Le Loiret () est une rivière située dans le département du Loiret auquel elle a donné son nom, dans la région Centre-Val de Loire (France).
C'est un affluent en rive gauche de la Loire, né d'une résurgence de celle-ci dont le cours est partiellement souterrain dans l'Orléanais.Il a été dit que la Loire est "essentiellement" souterraine sur cette section de son cours. Son débit moyen à Orléans est de /s (voir article « Loire ») ; les plus grosses pertes sont à Jargeau (voir ), pour une quinzaine de (voir ). L'essentiel de son cours dans l'Orléanais est donc pour l'instant toujours en surface - sauf à ne prendre en compte que les périodes d'étiage très sévère pendant les grandes sécheresses, lorsque son débit moyen peu après son entrée dans la zone calcaire baisse à moins de /s. Ainsi pendant l'été 1949, le débit moyen de la Loire est de /s en août à Gien et le fleuve est pratiquement entièrement à sec à Orléans (voir ) - ce qui reste une occurrence rare. Il faut cependant garder en mémoire que le réseau karstique orléanais peut inclure de larges cavités contenant de grandes quantités d'eau ; mais que l'épaisseur du réseau est peu susceptible de dépasser les trouvés par ailleurs (voir ).. Le Loiret signifie petite Loire (), ce qui indique son origine.
Tout le cours du Loiret est inclus dans la région naturelle du val de Loire inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO (pour la cartographie du site, ouvrir l'onglet "Cartes" sous le titre à gauche)..
Géographie
Le Loiret prend sa source dans le quartier orléanais d'Orléans-la-Source dans l'enceinte du parc floral de La Source au lieu-dit « le Bouillon ».
Il se jette dans la Loire après avoir traversé ou touché les communes d'Orléans, Olivet, Saint-Hilaire-Saint-Mesmin, Saint-Pryvé-Saint-Mesmin et Mareau-aux-Prés, toutes situées dans le département du Loiret et l'agglomération orléanaise. La réunion du fleuve et de la rivière constitue la pointe de CourpainLa pointe de Courpain est parfois orthographiée Courpin.
De de longueur, le Loiret est longé par le sentier de grande randonnée en aval du pont Saint-Nicolas sur la rive gauche.
Les terres situées entre Loire et Loiret sont classées en zone inondable, elles correspondent au sud de l'agglomération orléanaise.
Le Loiret est situé en domaine privé entre le parc floral de la Source et la chaussée de Saint-Santin (sur Saint-Privé en aval du pont Saint-Nicolas, soit de long) ; après quoi la rivière devient domaniale jusqu’à la pointe de Courpain et sa confluence avec la Loire.
Constructions sur le Loiret
La rivière est enjambée par plusieurs ponts, d'amont en aval : le pont Bouchet, le pont Cotelle, le pont de Sologne (N20), le pont du tramway (ligne A du tramway d'Orléans), le pont du Maréchal-Leclerc (D15), le pont de l'autoroute A71 et le pont Saint-Nicolas (D951).
La rivière compte également de nombreux moulins, grands et petits, et de très nombreuses vannes.
Bassin versant Le bassin versant du Loiret, d'une superficie d'environ , couvre partiellement ou totalement le territoire de , d'est en ouest. :
Les deux tiers amont de son bassin sont en milieu rural ; le tiers aval est urbanisé et porteur d'un patrimoine important ..
Affluents
L'affluent principal est le Dhuy (appelé en amont le Leu puis la Bergeresse), rivière de de long qui prend source à Sully-sur-Loire et se jette dans le Loiret à la sortie du parc floral, en rive droite, en amont du pont Bouchet sur le territoire de la commune d'Olivet. L'Ousson et la Marmagne, affluents du Dhuy, sont donc des sous-affluents du Loiret.
Le bras de Bou, à proximité du pont Cotelle, et le bras des Montées, à proximité du pont de Sologne, sont deux autres affluents en rive droite.
