruck. Les organisateurs essaient de modérer les dépenses liées aux éléments provisoires et d'investir plus d'argent pour les installations qui continueront à être utilisées après les Jeux. L'Olympiaeisstadion coûte de schillings, la rénovation du tremplin de Bergisel 15 millions et la piste de bobsleigh et de luge d'Igls 10 millions. L'aménagement des pistes de ski alpin, ski de fond et de biathlon nécessitent au total . Le village olympique, destiné à devenir un centre de loisirs, coûte quant à lui . Au total, sont investis pour rénover et développer le réseau routier de la région.
Télévision En 1964, c'est la troisième fois que les Jeux d'hiver sont diffusés à la télévision et la deuxième fois que des droits de diffusion exclusifs sont vendus. Ce montant explose : alors qu'ils étaient de en 1960, les droits de diffusion rapportent en 1964, ce qui représente environ de schillings. Trente pays retransmettent les Jeux. La chaîne américaine ABC paie près de de schillings, soit 64 % des droits totaux. Le réseau Eurovision dépense environ pour , la télévision soviétique et le réseau Intervision pour six pays d'Europe de l'Est.
Nations participantes Un total de trente-six nations envoie des athlètes à Innsbruck, soit six de plus qu'à Squaw Valley en 1960. Le nombre d'athlètes est de , contre 665 quatre ans plus tôt. La Mongolie, l'Inde et la Corée du Nord participent aux Jeux d'hiver pour la première fois. La Belgique, la Grande-Bretagne, la Grèce, l'Iran, la Roumanie et la Yougoslavie retrouvent cette compétition après l'avoir manquée en 1960. En revanche, l'Afrique du Sud, la Corée du Sud et la Nouvelle-Zélande, qui ont participé à Squaw Valley, ne concourent pas à Innsbruck. Les athlètes de l'Allemagne de l'Ouest et de l'Est participent ensemble sous le nom d'équipe unifiée d'Allemagne de 1956 à 1964.
Le nombre indiqué entre parenthèses est le nombre d'athlètes engagés dans les épreuves officielles pour chaque pays
Déroulement Calendrier Les Jeux se déroulent sur douze jours, du au . Trente-quatre épreuves sont au programme, contre vingt-sept à Squaw Valley quatre ans plus tôt. Trois épreuves de luge (individuel hommes et femmes, double hommes) sont intégrées au programme olympique. Les deux épreuves de bobsleigh, absentes des Jeux de 1960 à cause des coûts de construction de la piste, font leur retour. Finalement, le saut à ski est divisé en deux épreuves (petit et grand tremplin) et le féminin est ajouté en ski de fond. L'eisstock, variante du curling populaire dans les pays alpins, est un sport de démonstration comme à Garmisch-Partenkirchen en 1936. Au total, assistent aux différentes épreuves. Les disciplines qui attirent le plus de spectateurs sont le ski alpin et le hockey sur glace.
