Batna (prononcé ) (, Tbatent, en arabe باتنة (Batna) est une commune du Nord-Est de l'Algérie. Elle est située dans la région de l'Aurès et en est la capitale. La ville dépend administrativement de la wilaya de Batna dont elle est le chef-lieu. Elle se trouve à au sud-est d'Alger et à au sud-ouest de Constantine.
La ville de Batna est considérée historiquement comme étant la « capitale » des Aurès. Elle est en importance la cinquième ville du pays avec 400 000 habitants, avec une altitude de , bien qu'elle ait été construite dans une cuvette entourée de montagnes.
Géographie
Situation Le territoire de la commune de Batna est situé au centre de la wilaya de Batna.
Relief, géologie, hydrographie
Relief
Batna a été construite sur un relief en cuvette, entourée de montagnes.
Hydrographie La ville est alimentée par plusieurs sources d'eau, ainsi que par les eaux du Barrage de Timgad. Cependant plusieurs déchets, dont une grande quantité de sacs en plastique, se sont accumulés dans ces cours d'eau.
Deux courants d'eaux usées traversent la ville. Des travaux d'aménagement sont en cours pour les recouvrir et les transformer en routes.
Climat Le climat de Batna est de type Continental, avec quatre saisons bien distinctes. Les températures moyennes varient de en janvier à en juillet Batna, Ville d'Algérie Sur el-annabi.com. En hiver, la température descend en dessous de zéro la nuit, avec de fréquentes gelées. En été, la température peut atteindre les à l’ombre. Le total annuel des précipitations est de , le taux moyen d'humidité est de 97 %, la neige ne fait son apparition que pendant quelques jours et surtout au mois de mars.
Transports thumb|Les nouveaux bus de Batna
Batna est un carrefour routier et ferroviaire important du Nord-Est algérien. Elle dispose de nombreuses infrastructures de transport : un aéroport international qui se trouve à de la ville sur la RN 75 géré par l'EGSA Constantine. Il est inauguré le 5 juillet 1998, sous le nom d'aéroport de Medghassen, puis renommé en aéroport de Mostefa Ben Boulaïd. Il est considéré comme aéroport international, puisqu'il a des vols reliant Batna à des villes françaises comme Paris, Lyon et Marseille, et une seule destination en Algérie à Alger, une gare ferroviaire et une gare routière Adhrar El Hara qui se traduit du chaoui le « mont des lions », appelée aussi la nouvelle S.N.T.V par les Batnéens. Elle se trouve dans la nouvelle zone urbaine Numéro 2 ADHRAR EL HARA SARL Consulter le 27.06.2011 au sud, à la périphérie de la ville, pas très loin de la direction de la douane. À l’intérieur il y a une partie pour les bus qui se divise à son tour en deux parties, la partie nord sert de plateforme pour les bus interwilayas de longue distance, qui partent à Alger, Ghardaia. La deuxième partie sud-est est pour les bus interwilayas de petites distances comme Sétif ou Constantine. Il y a aussi la partie ouest pour les taxis collectifs interwilayas. Dans la partie centrale, il y a des taxis qui font le transport local.
La seule entrée de la gare routière s'effectue par la route nationale 3, qui met en communication la ville avec les grandes villes du pays et avec l'étranger.
L'Autoroute Est-Ouest se rejoint actuellement pour Alger via El Eulma par la RN 77 et se rejoint pour Annaba via Constantine par la RN 3.
La Pénétrante de Batna est en travaux depuis 2014. Longue de 62 kilomètres, elle reliera Autoroute Est-Ouest via Chelghoum Laïd avec un profil en 2x3 voies. Cette pénétrante fera la jonction entre l'Autoroute des Hauts Plateaux et l'Autoroute Est-Ouest, permettant de rejoindre via l'autoroute les autres grandes villes de l'Aurès vers l'Est comme Khenchela et Tébessa et vers l'Ouest pour M'sila, Tiaret et jusqu'à Tlemcen.
