Les Pèlerins d'Arès est l'appellation d'un nouveau mouvement spirituelLes mutations transatlantiques des religions publié par Christian Lerat, Bernadette Rigal-Cellard, «Le mouvement des pèlerins d'Arès souhaite depuis longtemps diffuser le message arésien aux États-Unis (...) même si des nouveaux mouvements religieux se sentent aussi une vocation à dépasser les frontières de l'ancien monde, leur exportation vers les États-Unis ne semble pas aussi aisée que celle des mouvements américains vers l'Europe» fondé en 1974 par le Français Michel Potay (Frère Michel pour ses disciples). Ce mouvement doit son nom à la localité d'Arès, en Gironde, lieu où Michel Potay aurait reçu des révélations de Jésus puis de Dieu. À partir de ces événements, il publie La Révélation d'Arès, publication qui donne lieu à un pèlerinage, d'abord spontané, puis organisé à partir de 1978. Dès lors, il s'est créé une soixantaine d'associations liées à cette foi en France, dans une vingtaine de villes françaises. La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES), dans son rapport annuel de 2005, définit les Pèlerins d'Arès comme un « mouvement guérisseur d'inspiration religieuse ». Les pèlerins d'Arès se définissent eux-mêmes comme des croyants libres de toute religion. Pour eux, l'action d'aimer, de pardonner, de faire la paix, d', de se libérer des préjugés, prime sur la croyance.
Origine des Pèlerins d'Arès
Selon son récit autobiographique, Michel Potay (aussi communément appelé frère Michel). est né en 1929 à Suresnes, près de Paris. Physicien de formation, ingénieur en 1955, il devient directeur d'usine d'unités de transfert thermique pour l'industrie chimique de 1958 à 1965 à Paris puis à Lyon. Né dans une famille marxiste, il vote lui-même communiste jusqu'en 1988. Au début des années 1960, il commence à douter de l'objectivité et des vérités du marxisme, il décide de prendre un congé sabbatique et se livre à une recherche philosophique dans divers domaines.
Il se convertit à la foi chrétienne en rejoignant l'Église orthodoxe. En 1971 il se rattache à l'Église vivante proche de l'URSS. Il est ordonné prêtre par cette congrégation, puis consacré évêque d'un diocèse missionnaire. Depuis Bourges, il tente un rapprochement avec d'autres Églises marginales (Église du Christ rénovée de l'antipape Clément , chapelle Sainte-Marie de Maurice Cantor). En 1973, il abandonne l'Église vivante par refus d'allégeance à l'URSS. Michel Potay s'installe à Arès. Surnommé « le pope », sa réputation de guérisseur est connue au sein de la population localeMayer, les Trois Nornes, . Il souhaite y faire l'expérience d'une « Chrétienté originelle », mêlant ses références orthodoxes aux références orientalisantes (philosophie et acupuncture chinoise) et ésotériques.
La Révélation d'Arès décrit deux événements surnaturels qu'aurait vécus Michel Potay : 39 ou 40 apparitions de Jésus du au et 5 théophanies (manifestations directes du Créateur) du au .
En 1974, Michel Potay auto-édite L'Évangile donné à Arès en exemplaires, Le Livre en 1978, puis l'ensemble en un ouvrage unique pour la première fois en 1983.
Ces événements surnaturels ont supposément eu lieu à Arès, où des Pèlerins d'Arès se rendent en pèlerinage. Ce nom est d'abord un sobriquet que la population locale utilise à partir de 1975 pour désigner leurs activités..
La Révélation d'Arès La Révélation d'Arès est l'ensemble de deux ouvrages écrits séparément : un premier ouvrage qui relaterait le message qui, selon Michel Potay, lui aurait été donné par Jésus en 1974, intitulé L'Évangile Donné à Arès il est édité et publié la même année. Le second tome relate une théophanie, c'est à dire une manifestation directe de Dieu souvent matérialisée et qui aurait été à destination de Michel Potay personnellement, cet événement aurait eu lieu en 1977 et Michel Potay publie rapidement son deuxième ouvrage intitulé simplement Le Livre. La foi, la recherche d'accomplissement et se fondent sur ces textes. L'édition intégrale de La Révélation d'Arès est diffusée à plus de . L'ouvrage a été traduit en anglais et en allemand.
