Le musée Jacquemart-André est un musée de beaux-arts et d'arts décoratifs situé au 158, boulevard Haussmann, dans le . Il ouvre au public en 1913. Propriété de l'Institut de France, il est géré par la société Culturespaces depuis 1996.
L'Institut de France a également reçu en don le Musée Jacquemart-André de Chaalis.
Historique Comme le musée Nissim-de-Camondo, la Wallace Collection, la Frick Collection ou le Museo Poldi Pezzoli, c'est à l'origine une demeure particulière de grands bourgeois amateurs et collectionneurs d'art, devenue un musée en préservant l'aménagement initial des lieux. Installé depuis 1864 avec sa collection à l'hôtel de Saint-Paul (3, rue Roquépine, ), Édouard André commanda à l'architecte Henri Parent ce second hôtel particulier en 1868. Édouard André était un héritier de l'une des plus grandes fortunes du Second Empire, originaire du sud-est de la France (Nîmes), qui avait servi dans la garde personnelle de . Il avait acquis un terrain de pour la somme considérable de . Les travaux, se déroulant de 1869 à 1875, mirent en place un hôtel dévolu aux fêtes et à la réception, équipé de toutes les commodités modernes, dans un décor théâtralNicolas Sainte Fare Garnot, conservateur du musée Jacquemart-André, « Le musée Jacquemart-André, 100 ans déjà ! » , émission sur Canal Académie, 2 juin 2013..
En 1872, André, amateur d'art, avait racheté la Gazette des beaux-arts et pris la direction de l'Union centrale des arts décoratifs ; il conçut alors le projet de constituer une collection de tableaux, de sculptures, de tapisseries et d'objets d'art du . En 1881 il épousa Nélie Jacquemart, une jeune artiste peintre qui s'associa aux projets de son mari. Ensemble, ils constituèrent méthodiquement leur collection, Nélie s'intéressant plus particulièrement à la peinture italienne, des primitifs des à la Renaissance, correspondant à 124 œuvres sur les 137 tableaux italiens conservés à Paris. Parallèlement, ils aménagèrent leur demeure pour mettre en valeur le mieux possible leurs acquisitions.
En 1894, André mourut, laissant à Nélie l'achèvement du futur musée. Celle-ci prévoit en effet de léguer l'hôtel à l'Institut de France dans le souci de préserver l’intégrité de sa collection et de la faire découvrir au plus grand nombre, à condition qu'il fût ouvert au public et transformé en musée. À sa mort en 1912, Nélie Jacquemart légua l’ensemble de ce patrimoine (legs du réunissant la collection de l'hôtel et celle de l'abbaye de Chaalis) à l’Institut de France. Depuis 1913, date effective du legs, l’Institut de France et la Fondation Jacquemart-André s’efforcent de conserver, protéger et valoriser ce patrimoine, la disposition des lieux n'ayant pas été modifiée (mobilier conservé, « accrochage archéologique »).
Le , il fut inauguré en grande pompe par le président de la République Raymond PoincaréLes 100 ans du Musée, Le « parcours du centenaire » du musée Jacquemart-André, 2013.
En 1995, la gestion du musée fut confiée à la société Culturespaces, qui gère la mise en valeur des espaces et des collections, organise les expositions temporaires, l'accueil des visiteurs, la communication, et exploite le salon de thé et la boutique.
À partir de l'automne 2023, une année de travaux a permis de restaurer, notamment, la fresque de Tiepolo et les marbres et bronze de l'escalierEmmanuelle Giuliani, Vent frais sur le musée Jacquemart-André, La Croix L'Hebdo, samedi 7 et dimanche 8 septembre 2024, p. 45..
thumb|Inauguration du musée en . Le président Raymond Poincaré devant la fresque de Tiepolo. Derrière, Émile Bertaux et Léon Bérard.
