L'En avant de Guingamp, souvent appelé En avant Guingamp et parfois abrégé en EA GuingampLe club s'appelle bien En avant de Guingamp et non En avant Guingamp, comme l'attestent le nom du club au Journal officiel de la République française et le nom de l'entreprise. Le club a changé son nom sur son logo et sur ses supports de communication en 2019 en simplement En avant Guingamp, mais il n'y a pas eu de changement officiel., est un club de football français, fondé en 1912 à Guingamp en Bretagne.
L'équipe professionnelle masculine évolue actuellement en Ligue 2.
Resté longtemps un club amateur à portée régionale, l'histoire de l'En avant de Guingamp est alors intimement liée à celle de l'école publique et des réseaux laïcs guingampais. Il grimpe dans la hiérarchie du football français sous la présidence de Noël Le Graët : montée en Division 3 en 1976 et en Division 2 en 1977. Il y reste alors seize saisons consécutives. Monté pour la première fois en Ligue 1 en 1995, En avant Guingamp y obtient son meilleur classement en 2003, avec une septième place.
À son palmarès figurent deux Coupes de France, remportées en 2009 et en 2014 (à chaque fois face au Stade rennais), et la Coupe Intertoto en 1996. Enfin, En avant Guingamp dispute trois campagnes européennes dans son histoire : la Coupe UEFA 1996-1997, la Ligue Europa en 2009-2010 et en 2014-2015. Au cours de cette dernière épreuve, le club atteint les seizièmes de finale, sa meilleure performance européenne.
En avant Guingamp est présidé par Frédéric Le Grand depuis le .
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Histoire du club +Dates importantes 1912 : Fondation du club. 1922 : Premier match au stade de Montbareil 1929 : Première accession en Division d'Honneur 1976 : Première accession en Division 3 1977 : Première accession en Division 2 1984 : Adoption du statut professionnel 1990 : Premier match au stade de Roudourou 1995 : Première accession en première division du championnat de France. 1996 : Vainqueur de la Coupe Intertoto. et première participation à une Coupe d'Europe. 1997 : Finaliste de la Coupe de France. 2009 : Vainqueur de la Coupe de France.. Le club soulève le trophée alors qu'il évolue en Ligue 2, une première depuis Le Havre Athletic Club 50 ans plus tôt. 2014 : Vainqueur de la Coupe de France.. 2016 : Ouverture du nouveau centre de formation lAkademi.. 2017 : deviennent actionnaires du club sous le nom des Kalon. 2018 : Ouverture du nouveau centre d’entraînement Pro Park. 2019 : Finaliste de la Coupe de la Ligue
Débuts du club (1912-1919)
À l'automne 1912, Pierre Deschamps, directeur de l'école primaire supérieure de garçons de Guingamp, crée une Société d'éducation physique. Elle est nommée « En avant ». Les couleurs choisies sont le rouge et le noir. À sa naissance, l'En avant est donc un patronage laïque encadré par des instituteurs de la République. Au sein de la Société d'éducation physique En avant (Sepea), on pratique le maniement des armes, la gymnastique, l'athlétisme, mais surtout le football qui devient rapidement l'activité la plus prisée des adhérents. Trois équipes sont créées : l'équipe des champions d'En avant, la première équipe d'En avant et la première équipe espoirs.
Le club dispute ses premiers matchs début 1913. L'un des tout premiers pourrait être celui du : à Guingamp, En avant et Morlaix font match nul (1-1). Le , les Guingampais remportent un tournoi organisé par le journal Le Moniteur des Côtes-du-Nord en battant les Briochins de l'AS gouédicaise (1-0) au vélodrome de Saint-Brieuc.
L'association est déclarée le . Les premières années, le club n'a pas de terrain attitré. Selon les opportunités, les footballeurs jouent sur les terrains de manœuvres, dans les stades du Cozen puis de la Métairie-neuve, à la prairie de Saint-Loup et même sur la place du Vally en plein centre-ville.
