André-Ernest-Modeste Grétry, né le à Liège et mort le à Montmorency, est un compositeur liégeois, puis français.
Il est, avec Duni, Philidor et Monsigny, qui l’ont précédé de quelques années, l’un des créateurs du genre de l’Opéra-comique français.
Biographie Né dans une famille de musiciens, fils de Marie-Jeanne Desfossés et de Jean Grétry, premier violon à la collégiale Saint-Denis, où il le place très tôt comme enfant de chœur. L’excessive sévérité de Tosquinet, le maitre auquel il avait été confié ne tardant pas à rebuter l’enfant, son père est obligé de l’en retirer.. Usant de douceur, le nouveau professeur de Grétry, Simon Leclerc, parvient en peu de temps à le rendre bon lecteur.. Une troupe de chanteurs italiens étant venue, à la même époque, représenter les opéras de Pergolèse, du Buranello, et autres maitres, à Liège, Grétry se prend de passion pour l’opera buffa et assiste à toutes les représentations..
Sans aucune notion des règles de l’harmonie, il essaie de composer quelques morceaux, un motet à quatre voix et une espèce de fugue instrumentale. Ayant reçu l’organiste de la collégiale, Nicolas Rennekin, pour maitre de clavecin et d’harmonie, il commence ensuite le contrepoint avec le maitre de chapelle de Saint-Paul Moreau, Henri Moreau, et écrit six symphonies, qui ont été exécutées avec succès, et quelques sonates. Le chanoine de Harlez, grand amateur de musique, qui organisait des concerts auxquels il invitait l’élite de la société, conscient des manques de Grétry, lui conseille d’aller perfectionner ses connaissances et développer son intelligence musicale à Rome, le grand centre de l’art musical. Dépourvu des moyens pécuniaires d’accomplir ce projet, Grétry compose une messe, dont l’exécution, bien accueillie, lui vaut une bourse du chapitre de la cathédrale, pour étudier à la fondation Lambert-Darchis..
Parti pour l'Italie au mois de , à l’âge de dix-huit ans, il arrive à Rome un mois plus tard. Il choisit Giovanni Battista Casali pour maitre de contrepoint et reçoit ensuite des conseils de Giovanni Battista Martini. Irrésistiblement entrainé vers la musique dramatique, il compose plusieurs scènes italiennes. Les entrepreneurs du petit teatro Aliberti, les ayant entendues, le chargent d’écrire la musique d’un intermède intitulé le VendemiatriceLes Vendangeuses., essai applaudi, qui lui vaut les encouragements de Piccinni.. Un attaché à l’ambassade de France de ses amis, lui ayant montré la partition de Rose et Colas, Grétry, charmé de la musique naturelle et gracieuse de Monsigny, s’est convaincu que le genre de l’opéra comique français convenait à la nature de son talent, il décide d’aller tenter la fortune à Paris.
Parti, après huit ans de séjour à Rome, au mois de , il se rend d’abord à Genève, pour aller voir Voltaire à Ferney et de lui demander un livret d’opéra comique. Voltaire lui fait bon accueil le plus flatteur, sans s’engager. Cependant, Voltaire, à la demande de Madame Denis, écrivit pour lui deux livrets : Les deux Tonneaux et Le Baron d’Otrante.
À Genève il refait la musique de la pièce Isabelle et Gertrude de Favart, qui est joué avec succès. Arrivé, quelques mois plus tard, à Paris, il présenta le livret de Voltaire, Le Baron d’Otrante (sans révéler que l’auteur était Voltaire), à la Comédie Italienne, mais le livret fut refusé, pour lequel il perd, en vaines sollicitations, deux années, sans pouvoir trouver d’auteur disposé à lui confier un livret, jusqu’à ce que Durosoy, alors aussi inconnu que lui, écrive les Mariages samnites. Cette pièce en trois actes destinée à la Comédie-Italienne, ayant été trouvée d’un genre trop noble pour ce théâtre, Grétry est obligé de l’arranger pour l’Opéra. La première répétition, puis la représentation, le soir chez le prince de Conti, où toute la cour s’était rassemblée pour juger de l’ouvrage, exécuté avec l’orchestre, s’étant très mal passée: tous étaient persuadés que Grétry n’avait pas d’avenir dans la musique dramatique, et les répétitions ont été suspendues. Au sortir de cette pénible séance, il reçoit, de surcroit, une lettre, signée du seigneur anglais pour lequel il avait écrit des morceaux de flute à Rome; lui annonçant la suppression de sa modeste pension.
