La numérotation de Sosa-Stradonitz, est une méthode de numérotation des individus utilisée en généalogie permettant d’identifier par un numéro unique chaque ancêtre dans une généalogie ascendante. Certains textes qui l'utilisent la nomment numérotation Sosa, , Eyzinger (d'après le nom de Michael von Aitzing) ou Kekulé (d'après le nom de Stephan Kekulé von Stradonitz).
Histoire Elle fut mise au point par le franciscain et généalogiste Jérôme de Sosa en 1676 dans son ouvrage Noticia de la gran casa de los marqueses de VillafrancaLéo Jouniaux, Généalogie : pratique, méthode, recherche, Quercy : Seuil, 2006, pp. 44–45., reprenant en cela la méthode publiée à Cologne en 1590 par Michel Eyzinger qui avait déjà utilisé ce système de numérotationMichael Eytzinger, Thesaurus principum hac aetate in Europa viventium, quo progenitores eorum... simul ac fratres et sonores inde ab origine reconduntur... usque ad annum..., Cologne: G. Kempensem, 1590 (1591). Note : le nom de l’auteur peut apparaître sous plusieurs formes à savoir Aitsingeri, Aitsingero, Aitsingerum, Eyzingern..
Cette méthode fut reprise en 1898 par Stephan Kekulé von Stradonitz. Ce généalogiste, fils du chimiste renommé Friedrich Kekulé von Stradonitz, popularise la méthode dans son Ahnentafel-Atlas. Ahnentafeln zu 32 Ahnen der Regenten Europas und ihrer Gemahlinnen, contenant 79 tableaux d’ascendance de souverains européens et de leurs conjointsStephan Kekulé von Stradonitz, Ahnentafel-atlas. Ahnentafeln zu 32 Ahnen der Regenten Europas und ihrer Gemahlinnen, Berlin: J. A. Stargardt, 1898–1904..
Cette numérotation est aujourd’hui universellement reconnue par les généalogistes et la majorité des logiciels de généalogie est compatible. Par extension, les généalogistes parlent de lignée ou de branche Sosa et d’individus Sosa à propos d’individus portant cette numérotation et donc ascendants directs de l’individu racine étudié.
Principe Le principe de la numérotation est d’attribuer le numéro 1 à l’individu racine (le sujet sur lequel on établit l’ascendance, appelé « de cujus » ou « probant » au Québec) puis le numéro deux à son père et trois à sa mère. Chaque homme a un numéro double de celui de son enfant et donc pair et chaque femme un numéro double de celui de son enfant plus un, soit un numéro impair.
Par exemple si un individu porte le numéro 15, on sait que c’est une femme, que son père sera identifié par le numéro 30 (15 × 2), sa mère par le 31 (15 × 2 + 1), et qu’elle-même est la mère de 7 ((15 − 1) / 2). En appliquant le même principe, 7 est la mère de 3 qui est la mère de 1 (l’individu racine).
Les logiciels de généalogie permettent de changer l’individu racine et d’effectuer une renumérotation des individus Sosa.
Chaque degré d’ascendance a un effectif théorique correspondant à la puissance de 2 qui est celle du degré. En même temps, le plus petit numéro d’ascendance de ce degré est le même que l’effectif théorique du degré. Ainsi, au degré des trisaïeuls, dont l’effectif théorique est de 16 (2), le plus petit numéro d’ascendance est 16, celui du grand-père paternel du grand-père paternel du sujet.
Sujet(degré « zéro ») ParentsPremier degré AïeulsDeuxième degré BisaïeulsTroisième degré TrisaïeulsQuatrième degré QuadrisaïeulsCinquième degré effectif du degré :1 = 2 effectif du degré :2 = 2 effectif du degré :4 = 2 effectif du degré :8 = 2 effectif du degré :16 = 2 effectif du degré :32 = 2 1 : sujet 2 : père de 1 4 : père de 2 8 : père de 4 16 : père de 8 32 : père de 16 33 : mère de 16 17 : mère de 8 34 : père de 17 35 : mère de 17 9 : mère de 4 18 : père de 9 36 : père de 18 37 : mère de 18 19 : mère de 9 38 : père de 19 39 : mère de 19 5 : mère de 2 10 : père de 5 20 : père de 10 40 : père de 20 41 : mère de 20 21 : mère de 10 42 : père de 21 43 : mère de 21 11 : mère de 5 22 : père de 11 44 : père de 22 45 : mère de 22 23 : mère de 11 46 : père de 23 47 : mère de 23 3 : mère de 1 6 : père de 3 12 : père de 6 24 : père de 12 48 : père de 24 49 : mère de 24 25 : mère de 12 50 : père de 25 51 : mère de 25 13 : mère de 6 26 : père de 13 52 : père de 26 53 : mère de 26 27 : mère de 13 54 : père de 27 55 : mère de 27 7 : mère de 3 14 : père de 7 28 : père de 14 56 : père de 28 57 : mère de 28 29 : mère de 14 58 : père de 29 59 : mère de 29 15 : mère de 7 30 : père de 15 60 : père de 30 61 : mère de 30 31 : mère de 15 62 : père de 31 63 : mère de 31
Caractère abstrait de la numérotation et implexe En général, à partir d’un certain degré, infiniment variable selon les situations, les tableaux sont incomplets, mais la numérotation permet d’en maintenir la cohérence : les ancêtres non connus ont un numéro prévu, fonction de leur place dans l’arbre d’ascendance.
