François-Marie d'Aboville, comte d'Aboville et de l'Empire, né le à Brest, mort le à Paris, est un général d'artillerie et un homme politique français.

Ses fils Augustin Gabriel d'Aboville et Augustin Marie d'Aboville sont comme lui, généraux d'artillerie sous la période révolutionnaire et du Premier EmpireLes noms qui ont fait l'histoire de Bretagne : au moins quatre rues portent son nom en Bretagne (1997)..

Biographie Origines et famille

François-Marie d'Aboville est le descendant d'une ancienne famille noble originaire de Normandie et compte dans sa famille de nombreux officiers. La filiation de la famille d'Aboville débute à la fin du avec Guillaume, Gilles, Jacques, Thomas et Jean d'Aboville, de la paroisse de Gonneville, en la sergenterie de ValognesGustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du , tome , pages 22 à 24 Article Aboville (d').Régis Valette, Catalogue de la noblesse française subsistante au , année 2002, page 27..

Bernardin d'Aboville, le père de François-Marie, est commissaire provincial et commandant de l’artillerie de Brest, où il naît le . Son père meurt l’année de la naissance de François-Marie. L’enfant est alors élevé par son oncle, le chevalier Julien d'Aboville, lieutenant-général, commandant en chef l'artillerie des armées aux ordres du maréchal de Saxe. C’est donc tout naturellement que le jeune homme choisit la carrière des armes et les progrès du jeune d'Aboville sont rapides dans une carrière que son oncle a parcourue avec une .

Militaire sous Louis XVI Grâce à son oncle le général Julien d'Aboville dont il devient l'aide de camp, il entre au service en tant que surnuméraire d'artillerie en . Il est à ses côtés à 17 ans à la bataille de Fontenoy le , officier pointeur le , il servit à la bataille de Lawfeld le , ainsi qu'aux nombreux sièges des places flamandes de la guerre de Succession d'Autriche.

Commissaire extraordinaire le , puis capitaine en 2e le . Il prend part pendant la Guerre de Sept Ans, sous les ordres du maréchal d'Armentières, notamment au siège de Munster en 1759 et 1762. Chevalier de Saint-Louis le , il est nommé capitaine en de la , le . Chef de brigade en , il obtient le rang de lieutenant-colonel, le et rejoint le régiment d'artillerie de Besançon en .

vignette|droite|180px|François Marie d'Aboville arborant la croix de Saint-Louis et l'ordre de Cincinnatus, estampe de 1790. En , il organise pendant la Guerre d'indépendance des États-Unis, l'artillerie du Corps expéditionnaire français. Le , il obtint une commission de colonel. Il participe en 1781, à la tête de l'artillerie de Rochambeau à la bataille de Yorktown. Il prend part à la reddition obtenue qui lui vaut la reconnaissance des Américains et les témoignages du général britannique Cornwallis. Les talents qu'il déploie dans ces circonstances valent à d'Aboville le grade de brigadier d'infanterie le . Il est également fait chevalier de Saint-Louis et de l'ordre de Cincinnatus.

Colonel du régiment d'artillerie de Metz, le , il rentre en France en 1783. Colonel directeur d'artillerie de la Fère, le .

Révolution française

Il est promu maréchal de camp le . En 1789, il fait partie du comité militaire réuni à Paris, où il se fait remarquer par l'étendue de ses connaissances dans l'art de la guerre. Inspecteur général d'artillerie le , il propose d'importantes réformes, telles que la réunion de l'artillerie et du génie et la création de l'artillerie à cheval, mesure qui est adoptée. Il est l’un des promoteurs en France de l’artillerie attelée, notamment en introduisant l'usage des moyeux en métalLes noms qui ont fait l'histoire de Bretagne. .. Cette artillerie attelée avait été introduite dans l'armée prussienne trente ans auparavant par Frédéric Le Grand.

Lorsqu'en , Louis XVI essaye d'échapper à la surveillance de l'Assemblée nationale législative et est arrêté à Varennes, d'Aboville envoie à l'assemblée l'assurance de son dévouement à la cause de la Révolution française. Il reçoit le commandement de l'artillerie de l’armée du Nord, sous Rochambeau en . Lieutenant général commandant l'artillerie de l'armée du général Kellermann. C'est à ce titre qu'il commande à la bataille de Valmy, le .