La première partie intitulée « L'Évangile » est attribuée à Jésus-Christ. Jésus serait apparu incarné dans son corps transfigurépréface de 1983 p.90 édition bilingue de La Révélation d'Arès. Il aurait dicté à Michel Potey un évangile en une quarantaine de séances pendant la période du au . La deuxième partie intitulée « Le Livre » est une série de théophanies qui se seraient produites les nuits du 2, 9 et ainsi que le 9 et sous la forme d'un qu'il identifie comme la source de la voix divine.. Ce livre est présenté par Michel Potay comme Le Livre, Préface de l'édition de 1984. Il qualifie de « lapidaire » le style du texte, dénué selon lui de tout artifice littéraire.
L'ouvrage affirme que la pratique de l'amour du prochain, du pardon, de la paix et de la liberté spirituelle est une «valeur» supérieure à celles plus politiques de gouvernance et de droit commun. Il réinterprète le sacrement de pénitence de l'Église catholique traditionnellement entendu par les chrétiens comme les actes de foi de repentir, de réparation et de confession dans un but de pardonner les péchés d'un croyant au regard de sa foi, comme une . Il écrit vouloir redéfinir la pénitence catholique comme une ou très nombreuses références à cette pénitence dans l'Évangile donné à Arès.. Potay écrit dans La Révélation d'Arès que le salut est indépendant de l'objet de la foi mais conditionné par l'acte d'aimer et de pardonner ainsi que le rejet du mensonge et des préjugés, et affirme qu'un homme, croyant ou pas, pourrait ainsi créer sa propre âmeL'évangile donné à Arès - veillée 17/4-7 et Le Livre XXXIX. Michel Potay incite dans son livre à dépasser les systèmes religieux et politiques actuels et promeut une équité universelle. Il note que le « verset » central de son livre est ..
Ces apparitions se seraient produites la nuit, sans témoin. Michel Potay explique ne pas avoir pu réveiller les membres de sa famille qu'il qualifie à ce moment de . Il écrit sur son blog croire dans un premier temps que ces révélations lui sont adressées personnellement avant de comprendre plus tard sa . Il déclare que tous les Pèlerins d'Arès ainsi que les sont des prophètes.. Il dit ne pas être un élément central de la révélation divine qu'il aurait reçue et affirme avoir évité une dévotion envers sa personne comme prophètechapitre "Révélations" : article "La révélation d'Arès", page 320; Guide Almora de la Spiritualté; David Dubois, Docteur en philosophie et Serge Durand, professeur de philosophie, Almora, 2012.
Ses deux textes font écho à un public multiconfessionnel, et certains l'adoptent pleinement. Le courant aspire à être un état d’esprit ou une direction, et ne pas avoir vocation à devenir une religion ou un culte régi par une institutionMourad Faher - Approche critique des représentations de l'Islam contemporain - .
