Les , souvent désignées sous le terme anglais de (JSDF), constituent de fait l'armée japonaise depuis . Dans l'archipel, la défense a en effet depuis 1945 un statut particulier. En raison de l' de sa Constitution, rédigée à l'issue de la défaite dans la guerre du Pacifique face aux États-Unis et leurs Alliés qui a conduit à la suppression de l'Armée et de la Marine impériale japonaises, .

Cette phrase initialement interprétée comme une interdiction totale d'avoir une armée a été réinterprétée depuis 1954 comme une interdiction des comportements offensifs, laissant au Japon le droit d'avoir des troupes exclusivement pour la défense du pays, malgré le paragraphe suivant du même article qui dispose que . Le Japon s'éloigne du pacifisme à cause des menaces croissantes de la Chine et de la Corée du Nord ; toutefois, le Japon s'interdit d'avoir une arme nucléaire fonctionnelle.

Dans un rapport publié par le Crédit Suisse en , les FJA se sont classées au quatrième rang des forces armées les plus puissantes au monde dans le domaine des capacités classiques et disposent du huitième budget militaire le plus important au monde. Au cours des dernières années, elles ont participé à des opérations internationales de maintien de la paix, notamment aux opérations de maintien de la paix des Nations unies..

Les Forces japonaises d'autodéfense peinent à recruter du fait de leur assez mauvaise réputation. Les cas d’abus de pouvoir par des supérieurs sont monnaie courante selon le quotidien conservateur Yomiuri shinbun.

Histoire

Premières missions vignette|295x295px|Des représentants américains et japonais inaugurent un centre de commandement de la Force aérienne d'autodéfense japonaise (base aérienne de Yokota, 26 mars 2012). L' de la Constitution japonaise fut rédigé dans les circonstances particulières de la période immédiate d'après-guerre. La situation géopolitique de la région changea profondément avec la montée de l'antagonisme entre les États-Unis et l'URSS au début de la guerre froide, avec pour conséquence un changement de la politique du tuteur américain du Japon. Le Japon devint une base avancée de l' et un élément clef du réseau d'alliances visant à contenir l'expansion des blocs communistes chinois et soviétique. La guerre de Corée renforça cette situation, et en 1954, le gouvernement japonais se dote d'une force armée, qualifiée de défensive, baptisée « » (FJA)Japon : des Forces d’autodéfense à l’Armée de défense nationale. Autopsie d’un changement potentiel de paradigme..

Un Traité de coopération mutuelle et de sécurité entre les États-Unis et le Japon lie ces deux États. Ce sont en théorie les premiers qui assurent la protection de l'archipel. Ainsi l'armée américaine a établi plusieurs bases dans le pays dont les plus importantes sont sur l'île d'Okinawa. Après avoir été dotées quasi exclusivement de matériel américain importé ou construit sous licence durant les et 1960, les forces terrestres et maritimes japonaises sont actuellement équipées, pour l'essentiel, de matériel d'origine nationale ; ces équipements sont de haut niveau bien qu'en général plus onéreux que leurs équivalents occidentaux ; l'aviation continue d'utiliser en majorité des avions de combat d'origine américaine.

À partir des , le Japon fait un retour progressif en tant qu'acteur dans la géopolitique internationale, et tout comme c'est le cas pour l'Allemagne, ses forces armées commencent à intervenir dans des actions multinationales. En , pour la première fois depuis et la fin des campagnes du Pacifique, des militaires japonais sont déployés en mission à l'étranger en tant que casques bleus au Cambodge. Depuis , des Japonais sont membres de la Force des Nations unies chargée d'observer le désengagement sur le plateau du Golan. Et en , la coopération avec la septième flotte américaine, inexistante jusque-là, commence à se mettre en place..

Missions récentes et évolutions En 2004, pour la première fois depuis , le Japon envoie des troupes dans une zone de combat, en Irak, participant, uniquement dans un but humanitaire et de reconstruction, à la coalition militaire en Irak menée par les États-Unis ; leur mission se termine en décembre 2008. Cette présence croissante dans les actions internationales s'accompagne d'une évolution des institutions japonaises. Le , le Japon se dote d'un véritable ministère de la Défense, succédant à l'Agence de Défense. Cette évolution est intervenue après le vote de la Chambre des représentants et de celle des conseillers, favorables à ce projet de loi. Fumio Kyūma, alors secrétaire d'État qui dirigeait l'Agence de Défense, devient ainsi ministre de la Défense. Cette création a pour principal but de donner au Japon les outils pour une action politique internationale, et l'éventuelle participation dans des opérations de maintien de la paix. Après lui se succèdent à ce poste le Yuriko Koike puis Masahiko Kōmura et le Shigeru Ishiba ; en 2012, Satoshi Morimoto détient ce poste. vignette|Candidats élèves-officiers des forces d'autodéfense terrestres japonaises (JGSDF) dans les années 2000. En , l'Australie et le Japon ont signé un pacte de sécurité mutuelle, le deuxième du genre pour le Japon avec celui signé avec les États-Unis. Profondément marqué par les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki, le Japon s'est doté après la Seconde Guerre mondiale d'une doctrine non-nucléaire, qui consiste à ne « jamais posséder, produire et stocker » d'armements nucléaires. Néanmoins, la présence de puissances nucléaires dans son voisinage, notamment la Chine, la Russie et la Corée du Nord, soulève un débat récent sur la difficulté d'assurer dans ces conditions une capacité de dissuasion. En 2006, le ministre des Affaires étrangères Tarō Asō a déclaré que le Japon disposait de la technologie pour développer des bombes atomiques, ainsi que de réserves de plutonium sous la supervision de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), mais a renouvelé fermement la décision du gouvernement japonais de ne pas produire d'armes nucléairesLe Japon peut se doter de l'arme nucléaire mais ne le fera pas, dépêche AFP..

