Jean Frédéric Bazille, né le à Montpellier (Hérault) et mort au combat le à Beaune-la-Rolande (Loiret), est un peintre impressionniste français.

Biographie thumb|upright|Frédéric Bazille, Portrait d'Alfred Sisley (1867-1868), ancienne Collection Wildenstein, détruit durant la Seconde Guerre mondiale Barbara E. White, Impressionists Side by Side: Their Relationships, Rivalries, and Artistic Exchanges, Knopf Doubleday Publishing Group, 1996, : ..

Frédéric Bazille naît dans une famille de notables protestants de Montpellier (Hérault), au Grand'rue (devenue Grand'rue Jean Moulin). Son père Gaston Bazille est agronome et sénateur ; sa mère Camille Vialars a hérité du domaine agricole de Saint-Sauveur à Lattes. Il entame des études de médecine pour complaire à ses parents. Mais dès 1859, il suit des cours de dessin au musée Fabre, dans l'atelier des sculpteurs Baussan père et fils., et dans l'atelier de peinture où il copie des maîtres anciens tel VéronèseFrédéric Bazille, la jeunesse de l’impressionnisme, publié le septembre 2016 sur le site En revenant de l'expo (consulté le 12 octobre 2016)..

En 1862, il part pour Paris. Sur le conseil de son cousin, le peintre Eugène Castelnau, il s'inscrit à l'atelier de Charles Gleyre où il perfectionne sa technique du dessin. Il y rencontre Claude Monet puis Auguste Renoir. Très vite, un groupe se forme autour d'Edgar Degas, Alfred Sisley, Édouard Manet, Berthe Morisot, Paul Cézanne, Camille Pissarro, Émile Zola et Paul Verlaine..

Il loue un atelier en 1864 puis en partage d'autres avec Renoir et Monet dès 1865. Désirant participer au Salon de 1866, il soumet deux toiles au jury : un sujet moderne, Jeune fille au piano, et une nature morte classique, Poissons. Comme il le pressentait, seule la seconde est acceptée..

En 1865, il emménage rue Furstemberg avec MonetJacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Éditions de Minuit, ..

Ses toiles et celles d'autres artistes ayant été refusées au salon de 1867, il adresse le au surintendant des beaux-arts Émilien de Nieuwerkerke une pétition demandant la tenue d'un salon indépendant.. Le , dans une lettre à sa mère, il annonce son projet de louer un grand atelier pour exposer ses œuvres avec celles d'une douzaine d'autres artistes.

vignette|269x269px|L'atelier de Bazille. Le peintre se tient au centre, face à lui Édouard Manet observe la toile ; Edmond Maître joue du piano. Peinture collaborative avec Édouard Manet, (1870), huile sur toile (), Paris, musée d'Orsay.

Courbet leur rend visite, admire Le Déjeuner sur l'herbe de Monet et la Jeune Fille au pianoLa Tribune de l'art, Jeune Fille au piano, 1865-1866, . « Perdu », il est retrouvé sous une œuvre plus tardive par radiographie. de BazilleRécit d’une vie : Frédéric Bazille, 17 janvier 2017.. En , il s'installe rue Visconti où il accueille Renoir puis Monet. En 1867, il peint son atelier de la rue Visconti. Il partage alors les lieux avec Auguste Renoir et Alfred Sisley. Renoir le représente en train de peindre Le Héron (Musée Fabre de Montpellier)..

Renoir et lui louent ensuite un grand atelier dans le Quartier des BatignollesBazille occupa l'atelier au , rue La Condamine, du au .. Bazille et Manet s'y représentent en 1870 dans L'Atelier de Bazille, qu'ils peignent ensembleL'atelier de Bazille, musée d'Orsay .. La même année, Henri Fantin-Latour immortalise Bazille, vu de profil debout à droite, dans Un atelier aux Batignolles.

Frédéric se passionne aussi pour l'écriture, le théâtre, la musique et l'opéra. Il noue une solide amitié avec Edmond Maître, en compagnie duquel il assiste à des concerts.

Chez le galeriste-éditeur Alfred Cadart, il s'essaie à l'eau-forte. De cette tentative on ne connaît qu'une seule épreuve, La Vue de villageJanine Bailly-Herzberg, Dictionnaire de l'estampe en France, 1830-1950, préface de Michel Melot, Paris, Arts et métiers graphiques/Flammarion, 1985, ..

Il passe généralement ses étés à Montpellier, dans la propriété familiale du située face au village de Castelnau-le-Lez. Cet endroit sert de décor à quelques-unes de ses toiles comme La Robe rose (1864), Réunion de famille (1867) ou Vue de village (1868).