La Pie Couches « Cartes IGN classiques », « Limites administratives » et « Hydrographie » activées. Vous pouvez bouger la carte (cliquer et maintenir, bouger), zoomer (molette de souris ou échelle de l'écran), moduler la transparence, désactiver ou supprimer les couches (= cartes) avec leurs échelles d'intensité dans l'onglet de "sélection de couches" en haut à droite, et en ajouter depuis l'onglet "Cartes" en haut à gauche., petit affluent de rive gauche de de long, naît, coule et conflue sur Saint-Hilaire-Saint-Mesmin.
Hydrologie
Son débit moyen est de l'ordre de 0,5 à La rivière du Loiret, Larousse. Consulté le . En le débit en amont est de et en aval de .
Le Loiret est alimenté à 70 % par les pertes de la Loire, des résurgences qui réapparaissent au niveau de ses sources, et à environ 30 % par son principal affluent, le Dhuy ..
Occasionnellement, le sens de la rivière peut s'inverser, le Bouillon absorbant d'importantes quantités d'eaux venant du Dhuy et du Loiret, ce durant quelques heures ou journées (voir plus bas « Effet d'inversac »).
Le débit étant très faible, l'envasement de la rivière est important. Et, depuis le siècle dernier, ce débit a diminué et continue de diminuer. Sont en cause l'irrigation, l'alimentation en eau potable liée à l'urbanisation, l'enfoncement du lit de la Loire, ainsi que d'autres facteurs de moindre effet. La ville d'Orléans a déplacé son captage le plus important en 2012 pour réduire les impacts sur les sources du Loiret.. Restent les deux autres captages de la ville d'Orléans, le puits Theuriet (réalisé en 1894) et le puits du Bouchet (réalisé en 1963), tous deux à proximité du parc floral..
Le débit du Loiret est presque entièrement dépendant de ce qui se passe dans la Loire orléanaise. Si le niveau de la Loire baisse de 1 m à la pointe de Courpin, le débit du Loiret est réduit de 50 % ; or, le lit de la Loire s'y est précisément enfoncé de au cours du dernier siècle, en bonne partie à cause des prélèvements de sable et autres matériaux. Les changements climatiques en ce début de millénaire ne font qu'empirer la situation, comme le fait l'important accroissement des surfaces revêtues (béton, goudron...) et donc imperméables. Avec tous ces facteurs en jeu, il suffit d'un gros orage sur Olivet pour faire monter l'eau de en deux heures, suffisamment pour créer une crue riveraine, page Les services > Les niveaux..
Le cours du Loiret a été de longue date modifié et régulé pour servir les occupations humaines. Les aménagements ont commencé notablement à partir de l'installation de l'abbaye de Micy au (page de présentation de lassociation syndicale de la rivière Loiret).. En 2016, son flux est encore régulé par sur ses quelque de longueur.
Les sources du Loiret
Les sources du Loiret sont remarquables sur plusieurs aspects, essentiellement dus à la nature karstique du sous-sol local.
Elles sont situées dans le parc floral de la Source sur la commune d'Orléans, à environ au sud-est de la vieille ville et à au nord de la D 14 reliant Saint-Cyr-en-Val au sud-est et Olivet au nord-ouest.
Histoire des sources
Trois sources ont été décrites : le « Bouillon », l'« Abîme » en aval du Bouillon, et le « Gouffre ». L'Abîme était la principale source au . Quand elle s'est retrouvée bouchée, le débit de la source du Bouillon a augmenté.. Il a même été dit que la source du Bouillon n'est apparue qu'en 1672, lors d'un colmatage accidentel de l'AbîmeP. Boismoreau, À la source. De bonne source. Source et/ou résurgence ?. Dans La Loire et ses terroirs, automne 2009, , ..
Jusqu'à la fin du le parc floral actuel ne contient que deux sources : « la Grande Source » (dite aussi « l'Abîme » ou « le Grand Bouillon ») et « le Petit Bouillon » (l'actuel « Bouillon »)..
Lord Bolingbroke, revenu en France - mais non plus en exil - en 1735 (voir article sur Bolingbroke), vit au château de la Source et y modifie les bassins des sources, comme l'indique le plan II ci-dessus de 1736.