Le club se structure (1919-1943)
Le club s'affilie à la Fédération française de football en sous le nom En avant de Guingamp.
En 1920, l'En avant de Guingamp remporte son groupe de de district et accède en . En 1920, André Lorgeré succède à Pierre Deschamps à la présidence. Tout au long de son mandat, dans l'entre-deux-guerres, celui qui fut aussi maire radical-socialiste de Guingamp, député et même brièvement Secrétaire d'État dans le deuxième gouvernement d'Édouard Daladier, est assisté de plusieurs personnes au club, notamment d'Yves Jaguin et de l'instituteur Georges Voisin. En 1922, l'En avant loue pour une durée de un terrain à Montbareil sur les hauteurs de la ville. Le stade de Montbareil (rebaptisé Yves-Jaguin en 1947) y est érigé.
En 1924 et 1925, le club termine à la deuxième place de son groupe de district. C'est insuffisant pour monter en Division d'Honneur. Cette performance est enfin réalisée au printemps 1929 après une finale épique contre le Stade briochin, jouée en cinq manches. Le club de Saint-Brieuc gagne le match aller, l'En avant remporte le match retour. Il faut ensuite procéder à trois belles. La dernière se déroule le à Rennes (les deux précédentes s'étaient jouées à Saint-Brieuc). Guingamp l'emporte 3-1 et accède pour la première fois de son histoire en Division d'Honneur. Pour sa première saison à ce niveau, l'En avant termine deuxième. C'est à ce moment qu'une première tribune est construite au stade de Montbareil. La saison suivante est moins heureuse : Guingamp descend en Promotion d'Honneur au printemps 1931.
C'est lors de la saison 1929-1930 que le club s'engage pour la première fois en Coupe de France (défaite 2-1 au premier tour face à l'Étoile Saint-Michel de Saint-Brieuc). Et c'est aussi cette compétition qui permet à En avant d'affronter de prestigieux adversaires. D'abord en lors du troisième tour face au CO Billancourt qui compte alors plusieurs internationaux. Les Franciliens l'emportent 3-1. Puis surtout le : au cinquième tour, les Guingampais reçoivent le Racing Club de France, l'un des plus grands clubs français de l'époque. Les locaux s'inclinent 5-1 face aux Rodolphe Hiden et autres Raoul Diagne.
La Seconde Guerre mondiale arrive. La ville de Guingamp est occupée dès le . Les compétitions sont alors fortement perturbées. C'est aussi au début des années 1940 que André Lorgeré laisse officiellement son fauteuil de président à son vice-président Yves Jaguin. Par ailleurs, au cours de cette période, le club doit déplorer la disparition de Georges Voisin : déporté au camp d'Auschwitz pour des actes de résistance, puis à celui de Buchenwald, l'homme décède finalement, à l'âge de 49 ans, dans le camp de Flossenbürg, le .
Les années Couquet : le terrain et l'usine (1943-1958)
Le , un partenariat est signé entre En avant Guingamp et les établissements Tanvez dirigés par Hubert Couquet. Ce dernier entre alors dans le comité de direction du club avant d'en prendre la présidence en 1945.
À Guingamp, les usines Tanvez fabriquent des machines agricoles depuis 1856. C'est alors le plus gros employeur de la ville. Hubert Couquet, ambitieux, souhaite un grand club de football aux côtés de son entreprise. Il recrute des ouvriers qui, le week-end, enfilent le maillot d'En avant Guingamp. Il fait également venir une main-d'œuvre de région parisienne, dont plusieurs hommes d'origine espagnole, venant de clubs de grandes entreprises. Vincent Llido arrive en effet à Guingamp en 1946. Ce dernier contacte, à la demande de Couquet, ses anciennes relations parisiennes (les Del Pozo, Bogas, Del Monte, Garcia…) qui forment alors la nouvelle ossature de l'équipe.