Du au , il est commandant en chef par intérim, de l'Armée de la Moselle. Lors de la défection de Dumouriez, il adresse une proclamation véhémente à l’armée, datée de Sarrelouis le (an II de la République), s’élevant contre la trahison et la perfidie de ce dernier : Il est promu au grade de général de division le . Suspendu de ses fonctions par le conseil provisoire exécutif le , mais maintenu provisoirement en fonction par les représentants du peuple près l'armée de Moselle, le .

Mais, bientôt, il est incarcéré comme noble à la maison de réclusion de Soissons, le . Le coup d'État du le rend à sa liberté. Appelé près du comité du Salut public, le .

Consulat et Premier Empire Le , il est nommé par arrêté, commissaire du gouvernement pour surveiller les opérations du siège de Le Quesnoy. Il participa également à la reprise des places fortes de Valenciennes, Condé, et Landrecies. Réintégré dans son grade de général de division le , il est inspecteur du 1er arrondissement d’artillerie des places de Paris, de Belgique, de Hollande et du Nord. Le , il est directeur de l'arsenal de Paris et président du comité central d'artillerie.

Après le 18 Brumaire, la charge de premier inspecteur général de l'artillerie, (équivalente à celle de Grand maître), qui a été supprimée depuis la mort de M. de Gribeauval, en 1789, est rétablie pour Mr d'Aboville par le Premier Consul le . Le , le général d'Aboville est nommé membre du Sénat conservateur.

Vice-président du Sénat conservateur, en 1803, titulaire de la sénatorerie de Besançon le , il reçoit la mission d'aller chercher à Alexandrie, en Piémont le pape Pie VII et de l’accompagner à Paris, pour les cérémonies du sacre de Napoléon . Il est fait grand officier de la Légion d'honneur le .

Le , il est nommé commandant les gardes nationales du Doubs, du Léman et du Jura. Gouverneur de Brest le , il est créé comte de l'Empire le . Le , il se rend à Bruxelles en Belgique, où il prend le commandement de la division de gardes nationales de réserve, destinée au secours du port d’Anvers, assiégé par les Anglais (expédition de Walcheren). Commandant la 3e division de gardes nationales sous Moncey à l'armée de la Tête de Flandre en septembre, il est rappelé au Sénat et quitte son commandement le .

Le , il est chargé d'organiser les cohortes du dans la }.

Le , le comte d'Aboville adresse son adhésion aux mesures prises par le Sénat et se prononce pour la déchéance de . Louis XVIII le remercie le , par un titre de pair de France et de grand officier de la légion d'Honneur, puis le fait commandeur de Saint-Louis, le .

L’Empereur ne tient pas rigueur à d'Aboville et le maintient à la Chambre des pairs des Cent-Jours, le . Ce dernier accepte, mais le , il adresse au président de la Chambre des pairs une lettre dans laquelle il lui annonce que ses infirmités ne lui permettent point d'assister aux séances.

Restauration française

La seconde Restauration exclut d’Aboville de la liste des pairs, par application de l'ordonnance du , mais il est réintégré le .

François-Marie d’Aboville est fait grand-croix de Saint-Louis le . Il meurt le à l’âge de 87 ans, doyen des pairs, à Paris, et est inhumé au Cimetière du Père-Lachaise (). Dans la même sépulture reposent ses fils Augustin-Gabriel comte d'Aboville (1773-1820) et Augustin-Marie baron d'Aboville (1776-1843). vignette|Tombe de d'Aboville (cimetière du Père Lachaise, division 25)

Sa descendance compte parmi les familles subsistantes de la noblesse d'Empire.

