Aquablue est une série de bande dessinée de science-fiction française créée par le scénariste Thierry Cailleteau et le dessinateur Olivier Vatine, prépubliée en 1988 dans L'Argonaute et éditée en par Delcourt. Dès 1998, Ciro Tota remplace le dessinateur et, en 2011, Régis Hautière le scénariste. Le dessinateur Ciro Tota est ensuite remplacé par Siro, puis par Reno.
Le premier album Nao obtient le prix Alph'Art Jeunesse au Festival d'Angoulême en .
En 2003, Christophe Araldi refait les couleurs pour les deux premiers tomes à l’occasion des réimpressions.
Avant son décès le , Thierry Cailleteau reprend la plume pour un nouvel épisode T18 Stromboli Reloaded sorti en et dessiné par Stéphane Louis.
Description Synopsis Aquablue est le récit de la résistance d'un peuple indigène confronté à la l'arrivée d'envahisseurs exploiter les ressources de son territoire.
La planète Aquablue, peuplée par des indigènes, mène une vie paisible. La confiance et le respect régissent les lois entre le peuple et la nature qui l'entoure. Une parfaite symbiose unit une planète fertile et ses occupants. Seul l'océan et surtout ses fonds demeurent totalement inconnus et inexplorés.
Parmi ces habitants vit un jeune Terrien appelé Nao, dont le parcours occupe une place centrale dans le récit.
Un consortium terrien, le consortium Texec, s'intéresse à Aquablue pour ses ressources énergétiques. Aidé par l'armée privée d'Ulla Morgenstern, il met en place une politique d'exploitation intensive de la planète, recourrant notamment au travail focrcé de la population locale. Face à cette situation, les habitants et les habitantes d'Aquablue sont amenés à organiser uen résistance pour défendre leur territoire.
Nao est le seul rescapé du naufrage d'un vaisseau spatial terrien survenu alors qu'il était enfant. Il grandit sur Aquablue et s'y sent profondément attaché. Découvrant qu'il est le neveu d'Ulla Morgenstern, héritière de l'empire financier de son père, Nao décide de partir sur la planète qui l'a vu naître afin de récupérer son héritage et de priver sa tante Ulla de ses capacités de nuisance.
La série prend ainsi une tournure tout à fait inédite dans le domaine de la bande dessinée. Des thèmes nouveaux voient le jour, principalement déclinés autour d'idées écologistes, humanistes et anticolonialistes. Si l'opposition entre exploiteurs et exploités peut sembler simple au premier abord, les auteurs Cailleteau et Vatine développent une vision plus nuancée des différents camps.
Alors que tout semble perdu pour la planète Aquablue, qui aligne des lances et des couteaux contre des lasers et des vaisseaux spatiaux, de nouveaux paramètres viennent changer la donne. D'abord, l'organisation d'une résistance active et armée des autochtones, aidés par quelques humains qui apportent avec eux technologie et savoir-faire. Nao et ses nouveaux alliés commencent ainsi à donner du fil à retordre aux envahisseurs.
Ensuite, une aide providentielle surgit des fonds océaniques de la planète, sous la forme d'une Atlantide créée par d'anciens extra-terrestres.
Personnages Principaux
Secondaires
Clins d’œil Le paquebot spatial qui fait naufrage avec les parents de Nao s'appelle L'Étoile blanche. La catastrophe n'est pas sans faire allusion au Titanic. D'ailleurs, la compagnie propriétaire du Titanic s'appelait la White Star Line…
Dans l'image n°2 de la première page du tome 1, un des membres d'équipage de l’Étoile blanche dit "Appel à tout vaisseau croisant en secteur NCC-1701" ce qui fait référence à Star Trek, l'USS Entreprise étant de matricule NCC-1701.
La structure du vaisseau Stromboli apparaissant dès le tome 2 n'est pas sans rappeler celle du célèbre Faucon Millenium de Star Wars avec une allure de soucoupe plate avec un cockpit décalé, d'autant plus que son pilote Carlo porte une chemise blanche avec un gilet noir comme Han Solo dans un nouvel espoir.
L'histoire du personnage de Cantor, alias David Gamesh, est inspirée de faits réels. Dans le tome 6, Stitch explique aux héros que Gamesh est un escroc qui dirigeait autrefois une secte sur Terre, dont il a provoqué la mort de tous les fidèles pour échapper à la police. Cela fait directement allusion au destin de Vernon Howell, alias David Koresh, dit "le Christ de Waco", gourou de la secte des davidiens qu'il a entraînés dans un suicide collectif le après un sanglant siège armé par le SWAT.
Dessin À la suite d'une brouille entre Thierry Cailleteau et Olivier Vatine, Ciro Tota remplace ce dernier derrière la planche à dessin. Le changement de style entre l'épisode 4 et 5 est saisissant, les deux dessinateurs n'étant pas de la même école. Le dessin de Vatine, avec des traits doux, des visages expressifs et un effet presque « peinture » avait séduit lors de la parution de la série, certains critiquant un style de « BD vieille école ». Cette douceur correspond aux caractéristiques dominantes de l'univers dépeint. Tota au contraire dessine des formes dures, anguleuses, plus froides et tranchantes, mieux adaptées à la science-fiction d'action, donnant plus de nervosité à l'action et plus de brutalité aux scènes d'affrontement.
Les albums 12 à 17 sont dessinés par Reno, un ami du dessinateur et blogueur Boulet. Il le fait d'ailleurs apparaître sous le pseudonyme John J. Bullit dans l'album Standard Island.
L'album 18 est dessiné par Stéphane Louis alors que Thierry Cailleteau reprend une dernière fois le scénario avant son décès. Stéphane Louis poursuit le dessin dans un nouveau cycle en trois tomes, avec Fred Duval au scénario.
