Naval Group est un groupe industriel français spécialisé dans la construction navale de défense. Société de droit privé détenue principalement à hauteur de 62,25 % par l'État français et de 35 % par Thales, Naval Group est, depuis 2017, l'héritière des arsenaux français et de la Direction des constructions et armes navales (DCAN), devenue la Direction des constructions navales (DCN) en 1991 et DCNS en 2007 (le « S » ajouté pour la notion de système et de service).. Depuis 2021, le groupe se recentre sur ses activités navales.

En 2025, le groupe emploie à travers .

Naval Group se classait en 2025 au mondial pour la production d'armementD'après Defense News Top 100 Liste pour 2025.

Historique Origines

Les arsenaux de la Marine royale se développèrent en France à partir du , principalement sous les impulsions du cardinal de Richelieu, alors premier ministre de puis de Colbert, ministre de la Marine de . Cette politique destinée à alimenter les marines du Ponant et du Levant mène aux fondations de l’arsenal de Brest en 1631Historique de l'Arsenal de Brest sur wiki-brest.net., de l'arsenal de Rochefort en 1665, l'extension de l'arsenal de Toulon, créé sous Henri IV., que suivront d'autres établissement tels l’arsenal de Lorient en 1778 ou encore l'acquisition des forges royales de Guérigny en 1781. En parallèle, la Section technique des constructions navales créée en 1895 assure la coordination entre la Marine nationale, le ministère de la Marine et les arsenaux.

Réunification des activités thumb|L'arsenal de Brest vers 1920. thumb|Entrée de l'arsenal de Saïgon vers 1930. En 1927, un décret fixe définitivement les assignations des différents arsenaux et rationalise leurs rôles. : Brest et Lorient sont chargés de la construction des grands navires ; Cherbourg de celle des sous-marins ; Toulon, Bizerte et Saïgon ont pour mission l’entretien de la flotte. La production des canons est effectuée aux fonderies de Ruelle-sur-Touvre. et d'Indret. Les armements maritimes sont alors limités par le traité naval de Washington de 1922, qui sera étendu par le traité naval de Londres de 1930. Les termes des traités conduisent à la conception de la classe de cuirassés rapides Dunkerque et lourds Richelieu.

En 1937, l’établissement de Gassin est créé, par la nationalisation des installations de Gassin de la SCB et de La Londe de la société Schneider, spécialisées dans le domaine des torpilles.

Dès 1944, Louis Jacquinot en tant que commissaire à la Marine est chargé de la reconstruction et la modernisation de la marine de guerre, particulièrement marquée par le drame de Mers-el-Kébir et le sabordage de la flotte à Toulon.

En 1946, à la sortie de la Seconde Guerre mondiale, un état des lieux des arsenaux français mené par le Gouvernement provisoire de la République française vient compléter le décret de 1927 concernant les attributions des différents sites : Brest est chargé de la construction et réparation des gros bâtiments ; Lorient de la construction de bâtiments moyens ; Cherbourg des sous-marins ; Toulon de la réparation et de l’entretien de la flotte. En ce qui concerne les sites non-côtiers, Indret est chargé des activités de propulsion des navires ; Ruelle de la construction de canons, de pièces de grande taille, de l’électronique ; Gassin de la production de torpilles ; Guérigny des chaînes et ancres de marine. Cinq sites sont situés outre-mer : Mers el-Kébir, Bizerte, Dakar, Diego-Suarez, Papeete..

Création d'une direction centralisée thumb|Le Clemenceau en 1962 thumb|Le Redoutable, premier sous-marin à propulsion nucléaire et SNLE français.

Le , le décret n°46-1860 conduit à la création de la Direction centrale des Constructions et Armes Navales (DCCAN) au sein du ministère de l'ArmementDécret n°46-1860 du 23 août 1946. Ce décret est modifié par le décret n° 47-2103 du Décret n°47-2103 du 22 octobre 1947, les départements ministériels propres à chaque armée (Terre, Air et Mer) passent sous l'autorité du ministre des Forces armées Pierre-Henri Teitgen et de deux secrétaires d’État, assistés de quatre organismes dont la Direction centrale des Constructions et Armes Navales (DCCAN), aux côtés de la DEFA, de la DP et de la DTIA[Une histoire des techniques de l’arsenal de la Marine de Lorient , Fabrice Le Pavic]. La DCCAN est alors placée sous l'autorité du secrétaire d'État à la Marine Joannès Dupraz, et est chargée de la conception des navires, dépendant de la Marine nationale.

Une série de projets est alors initiée à la fin des années 1940 : la classe de porte-avions Clemenceau et de sous-marin Narval.

En 1958, le lancement officiel par le général de Gaulle du programme nucléaire militaire français et de la politique de la dissuasion amorce une restructuration de la base industrielle et technologique de défense. Le projet Cœlacanthe. réunit ainsi l'état-major de la marine, la DCCAN et le CEA, et aboutira à la mise en service en 1971 du Redoutable, premier sous-marin nucléaire lanceur d'engins français.

Jusqu'en 1961, la Marine nationale assure elle-même l’entretien et la réparation de sa flotte par l’intermédiaire de la DCCAN et de ses Directions des constructions et armes navales (DCAN) des différents arsenaux.. Les DCAN sont dirigées par des ingénieurs militaires du corps des ingénieurs du génie maritime. À cette date, les arsenaux sont détachés de la responsabilité unique de la Marine (Direction centrale des Constructions et Armes navales - DCCAN) pour passer sous celle de la délégation ministérielle pour l’Armement (DMA), nouvellement instituée par Michel Debré ; ce qui permettra au cours des années 1970 une diversification de leurs activités.

