La montbéliarde est une race bovine française originaire de Franche-Comté. C'est une race du rameau Pie rouge des montagnes, issue de métissage entre variétés franc-comtoises et suisses entre les .

C'est une race mixte : elle est une laitière reconnue, appréciée notamment pour la fabrication de fromages francs-comtois célèbres (comté, morbier, bleu du Haut-Jura ou encore mont d'Or). Elle doit sa place de première laitière dans les appellations d'origine protégées françaises à l'introduction dans les années 1990 de clause d'exclusion raciale visant les races dites étrangères comme la prim'Holstein, la jersiaise ou la brune des Alpes. Elle produit conjointement une viande de qualité. Sa place dans l'élevage bovin en France est en croissance constante depuis ces modifications des AOC/AOP.

Historique et répartition Origine raciale vignette|gauche|Bétail blanc et rouge sombre en 1877.|alt=Gravure noir et blanc montrant un troupeau bovin sur la place d'un village. Les animaux sont blancs ou rouge sombre-noir à ventre et tête blanche. Au , la Franche-Comté possède deux races principales distinctes, la fémeline., fine, laitière de couleur blond-froment et élevée principalement dans le piémont et la tourache., rouge foncé à ventre blanc, moins laitière et plus puissante à la traction, élevée plus haut en altitude pour sa capacité à charrier du bois. Ces deux populations ne sont pas bien différenciées, d'autant plus que des métissages existaient.. À cette époque, la région exporte des bœufs de travail et des vaches de réforme pour engraissement vers la région betteravière du nord de la France. Or, les deux races sont indistinctement nommées comtoises sans plus de précision..

Une persécution religieuse va faire évoluer le cheptel comtois : persécutés et expulsés du canton de Berne au , des fermiers mennonites qui avaient trouvé refuge en Alsace, sont une nouvelle fois expulsés, cette fois par un édit de Louis XIV de 1712Les anabaptistes mennonites à Montbéliard, article mis en ligne le 10 avril 2010, consulté le 16 août 2018 . Accueillis dans la Principauté de Montbéliard, ils y introduisent leur cheptel de race bernoise, la Simmental, du canton de Neuchâtel et de la version pie rouge de race fribourgeoise du canton de Fribourg. Ces deux races proches sont aussi peu différenciées que les deux comtoises et .. Ce groupe bovin suisse est croisé avec des races locales, les éleveurs locaux amenant leurs vaches aux taureaux étrangers pour améliorer la production de leur troupeau. L'apparition de la sélection génétique change la donne : L'appellation «montbéliarde» apparaît pour la première fois en 1872, mais on parle surtout de vache « comtoise améliorée », nom employé dans les années 1870-1880 et diluant la tourache dans la comtoise. Outre la meilleure capacité laitière des vaches suisses, dans la région de Montbéliard, les éleveurs d'origine suisse appliquent des méthodes de sélections inconnues côté français. Ainsi, pour Philippe J. Dubois, la montbéliarde est une fribourgeoise pie rouge sélectionnée avec quelques apports génétiques de fémeline et tourache.. La dernière étape de la construction de la race Montbéliarde est plus récente, puisque c'est dans les années 1980 qu'elle est croisée avec le rameau pie rouge de la Prim'Holstein afin d'améliorer sa production laitière et la qualité de sa mamelle.

Structuration de la profession vignette|Insémination artificielle dans le Doubs.|alt=Photo couleur d'un opérateur en bleu de travail. Il a un bras droit enfoncé dans le rectum d'une vache pie rouge à mamelle développée et sa main gauche guide un tube relié à une seringue pour injecter le sperme de taureau. Durant un siècle, les éleveurs travaillent à unifier le type de leur cheptel et à améliorer la productivité. La montbéliarde apparait la première fois sous ce nom en 1872 au comice agricole de Langres lors de la présentation d'un groupe de vaches de Joseph Graber de Couthenans (Haute-Saône) . Cette race devient officielle à partir de sa présentation à l'exposition universelle de 1889 à Paris grâce aux efforts de Jules Viette, ministre de l'Agriculture et député du Doubs ; au même moment, le registre généalogique ou herd-book, est ouvert. Le vétérinaire Boulland en est le président. Plusieurs autres personnes vont jouer un rôle dont M. Kholer, descendant d'une famille mennonite ; il a étudié les fromageries suisses et allemandes et initie la création de syndicats d'élevage. En 1903, ces syndicats sont au nombre d'une cinquantaine ; leur rôle est l'échange d'information, le choix des taureaux aptes à la monte naturelle, la tenue d'état civil des animaux ou le jugement de la conformation des bêtes avant entrée dans le registre racial.. Les premiers contrôles laitiers apparaissent en 1914 et les premières inséminations artificielles réussies ont lieu en 1937.. Les syndicats locaux ont vu leur rôle repris, au niveau national par les centres d'insémination artificielle après la seconde Guerre mondiale. C'est à cette époque que se met en place le testage des taureaux.

Ce travail collectif est à mettre en relation avec l'usage collectif des pâturages et l’existence de fruitières, système coopératif avant l'heure..

Aujourd'hui, la race Montbéliarde est gérée par l'Organisme de Sélection de la Race Montbéliarde (O.S. Montbéliarde), association regroupant les éleveurs, les entreprises à l'origine du progrès génétique et les structures utilisatrices de la montbéliarde. Les missions de l'O.S. Montbéliarde sont l'orientation de la sélection et la promotion de la race. Son siège est situé à Roulans, dans le Doubs.