État de services Entré au service en qualité de surnuméraire dans l'artillerie en 1744 ; Aide de camp de son oncle, commandant en chef de l'artillerie du maréchal de Saxe en 1747 ; Commandant en chef de l'artillerie du comte de Rochambeau en 1780 ; Brigadier d'infanterie le ; Maréchal de camp le ; Lieutenant général le ; Commandant en chef de l'artillerie des armées du Nord et des Ardennes (1792) ; Directeur de l'arsenal de Paris ; Président du comité central d'artillerie ; Premier inspecteur général de l'artillerie ; Commandant des gardes nationales du Doubs et de deux départements voisins en ; Gouverneur de la place de Brest le ; Commandant d'une armée de réserve destinée à porter secours au port d'Anvers menacé par les Anglais (1809).

Campagnes Guerre de Succession d'Autriche : Bataille de Fontenoy ; Bataille de Lauffeld ; Guerre de Sept Ans : Siège de Munster (1759) ; Guerre d'indépendance des États-Unis : Bataille de Yorktown ; Guerre de la première coalition : Bataille de Valmy.

Autres fonctions Sénateur de l'Empire (27 fructidor an X : ) ; Vice-président du Sénat conservateur en 1803 ; Titulaire de la sénatorerie de Besançon le ; Membre de la Chambre des pairs : Pair à vie par ordonnance du (Première Restauration) ; Pair des Cent-Jours le ; Exclu de la Chambre des pairs par l'ordonnance du ; Rappelé à la Chambre par ordonnance royale du (Seconde Restauration) ; Confirmé à titre héréditaire par l'ordonnance du .

Titres Comte d'Aboville de l'Empire (lettres patentes de , Bayonne) ; Donataire (revenus : ) en Westphalie ; Comte-pair héréditaire (ordonnance du , lettres patentes du .

Distinctions Légion d'honneur : Légionnaire le ; Grand officier de la Légion d'honneur le ; Ordre royal et militaire de Saint-Louis : Chevalier (avant 1790), puis, Commandeur le , puis, Grand-croix de Saint-Louis le ; Membre de la Société des Cincinnati.

Armoiries Figure Blasonnement 100px|alt= BlasonArmes de la famille d'Aboville

De sinople, au château d'argent, ouvert, ajouré et maçonné de sable, flanqué de deux tours couvertes de toits pointus et girouettées du second. Supports : deux lions, au naturel., et ses Compléments sur www.euraldic.comSource : Armory of the French Hereditary Peerage (1814-30) sur www.heraldica.org Armes du comte d'Aboville et de l'Empire

De pourpre au château flanqué de deux tours, le tout maçonné et ajouré de sable, la tour à sénestre surmontée d'un mât d'or sur lequel est hissé un pavillon de sinople porteur de trois lettres de sable, franc-quartier des comtes sénateurs.... Livrées : noir, jaune, violet et blanc.. Armes du comte d'Aboville et pair de France

De sinople, au château flanqué de deux tours, couvertes de girouettes d'argent, ouvertes et ajourées de sable : adextré en chef d'un franc-quartier d'azur, au miroir d'or en pal, après lequel se tortille et se mire un serpent d'argent.

Notes et références

Annexes Bibliographie

Pierre Larousse : Grand Dictionnaire universel du , 15 volumes, (1863-1890). Les noms qui ont fait l'histoire de Bretagne, Coop Breizh et Institut culturel de Bretagne, 1997. Notice d'Emmanuel Salmon-Legagneur. Voir également le livre édité par le syndicat d'initiative de La Fère : "La Fère, son histoire" ainsi que le site https://sites.google.com/site/laferesyndinit/

Articles connexes Liste des personnalités françaises ayant combattu lors de la guerre d'Indépendance des États-Unis ; Liste des membres de la Société des Cincinnati de France ; Liste des généraux de la Révolution et du Premier Empire ; Liste des membres du sénat conservateur ; Liste des membres de la noblesse d'Empire ; Armorial des comtes de l'Empire ; Liste des familles subsistantes de la noblesse d'Empire ; Liste de personnalités enterrées au cimetière du Père-Lachaise ;

Liens externes

Appleton's Cyclopedia d'American Biography, édité par James Grant Wilson, John Fiske et Stanley L. Klos. Six des volumes, New York: D. Appleton and Company 1887-1889

Armory of the French Hereditary Peerage (1814-30) sur www.heraldica.org Service historique de la défense – Fort de Vincennes – Dossier S.H.A.T. Côte : 3 Yd 1 307

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