Foi et pratiques spirituelles 300px|vignette|Lieu de prière pour les Pèlerins d'Arès. Principe Le mouvement des Pèlerins d'Arès est présenté par Jean-François Mayer comme un monothéisme associé à la « ligne de la tradition abrahamique ». Ses adeptes croient aux écritures bibliques et coraniques. Leur foi est influencée par l'islam, le Coran étant considéré comme l'une des plus récentes révélations divines parmi les écritures monothéistes précédant La Révélation d'Arès. En revanche, ils doutent de l'authenticité de certains livres de la Bible et rejettent l'Évangile de Jean. Ils récusent également le concept de Trinité chrétienne, la filiation de Dieu en Jésus : « Le sang de Jésus sur la croix n’a sauvé personne ; la croix ne fut que l’instrument d’un crime ; l’idée que le père aimant ferait torturer un homme à mort pour être propice aux autres hommes est absurde et païenne. Seule sauve la mise en pratique de la Parole transmise par Jésus et par tous les prophètes. L’homme se sauve lui-même par l’action dynamique, créatrice de changer sa vie et le monde, actions spontanément soutenues par le PèreMourad Faher - Approche critique des représentations de l'Islam contemporain ». Les Pèlerins d'Arès rejettent le culte des saints mais croient à la virginité de Marie, à l'enfer et à la résurrection des justesJ.P. Chantin, citant J.F. Meyer. . Ils perçoivent les enseignements divins comme étant livrés aux humains par étapes : un prophète/messager est « suscité » par Dieu pour rappeler aux hommes la parole divine, pour apporter des corrections à l'interprétation des révélations précédentes, et compléter leurs enseignements. La Révélation d'Arès est perçue par les Pèlerins comme étant la version la plus récente des paroles que Dieu ait adressées à l'humanité, et Michel Potay comme le prophète actuel. Très tôt, dans la partie L'évangile, est indiqué que d'autres révélations semblables ont eu lieu dans le passé : « J’ai voulu parler par d’autres en grand nombre mais ils se sont dérobés ; craintifs, ils n’ont pas pu sortir du monde, se distinguer du monde, monter sur Mon Parvis pour s’adresser à lui en Mon Nom, craignant les incrédules et les moqueurs...» (L'Évangile 2/16-18). La Révélation d'Arès demande un redémarrage du "christianisme simple et vrai" du Sermon sur la Montagne (Matthieu ch.5 à 7), puisque, selon elle, cet enseignement de Jésus n'a jamais été appliqué à l'échelle sociale. Ce christianisme "pur" - hors de toute religion - est selon les Pèlerins d'Arès : la recréation dynamique et permanente du bien en soi et dans la société.
Le croyant rejette tout système de soumission, incluant les structures ecclésiastiques et les systèmes politiques, respectivement nommés « le roi blanc », terme qui indique toute puissance religieuseLe Livre IX/3-8, XIII/20-23, et « le roi noir », sa contrepartie laïque (puissance civile, financière, culturelle, idéologique)Le Livre X/6. Ces deux entités sont perçues comme ennemies de l'individu : "Pas de Bien absolu sans liberté absolue".. Michel Potay définit les pèlerins d'Arès comme « une anarchie de pénitents. ». Selon les croyances des pèlerins d'Arès, Adam n’est pas un individu mais une population d’humains. Eden (ou le Royaume dont parlait Jésus) n'est pas une aire géographique, mais la vie transfigurée. C’est à ce plan édénique qu’Adam aurait renoncé, préférant le monde actuel, qui procure un bonheur éphémère, au prix du mal, de la souffrance et de la mort..
Cette théologie est dualiste, opposant le « Bien » au « Mal », ce dernier pouvant se personnifier sous la forme d', appelé par M. Potay : Au cours de l'année 1974, il affirme ainsi avoir été La foi arésienne invite donc les hommes à rejeter le mal et à faire le bien. La violence est totalement rejetée..
Pour les pèlerins d'Arès, l'âme humaine n'est pas innée , elle s'acquiert au cours de la vie et croît en fonction des actes, le péché l’abîmant ou la détruisant, la vertu en favorisant la croissance. Dans la foi arésienne, vivre dans la « pénitence » est une notion centrale, quoiqu'elle ne revête pas le sens de remords et d'autopunition. Elle consiste selon eux à se conformer à des principes et vertus, à faire le bien, par un effort de volonté, à se changer individuellement pour participer au « changement du monde » préconisé.. Ainsi, même l'athéisme est préférable à la croyance "nuisible". "Mieux vaut un impie faste qu'un pieux néfaste"..