Morphologie gauche|vignette|Montbéliarde au pâturage.|alt=photo couleur d'une vache pie rouge à ventre, tête et pattes blancs. Les cornes sont courtes en forme de croissant. La montbéliarde porte une robe pie rouge. La tête est blanche ainsi que le ventre, les membres et la queue. Les oreilles sont rouges et les muqueuses claires. Le rouge du haut du corps est bien délimité et de teinte vive. Les cornes sont courtes, en croissant.

C'est une race bovine de grande taille. La vache mesure de hauteur au garrot et 600 à pour les femelles et pour 850 à pour les mâles. La poitrine est profonde, le ventre gros et le dos rectiligne. Ils traduisent une bonne capacité pulmonaire et une aptitude à ingurgiter de grandes quantités de nourriture. Le bassin présente une bonne faculté de vêlage et la mamelle est ample, bien attachée avec des trayons bien orientés. Ces critères induisent une bonne production laitière avec un risque de maladie faible et une bonne vitesse de traite...

Aptitudes Élevage L'expansion de la montbéliarde hors de sa terre natale a été favorisée par des qualités d'élevage indéniables. Originaire d'une région montagneuse, elle supporte les fortes amplitudes thermiques du climat montagnard et ses membres robustes permettent le pâturage en zone pentue et la marche sur de longues distances..

La pie rouge montre une adaptation à tous types d'élevage. Elle est productive en système intensif avec stabulation permanente et nourriture à base d'ensilage. Les meilleures dépassent de lait par an sans réduire une bonne longévité. Elles s'adaptent à la taille des grands troupeaux et leur calme ne les empêche pas de défendre leur position.. Calme et grégaire, la montbéliarde valorise bien les herbages naturels ou semés. 50 % des vaches sont élevées à l'herbe.. Elle peut aussi être conduite en agriculture biologique ; sa robustesse limite les recours au vétérinaire et les interventions nécessaires restent dans le cadre du registre de contrôle..

Laitières vignette|Le comté est un produit phare de la cuisine franc-comtoise, élaboré exclusivement au lait de montbéliarde ou de simmental française ou de vaches métissées de ces deux races.|alt=photo couleur d'une tranche de fromage couleur ivoire sur une planche en bois. La morge est plus sombre. C'est une race laitière. Elle donne en moyenne La production laitière est généralement exprimée en kilogramme plutôt qu'en litre dans la littérature spécialisée. par lactation d'un lait riche en matière grasse. La période de lactation s'étale sur , .. Le record de production appartient à Meri, une vache née en 1996, qui a donné de lait sur quatorze années de lactation..

La montbéliarde est la deuxième race laitière française derrière la Prim'Holstein. Entre 2000 et 2013, elle est passée de 13 à 17 % du cheptel laitier. En nombre, elle représente en production, en contrôle laitier et contrôlées sur les performances morphologiques.

Elle est à la base de la fabrication de nombreux fromages en appellation d'origine protégée : comté, reblochon, morbier, mont d'Or, abondance, bleu de Gex, bleu du Vercors-Sassenage, cantal… C'est la principale race utilisée par les AOC fromagères françaises.. C'est aussi la meilleure laitière du rameau pie rouge des montagnes.. Elle doit sa prééminence à la qualité de son lait. Le taux de coagulation est augmenté de 2,2 % par rapport à la Prim'Holstein grâce à la proportion de caséine coagulable par rapport aux protéines sériques éliminées dans le lactosérum. La bonne santé des vaches est importante, les infections de mamelles ou mammites augmentant les protéines sériques. Enfin, le ratio entre taux de matière protéique et taux de matière grasse et de 1,19, l'optimum se situant entre 1,15 et 1,20. Il donne un bon compromis entre bon égouttage du caillé et la qualité du fromage : goût, apparence extérieure, tenue à la coupe.. Les qualités laitières et sanitaires semblent provenir d'une tradition fromagère locale ancienne pour laquelle l’exigence de la qualité alimentaire et sanitaire du lait est primordiale. Cet aspect explique sa conquête des Alpes et du Massif Central pour y assurer l'essentiel de la production fromagère..

Bouchère vignette|gauche|Le brési, une spécialité de Franche-Comté, du canton du Jura et du Jura Bernois, de bœuf fumé et séché, en France à base de races locales montbéliarde et simmental française.|alt=Photo couleur d'une assiette de très fines tranches de viande rouge cramoisi à grain fin légèrement marbrée de rose clair et bordé d'une teinte plus sombre brune violacée. C'est une race mixte qui a une bonne conformation pour la boucherie. Ces qualités permettent une bonne valorisation des animaux. Une enquête réalisée dans la Sarthe et la Mayenne révèle une différence de trente euros supplémentaires par tranche de de lait produit., grâce à une moyenne de carcasse de ..

Ces vaches sont appréciées pour leurs qualités de mère : fertilité et facilité de vêlage. En Auvergne, bon nombre de troupeaux sont inséminés avec des races bouchères, charolaise, limousine ou blanc bleu belge.. Les veaux sont plus rapides à atteindre le poids de sevrage et l'éleveur y gagne une quinzaine de jours ; cela explique que la montbéliarde soit utilisée à près de 30 % avec de la semence de taureaux bouchers, alors que ce taux ne dépasse pas 13 % pour les Prim'Holstein et normande. Les taurillons grandissent vite et leurs carcasses sont bien notées. : ils présentent à âge égal un poids supérieur de à un animal prim'holstein, et sont en moyenne valorisés de plus..

La viande bovine de montbéliarde est utilisée pour produire le brési, une viande salée, fumée et séchée qui, tranchée finement, est utilisée comme d'autres salaisons bovines ou porcines.

Sélection

Dans les années 1950-1960, le jeune ingénieur agricole Émile Richème révolutionne la sélection en imposant la sélection linéaire et en mettant en place l’insémination artificielleMontbéliardes en contrebande..