Le Lot (prononcé []., en occitan Òlt ou Òut), est une rivière française du sud du Massif central, affluent en rive droite de la Garonne. Il a donné son nom aux départements français du Lot et du Lot-et-Garonne. C'est la deuxième rivière la plus longue entièrement en France après la Marne. Il traverse cinq départements, que sont la Lozère, l'Aveyron, le Cantal, le Lot et le Lot-et-Garonne, compris dans les régions Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine.
Hydronymie Les graphies anciennes pour désigner la rivière sont Oltis à l'époque gallo-romaine, et à l'époque mérovingienne Ulda fluvius au et Ulta au . Sa vallée et ses rives sont appelées in valle oliti en 942, ripam oltis à la fin du . La rivière se nomme déjà fluvi d'out en 1201Fabien Régnier, Jean-Pierre Drouin, Les peuples fondateurs à l'origine de la Gaule, édition Yoran Embanner, 2014, page 818,.
L'hydronyme Lot provient du mot roman, passé au français d'oil ou ancien français, et à l'occitan. Le mot hérite d'une racine gauloise simplifiée ultérieurement en Olt, comme en témoignent les appellations rive d'Out, fleuve d'Out, rive d'Olt ou pays d'OltLe mot provient d'une forme gauloise antique plus complexe en Olito ou Oplito.. La forme francisée s'explique par une agglutination de l'article..
En Roumanie, l'Olt ( ; ) est un affluent du Danube. L'Olténie, une région de la Valachie au sud de la Roumanie, lui doit son nom.
Géographie thumb|Le Lot au pied du mont Lozère, proche de Saint-Julien-du-Tournel Le Lot prend sa source sur le versant sud de la montagne du Goulet en Lozère à l'altitude approximative de , dans une zone de tourbières, et se jette dans la Garonne dans le département de Lot-et-Garonne.
Cours : de long pour à vol d’oiseau de sa source à son confluent, à Aiguillon.
Le Lot se distingue notamment par ses longs méandres et ses boucles qui commencent à partir de Cajarc dans le Lot et serpentent jusqu'à Fumel en Lot-et-Garonne.
Les bordures du Causse Comtal dominent en escarpement la vallée du Lot, dont le talus montre des couches horizontales marno-calcaires sur un socle de micaschistes plus ou moins gneissiques. Ce talus met en évidence la discordance hercynienne, où des calcaires et marnes du Jurassique inférieur reposent sur les roches métamorphiques paléozoïques de micaschistes et de gneiss..
Les versants exposés au sud portent encore la marque d'aménagements réalisés pour en permettre la mise en valeur agricole : il s'agit pour l'essentiel de terrasses soutenues par un réseau de murets de pierres sèches et destinées à la culture de la vigne et des arbres fruitiers (vergers). Ces espaces sont aujourd’hui souvent abandonnés et retournent à la friche et à la forêt. Le fond de vallée, plus large, a permis en revanche une mise en valeur agricole plus importante : de petites parcelles, destinées au maraîchage, à la culture sous serre et à la fruiticulture, s'y succèdent encore de nos jours..
Départements et principales villes traversés
Lozère : Mont Lozère et Goulet, Chadenet, Badaroux, Mende, Balsièges, Barjac, Cultures, Esclanèdes, Chanac, Les Salelles, Banassac et La Canourgue. Aveyron : Saint-Geniez-d'Olt-et-d'Aubrac, Sainte-Eulalie-d'Olt, Saint-Côme-d'Olt, Espalion, Estaing, Entraygues-sur-Truyère, Capdenac-Gare. Cantal : Vieillevie (la rivière sépare le Cantal de l'Aveyron sur quelques kilomètres, au nord de Conques). Lot : Soturac, Touzac, Vire-sur-Lot, Grézels, Puy-l'Evêque, Pescadoires, Lagardelle, Bélaye, Castelfranc, Albas, Luzech, Caïx, Parnac, Douelle, Cahors, Saint-Cirq-Lapopie, Capdenac, Cajarc, Mercuès. Lot-et-Garonne : Montayral, Fumel, Saint-Vite, Penne-d'Agenais, Saint-Sylvestre-sur-Lot, Villeneuve-sur-Lot, Bias, Casseneuil, Sainte-Livrade-sur-Lot, Le Temple-sur-Lot, Fongrave, Castelmoron-sur-Lot, Granges-sur-Lot, Lafitte-sur-Lot, Clairac, Bourran, Aiguillon.