Conservateurs Les conservateurs du musée Jacquemart-AndréInstitut de France, 1913-2013 : 1912 : Émile Bertaux 1917 : Pierre Clamorgan, par intérim 1919 : Pierre de Nolhac (élu à l’Académie française en 1922) 1937 : Lucien Simon (Académie des beaux-arts) 1943 : Robert Poughéon (Académie des beaux-arts) 1955 : Jean-Gabriel Domergue (Académie des beaux-arts) 1962 : Arnaud Doria (Académie des beaux-arts), par intérim 1963 : Julien Cain 1974 : René Huyghe (Académie française) 1993 : Nicolas Sainte Fare Garnot 2015 : Pierre Curie
Hôtel particulier Sur le boulevard une haute terrasse est édifiée sur un soubassement à refends seulement percé de deux portes cochères : celle de droite sert de porche couvert et conduit dans la cour d'honneur.
La façade sur le boulevard Haussmann, encadrée par deux pavillons, est rythmée de pilastres et comporte un avant-corps central arrondi, selon une disposition inspirée du Petit Trianon.
La cour est fermée par un mur en hémicycle rythmé de refends et d'arcatures aveugles, qui comporte en son centre une arche qui était percée pour permettre l'accès à un manège, une sellerie, des écuries pour 14 chevaux et une remise pour treize voitures. Des accès secondaires existaient par la rue de Courcelles et l'impasse Émery (englobée plus tard par le square de Messine, actuellement rue du Docteur Étienne Lancereaux).
Sur la cour d'honneur, la façade principale comporte un avant-corps percé de baies en plein cintre et orné de quatre colonnes ioniques. On y accède par un escalier flanqué de deux lions assis et de deux imposants lampadaires. Sur les côtés, la façade se développe sur deux niveaux percés d'ouvertures rectangulaires et surmontés d'une corniche et une balustrade sommée de vases en pierre.
Au milieu et au-dessus de l'avant-corps, il y a une très grande fenêtre d'atelier de peintre surmontée d'un fronton triangulaire.
Salles Le Vestibule Le Salon des Peintures Le Grand Salon Le Salon des Tapisseries Le Cabinet de Travail Le Boudoir La Bibliothèque Le Salon de Musique Le Jardin d'Hiver et l'Escalier Le Fumoir La Fresque de Tiepolo La Galerie des Musiciens Le Musée italien : la Salle des Sculptures ; la Salle florentine ; la Salle vénitienne. La Chambre de Madame L'Antichambre et la Chambre de Monsieur La Salle à Manger (devenue le restaurant du musée, « Le Nélie »)
Collections
Les collections du musée se composent essentiellement de peintures italiennes et françaises, mais aussi hollandaises, flamandes et anglaises, de sculptures ainsi que de mobilier et d'objets d'art.
Liste sélective : Giovanni Bellini : Vierge à l'Enfant sur un trône, huile sur bois, 1510. Sandro Botticelli : Vierge à l'Enfant, tempera sur bois, 1470. Francesco Botticini, Pietà, vers 1488. François Boucher : Vénus se parant des attributs de Junon Le Sommeil de Vénus Canaletto : La Place Saint-Marc Le Pont du Rialto Vittore Carpaccio : L'Ambassade qu'Hippolyte, la reine des Amazones envoie à Thésée, roi d'Athènes, huile sur bois, vers 1495. Jean Siméon Chardin : Les Attributs de l'art L'Allégorie de la science Cima da Conegliano : Vierge à l'Enfant, tempera sur bois, vers 1493. Carlo Crivelli : deux prédelles Jacques-Louis David : Portrait du comte Antoine Français de Nantes, conseiller d'État, huile sur bois, 1811. Donatello : Martyre de saint Sébastien François-Hubert Drouais : Jeune jarçon jouant avec un chat Antoine van Dyck : Portrait d'homme Le Temps coupe les ailes de l'Amour Jean-Honoré Fragonard : Les Débuts du modèle Tête de vieillard Frans Hals : Portrait d'homme Jean-Antoine Houdon Francesco Laurana Thomas Lawrence : Portrait du comte de Buckingham Andrea Mantegna : Ecce homo La Vierge à l'Enfant entre saint Jérôme et saint Louis de Toulouse Vierge à l'Enfant avec trois saints Quentin Metsys : Portrait d'un vieillard Jean-Marc Nattier : Portrait de Françoise-Renée de Canisy, marquise d'Antin Le Pérugin : Vierge à l'Enfant Rembrandt : Les Pèlerins d'Emmaüs Portrait de la princesse Amélie de Solms, huile sur toile, 1632. Portrait du docteur Arnold Tholinx, huile sur toile, 1656. Joshua Reynolds : Portrait du capitaine Torryn Andrea della Robbia Hubert Robert : Galeries en ruines Jacob van Ruisdael : Paysage des environs de Haarlem Luca Signorelli : Vierge à l'Enfant, saint Jean-Baptiste et saint Jérôme Giambattista Tiepolo : L'Allégorie de la Justice et de la Paix Henri III reçu à la villa Contarini, fresque détachée de la Villa Contarini en Vénétie et marouflée sur toile, 1750. Paolo Uccello : Saint Georges terrassant le dragon, tempera sur bois, vers 1430-1435. Élisabeth Vigée Le Brun : Portrait de la comtesse Catherine Skavronskaia, huile sur toile, 1790. Livre d'heures de Jean de Boucicaut, manuscrit enluminé, 1405-1408.
