François Albert-Buisson, nom d'usage dAlbert François Buisson, né le à Issoire et mort le à Aix-en-Provence, est tour à tour ou simultanément entrepreneur, industriel, magistrat consulaire, économiste, homme politique, historien français, membre l'Académie nationale de pharmacie qu'il préside en 1945, premier chancelier de l'Institut, poste créé pour lui en 1952, élu en 1955 à l'Académie française.
Biographie Famille et formation
Albert François Buisson naît le à Issoire de Pierre Buisson, sabotier à Issoire, et de Marie Boste, sans profession[Archives départementales du Puy-de-Dome, actes de naissance de la commune Issoire, , , ]..
Après ses études secondaires , il part pour Paris et s'inscrit successivement à la faculté de pharmacie puis à celle de droit. Docteur en pharmacie, il obtient le prix Jules-Lefort de l'Académie française.
Le au Vésinet (Seine-et-Oise), Albert François Buisson épouse Andrée Marie Labrin (1886-1942)[Archives départementales des Yvelines, actes de mariages de la comme Le Vésinet, , , ]..
Né et marié sous le nom de famille « Buisson » avec les prénoms Albert et François, il publie jusqu'à la fin des années 1930 sous le nom de « Buisson » puis après sous le nom d'usage d'« Albert-Buisson ». Il aurait pris cette disposition pour éviter la confusion avec l'un de ses homonymes, directeur général de l'Éducation dont il recevait le courrierInformation recueillie à la mairie d'Issoire..
Carrière Combattant de la Première Guerre mondiale de 1914 à 1916, il participe aux premiers combats en août/septembre 1914 et notamment à la bataille de la Marne. Il organise ensuite au front une industrie militaire nouvelle de traitement de déchets agricoles pour la fabrication d'huiles. Détaché du front en , il est chargé de l'instruction des officiers au point de vue des gaz asphyxiants au cours de laquelle il sera intoxiqué. Il est décoré de la légion d'honneur à titre militaire, son dossier indiquant "Officier de la plus haute valeur. Mobilisé au début de la campagne comme Aide Major, s'est distingué à diverses reprises et notamment aux combats de Bapaume et Nanteuil le Haudein par son sang froid et son absolu dévouement. Par ses connaissances très étendues, sa vive intelligence a rendu en de multiples circonstances de grands services au commandement".
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Nommé juge suppléant au tribunal de commerce de la Seine en 1913, il en devient président (1930-1934). Durant sa présidence, il y développe les conciliations, obtient des pouvoirs publics l'éligibilité des femmes à la charge de juge consulaire et la création du port de la robe rouge pour le Président du tribunal de commerce lors des audiences solennelles, usage devenu pérenne à Paris.
Créateur du laboratoire pharmaceutique Théraplix (via l'entreprise Chimie et Atomistique), il est administrateur dans plusieurs entreprises industrielles et bancaires, devenant notamment président de la Banque nationale française pour le Commerce extérieur (BNFCE) et président fondateur de la BNCI, mais surtout président du conseil d'administration de Rhône-Poulenc de 1935Désigné par le conseil d'administration lors de la séance du 21 décembre 1934. à 1959, après avoir été administrateur de Poulenc frères (1923) puis de Rhône-Poulenc (1928).
Directeur de cabinet d'Étienne Clémentel au ministère des Finances pendant le cartel des gauches en 1924-1925, il participe à plusieurs conférences économiques internationales, à Londres en août 1924 comme chef de la délégation financière, à Paris en janvier 1925, en 1926 comme délégué à la conférence économique franco-allemande.
Élu dans la foulée de la victoire du Cartel, en 1925, maire d'Issoire, il occupe cette fonction jusqu'en 1941. Élu conseiller général du canton d'Issoire le , il devient vice-président du Conseil général du Puy-de-Dôme.
Entré en janvier 1926 dans le conseil directeur du journal Le Moniteur du Puy-de-Dôme avant son rachat en 1927 par Pierre Laval, il se rapproche de ce dernier, l'accompagnant quand, président du Conseil, il fait un voyage aux États-Unis et à Berlin en 1931. Candidat de la Fédération républicaine, radicale et radicale-socialiste du département lors des sénatorielles partielles du , il est élu au premier tour de scrutin, avec le soutien de Laval, par contre 394 à son principal adversaire, Georges Moreau, sur exprimés, en remplacement de Malsang, sénateur radical du Puy-de-Dôme décédé le . Il occupe ces fonctions officiellement jusqu'en 1944. Lors de l'assemblée générale du , il est élu président d'honneur de la Fédération républicaine, radicale et radicale-socialiste du Puy-de-Dôme.