L’idée de construire un réseau de tramway avait été déposée en 2007 au ministère des Transports et acceptée dans la même année. L'étude de faisabilité de la ligne de tramway a été confiée à un groupement franco-belge (composé des bureaux d'études Egis-Rail et Transurb), et le projet de réalisation du tramway est confié au groupement sud-coréen Saman. La première ligne reliera Bouzourane et la nouvelle ville de Hamla via le centre-ville, d’une longueur de et elle comptera .
Une deuxième ligne est proposée par les autorités locales du gouvernement, et elle va relier la gare SNTF à Tazoult sur une longueur de .
Quartiers et secteurs urbains de la ville
La ville de Batna se divise en 12 secteurs urbains, chaque secteur a sa propre antenne communale, son bureau de poste. Le quartier historique se trouve dans le centre-ville, composé de l’ancien quartier européen et l’ancien village nègre qui a le nom de Z’mala.
Secteurs urbains Centre-ville Le centre-ville de Batna est situé au nord de la ville. Il est considéré comme le cœur historique de la ville. Il y avait une église datant de l'époque coloniale française mais qui a été démolie au début des années 1970. À Batna, on continue à dire place de l'Église ou Soug El Frakh (marché des oiseaux) pour désigner la place ou se trouvait l'église. Tout près de l'ancienne église, se trouve le théâtre régional de Batna qui donne sur la place du marché. Le centre-ville, c’est aussi plusieurs quartiers : le Stand, le camp, la gare.
Zone industrielle Créée en 1972, elle est située dans la partie nord-ouest, en périphérie de la ville dans une cuvette et juxtaposée à l’oued El Gourzi, constituée de deux parties ZI1 et la ZI2. ZI1 est créé en 1972 et comprend une usine de textile, une usine SAIDAL, une briqueterie et une tannerie. ZI2 a été construite sur en 1976, elle comprend plusieurs unités de fabrications et de services Batna face aux risques industriels et d'inondations par Saidi Tahar sur umc.edu.dz.
Kechida À l'origine, Kechida a été bâti sur une parcelle de terrain de qui faisait partie du lieu-dit "Bordj zidane". Bordj Zidane représente toute la partie de Batna située juste derrière "Bordj el Ghoula" et qui englobe les terrains agricoles, la zone industrielle et les habitations nouvellement construites dans le prolongement de l'ancienne Kéchida.
Bouakal Bouakel ou Bouâakal est un quartier populaire qui se situe à plus de quatre kilomètres du centre-ville Les députés et le nid de cigognes El Watan du 02.05.2007 et c’est le quartier le plus grand à Batna en surface et en population RAPPORT FINAL D’UN PROJET DE RECHERCHE C N E P R U page 10 qui a vu le jour vers l’année 1945 près du quartier de Z’Mala. Il constitue un pôle très important vu sa densité il abrite environ selon les statistiques de 1998 et les prévisions en 2015 sont de . Le commerce est très actif dans cette partie de la ville, comme le marché de la Rue H et autres Rapport final d’un projet de recherche CNEPRU page 12.
Route de Tazoult Comme l’indique son nom, il est situé sur la route qui mène vers la ville de Tazoult. Il abrite le CHU de Batna et le Musée du martyr de la wilaya en plus du cimetière des algériens morts durant la Guerre d'Algérie et un centre anti-cancéreux.
Bouzourane Bouzourane est un ancien bidonville de Batna, qui est devenu un nouveau quartier résidentiel. En 2004 le projet AADL des a été lancé et en 2008 a été réalisé.
Zone militaire La zone ne sert que pour son activité militaire, elle est divisée par la route de Tazoult qui traverse l’autre secteur urbain, Parc à fourrage. La zone militaire existait dès le début de la création de la ville de Batna.
Parc à fourrage Une banlieue balnéenne à l’est de la ville, elle porte le nom des Frères Lombarkia, mais est plus connue sous le nom Parc à fourrage, où on trouve un nouveau chantier des logements AADL de Batna.
