Le service d'aide mobile d'urgence SAMU social est un ensemble d'associations non gouvernementales venant en aide aux personnes démunies. Ces associations opèrent un numéro de téléphone d'appel gratuit qui reçoit les appels de personnes sans abri. Le but du Samu social est de .

Ces associations sont regroupées en France par la Fédération nationale des samus sociaux (FNSS), et au niveau international par le Samu social International. En France, le numéro d'urgence associé au SAMU social est le 115. En Belgique, il s'agit du 0800 99 340.

Historique vignette|Siège du Samu social, ancien hospice Saint-Michel.En 1810, dans le code pénal, la mendicité devient un délit. En 1955, après le rude hiver 1954 et l’appel de l’Abbé Pierre, la brigade d’assistance aux personnes sans-abri (BAPSA) prend en charge les sans domicile fixe à Paris. Été comme hiver, toujours active en 2024, la brigade poursuit sa mission de soutien sur le terrain.

En 1993, alors que le nombre de sans-abris ne cesse de croître depuis les années 1980, les Centres d’Hébergements d’Urgence continuent de faire défaut à Paris. Xavier Emmanuelli, médecin au Centre d'Accueil pour sans-abris de Nanterre, propose donc à Jacques Chirac, alors maire de Paris, de créer un dispositif d'urgence sociale.

Dans la nuit du , Xavier Emmanuelli, président Fondateur du Samu social de Paris, créait les premières équipes Mobiles d’aide dont la mission consistait à . Est créé le même jour le premier Centre d’Hébergement d’Urgence avec Soins Infirmiers (CHUSI) homologués en sous l’appellation Lits Halte Soins Santé (LHSS).

Le , la mendicité ne constitue plus une infraction.

Le en groupement d’Intérêt Public (GIP) (parution au recueil des actes administratifs du GIP le ). Le est mis en place un numéro vert pour les sans-abri, le 05 306 306, devenu le 0 800 306 306, dont la gestion pour Paris est confiée au Samusocial de Paris. Il devient le 115 en .

L'histoire du Samu social de Paris est marquée par de nombreuses étapes significatives depuis sa création. Le , l’Espace Solidarité Insertion (ESI) « La Maison dans le Jardin » a ouvert ses portes, suivi le par la prise en charge du Centre d’Hébergement d’Urgence (CHU) « La Porte Verte » à Montrouge. En avril de la même année, la Maraude Psychosociale a été mise en place en partenariat avec l’Hôpital Esquirol. Le a marqué le lancement officiel de l’Observatoire du SAMU social de Paris, intitulé « De la grande précarité à la grande exclusion ».

Le , le LHSS Ridder a été inauguré, suivi de l’ouverture du CHU « Yves Garel » le . En , la première Équipe Mobile de Lutte contre la Tuberculose (EMLT) a été créée.

La Fédération nationale des SAMU sociaux (FNSS) a été créée le sous l'impulsion de Xavier Emmanuelli, président-fondateur du SAMU social de Paris, et de Marc Gentilini, alors président de la Croix-Rouge française. Elle regroupe une dizaine de personnes morale soit 70 structures qui portent les 250 équipes mobiles. Elle se compose majoritairement d'équipes mobile rattachées aux délégations locales de la Croix-Rouge, reflétant ainsi l'implication historique de cette association caritative. Parmi les membres fondateurs figurent également la Mutualité française des Alpes-Maritimes, à l'origine du SAMU social de Nice/Antibes, ainsi que le SAMU social de l'Aire toulonnaise et le SAMU social international. Inspirée du modèle du SAMU social de Paris, fondé en 1993, la fédération vise à fédérer les initiatives locales en France, accompagnant ses membres dans leurs pratiques pour lutter efficacement contre l'exclusion et la précarité sur tout le territoire national.

