Jacques Barrot, né le à Yssingeaux (Haute-Loire) et mort le à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), est un homme politique français.

Ancien secrétaire général du Centre des démocrates sociaux (CDS), composante de l'UDF, il a longtemps été une des principales figures de la démocratie chrétienne en France.

Il occupe plusieurs fonctions ministérielles, dont celles de ministre du Commerce, de la Santé, du Travail. Jacques Barrot est aussi vice-président de la Commission européenne de 2004 à 2009, initialement chargé des Transports, puis de la Justice et des Affaires intérieures.

De 2010 à sa mort, il est membre du Conseil constitutionnel.

Famille et études Jacques Barrot est le fils de Noël Barrot, né à Saint-Étienne, résistant démocrate-chrétien, député MRP de Haute-Loire., et de Marthe Pivot, née à La Tour-du-Pin dans une famille de huit enfants. Il effectue ses études secondaires à Yssingeaux, avant de les poursuivre à l'université d'Aix par une licence de droit et un certificat de sociologie. Diplômé par la suite de l'Institut d'études politiques de Paris (IEP), il est aussi titulaire du Certificat d'aptitude à la profession d'avocat (CAPA), mais ne plaidera jamaisVoir sur lexpress.fr.. Il fut membre de la Conférence Olivaint durant sa jeunesse.

Il épouse le en premières noces Florence Cattani, avec laquelle il aura trois enfants : Jean-Noël Barrot, né en 1983, lui-même devenu homme politique de premier plan à partir de 2022, en participant à plusieurs gouvernements sous la présidence d'Emmanuel Macron, Hélène et Marie. Le , il épouse Béatrice Borg.

Parcours politique Il est élu député de la Haute-Loire en : porté par le souvenir de Noël Barrot (CD), il défait le candidat de la fidélité à Charles de Gaulle, le républicain indépendant Jean Proriol, et conservera ce siège jusqu'en 2004. Démocrate-chrétien comme son père, il refuse cependant de soutenir la candidature Poher en 1969 et rejoint le Centre démocratie et progrès (CDP) de Jacques Duhamel qui, dira-t-il, .

Partisan du président Georges Pompidou comme le ministre des Finances Valéry Giscard d'Estaing, il se rapproche de ce dernier, qui le nomme secrétaire d'État au Logement lorsqu'il accède à la présidence de la République en 1974.. À ce poste durant près de quatre ans, il lance le premier programme de rénovation de grands ensembles en France (« Habitat et vie sociale »)Voir sur polville.lyon.fr.. Raymond Barre l'appelle alors au ministère du Commerce puis au ministère de la Santé et de la Sécurité sociale. À ce titre, il soutient le développement d'une information indépendante au service des médecins, en accordant une subvention à la revue Prescrire.

Après l’échec de Giscard en 1981, il se consacre essentiellement à ses fonctions locales et devient maire de sa commune natale en 1989, mairie que son père avait eu de grandes difficultés à conquérir. Président du conseil général de la Haute-Loire après le décès de son ami le docteur Simon (1976), il se montre un ardent défenseur du désenclavement, et notamment de l'aménagement de la RN 88 ; il inaugure ainsi en 1994 le viaduc du Lignon qui rapproche la Haute-Loire de Rhône-Alpes. Par la suite, il lance le projet de restauration de l'hôpital général du Puy-en-Velay, où s'installe l'hôtel du département en 2001.

À l'Assemblée nationale, il s'impose comme une des figures principales du centre, même s'il ne parvient pas à obtenir la présidence du Centre des démocrates sociaux (CDS) face à Pierre Méhaignerie. Soutien de Raymond Barre lors de l'élection présidentielle de 1988, il préside par la suite le groupe parlementaire de l'Union du centre, élément de l'ouverture voulue par Michel Rocard, entre 1988 et 1993.. C'est au titre de ses fonctions de secrétaire général du CDS qu'il sera condamné, aux côtés de Pierre Méhaignerie et de Bernard Bosson, à huit mois de prison avec sursis pour , en raison du financement irrégulier du CDS (s'agissant de faits antérieurs à la loi de 1990 sur le financement des partis politiques, sa peine sera aussitôt annulée du fait de l'amnistie du ).

Soutien de Jacques Chirac, il est ministre du Travail et des Affaires sociales entre 1995 et 1997, mandat au cours duquel il doit défendre le très contesté plan Juppé de 1995 pour les retraites. Puis il est président du nouveau groupe UMP à l'Assemblée nationale, constitué lors des législatives de 2002, fonction qu'il occupe jusqu'en 2004.

Jacques Barrot est l'un des membres fondateurs, avec Jean-Pierre Raffarin, Michel Barnier et Dominique Perben, du club Dialogue & Initiative, créé en 1999. Il a aussi été vice-président du Cercle de l'industrie, de sa création en 1993 à 2004.

En 2004, il est nommé vice-président de la Commission européenne, présidée par José Manuel Durão Barroso, et abandonne son siège de député à son jeune suppléant, Laurent Wauquiez. Chargé des transports à Bruxelles (DG TREN), il signe avec les États-Unis un accord d'ouverture des relations aériennes transatlantiques, et doit trouver des financements pour le projet Galileo.

En , il remplace Franco Frattini au poste de commissaire à la Justice, à la Liberté et à la Sécurité, mais ne poursuit pas au sein de la Commission Barroso , qui prend ses fonctions en .

Il est nommé, le , au Conseil constitutionnel par le président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer, succédant à Pierre Joxe.

Mort Il meurt subitement le , après un malaise dans le métro, à la station Les Sablons, à Neuilly-sur-Seine. Il est inhumé au cimetière du Crêt-de-Roc, à Saint-Étienne.

Notre contrat pour l'alternance (coécrit avec Dominique Perben, Jean-Pierre Raffarin et Michel Barnier), 2001

Détail des mandats et fonctions Mandats locaux - : conseiller municipal d'Yssingeaux (Haute-Loire) - — - : adjoint au maire d'Yssingeaux - : maire d'Yssingeaux - : conseiller général de la Haute-Loire - : président du conseil général de la Haute-Loire - : conseiller général de la Haute-Loire

Mandats parlementaires Député de la Haute-Loire

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Fonctions gouvernementales + Début Fin Fonction Gouvernement 1974 1976 Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Équipement, chargé du Logement Chirac 1976 1977 Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Équipement, chargé du Logement Barre 1977 1978 Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Équipement et de l'Aménagement du territoire, chargé du Logement Barre 1978 1979 Ministre du Commerce et de l'Artisanat Barre 1979 1981 Ministre de la Santé et de la Sécurité sociale Raymond Barre 1995 1995 Ministre du Travail, du Dialogue social et de la Participation Juppé 1995 1997 Ministre du Travail et des Affaires sociales Juppé

Distinction Il est promu au grade d'officier de la Légion d'honneur le .

Postérité En , une plaque commémorative avec son nom est apposée dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. La première promotion (2012) de la (ESPOL) de l'université Catholique de Lille, dont la création avait été largement soutenue par Jacques Barrot, porte son nom. Depuis 2016, chaque année, un Jacques Barrot est décerné à l'un des gagnants d'un de l'. L'hôpital d'Yssingeaux porte son nom

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Articles connexes Canton d'Yssingeaux Conseil général de la Haute-Loire Liste des députés de la Haute-Loire Liste des ministres français de la Santé Liste des ministres français du Commerce Liste des ministres français du Travail et des Affaires sociales Première circonscription de la Haute-Loire Yssingeaux L'empêchement des membres du Conseil constitutionnel

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