Galerie non exhaustive :
Expositions récentes Fragonard, les plaisirs d'un siècle - Art d'Afrique et d'Océanie - Van Dyck, - Les primitifs italiens. La collection d'Altenbourg, - Brueghel, Memling, Van Eyck. La collection Brukenthal, - Du Greco à Dalí. Les grands maîtres espagnols de la collection Perez Simón, - Rubens, Poussin et les peintres du XVIIe siècle, - Dans l'intimité des frères Caillebotte, - Fra Angelico et les Maîtres de la lumière, - Le Crépuscule des Pharaons, Chefs-d'œuvre des dernières dynasties égyptiennes, - Canaletto - Guardi, Les grands maîtres vénitiens, - Eugène Boudin, - Désirs et volupté à l'époque victorienne. Alma-Tadema, Leighton, Burne-Jones, - Rembrandt intime , - http://www.musee-jacquemart-andre.com/fr/rembrandt-intime rembrandt-intime Mary Cassatt : Une impressionniste américaine à Paris, du au Caravage à Rome. Amis et ennemis, - Hammershøi Le Maître de la peinture danoise, du au La collection Alana, Chefs-d'œuvre de la peinture italienne, du au Turner, peintures et aquarelles, du au Botticelli, artiste et designer, du au Gallen-Kallela, mythes et nature, du au Füssli, entre rêve et fantastique, du au Giovanni Bellini, Influences croisées, du au Chefs-d’œuvre de la galerie Borghèse, du au . Georges de La Tour, entre ombre et lumière, du au Éternel Tintoret, du au
Tournages de cinéma La fin du film La Traversée de Paris (1956), se déroule dans le musée Jacquemart-André Certaines séquences du film Gigi de Vincente Minnelli, sorti en 1958, ont été tournées au musée Jacquemart-André. Certaines séquences du film La Porteuse de pain, sorti en 1963, ont été tournées au musée Jacquemart-André. La scène de recueillement devant le cercueil ouvert de Fedora dans Fedora, sorti en 1978, de Billy Wilder a été tournée en intérieur dans le jardin d'hiver et en extérieur dans la cour d'honneur du musée. Le banquet final du film de Kevin Reynolds, La Vengeance de Monte-Cristo, sorti en 2002, se déroule dans une maquette du salon de musique et de l'escalier d'honneur du jardin d'hiver avec sa fresque de Tiepolo.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie . Emile Bertaux, « Les collections Jacquemart-André », L'Illustration, numéro de Noel 1913, ill de 28 reprod. en couleurs de pièces et d'œuvres. . Nicolas Sainte-Fare-Garnot, « Le musée Jacquemart-André », hors-série de Beaux-Arts Magazine, 1995. Numéro hors-série du Figaro, à l'occasion de l'exposition Fra Angelico , 2011-2012. .
Articles connexes Musée Jacquemart-André de Fontaine-Chaalis Nélie Jacquemart Ernest André Édouard André Famille André Collectionneur d'œuvres d'art Collections publiques de biens culturels
Liens externes
Liste de 104 des 137 tableaux italiens du musée Jacquemart André, site de la Fondation Federico Zeri, université de Bologne.
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