Le , après l'éclatement du conflit franco-prussien, il s'engage contre la volonté de ses proches au régiment de zouaves, comme sergent fourrier puis sergent-major. Mortellement blessé au bras et au ventre à la bataille de Beaune-la-Rolande (Loiret) en tentant de protéger des femmes et des enfants, il tombe en héros le , à l'âge de 28 ans.

Sa mort affecte profondément son ami Edmond Maître. Dans une lettre à sa famille, il écrit : .

Inhumation thumb|upright|Tombe de Frédéric Bazille à Montpellier. thumb|upright|Portrait présumé de Frédéric Bazille par Émile DefondsPhotographe. - Installé à Paris du milieu des années 1850 jusqu'en 1880.. {BnF-Data., Album de portraits cartes de visite ayant appartenu à Édouard Manet, Paris, BNFAlbum de portraits cartes de visite ayant appartenu à Édouard Manet : militaire non identifié (Bazille ?), publié le 2 avril 2012 sur le site Gallica.bnf.fr (consulté le 17 mai 2018)..

Il est inhumé au cimetière protestant de Montpellier. Le sculpteur Auguste Baussan réalise sa tombe.Le sculpteur Auguste Baussan (1829-1907), L'inventaire, patrimoine culturel Languedoc Roussillon , consulté le 20 janvier 2017..

Postérité thumb|upright|Pierre-Auguste Renoir, Frédéric Bazille peignant à son chevalet (1867) ; on y reconnaît Nature morte au héron de 1867, Montpellier, musée Fabre.

Composée d'une soixantaine de toiles, l'œuvre de Frédéric Bazille tombe tout d'abord dans l'oubli.

En 1900, le critique et historien Roger Marx le découvre. Il inclut deux de ses tableaux dans sa rétrospective d'art françaisCatherine Meneux, « MARX, Roger », notice de l'Institut national d'histoire de l'art (INHA). organisée pour l'Exposition universelle de Paris.

Une timide résurrection s'amorce en 1926 grâce à l'historien d'art Henri FocillonInstitut national d'histoire de l'art, archive Marcel Aubert.. Mais il faut attendre les années 1950-1960 pour que l'intérêt porté à sa peinture dépasse le cercle des initiés montpelliérains. Ses tableaux quittent alors la collection familiale pour les musées américains.

Dès qu'il le peut, le musée Fabre de Montpellier complète un fonds déjà riche. Il organise une exposition en 1992 puis, à l'été 2016, une rétrospective avec le musée d'Orsay et la National Gallery of Art de WashingtonValérie Bougault, « Frédéric Bazille, récit d'une vie », Connaissance des arts, .. Paul Perrin, co-commissaire de l'expositionMusée d'Orsay, Paris, « Frédéric Bazille. La jeunesse de l'impressionnisme », jusqu'au 5 mars 2017., juge son œuvre à tout jamais — la sienne tout comme celle de l'impressionnisme.

Ce seraient les traits de Frédéric Bazille qu'aurait utilisés Auguste Bassan pour la statue de saint-Roch dans l'église du même nom à Montpellier.

thumb|upright|Paysage au bord du Lez (1870), huile sur toile (), Minneapolis Institute of Art.

Lieux de mémoire Plusieurs lieux portent son nom : le lycée Frédéric Bazille (Agropolis) à Montpellier ; le collège Frédéric-Bazille de Beaune-la-Rolande ; la rue Frédéric-Bazille de Beaune-la-Rolande ; la place Frédéric-Bazille de Beaune-la-Rolande ; le monument de Beaune-la-Rolande ; le square Frédéric-Bazille à Paris ( arrondissement) ; la rue Frédéric-Bazille à Montpellier ; la rue Jean-Frédéric Bazille à Sète ; la rue Frédéric-Bazille à Béziers ; la rue Frédéric-Bazille à Aigues-Mortes ; la rue Frédéric-Bazille à Clapiers ; la rue Frédéric-Bazille à Castries ; une impasse du quartier de Château-Malo, à Saint-Malo.