CO Cérémonie d'ouverture ● Épreuve(s) 1 Finale d'épreuve officielleLe chiffre indique le nombre de finales qui se tiennent ce jour-là pour chaque sport. CC Cérémonie de clôture
+ Calendrier des épreuves293031123456789Épreuves Cérémonies CO CC —20px|alt=Logo du biathlon|link=|class=skin-invert-image Biathlon1120px|alt=Logo du bobsleigh|link=|class=skin-invert-image Bobsleigh● 1● 1220px|alt=Logo du combiné nordique|link=|class=skin-invert-image Combiné nordique● 1120px|alt=Logo du hockey sur glace|link=|class=skin-invert-image Hockey sur glace● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● 1120px|alt=Logo de la luge|link=|class=skin-invert-image Luge● ● 21320px|alt=Logo du patinage artistique|link=|class=skin-invert-image Patinage artistique1● ● 1● ● 1320px|alt=Logo du patinage de vitesse|link=|class=skin-invert-image Patinage de vitesse11111111820px|alt=Logo du saut à ski|link=|class=skin-invert-image Saut à ski11220px|alt=Logo du ski alpin|link=|class=skin-invert-image Ski alpin111111620px|alt=Logo du ski de fond|link=|class=skin-invert-image Ski de fond1112117Eisstock(démonstration)● ● —Nombre de finales/jour132444243322Total cumulé14610141820242730323434
Conditions météorologiques avant les Jeux Dans les semaines précédant les Jeux, les températures montent souvent au-dessus de zéro degré à cause du foehn, un vent chaud et sec. Il n'y a pas d'importantes chutes de neiges pendant sept semaines et la pluie fait fondre la neige et la glace des sites sportifs. C'est la première fois depuis environ un siècle que la quantité de neige est aussi faible dans le Tyrol. À deux semaines du début des Jeux, des milliers de soldats autrichiens sont mobilisés pour transporter par camion de neige du col du Brenner, proche de la frontière italienne, et les répandre à la main sur les pistes de ski. De plus, une réserve de de neige est constituée et sont transportés vers la piste de bobsleigh et de luge.
Cérémonie d'ouverture La cérémonie d'ouverture se déroule le au stade du tremplin de Bergisel devant environ . Les Jeux sont ouverts par le président de la République d'Autriche Adolf Schärf. Le bobeur Paul Aste prononce le serment olympique. Aste le modifie légèrement : au lieu de dire , il remplace le mot par pour supprimer les éléments nationalistes du serment. C'est la première fois que la flamme olympique des Jeux d'hiver est allumée devant le Temple d'Héra à Olympie, en Grèce. Dans le stade, le skieur alpin Josef Rieder allume la vasque. Des orchestres tyroliens se produisent pendant la cérémonie.
Épreuves Biathlon
Le biathlon fait sa deuxième apparition olympique. Comme en 1960, l'unique épreuve disputée est une course de ski de fond de avec quatre stands de tir de 100 à . Le Soviétique Vladimir Melanine, grand favori, remporte l'épreuve. C'est la première fois qu'il ne manque aucun de ses vingt tirs dans une compétition majeure. Son compatriote Aleksandr Privalov, qui réalise également un sans faute en tir, est deuxième à plus de trois minutes et le Norvégien Olav Jordet, qui manque une cible, remporte la médaille de bronze. Le Finlandais Veikko Hakulinen est le plus rapide, mais il manque six tirs (qui coutent douze minutes de pénalité) et termine au .
Bobsleigh vignette|alt=Vue de la piste de bobsleigh.|La piste de bobsleigh d'Igls en 2011.
Le bobsleigh n'était pas au programme des Jeux olympiques d'hiver de 1960, à Squaw Valley aux États-Unis, à cause du faible nombre d'équipes et du coût de construction de la piste. En 1964, les épreuves de bobsleigh font leur retour et sont disputées sur la piste d'Igls. Aucune des deux équipes championnes olympiques, la Grande-Bretagne et le Canada, n'a de piste dans son pays.
Pendant la première manche de l'épreuve à deux, le bob des Britanniques Robin Dixon et Tony Nash est endommagé et le favori de la compétition, l'Italien Eugenio Monti, leur prête un boulon d'essieu. Après deux manches, les Britanniques devancent les deux équipes italiennes. Après la troisième manche, les Italiens Sergio Zardini et Romano Bonagura battent Dixon et Nash de seulement cinq centièmes de seconde. Finalement, Dixon et Nash deviennent champions olympiques avec 12 centièmes d'avance sur les médaillés d'argent Zardini et Bonagura et 73 sur les troisièmes, Eugenio Monti et Sergio Siorpaes. C'est la seule fois de l'histoire que des Britanniques sont champions olympiques en bobsleigh. Après les Jeux, Monti reçoit la première médaille Pierre de Coubertin pour sa sportivité envers l'équipe britannique.