Le , Guingamp atteint sa première finale de la Coupe de l'Ouest. Mais les Costarmoricains sont défaits par le Racing Club d'Ancenis (3-2 après prolongations). C'est alors qu'arrive le premier entraîneur non issu de l'école publique de la ville : Armand Deruaz. Sous sa conduite, en , les Guingampais retrouvent la Division d'Honneur après 18 ans passés à l'échelon inférieur. D'abord vainqueurs de leur groupe, les Guingampais remportent ensuite le mini-championnat contre les trois autres champions de la région Ouest : l'UCK Vannes, la Stella Maris de Douarnenez et l'US Beauregard de Laval. Ce retour en DH se passe bien pour les Rouge et Noir. D'abord en Coupe de France : le , En avant Guingamp élimine l'Union sportive du Mans, une équipe professionnelle, en de finale (3-2). Le , le club breton joue pour la deuxième fois de son histoire les de finale : à Chartres, les Guingampais rencontrent les professionnels du FC Sochaux-Montbéliard qui l'emportent 5-1. De plus, les joueurs d'Armand Deruaz manquent de peu de monter en championnat de France amateur, ce qui aurait constitué une première pour le club : le , Guingamp perd la finale de division d'honneur face au Stade léonard Kreisker de Saint-Pol-de-Léon (1-0).
En 1952, Guingamp atteint une nouvelle fois les de la Coupe de France. Le club s'incline 3-0 à Rouen face à Bruay-en-Artois. Le , Guingamp dispute également une nouvelle finale de Coupe de l'Ouest, encore perdue, cette fois face au SO Cholet (4-0).
La progression est arrêtée le : à la suite d'un match de barrage contre le CJB Angers, Guingamp descend en Division régionale d'Honneur. Armand Deruaz est alors remplacé par l'un de ses joueurs, Milo Garcia. Malgré une deuxième place obtenue dès la saison suivante, puis l'arrivée d'entraîneurs venus du monde professionnel (Jean Prouff et Paul Wartel), rien n'y fait : En avant ne parvient pas à remonter. En 1957, le club descend même en promotion d'honneur.
Le , Hubert Couquet laisse la présidence du club à Louis Menguy.
Les années 1960 : place aux jeunes (1958-1972)
Au début des années 1960, le club vivote en promotion d'honneur sous la conduite de Michel Bourse, entraîneur-joueur. En 1964, le club obtient la cinquième place en championnat. Une refonte des divisions régionales permet alors à Guingamp de remonter en Division régionale d'Honneur.
Mais c'est surtout du côté des équipes de jeunes que les regards se tournent au milieu des années 1960. Avril 1965 : les cadets deviennent champions des Côtes-du-Nord en battant Loudéac en finale. Ils réitèrent cette performance l'année suivante et atteignent également la demi-finale de la Coupe de l'Ouest. Dans cette génération, Yvan Le Quéré et Joël Anthoine referont parler d'eux plus tard.
En 1966, les minimes sont également à l'honneur en arrivant en finale départementale (défaite face au Stade briochin). On y retrouve notamment Yvon Schmitt, Bernard Reyt, Jean-Yves Le Coz, Michel Trémel, Hervé Le Coz… Tous ces joueurs sont rapidement intégrés en équipe première. Cette même année, Joseph Le Monnier prend la présidence du club.
Lors de la saison 1969-1970, c'est en Coupe Gambardella que cette nouvelle génération fait parler d'elle : après avoir éliminé le Stade rennais FC, le FC Nantes et La Rochelle, elle arrive en quart de finale face à l'AS Saint-Étienne. Le , les jeunes guingampais rencontrent alors de futurs grands noms du football français : Patrick Revelli, Christian Sarramagna, Christian Lopez, Christian Synaeghel, Jacques Santini, etc. Guingamp est éliminé 1-0, mais la dynamique est lancée. Le , en battant Perros-Guirec 5-1 (triplé d'Hervé Le Coz, doublé de Jean-Yves Le Coz), En avant remporte son championnat et monte en Division supérieure régionale.
Les premières années Le Graët : une folle ascension (1972-1977)