En , le Japon annonce une réorganisation de sa défense d'ici 2020, une partie des forces faisant alors face à la Russie seront repositionnées face à la république populaire de Chine et la menace balistique de la Corée du Nord Le Japon renforce sa défense vis-à-vis de la Chine et de la Corée du Nord, AFP, 16 décembre 2010.. À la suite du séisme de 2011 de la côte Pacifique du Tōhoku du causant l'accident nucléaire de Fukushima, ce sont qui ont été mobilisés au total, répartis comme suit : dans l'armée de terre ( sur ), la marine ( sur ) et l'armée de l'air ( sur ).. Durant le conflit territorial des îles Senkaku en 2012, un chercheur déclare qu'en cas d'attaque par la Chine, il ne faudrait pas moins de trois jours pour que soit prise la décision de mobiliser les forces japonaises en raison de la lenteur des étapes politiques nécessaires au respect de la Constitution..

Le , à la suite de l'éruption du Mont Ontake, ayant ôté la vie à plus d'une trentaine de personnes, à l'exemple d'autres désastres naturels ou technologiques, les FJA sont déployées sur place à la recherche de blessés et de disparus...

Le , le conseil des ministres décide de changer profondément la politique de la défense du Japon d’après-guerre, en modifiant l’interprétation d’une partie de l’article 9 en tolérant l’utilisation du droit collectif (toujours avec certaines limites) et dessine une orientation vers un assouplissement de l’utilisation des armes. La loi japonaise de 2015 sur les Forces japonaises d'autodéfense est adoptée le ..

Le , le gouvernement autorise les forces déployées au Soudan du Sud à défendre des camps de l'ONU en cas d’attaque par des insurgés. Jusqu'à présent, les soldats ne pouvaient utiliser leurs armes que pour répliquer à des attaques les visantEdouard Pflimlin, « L’armée japonaise autorisée pour la première fois à utiliser ses armes pour protéger des étrangers », Le Monde, le 18 novembre 2016. Le , il annonce le retrait de son contingent de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud..

Augmentation des capacités de réaction dans les années 2020 vignette|Le JDS Izumo (DDH-183) juste après le lancement, 2013.

Le gouvernement japonais a validé, , les nouvelles directives planifiant les acquisitions de matériel pour les cinq années à venir et définissant les priorités stratégiques sur dix ans. Face aux menaces nord-coréenne et chinoise, voire russe, le Japon veut renforcer ses capacités de projection et de cyberguerre. Dans les années 2020, il prévoit d’acquérir 105 avions de combat américains F-35.

Il est annoncé la transformation du porte-hélicoptères JDS Izumo, plus gros bâtiment de la flotte japonaise, déplaçant tonnes (le Charles de Gaulle en déplace ), en porte-avions capable d’accueillir des avions à décollage court, comme les Lockheed Martin F-35 Lightning II et les appareils de transport à rotor pivotant Boeing-Bell V-22 Osprey, faisant de celui-ci le premier du genre depuis la fin de la guerre du PacifiqueLe Monde, Le Japon muscle les capacités offensives des Forces d’autodéfense, 18/12/2018 consulté le 22/03/2019..

La création en d'une « Brigade de déploiement rapide amphibie » et la transformation annoncé de deux des quinze divisions et brigades du GSDF en deux divisions de déploiement rapide doivent améliorer la réactivité des forces japonaises.. Les Commandement de l'Opération interarmées () seront établies à la fin de 2024.

Forces de projection à la fin des années 2010 vignette|gauche|140px|L'insigne officiel de la Brigade de déploiement rapide amphibie. La mise sur pied le est considérée comme la version japonaise des Marines américains.. Fort de , ce corps a été placé sous un commandement unique et sera dévolu à un spectre opérationnel large, allant de la défense du territoire aux interventions de sécurité civile à la suite de catastrophes. Le gouvernement japonais prend bien garde d’expliquer qu’il ne s’agit nullement pour cette force d’avoir à mener des actions offensives. Parmi ses missions, toutefois, elle pourrait servir à reprendre « des îles éloignées si elles ont été saisies par une armée étrangère », selon les annonces de la Force terrestre d'autodéfense japonaise. L’éventualité d’une future crise autour de Taïwan préoccupe le Japon qui a créé à la fin des années 2010 deux bases militaires et en prévoit en 2019 une troisième, à la pointe méridionale de l’archipel des îles Ryūkyū (dont fait partie Okinawa), à de Taïwan..

Acquisition de capacités offensives vignette|L'AGM-158 JASSM (Joint air-to-surface standoff missile). Le Japon n’est pas censé détenir d’armes offensives mais s’en est néanmoins largement doté, en particulier depuis l’arrivée au pouvoir de Shinzō Abe, chantre d’une dissuasion dynamique et d’une logique d’autonomisation de la défense du pays.. Tokyo a ainsi fait l’acquisition de capacités offensives, tels la confirmation en 2020 de plans d’acquisition de missiles de croisière air-sol de JASS-Er, d’une portée supérieure à https://thediplomat.com/2020/02/japans-ministry-of-defense-confirms-plans-to-procure-new-stand-off-missiles/. Côté japonais, on insiste sur le fait que ces armements ne menacent pas le territoire chinois mais viseraient un agresseur, sur le sol japonais ou dans les eaux territoriales, si une telle crise devait advenir. Par ailleurs, le Japon développe ses capacités dans les nouveaux champs de conflictualité, où la démarcation entre postures défensive et offensive est moins nette: cyberespace, espace, spectre électromagnétiqueL’industrie de défense japonaise – Renaissance et Innovation (IRSEM)..