Découragé, Grétry se disposait à retourner à Liège, lorsque le comte de Creutz, envoyé de Suède, qui s’était fait son protecteur, ainsi que Suard et l’abbé Arnaud, avec lesquels Grétry s’était lié, qui n’avaient pas partagé l’opinion générale, ont décidé Marmontel à lui confier la petite comédie du Huron, d’après l'Ingénu de Voltaire.. Dès le lendemain de la première représentation, à la Comédie-Italienne, le , il se voit lui offrir cinq poèmes d’opéras comiques pour en faire la musique. Malgré tout le mal qu’on avait dit de son poème du Huron, Marmontel était tout disposé à écrire de nouvelles comédies pour Grétry, mais celui-ci, qui ne songeait pas encore à chercher d’autres collaborateurs, s’est fait un malin plaisir de congédier tous les gens de lettres séduits par son succès. Quelques mois plus tard, il donne Lucile et, presque en même temps, le Tableau parlant, dont les mélodies achèvent de la placer au rang des premiers compositeurs français.
À partir de ce moment, il enchaine avec une rapidité attestant sa fécondité, composant une quinzaine d'opéras et plus de quarante opéras-comiques jusqu'en 1803. Durant la seconde moitié du , il est le maitre du genre en France. En 1771, Louis XV lui accorde une pension de , que Louis XVI doublera, en 1778. En 1786, il voit celle-ci augmentée de . L’année suivante, il obtient le poste d’inspecteur de la Comédie-Italienne, qui ouvre droit à une part de sociétaire et voit sa pension à l’Opéra passer de à . Il devint également le seul censeur royal pour la musique.. Il tente également d’aborder la tragédie lyrique, sans réussir à émuler le style élevé qu’elle exigeait, aussi l’opéra de Céphale et Procris, écrit en 1773 pour le mariage du comte d’Artois, est-il un échec, à sa création, en 1775, à l’Académie royale de Musique. Andromaque, Aspasie, Denys le Tyran n’auront pas plus de succès.
À la Révolution, l’étoile du directeur de la musique de Marie-Antoinette, qui régnait en maitre sur la scène de l’Opéra-Comique français, pâlit, face au style sévère, vigoureux d’harmonie, riche d’effets d’instrumentation, inauguré par Méhul et Cherubini. Entrainé dans cette voie nouvelle, il tente d’écrire, dans le nouveau style Pierre le Grand en collaboration avec le jeune dramaturge Jean-Nicolas Bouilly, Lisbeth avec Favières, Guillaume-Tell et Elisca avec Favières et Grétry neveu, où se font sentir l’imitation et l’effort. Il ne semble, en revanche, pas avoir pâti de sa proximité musicale avec VersaillesLe comte d’Artois, la duchesse de Polignac, la du Barry ou le duc de Choiseul., et au premier chef, Marie-Antoinette, marraine de sa cadette. Dans De la vérité, ce que nous fûmes, ce que nous sommes, ce que nous devrions être, paru en 1801, il affirme avoir sucé dès l’enfance des . Une fois retombée l’agitation révolutionnaire, un retour s’est effectué vers la musique légère, le chanteur réactionnaire Jean Elleviou entreprend de remettre sur la scène les ouvrages de Grétry, depuis longtemps abandonnés. Le succès de l’Ami de la Maison, le Tableau parlant, Richard Cœur-de-Lion, Zémire et Azor a dépassé celui des représentations initiales. Le produit considérable que le compositeur en retira, joint à une pension de que Napoléon lui avait accordéeNapoléon l’a également fait chevalier de la Légion d'honneur, le ., lui a rendu l’aisance qu’il avait perdue à la Révolution.
Un air tiré de la Caravane du Caire composé par Grétry deviendra, après avoir été adapté par David Buhl, un des chants militaires les plus populaires au sein de la Grande Armée durant les champs de bataille, notamment lors de l'entrée de la Grande Armée à Moscou, le : La Victoire est à nous.. Il est avec François-Joseph Gossec, Étienne Nicolas Méhul, Jean-François Lesueur et Luigi Cherubini l'un des inspecteurs de l'enseignement et des exécutions publiques du Conservatoire de musique. Couvert de gloire, il est nommé à l'Académie en et se retire dans l’ancien hermitage de Jean-Jacques Rousseau, dont il avait fait l’acquisition à Montmorency.