Bassin versant vignette|Les monts du Cantal ont la réputation d'être le château d'eau du centre de la France, à l'intersection de trois grands bassins versants : la Dordogne à l'Ouest, le Lot au Sud–Sud-Est et l'Allier au Nord-Est. Dans les cinq départements de l'Aveyron, du Cantal, du Lot, du Lot-et-Garonne et de la Lozère, le Lot traverse cent-trente-et-une communes (131).
Organisme gestionnaire L'organisme gestionnaire est l'EPTB Lot : Syndicat Mixte du bassin du Lot, anciennement Entente Interdépartementale du Bassin du Lot, créée en 1980 et issue de l'Association pour l'Aménagement de la vallée du Lot créée en 1969.
Principaux affluents vignette|Le Lot à Luzech. Ruisseau de l'Altaret (rdrd pour rive droite et rg pour rive gauche), Ruisseau de l'Esclancide (rd), le Bouisset (rd), Rieucros d'Abaïsse (rd), le Bramont (rg), La Ginèze (rd), la Colagne (rd), le Doulou (rd), Ruisseau de Mardonenque (rd), Le Merdanson (rd), Ruisseau des Mousseaux (rd), la Boralde de Saint-Chély-d'Aubrac (rd), la Boralde Flaujaguèse ou Boralde de Flaujac (rd), Ruisseau d'Esparrou (rd), la Coussane (rd), Ruisseau d'Amarou (rd), la Truyère (rd), Ruisseau de la Daze (rg), Ruisseau Combenousse (rd), L'Auze (rd), le Dourdou de Conques (rg), Le Mourjou (rd), Ruisseau de Limou (rg), le Riou mort (rg), La Diège (rg), Ruisseau de Cavagnet (rg), le Célé (rd), le Vers (rd), Ruisseau des Valses (rg), le Vert (rd), Le Lissourgues (rg), Ruisseau de Saint-Matré (rg), la Thèze (rd), la Lémance (rd), le Boudouyssou (rg), La Masse de Pujol (rg), la Lède (rd), La Bausse (rg), Le Salabert (rg), Le Chautard (rg), Rang de Strahler
Hydrologie
Son alimentation, surtout pluviale, explique les sautes de son débit, les crues brutales d'automne ou de printemps qui peuvent prendre, parfois, un caractère catastrophique. Le Lot à Villeneuve-sur-Lot Le débit du Lot a été observé sur une période de 64 ans (1937-2000) à Villeneuve-sur-Lot, ville du département de Lot-et-Garonne, située à une cinquantaine de kilomètres de son confluent avec la Garonne. Le bassin versant de la rivière est de à cet endroit (sur ).
Le module de la rivière à Villeneuve-sur-Lot est de .
Le Lot présente des fluctuations saisonnières de débit très importantes, avec des crues d'hiver-printemps, portant le débit mensuel moyen situé entre 193 et , de fin novembre à début mai inclus, avec un maximum en février, et des basses eaux d'été, de juillet à septembre, avec une baisse du débit moyen mensuel atteignant le plancher de au mois d'août.
Étiage ou basses eaux Le VCN3 peut cependant chuter jusqu'à , en cas de période quinquennale sèche, ce qui est fort bas.
Toutefois, depuis 1989, une convention entre l'Entente Interdépartementale du Bassin du Lot et EDF permet de déstocker des volumes d'eau, depuis les grands barrages hydroélectriques de la Truyère et du Lot amont, durant les mois les plus secs (juillet, août, septembre et octobre). Cette convention ne concerne directement que l'aval de la confluence Lot et Truyère, soit l'aval d'Entraygues-sur-Truyère. L'objectif est d'assurer le multi-usage de l'eau sur le Lot, tout en intégrant les activités présentes sur les retenues hydroélectriques d'où provient le soutien d'étiageAgence de l'Eau Adour-Garonne : http://www.internet.eau-adour-garonne.fr/page.asp?page=1194.
Crues thumb|Le Pont Notre-Dame à Mende en Lozère. thumb|Écluse de Lustrac. Les crues peuvent être violentes. En effet, le débit journalier maximal enregistré a été de le . Le QIX 10 est de , soit quatre fois celui de la Marne en fin de parcours. Quant au QIX 50, il se monte à , près de trois fois plus que celui de l'Yonne à son confluent, rivière pourtant réputée pour ses excès.
À titre de comparaison, le QIX 10 de l'Oise à Pont-Sainte-Maxence près de Paris, dans la partie terminale de son cours, vaut , tandis que son QIX 50 est de . Le QIX 10 comme le QIX 50 du Lot sont près de quatre fois supérieurs.