Siégeant au groupe de la Gauche démocratique, il appartient à la commission de la législation civile et criminelle et à celle des affaires étrangères, où il apporte ses compétences en matière de droit et d'économie politique. Le , il vote les pleins pouvoirs à Pétain.
Sous le régime de Vichy, il se démet de sa fonction de maire (1941), mais préside de 1941 à 1942 la Commission administrative du Puy-de-Dôme. Puis il est nommé, avec Jacques Bardoux, vice-président du conseil départemental du Puy-de-Dôme, présidé par le Raymond Grasset, lui aussi radical et ancien fidèle de Clémentel à Riom lié à Laval.
À la Libération, le jury d'honneur présidé par René Cassin le relève de son inéligibilité . La décision du publiée au JO du relève en effet Journal officiel du 28 décembre 1945.
En particulier, dès 1942, son appartement personnel servait de lieux de réunion régulier au réseau Vaudevire dirigé entre autres par le capitaine Jean-Baptiste Biaggi, membre avec Alain Griotteray du réseau Orion.
Il abandonne ensuite toute vie politique. Il est élu à l'Académie nationale de pharmacie qu'il préside en 1945Notice « François Albert-Buisson » sur le site de l'Académie nationale de pharmacie.. Élu à l'Académie des sciences morales et politiques en 1936, il y occupe pendant cinq ans, à partir de 1951, les fonctions de secrétaire perpétuel. De même, il représente à partir de 1948 l'Institut de France à la délégation française de l'UNESCO. En 1953, les cinq académies de l'Institut créent en son honneur le poste de chancelier, dont il est le premier dignitaireListe des chancelies de l'Institut.. Enfin, le , il est élu à l'Académie française, le même jour que Jean Cocteau et Daniel-Rops.
Le , il est élevé à la dignité de grand croix dans l'ordre national de la Légion d'honneur puis fait grand croix en 1961, peu avant sa mortDossier Albert François Buisson dans la base Léonore..
Il meurt à Aix-en-Provence, où il se trouvait depuis une semaine, le , à l'âge de . Il est enterré au cimetière de Passy (Paris).
Publications Droit commercial et économie politique Le Problème des poudres, au point de vue technique, économique et national (1913) Le Chèque et sa fonction économique (1923) Les Crises économiques (1926) De la validité des clauses tendant à parer, dans les contrats, aux inconvénients de l'instabilité monétaire (1926) Le Nouveau Régime de l'administration municipale (1926) De la nature juridique des groupements d’obligataires et de la validité de leurs actes (1927) La Transmission des « billets » de fonds et le privilège du vendeur (1928) Les Groupements d'obligataires. Étude juridique, économique et législative (1930) La Morale et les Affaires (1931) Le Statut de la faillite (1932) La Déviation du droit en période de crise économique (1932) Dynamisme économique et stabilité des lois (1933) La Sécurité juridique, condition de la prospérité économique (1934) Le Statut légal des fonds de commerce (1934)
Histoire Le Chancelier Antoine Duprat (1935). (Ce livre a été commenté avec peu d'enthousiasme par Roger Doucet dans la Revue d'Histoire Moderne & Contemporaine, 1937, pp. 85-86, en ligne, et avec plus de bienveillance par Georges Tessier dans la Revue d'histoire de l'Église de France, 1936, pp. 520-1, en ligne.) Michel de l'Hospital (1950) Le Cardinal de Retz (1955) Les Quarante au temps des lumières (1956)
Distinctions Membre de l'Académie des sciences morales et politiques (1936) Secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences morales et politiques (1951) Chancelier de l'Institut de France (1953) Membre de l'Académie française (1955)
Décorations
(1961)
Notes et références
Pour approfondir
Bibliographie
. . (thèse de doctorat en histoire contemporaine soutenue à l'Université Michel de Montaigne-Bordeaux III en 2006). Charles-Albert Lucas et Pierre Pascallon, Albert-Buisson, un destin au XXe siècle (1881-1961) Essai sur une prodigieuse réussite sociale française, Paris, Éditions L'Harmattan, dans la collection Graveurs de mémoire, 2012
Liens externes
Les multiples professions de François Albert-Buisson - Biographie de François Albert-Buisson sur le site Source d'Histoire de BNP Paribas
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