Toponymie
Batna tient l'origine de son nom, parfois berbérisé en Tabatnet, de l'arabe (batn) signifiant littéralement « ventre », mais qui prend le sens, en toponymie algérienne, particulièrement au Sahara, dans les Hauts Plateaux et dans le Tell, de « rebord escarpé d'un plateau », de « vallée plate », ou d'« endroit où l'on observe une halte avant d'entreprendre l'escalade d'une montagne »..
Une autre version assez répandue, mais infondée, voudrait expliquer le nom de la ville par l'acronyme Ba.T.Na, pour Bataillon des Tirailleurs nord-africains.
Histoire
Avant la colonisation française
left|230px|thumb|Le Medracen dans les Aurès près de Batna, date de 300 ans Il s'agit d'un monument numide et du plus ancien mausolée de l'Algérie.
La région de Batna faisait partie de la Numidie et des premiers royaumes indépendants Berbères comme l'atteste le monument de Madracen non loin de la ville. La vallée dans laquelle est installée la ville de Batna faisait jadis partie d'un territoire sous la domination de la vieille ville romaine de Lambèse. Les effets du temps et de l'érosion, notamment des pluies diluviennes et des glissements de terrain, ont peu à peu conduit à l'enfouissement de la ville romaine de Batna et d'une bonne partie des vestiges de la ville de Lambèse.
La vallée était habitée par des Berbères chaouis. Les Chaouis (en chaoui et tifinagh : Icawiyen, ⵉⵛⴰⵡⵉⵢⴻⵏ, en arabe : الشاوية), sont un groupe ethnique et un peuple berbère originaire d'Algérie, plus précisément situés dans le nord-est de l'Algérie et habitants principalement le massif de l'Aurès, ainsi que les régions attenantes, comme le Constantinois, et la région des Chotts, au total une grande partie de l'Est algérien. Les Chaouis sont le second groupe berbérophone algérien par le nombre de locuteurs et en termes de population après les Kabyles.
Les Ayth Adi, tribu berbère, possédaient la plus grande partie de la terre de la vallée. Les Ayth Sidi Yahia, tribu berbère, habitaient la vallée jusqu'à Lambèse, eux aussi avaient une zaouïa. Les Ayth Chlihs, tribu berbère, étaient également établis dans la vallée et avaient, eux aussi, une zaouïa. Les Haraktas, tribu berbère, avaient des terres pour leurs pâturages et des lieux saints dans cette vallée.
Les routes étaient protégées par toutes ces tribus contre les razzias des autres tribus proches et les attaques ottomanes. Le commerce était prospère dans cette vallée, les gens passaient par cette vallée pour aller à Constantine. Ils venaient de Khenchela, d'Arris, de Menaa, de Biskra, etc. Le voyage durait une journée à dos de cheval ou d'âne. Plusieurs zaouïas étaient, à cette époque, des lieux de visite mystique, de culte des saints. Cependant la ville de Baitnah a existé avant la colonisation française, ses ruines sont mentionnées par le voyageur britannique Thomas Shaw, dans son récit de voyages publié en 1738Pierre inaugurale de la ville de BatnaI, Rachid Hamatou, lundi 19 juillet 2010, Liberté..
Pendant la colonisation française
Le 12 février 1844, près de l'endroit de l'embranchement des routes des Batna-Bemelle et Batna-Condorcet et de la Mella, Henri d'Orléans, duc d'Aumale, lieutenant général de l'armée française menant l'expédition de Biskra, décide de bivouaquer. Se rendant vite compte de la situation stratégique de l'endroit (à mi-chemin entre Constantine et Biskra), l'expédition décida, dès 1844, la construction d'un camp militaire fixe destiné à contrôler les différents axes routiers.
La ville de Batna, anciennement tribu des Ouled chelih, selon le Conseiller rapporteur Urbain. Délimitation de la tribu des Ouled Chelih, cercle de Batna. . (Séance du 23 janvier 1867), les ouled chelih font partie du cercle et de la subdivision de Batna, à l'emplacement sur lequel est bâti ce chef-lieu qui a été prélevé sur leur territoire.
La ville de Batna a vu le jour sur décret du 12 septembre 1848 signé par Napoléon III.