Michel Gillibert, né le à La Chapelle-de-Guinchay (Saône-et-Loire) et mort le à Droue-sur-Drouette (Eure-et-Loir), est un écrivain et homme politique français.
Biographie
Homme d'affaires, handicapé, dirigeant associatif Homme d'affaires lyonnais natif de Saône-et-Loire, Michel Gillibert est à la tête d'un groupe immobilier (société BERI). Le , un accident d'hélicoptère le rend tétraplégique, à l'âge de .
Après plusieurs mois de coma, il reprend peu à peu le dessus et crée en 1985 le Mouvement de défense des grands accidentés de la vieÀ ne pas confondre avec l'Association des accidentés de la vie, la FNATH.. Cette association est mise en place avec l'aide de quelques amis, dont certains du monde du spectacle tels Jane Birkin, qui en sera la marraine, et José Artur. Il est également à l'origine de la fondation de l'Institut de recherche sur la moelle épinière (IRME). En 1987-1988, il anime une émission sur Europe 1 Vive la vie, aidons-les.
Dès 1984, il est reçu par le président François Mitterrand, qu'il retrouve en dans le cadre de l'opération « Ballons, ciel d'espoir » au profit de la recherche sur la moelle épinièreVie Publique.fr, interview de M. François Mitterrand, Président de la République, accordée à Antenne 2, le 4 avril 1987, à l'occasion de l'opération « Ballons, ciel d'espoir » en faveur des personnes handicapées..
Secrétaire d'État aux Personnes handicapées Le , et bien que Michel Gillibert ignore le fonctionnement du monde politique, il est nommé secrétaire d’État (auprès du Ministre de la Solidarité, de la Santé et de la Protection sociale), « chargé des Handicapés et des Accidentés de la vie » dans le gouvernement de Michel Rocard (1988-1991).
Ayant refusé les locaux qui lui étaient proposés, il installe le ministère à son propre domicileVoir sur liberation.fr..
Il est reconduit dans les gouvernements d'Édith Cresson (1991-1992) et de Pierre Bérégovoy (1992-1993).
On lui doit notamment la loi d'accessibilité du LOI n°91-663 du 13 juillet 1991 portant diverses mesures destinées à favoriser l'accessibilité aux personnes handicapées des locaux d'habitation, des lieux de travail et des installations recevant du public, Légifrance, JORF du 19 juillet 1991. et un certain nombre d'avancées nationales, parfois reprises à l'étranger. Il critique le concept du Téléthon et son manque de partage des gains avec d'autres associations.
Quand la gauche socialiste perd les élections législatives de 1993, il quitte le secrétariat d'État, apparemment sans inquiétude pour lui-même : il a reçu plusieurs propositions de pays étrangers pour mettre en œuvre chez eux la politique globale du handicap qu'il a instaurée et qui place la France en position de précurseur. Un projet semble aussi vouloir s'amorcer avec l'ONU. Plusieurs personnalités politiques françaises l'ont également assuré de leur soutien. En parallèle, il se remet à l'écriture des livres qu'il projette.
Poursuites judiciaires Dans le cadre d'une enquête ouverte en 1993 à la suite d'une plainte déposée au pénal par deux anciens responsables d'associations, Michel Gillibert est accusé d'avoir subventionné cinq associations présumées fictives à hauteur d'environ 1,3 million d'euros afin de payer certains membres de son cabinet et des dépenses personnelles, ce qu'il nieL'Express 16/06/1994 L'affaire Gillibert. Il est mis en examen en L'Humanité 25/11/1994 Mise en examen de Michel Gillibert.
Un premier procès a lieu en 2003 en correctionnelle, pour la partie des délits présumés ne relevant pas directement de ses fonctions de secrétaire d'État, et un second en 2004 devant la Cour de justice de la République (CJR), seule juridiction compétente pour se prononcer sur des faits commis par des membres du gouvernement dans l'exercice de leurs fonctions. Bien qu'ayant continué à nier les accusations tout au long des 10 ans d'instruction, Michel Gillibert est condamné à l'issue du premier procès à 10 mois d'emprisonnement avec sursis et d'amende et fait appel. La CJR en le déclare coupable d'escroquerie au préjudice de l'État et le condamne à une peine de trois ans de prison avec sursis, d'amende et à cinq ans d'interdiction de vote et d'éligibilité. Très malade (grabataire), il n'avait pu assister à aucun des deux procès.
Le , il renonce à se pourvoir en cassation contre la condamnation de la CJR. Le , il renonce à son appel de la condamnation du tribunal correctionnel.
Mort Michel Gillibert meurt le à Droue-sur-Drouette.. Il est inhumé le suivant auprès de ses parents à Baudrières en Saône-et-Loire« Décès de l'ex-secrétaire d'Etat Michel Gillibert », LCI, 19 octobre 2004.
Famille Avec Françoise Barquin., il a trois enfants, Charles., producteur de cinéma, Violaine. et Emmanuel.
En 2010, sa fille Violaine Gillibert publie L'Écharpe blanche. À cette occasion, plusieurs médias reviennent sur la vie de Michel Gillibert« Gillibert-père et fille », Jérôme Garcin, Nouvel Obs, 28 janvier 2010.. Selon Violaine Gillibert, son père « a payé cher [le fait] de ne pas être du sérail »« Violaine Gillibert : "Mon père méritait d’être défendu" » La Croix, 26 avril 2010..
Publications Journaliste et écrivain, il est l'auteur de deux livres : Rien Passionnément (publié en 1987 aux Éditions ) et À vol d'Oiseau (publié en 1994 aux éditions JC Lattès). Coauteur d'un ouvrage collectif (Le courage, éditions Autrement, 1992) dont il a rédigé le chapitre intitulé Être soi-même ?, il a également signé de nombreuses préfaces et post-faces d'ouvrages.
Décorations et distinctions 50x50px Chevalier de la Légion d'honneurdécret du . La décoration lui est remise en par Jean-Luc Lagardère, 50x50px Grand-croix de l'Ordre pro Merito MelitensiHospitaliers (revue mensuelle des Œuvres hospitalières françaises de l'ordre de Malte), mars 1993, p. 13., Prix international de la Solidarité (Italie), Distinction des Nations unies pour actions menées en faveur des personnes handicapées sur le plan mondial., Étoile d'or du civisme.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Violaine Gillibert, L'Écharpe blanche, éditions Mercure de France, 2010
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