La numérotation prévoit 2n ascendants au degré n. L’augmentation indéfinie du nombre d’ascendants ne peut se produire : on retrouvera nécessairement les mêmes personnages à plusieurs places différentes si on poursuit l’arbre d’ascendance suffisamment loin. Ce phénomène s’appelle implexe. En cas d’implexe, un même ascendant se voit attribuer plusieurs numéros Sosa, caractérisant chacun une de ses places dans le tableau d’ascendance. Par convention on préfère attribuer à cet ascendant commun le numéro le plus petit parmi ces numéros.
Règles générales Pour un de cujus en génération 0, chaque génération n au-dessus de la sienne porte les numéros allant de 2n à 2n+1 -1, le nombre d’ascendants (implexes compris) à chaque génération est égal au premier numéro de cette génération, donc 2n et le nombre total d’individus du tableau d’ascendance (de cujus et implexes compris) arrêté à la génération n est égal au dernier numéro de cette génération, donc 2n+1 -1. Soit dans l’exemple ci-dessus, de la génération 0 à la génération 5, 63 personnes = 26 - 1.
Une étude plus poussée demande de faire intervenir des notions d’arithmétique : Le degré d’ascendance s’obtient en prenant le logarithme de base 2 du numéro d’ascendance (plus exactement sa partie entière) Une fois le degré d’ascendance connu, l’écriture du numéro d’ascendance en base 2, effectuée immédiatement par un ordinateur par exemple, donne le détail de la filiation. Exemple : numéro d’ascendance 38 38 est compris entre 2=32 et 2=64, soit le d’ascendance ; 38 en base 2 donne le nombre binaire 100110, le 1 initial est écarté et on convertit les chiffres restants en remplaçant 0 par père et 1 par mère : l’ancêtre Sosa du de cujus s’atteint en prenant son père (0), le père de celui-ci (0), la mère de ce dernier (1), la mère de celle-ci (1), et enfin le père de cette dernière (0).
Numérotations basées sur celle de Sosa-Stradonitz
Numérotation d'Aboville La numérotation d'Aboville permet de numéroter les descendants en ajoutant un point suivi de l'ordre de naissance de l'enfant. Par exemple, le de l'individu dont le numéro Sosa est 57 sera numéroté 57.3. En cas d'unions multiples pour un individu, on différencie les enfants issus pour une lettre correspondant à l'ordre d'union, ainsi 57.3b désigne un enfant issu d'une .
Numérotation Pélissier La numérotation Pélissier permet de numéroter les descendants en ajoutant une lettre correspondant à l'ordre de naissance de l'enfant. Cette lettre est en majuscule pour un fils, minuscule pour une fille. Par exemple, le de l'individu dont le numéro Sosa est 57 sera numéroté 57C si c'est un fils, 57c si c'est une fille. En cas d'unions multiples pour un individu, on différencie les enfants issus pour un chiffre correspondant à l'ordre d'union, ainsi 57c2 désigne un enfant issu d'une .
Numérotation Beruck La numérotation Beruck mise en place par Christophe Beruck est un système de numérotation basé sur la numérotation de Sosa-Stradonitz permettant en plus d'identifier tous les individus d'une base de données généalogiques, les ascendants du de cujus comme leurs descendants ainsi que la famille des conjoints et les parrains/marraines.
Bibliographie
Notes et références
Voir aussi La numérotation d'Aboville est un système de numérotation défini vers 1940 par Jacques d’Aboville permettant d’identifier les descendants d’un ancêtre commun. Ce système est utilisé lorsqu’on établit une généalogie descendante. Liste d'ascendance
Catégorie:Technique généalogique
pl:Tablica przodków#Ahnentafel