Dans la première moitié du le porche d'entrée du Grand Bouillon s'effondre ; subséquemment le débit de la source diminue notablement. Vers la même époque le château et les jardins subissent des aménagements ; la vasque du Grand Bouillon est utilisée comme décharge pour les gravats et autres rebuts de construction. Elle finit par se boucher entièrement et la source est oubliée.. En parallèle, le débit de la source du Bouillon augmente.
En 1994, rencontre de Philippe Boismoreau et Jacques Munerot, spéléologues et plongeurs membres de l'association Spéléologie Subaquatique Loiret (SSL) d'une part, et de Michel Lepiller, spéléologue et hydrogéologue, et Patrick Albéric, géochimiste, tous deux étudiants chercheurs à l'université d'Orléans et axés sur les circulations souterraines locales d'autre part. Les quatre premières années de leur collaboration sont consacrées à l'exploration de diverses pertes hydrologiques, galeries, émergences et autres phénomènes d'hydrologie karstique locaux : de 1994 à 1996 : la perte de la Goule de l'Anche dans la vallée du ruisseau de l'Anche entre Saint-Denis-de-l'Hôtel et Châteauneuf-sur-Loire ; et l'émergence temporaire des Vernelles à Saint-Denis-de-l'Hôtel ; de 1996 à 1998 : la galerie noyée du karst sous le plan d'eau. Voir aussi une vidéo de survol de l'île sur utube.com. de la base de loisirs de l'Île Charlemagne ; l'émergence sous-fluviale de Bellevue à La Chapelle-Saint-Mesmin ; différentes émergences dans la rivière le Loiret : Béchets, traçage à la fluorescéine le mars 2009), Tacreniers, etc. Depuis 1998 l'équipe s'est focalisée en particulier sur les sources du Loiret..
En 2001 il ne reste plus de l'Abîme qu'une cuvette boueuse de de profondeur parsemée de quelques affleurements de calcaire, avec un mince filet d'eau sortant au pied d'une petite barrière de calcaire. Au printemps 2002 la source de l'Abîme est désobstruée après plusieurs sessions d'excavation totalisant de travail pendant l'hiver 2001-2002 ; un travail ralenti par des glissements de terrain dont la fréquence et l'amplitude augmentent au fur et à mesure des sessions. Le collecteur de l'Abîme est enfin atteint à environ de l'entrée.
Le Gouffre est depuis 1877 « le puits du Gouffre », un captage d'eau pour la ville d'Orléans à laquelle s'ajoutent Saint-Denis-en-Val, Saint-Jean-le-Blanc et Saint-Pryvé-Saint-Mesmin.
Provenance de l'eau des sources du Loiret
L'origine des eaux a fait l'objet de discussions dès la fin du où les deux hypothèses en vigueur étaient une résurgence de la Loire et celle d'eaux venant de la Sologne. L'idée d'une circulation souterraine d'un bras de la Loire réapparaissant sous forme de Loiret, devient prédominante en raison d'arguments de débit : Henri Sainjon, inspecteur général des Ponts et Chaussées, effectue vers 1880 une série de mesures du débit de la Loire depuis le hameau de Bouteille sur Guilly ( en amont d'Orléans) jusqu'aux abords d'Orléans. Or le débit en amont de Guilly baisse constamment sur ce trajet et les perdus sur ce trajet ne sont récupérés par des résurgences qu'à en aval d'Orléans (soit plus de 50 km en aval de Guilly), et en aval de la confluence du Loiret.. Le baron de Beaucorps confirme le fait grâce... à sa baguette de sourcier. En 1901, Félix Marboutin en fait définitivement la preuve en retrouvant dans le Loiret un colorant qu'il a dilué plus en amont dans la Loire, l'origine de la déviation se situant dans les environs de la commune de Jargeau.
Ceci confirme que l'eau de la Loire participe à l'alimentation du Loiret, mais ne dit pas que la Loire en est la seule origine. Il est vrai que le Loiret est principalement formé de résurgences de la Loire ; la source du Bouillon est un des points d'accès classiques du réseau karstique et activement exploréeL'association Spéléologie Subaquatique du Loiret et ses membres, en particulier Olivier Cantaloube et Jacques Munerot, ont mis en ligne plusieurs vidéos d'exploration de la source du Bouillon et d'autres sources liées, dont :