En , le centre Lits Halte Soins Santé (LHSS) Jean Rostand a vu le jour, tandis que le , la première Pension de Famille labellisée Maison Relais, « L’Alchimie des Jours », a ouvert ses portes. En , des Lits Halte Soins Santé ont été intégrés dans les locaux de l’Hôpital Esquirol, et dès le , une Maraude de Jour a été lancée à titre expérimental grâce à des fonds privés.

En , la Fédération nationale des SAMU sociaux (FNSS)la Fédération des acteurs de la solidarité avec le soutien de la Direction Générale de la Cohésion Sociale ont créé le référentiel de missions et d'évaluation Maraudes et Samus sociaux

SIAO - 115

SIAO

Le SIAO est une structure créée en 2010 par circulaire et officiellement consacrée par la loi ALUR en tant que plateforme unique départementale de régulation pour l’accueil, l’hébergement et l’accompagnement des personnes sans domicile. Ses missions, définies dans le Code de l’action sociale et des familles (articles L. 345-2 et L. 345-2-4), incluent la gestion du dispositif de veille sociale, la coordination des acteurs tels que les équipes mobiles ou les accueils de jour, et l’orientation des personnes vers des solutions adaptées à leurs besoins. Le SIAO gère également le service d’appel téléphonique 115 et contribue à l’identification des demandeurs de logement, souvent avec un accompagnement social. Il joue un rôle de fédérateur, favorisant la mise en réseau des partenaires, et assure la fluidité des parcours des personnes en détresse, depuis la rue jusqu’à une solution de logement. Financé par l’État dans le cadre de conventions pluriannuelles, le SIAO peut être géré par une association, un groupement ou une autre entité morale. Sa mission s’étend à l’observation sociale et au suivi des parcours, avec un objectif constant de réinsertion et de stabilisation des bénéficiaires.

115 Le 115 est un numéro national départementalisé d’urgence et d’accueil des personnes sans abri. Il est gratuit et accessible 24h/24. Sur le mode déclaratif, l’évaluation assurée par les écoutants sociaux à chaque prise d’appel, prend en considération les points suivants : Si la personne n’a aucun hébergement, relève-t-elle du droit commun ou non ? Quelles sont ses ressources ? ses référents ? Quelles difficultés psycho-médico-sociales rencontre-t-elle ?

Le service téléphonique 115, géré par le Service Intégré d’Accueil et d’Orientation (SIAO), est une ligne d’urgence dédiée à l’assistance des personnes sans abri ou en détresse. En 2022, il a enregistré un total de 9 708 436 appels entrants, soit une moyenne de 493 appels par jour et 20,5 appels par heure pour chaque centre. Toutefois, seulement 2 621 354 appels ont été décrochés, représentant un taux de réponse d’environ 27 %. Chaque appel décroché dure en moyenne 3 minutes, et la médiane annuelle montre que chaque personne a contacté le service environ 4,5 fois. Cette volumétrie élevée met en lumière l’importance et la sollicitation constante du 115, bien que la capacité de réponse reste limitée par les moyens humains disponibles.

Selon le rapport 2013 de la Fondation Abbé-Pierre, le numéro d’urgence 115 est saturé. En , 43 % des sans-domicile-fixe qui ont composé ce numéro n’ont pas obtenu de place à Paris, 61 % en provinceSoixante ans après l'appel de l'abbé Pierre, le mal-logement perdure, Le Monde, 30 janvier 2014.

Contrairement au numéro 112 européen, le 115 étant national n'est pas qualifié comme "service d'urgences" par certains téléphones.