Postérité Accueil critique
Aquablue et Avatar de James Cameron En 2009 sort le film de science-fiction Avatar, réalisé par James Cameron et produit par la Twentieth Century Fox. En , Delcourt et le scénariste Thierry Cailleteau intentent un procès à la Twentieth Century Fox France pour contrefaçon de droit d'auteur et subsidiairement pour concurrence déloyale, au motif que le film présente des similitudes avec les deux premiers albums de la BD Aquablue trop nombreuses pour être fortuites : la trame scénaristique, l'univers et les caractéristiques des personnages. Ces albums, Nao et Planète bleue, ont d'ailleurs été traduits aux États-Unis par les éditions Dark Horse.
Le jugement est rendu par le Tribunal de grande instance de Paris le , qui rejette les deux demandes. Il considère que les ressemblances scénaristiques ne dépassent pas l'idée abstraite ou le fond commun du genre de la science-fiction, par exemple l'idée d'une harmonie entre une planète et ses habitants (présente dans des œuvres antérieures, par exemple avec les Fremen du roman Dune de Frank Herbert en 1965 ou les Ewoks du film Le Retour du Jedi en 1983) ou l'intervention d'un animal mythique gigantesque (présente dans le film Abyss de James Cameron sorti en 1989). Le tribunal considère ainsi que les ressemblances ne portent pas sur la concrétisation formelle de ces idées par les auteurs de la BD, hormis le choix de la couleur bleue pour la peau des autochtones de la planète explorée. Le tribunal écarte l'idée de ressemblances précises entre les trames narratives des deux œuvres, jugeant que les thèmes communs demeurent trop généraux pour être considérés comme entrant dans le domaine de l'originalité précise d'Aquablue (par exemple l'idée d'une colonisation économique d'une planète appuyée par une force armée, puisée dans l'histoire de la colonisation, et déjà présente en science-fiction avant Aquablue, par exemple dans le film Alien de Ridley Scott en 1979), tandis que les différences sont importantes, notamment le recours à un avatar dans le film Avatar.
Adaptations Une adaptation de la bande dessinée en jeu de rôle sur table paraît en 2021 chez l'éditeur Studio Deadcrows, accompagnée d'un paravent pour le meneur de jeu et d'un coffret de dés..
Publications Revues Le premier tome, Nao a été prépublié dans le magazine scientifique pour les jeunes L'Argonaute.
Le troisième tome, Le Mégophias a été prépublié dans le magazine informatique Amstrad Cent pour cent du numéro 22 au numéro 33.
Albums Aquablue est publiée par Delcourt dans la collection « Conquistador » (1-11), puis dans la collection « Neopolis » (12-).
Premier cycle ; scénario de Thierry Cailleteau, dessin d'Olivier Vatine (1-4) puis Ciro Tota (5), couleurs de Thierry Cailleteau (1-2), Isabelle Rabarot (3-4) puis Florence Breton (5) : Nao, : Seul rescapé du naufrage spatial du vaisseau "l'étoile blanche" avec son robot Cybot, le jeune Nao atterrit 8 ans plus tard sur une planète bleue : Aquablue, où de paisibles pêcheurs se chargent de son éducation. Sa vie sera bouleversée dix ans plus tard par l'arrivée de Terriens, le consortium Texec, aidé par l'armée privée d'Ulla Morgenstern, dont le but est de pomper un maximum d'énergie sur une planète au mépris du peuple autochtone. Découvrant qu'il est le neveu d'Ulla Morgenstern et que celle-ci a hérité de l'empire financier de son père. Nao, aidé par Maurice Dupré, l’ethnologue découvreur du peuple d'Aquablue, décide de partir sur Terre afin de récupérer son héritage et de priver sa tante Ulla de ses capacités de nuisance. Planète bleue, : Nao arrive sur la Terre. Il est chargé de défendre les droits de son peuple, menacé par l'activité industrielle de la Texec. Il va démontrer alors son héritage légitime mais les avocats de la Texec vont tout faire pour retarder son accession aux finances familiales de deux ans. Pendant ce temps sur Aquablue, Ulla et son armée s'en prennent à l'Uruk-Uru un monstre marin géant vénéré par le peuple de la mer. Celui-ci est chassé vers une région glaciale. Rejoint par Mi-nuee, Nao décide de repartir vers Aquablue en profitant du vaisseau "Stromboli" de Carlo. Celui-ci est pris à partie par les chasseurs d'Ulla à son arrivée et le Stromboli s'écrase sur la banquise non loin des exilés autochtones. Le Mégophias, : Nao et le peuple d'Aquablue tentent d'organiser la reconquête de leur planète. Soudain, dans l'espace, apparaît le vaisseau de guerre le plus puissant jamais conçu : le Mégophias. Celui-ci anéantit rapidement les défenses terriennes dans le but exploiter des ressources sous-marines de la planète. Lochshore, le maître du Mégophias, s'allie avec Nao pour chasser l'armée d'Ulla contre des pierres "Tchishus". Ulla et ses comparses sont à la suite de l'attaque générale pris en otage par Lochshore qui trahit Nao en échange d'une rançon de la part de la Texec. Nao et ses amis prennent d'assaut le Mégophias et le détruisent avec Lochshore. Pendant ce temps Dupré découvre une ancienne cité engloutie entourée de nombreux Uruk-uru. Corail noir, : Les dirigeants de la Texec font appel à la plus puissante force armée de la Terre : la Légion. Le peuple adoptif de Nao ne peut faire face aux commandos suréquipés et la planète est rapidement récupérée par Ulla. Le reste des forces d'Aquablue résidant sur le sous-marin Barracuda et le vaisseau Stromboli, Nao va lors visiter le fond des océans où des légendes ancestrales vont peut-être retourner la situation.