Œuvres

Couvercles de bouillon, , huile sur toile, , Montpellier, musée FabreDeux nouvelles œuvres de Frédéric Bazille (mai 2009), publié sur le site du musée Fabre (consulté le ).. ; Deux Harengs, 1864, huile sur toile, , Montpellier, musée Fabre ; La Robe rose, 1864, huile sur toile, , Paris, musée d'Orsay. ; Plage à Sainte-Adresse, 1865, huile sur toile, , Atlanta, High Museum of Art ; L'Ambulance improvisée (Monet est blessé à l'hôtel du Lion d'Or à Chailly-en-Bière), 1865, huile sur toile, , Paris, musée d'Orsay. ; L’Atelier de la rue Furstenberg, 1865-1866, huile sur toile, , Montpellier, musée Fabre. ; Autoportrait à la palette, vers 1865-1866, huile sur toile, , Art Institute of Chicago (Chicago). ; Le Petit Jardinier, vers 1866-1867, huile sur toile, , musée des Beaux-Arts de Houston. ; Portrait de Paul Verlaine à l'âge de vingt-trois ans, 1867, huile sur toile, , Suisse, collection privée en 2015 Lot : Signé F. Bazille, daté de 1867 et dédicacé à mon cher ami le poète Paul Verlaine, publié le sur le site Sotheby's (consulté le ). ; Nature morte au héron, 1867, huile sur toile, , Montpellier, musée Fabre. ; Portrait de Renoir, 1867, huile sur toile, , Cleveland, Cleveland Museum of Art. ; Les Remparts d'Aigues-Mortes, 1867, huile sur toile, , Montpellier, musée Fabre.Les remparts d'Aigues-Mortes vus par Frédéric Bazille s'exposent à Montpellier, publié le par Sandrine Navas, sur le site de France 3 Occitanie (consulté le ). ; Réunion de famille, 1867, huile sur toile, , Paris, musée d'OrsayRéunion de famille (1867), publié le sur le site du musée d'Orsay (consulté le ). ; Porte de la Reine à Aigues-Mortes, 1867, huile sur toile, , New York, Metropolitan Museum of Art. ; Autoportrait, vers 1867-1868, huile sur toile, , Minneapolis Institute of Art. ; Le Pêcheur à l'épervier, 1868, huile sur toile, , Musée d'Art contemporain de Rolandseck, Remagen. ; Vue de villageLa jeune fille et l'enfant du métayer italien de la ferme, propriété de la famille Bazille., 1868, huile sur toile, , Montpellier, Musée Fabre. ; Fleurs, 1868, huile sur toile, , musée de GrenobleLa comète Bazille, publié le par Éric Bietry Rivierre, sur le site Le Figaro (consulté le ). ; Scène d'été, 1869, , Cambridge, Université Harvard. ; La Mauresque, 1869, huile sur toile, Pasadena, Norton Simon Museum. ; La Toilette, 1870, , Montpellier, musée Fabre.. ; L'Atelier de Bazille, 1870, en collaboration avec Édouard Manet, , Paris, musée d'OrsayL'atelier de Bazille, publié le sur le site du musée d'Orsay (consulté le ). ; Paysage au bord du Lez, 1870, , Minneapolis Institute of Art. ; Ruth et Booz, 1870, huile sur toile, , Montpellier, musée Fabre ; Jeune Femme aux pivoinesExposition : Jusqu’en juillet, à Paris, le musée d’Orsay rend sa juste place au «Modèle noir», publié le sur le site de La Voix du Nord (consulté le )., 1870, huile sur toile, , Montpellier, musée Fabre. ; Homme portant un béret, Collection privée, Vente 2003. ; Vue d'une grande maison, dessin, Musée du Louvre. ; Portrait d'un homme barbu, dessin, Musée du Louvre.

Expositions 1992-1993 : , musée Fabre (Montpellier) et Brooklyn Museum, Brooklyn (New York), de à ; 1999 : , High Museum of Art (Atlanta), du au . ; 2003-2004 : , musée Marmottan (Paris), d' à ; 2016 : , musée Fabre (Montpellier), du au Frédéric Bazille, la jeunesse de l'impressionnisme, publié sur le site du musée Fabre (consulté le ). ; 2017 : , musée d'Orsay (Paris), du au (consulté le ). ; 2017 : , National Gallery of Art (Washington D.C.), du au Frédéric Bazille and the Birth of Impressionism, publié sur le site du National Gallery of Art (consulté le ).. Quarante-cinq des cinquante-deux peintures connues de l'artiste sont réunies pour cette exposition..

Galerie

Notes et références

Voir aussi Bibliographie thumb|upright|Frédéric Bazille (1867), Album Manet, Paris, BNF. . Frédéric Bazille et ses amis impressionnistes, catalogue de l'exposition au musée Fabre (Montpellier) et au Museum of Art de Brooklyn (États-Unis), -, Paris, Réunion des Musées nationaux et Brooklyn, Art Museum, 1992. . . . . .

. . . Lucile Encrevé, « Gaston Bazile », in Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, tome 1 : A-C, Les Éditions de Paris Max Chaleil, Paris, 2015, .