Grétry, dont la santé s’était affaiblie, passait la plus grande partie de son temps avec sa femme, Jeanne-Marie Grandon, épousée en 1771, à Montmorency, ayant renoncé à son art depuis plusieurs années. Mort dans cette retraite, lors de ses obsèques à Saint-Roch, le , la messe de Requiem, qui a été exécutée, avait été composée par Grétry pour ses propres funérailles. Suivant ses volontés, il est enterré au cimetière du Père-Lachaise, où une foule immense l’a accompagné jusqu’à sa dernière demeure.. Mais son cœur, rapatrié dans sa ville natale en 1842, est déposé dans une urne qui est toujours visible dans une niche du socle de sa statue en bronze, devant l'Opéra royal de Wallonie.
Jugements
Fin 2011, le manuscrit de L’Officier de fortune, datant de 1790, est exhumé par le conservateur du musée Grétry.. Bien que l’existence de l'œuvre fût connue, il ne subsistait, avant cette découverte, aucune trace du texte original..
Œuvre vignette|redresse|André Grétry arborant sa Légion d'honneur. vignette|redresse|Maison natale (actuellement musée Grétry) rue des Récollets à Liège. vignette|redresse|Maison de Genève où séjourna André Grétry pour composer Isabelle et Gertrude (1766). vignette|redresse|Tombe au cimetière du Père-Lachaise (division 11). vignette|Sculpture d'André Grétry par Jean-Baptiste Stouf, marbre, New York, Metropolitan Museum of Art. vignette|Portrait d'André Grétry par François Dumont (1808), New York, Metropolitan Museum of Art. Opéras : La Vendemmiatrice : Isabelle et Gertrude, ou les Sylphes supposés
Les Mariages samnites Le Connaisseur Le Huron
Lucile Quelques mesures de cette œuvre ont longtemps servi d'indicatif de début et de fin des émissions radio de la radio publique belge (RTBF). Le Tableau parlant Momus sur la terre
Silvain Les Deux Avares L'Amitié à l'épreuve
L'Ami de la maison Zémire et Azor
Le Magnifique, sur un livret de Sedaine d'après le conte de Jean de La Fontaine La Rosière de Salency Céphale et Procris, ou l'Amour conjugal.
La Fausse Magie
Les Mariages samnites [rev] Pygmalion
Amour pour amour Matroco
Le Jugement de Midas Les Trois Âges de l'opéra L'Amant jaloux ou les Fausses Apparences Les Statues
Les Événements imprévus Aucassin et Nicolette ou les Mœurs du bon vieux temps, comédie en trois actes, représentée pour la première fois à Versailles le
Andromaque
Émilie ou la Belle Esclave
Colinette à la cour ou la Double Épreuve L'Embarras des richesses Électre Les Colonnes d'Alcide
Thalie au nouveau théâtre La Caravane du Caire
Théodore et Paulin Richard Cœur de Lion. L'Épreuve villageoise
Panurge dans l'ile des lanternes Œdipe à Colonne
Amphitryon Le Mariage d'Antonio Les Méprises par ressemblance, en collaboration avec sa fille Lucile Grétry Le Comte d'Albert
Toinette et Louis, en collaboration avec sa fille Lucile Grétry Le Prisonnier anglais
Le Rival confident
Raoul Barbe-Bleue Aspasie
Pierre le Grand Roger et Olivier
Guillaume Tell
L’Officier de fortune Cécile et Ermancé, ou les Deux Couvents Basile ou À trompeur, trompeur et demi Séraphine, ou Absente et présente
Le Congrès des rois, avec onze autres compositeurs (Henri-Montan Berton, Frédéric Blasius, Luigi Cherubini, Nicolas Dalayrac Prosper-Didier Deshayes, François Devienne, Louis Emmanuel Jadin, Rodolphe Kreutzer, Étienne Nicolas Méhul, Jean-Pierre Solié et Trial fils). Joseph Barra Denys le tyran, maitre d'école à Corinthe La Fête de la raison Callias, ou Nature et Patrie Diogène et Alexandre
Lisbeth Anacréon chez Polycrate Le Barbier du village ou le Revenant
Elisca ou l'Amour maternel
Le Casque et les Colombes Zelmar ou l'Asile
Le Ménage