En 1965, nouvelle dénomination, les arsenaux métropolitains et d’outre-mer dépendent désormais d'une direction unique, la Direction technique des constructions navales (DTCN), relevant toujours directement de la DMA. En 1977, la DMA devient la Délégation générale pour l’armement (DGA). L’objectif de cette réforme est de centraliser l’ensemble des capacités de conception et de construction des armées au sein d’une délégation interarmées sous l’autorité directe du gouvernement..

Transformation en entreprise Dans les années 1970, le contexte économique international et la décolonisation conduisent les DCAN à se développer sur de nouveaux marchés. À la perte des arsenaux d’outre-mer (dont des bases militaires sur des territoires devenus indépendants) s’ajoutent des besoins de la Marine française en navires désormais moins importants, et les crédits se font moins faciles à obtenir. Cette dynamique s’accélère encore à la fin de la guerre froide, malgré la diversification des activités de la DTCN, dont le déminage des littoraux. Certains sites se spécialisent également dans des projets civils: Brest construit des wagons, Guérigny des machines agricoles, Toulon des navires civils (yachts, paquebots).

Mais, au-delà des carnets de commande, c’est en fait le statut public de la DTCN qui est peu à peu remis en cause, étant considéré comme une contrainte administrative pour le développement du potentiel des arsenaux français.

La DTCN a remporté ses premiers contrats à l’international dès la fin des années 1960 (Portugal, Afrique du Sud, Pakistan et Espagne) grâce à son sous-marin d'attaque conventionnel de type Daphné. Vendu à quinze exemplaires, le type Daphné était également en service dans la marine française.

Par décret, le , la DTCN devint la Direction des constructions navales (DCN)Le maintien en condition opérationnelle de la flotte.

Changement de nom et orientation internationale Cette évolution se fait en plusieurs étapes. En 1991, les Directions des constructions et armes navales (DCAN) changent de nom et reprennent universellement celui de la Direction des constructions navales (DCN)QUI EST DCNS, LE GÉANT FRANÇAIS QUI A RAFLÉ LE CONTRAT MILITAIRE DU SIÈCLE? ; la même année, DCN international est créée. Cette société anonyme a pour vocation de promouvoir à l'étranger les activités de la DCN et de faciliter l'exportation de ses productions.

Puis, en 1992, les activités étatiques de la DCN sont rattachées au Service des Programmes Navals (SPN), qui a pour mission la maîtrise d'ouvrage des navires destinés à l'Armée française. Désormais, la DCN n’est plus chargée que des seules activités industrielles, tout en restant maintenue au sein de la DGA. Ce changement de statut permet à DCN International, à la fin des années 1990, d'accompagner commercialement et juridiquement la DCN dans le développement de ses offres à l'étranger.

La séparation complète entre la maîtrise d'ouvrage et la maîtrise d'œuvre est achevée en 1997 avec, d'une part, la création, au sein de la DGA, de la Direction des systèmes d'armes (DSA) et de son Service des programmes navals (SPN) et, d'autre part, la consolidation de la DCN en industriel maître d'œuvre des activités de constructions neuves et de réparationsLe maintien en condition opérationnelle de la flotte, Sénat, 2005.

Cette stratégie de développement portée par DCN International se traduit par la signature de plusieurs contrats majeurs. En 1994, trois sous-marins Agosta sont livrés au Pakistan et, en 1997, deux sous-marins Scorpène sont produits pour le Chili. Un contrat est également remporté en 2000 pour la fourniture de six frégates du type Formidable pour Singapour. En 2002, un contrat pour deux sous-marins Scorpène est signé avec la Malaisie.

La DCN gagne également des contrats dans le domaine du forage pétrolier off-shore en 1997, le site de Brest modernise ainsi la plateforme Sedco 707, et construit des plateformes pétrolières de type SFX.

En 1999, la DCN devient un service à compétence nationale (SCN), sous le nom de 'DCN' sans référence à la dénomination Direction des constructions navales ; ce SCN est directement rattaché au ministère de la défense.. Enfin, en 2001, le gouvernement français décide de transformer la DCN en entreprise anonyme de droit privé, dont l'État posséderait la totalité du capital. En 2003 le changement de statut est effectif : la DCN devient DCN-SA.

Développement de DCNS vignette|logo de DCNS. En 2007, le groupe acquiert la branche activités navales France de Thales, en reprenant les activités de la société Thales Naval France et celles d’Armaris, l’ancienne filiale que DCN et Thales Naval France détenaient à parité, et MOPA2 – la société chargée du projet de second porte-avions. Thales entre au capital du groupe à hauteur de 25 %, et DCN devient DCNS, le S adjoint faisant référence aux Services et à l'expertise dans les Systèmes. En 2011, Thales augmente sa participation et monte à 35 % du capital de DCNS.

L’évolution statutaire des années 2000 permet à DCNS de développer librement ses activités civiles démarrées depuis l’après-guerre et de les inscrire dans sa stratégie de croissance. C’est ainsi qu’en 2009, DCNS adopte le projet d’entreprise , dont le but est de positionner le groupe comme un leader mondial du naval de défense et un innovateur dans l’énergie (nucléaire civil et énergies marines renouvelables).. La vision , élaborée en 2012, sous-tend l’ambition exprimée..

Afin d’améliorer sa performance pour répondre à ses ambitions de croissance, DCNS se concentre notamment sur : l’innovation, l’internationalisation et le développement responsable. Les frégates multi-missions (FREMM) sont construites à partir de 2007 ; en 2008, l’appontage d’un drone aérien sur une frégate en navigation est une première mondiale. Pour assurer une cohérence à ses activités de recherche et développement, le groupe crée en 2011 DCNS Research.