Lame d'eau et débit spécifique La lame d'eau écoulée dans le bassin du Lot est de , ce qui est assez élevé et supérieur à la moyenne d'ensemble de la France, comme l'ensemble des rivières issues du Massif Central français. Le débit spécifique (ou Qsp) se monte à 14,1 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin, un peu moins que son voisin le Tarn (15,1).
Soutien d'étiage du Lot domanial
À la fin des années 70, pour remédier aux étiages sévères dont souffre le Lot et permettre ainsi le développement d’activités économiques sur le bassin, plusieurs solutions furent envisagées, dont la construction d’un barrage, porté par l’Entente Lot, à St-Géniez-d'Olt. (Dès 1935, lors des grandes réalisations de barrages hydroélectriques sur le Lot, parmi les projets envisagés figurait déjà le site en amont de Saint-Geniez-d'Olt, ce site avait été écarté en raison de la moins bonne fiabilité du sous sol, le site de Castelnau-Lassouts avait été préféré).
Finalement, la solution pratiquée fut le déstockage d’eau à partir des grandes retenues d’EDF, sur les branches Lot-amont et Truyère, qui permet, par le biais d’une convention entre EDF et l’Entente, de réalimenter le Lot à partir de l'aval d'Entraygues-sur-Truyère (aval confluence Lot et Truyère)Entente Lot, soutien d'étiage du Lot : http://www.valleedulot.com/fr/bassin-versant-lot/etiages/soutiens-etiages-lot-domanial.php.
Pour compenser la perte d’exploitation liée au soutien d’étiage, l’Entente a versé à EDF une participation financière d’un montant de 18,5 millions d’euros (121,4 millions de francs, valeur 1994Soutien d'étiage du Lot, Protocole d'accord de 1994 : http://www.valleedulot.com/fr/pratique/documents/1994_ProtoAccord_SE-Lot.pdf). Cette somme permet tous les ans, depuis 1989, de bénéficier du soutien d’étiage, et ce,jusqu’à la fin des concessions hydroélectriques d’EDF sur les branches Lot et Truyère (cf. terme de la convention).
Ce soutien d'étiage assure les enjeux suivants : la qualité de l'eau, avec le respect des Débits d'Objectifs d'Etiage (DOE) ; les prélèvements pour l'eau potable, et ce, sans interruption ; les prélèvements pour l'eau industrielle ; des prélèvements nécessaires à l'irrigation, avec la priorité d'assurer la continuité, car des interruptions peuvent mettre en péril certaines productions : sont concernés, dont plus des deux-tiers en Lot-et-GaronnePlan de Gestion des Etiages du bassin du Lot : http://www.valleedulot.com/fr/bassin-versant-lot/etiages/documents/PGE-bv-Lot_PROTOCOLE.pdf ; la pratique continue de la navigation fluviale : chiffre d'affaires annuel, direct et induit, de l'ordre de 7 millions d'euros (chiffres de 20012001, Étude sur l'appréciation des impacts environnementaux et socio-économiques de la navigation et des activités nautiques légères, BCEOM, Entente Lot) ; la pratique du canoë-kayak sur le Lot : chiffre d'affaires annuel, direct et induit, supérieur à 7 millions d'euros (chiffres de 2001).
L'objectif du soutien d'étiage est d'assurer le bon fonctionnement des écosystèmes aquatiques tout en maintenant le multi-usage de l'eau. Ceci sans que les déstockages, provenant de certaines grandes retenues hydroélectriques du Lot amont et de la Truyère, ne soient lésés (cf. activités économiques). En effet, certaines côtes touristiques (cote minimale du plan d'eau durant la période touristique) ont été actées à l'intérieur de la convention de soutien d'étiage. Ceci afin que la solidarité amont/aval puisse pleinement s'exercer.
En fonction des conditions hydrologiques de la saison de soutien d’étiage, l’Entente Lot a la possibilité de cumuler un volume d’eau (jusqu’à 33 millions de mètres cubes) et de la déstocker ensuite en fonction des besoins. En moyenne, il est déstocké un peu moins de 17 millions de mètres cubes par an sur le Lot durant la période estivale (du jusqu'au ), grâce à la convention entre l'Entente Lot et EDF. Depuis la mise en place de cette réalimentation (1989), qui est la plus ancienne d'Adour-Garonne, il n'a jamais été pris d'arrêté de restriction de prélèvements en eau sur le Lot réalimenté.
Aménagements et écologie Navigation fluviale