Missions du SAMU social en France

Maraude sociale

Les Maraude sociale sont guidés par des valeurs fondamentales et des engagements forts. Elles prônent l’inconditionnalité de l’« aller-vers », en se rendant auprès de toutes les personnes à la rue, quelles que soient leur situation et leur diversité. Leur intervention repose sur l’établissement d’une relation de confiance réciproque, essentielle pour instaurer un dialogue respectueux et constructif. Elles défendent également le principe de la libre adhésion, en respectant la temporalité et le projet de vie de chaque individu, s’adaptant à leur rythme et à leurs choix. Ces principes structurent leur action, contribuant à un accompagnement humain et respectueux dans la lutte contre l’exclusion sociale

les 13 grandes principes du référenciel de bonne pratiques : La mauraude va à la rencontre et pratique l’aller vers. Elle crée un lien avec la personne. Elle évalue la situation et fait émerger la demande. Elle accompagne et oriente. Elle à un rôle d'alerte et de veille sociale et sanitaire. Elle participe à l’observation sociale, restitue et sensibilise. Elle travaille en partenariat, se forme et s’informe. Biensur, elle applique les droits et libertés de la personne.

Logement d'urgence en hôtels meublés

En France, la politique du Logement d'abord est la règle. Toutefois le recours au centre d'hébergement d'urgence (CHU) pour apporter des solutions de très courte durée est coordonné par le SAMU social.

Après l'incendie de l'hôtel Paris-Opéra qui fait 24 morts en dans un hôtel où étaient logés par le SAMU social plusieurs familles en situation de grande précarité., une polémique se crée sur le recours systématique au logement d'urgence des personnes en situation précaire dans des hôtels meublés souvent vétustes. En 2004, le Samu social a notamment dépensé 24 millions d'euros pour l'hébergement de personnes dans ce type d'hôtels..

Après l'incendie, le Samu social modifie en 2006 ses modalités d'action avec les hôtels meublés. Alors qu'auparavant, la structure travaillait avec des associations qui servaient d'intermédiaire, sans possibilité de contrôle sur les lieux et en agissant uniquement en tant que , elle crée un (PHRH) qui traite les demandes d'hébergement de familles rivées par le numéro d'urgence 115 venues de Paris, de Seine-Saint-Denis et de Seine-et-Marne. Ce pôle traite aussi les chambres d'hôtels des personnes venues de la Coordination de l'accueil des familles demandeuses d'asile, par l’association pour les travailleurs migrants et par les Œuvres hospitalières françaises de l'ordre de Malte. Ce pôle peut effectuer des contrôles dans les hôtels afin d'informer les services de l'État en cas de problème.

Il faut néanmoins remarquer que le recours aux hôtels meublés pour loger les populations en situation de précarité par le SAMU social est resté extrêmement répandu. Les dépenses hôtelière représentent en 2012 79 % de son budget, soit 113 millions d'euros : familles ( personnes) ont été logées dans 440 hôtels en 2012, pour un total de 6,1 millions de nuités, chiffre en augmentation de 17 % par rapport à 2011. Les nuités sont réglées aux hôtels en moyenne par personne.

En Belgique

Le Samu social de Belgique est créé en 1999 et occupe initialement les locaux d'un ancien hôpitalvisité le 2012-11-01.. Depuis 2003, le Centre public d'action sociale de Bruxelles met à disposition un bâtiment neuf d'une capacité de 110 personnes. Les équipes de maraude se sont enrichies de bénévoles de Médecins du monde, de la Croix-Rouge de Belgique et d'une équipe d'aide psychologique.

Samusocial international

Depuis sa création en 1998, le Samusocial International œuvre pour l’accompagnement et la protection des personnes en situation d’exclusion sociale. L’association s’articule autour de trois pôles principaux : la direction générale et le département programmes, le département communication et fundraising, ainsi que le département des ressources techniques.

La direction générale et le département programmes pilotent et gèrent les dispositifs Samusocial au quotidien, veillant à leur bon fonctionnement et à leur efficacité. Le département communication et fundraising a pour mission de promouvoir la visibilité de l’association et de son réseau tout en assurant la recherche de financements privés essentiels à ses activités. Enfin, le département des ressources techniques se consacre à l’enseignement de la méthode Samusocial aux professionnels et au grand public, ainsi qu’à la diffusion des savoirs et bonnes pratiques de l’association.