Tlaxcala, officiellement Tlaxcala de Xicoténcatl, est une localité et le chef-lieu de la municipalité homonyme, et la capitale de l'État de Tlaxcala, au Mexique. En 2020, la municipalité compte .

Toponymie À l'époque préhispanique, la cité s'appelait Tlaxcallan, combinaison de tlaxcalli, qui signifie « galette de maïs, tortilla » suivi du locatif -tlan, qui signifie « lieu, endroit » et signifie donc « endroit des galettes de maïs ».

Histoire Mexique précolombien vignette|gauche|redresse|Codex de Tlaxcala: Cortés et La Malinche, .

Les Tlaxcaltèques, jaloux de leur indépendance, tenaient tête à l'empire dirigé par les Mexicas de Mexico-Tenochtitlan. Au début du , les deux peuples, qui partageaient pourtant une même culture et une même langue, le nahuatl, s'affrontaient depuis plusieurs générations dans des guerres d'un type particulier qui selon leurs croyances leur permettaient d'étancher la soif des dieux pour le sang humain au cours de sacrifices rituels : ces « guerres fleuries » (xochiyaoyotl en nahuatl) permettaient en effet de capturer des prisonniers destinés au sacrifice.

L'histoire de Tlahuicole, un chef otomi au service de Tlaxcala, illustre ce conflit. Il en existe deux versions. Selon la version aztèque, Tlahuicole, après avoir été capturé, devient dépressif, et les Aztèques, devant sa lâcheté, le laissent libre d'aller où bon lui semblait. Déshonoré, Tlahuicole finit par se jeter du haut du grand temple de Tlatelolco. Le chroniqueur tlaxcaltèque, Diego Muñoz Camargo, raconte une tout autre histoire : les Mexicas, au lieu de le sacrifier, souhaitaient le relâcher, eu égard à sa vaillance. Mais le dignitaire Tlaxcaltèque refuse sa grâce, outré que le sacrifice lui soit refusé. L'empereur Moctezuma II lui confie alors le commandement d'une armée contre les Tarasques. Revenu vainqueur, Tlahuicole, refusant à nouveau sa grâce, exige d'affronter des guerriers aztèques lors d'un sacrifice gladiatorial. Il en tue plusieurs avant de finalement succomber et d'être immoléMichel Graulich, Montezuma, Fayard, 1994, p. 248.. L'anecdote est instructive par son caractère moral, à savoir qu'un guerrier doit accepter le sacrifice.

vignette|Carte de localisation de Tlaxcala. vignette|Statue de Xicohtencatl.

Ces guerres entre Tlaxcala et Tenochtitlan trouvent surtout leur explication dans la proximité de cette puissante république indépendante de plus de à moins de 60 kilomètres de Tenochtitlan. En effet les Tlaxcaltèques refusaient de se soumettre à l'autorité de Mexico-Tenochtitlan qui avait pourtant déjà attiré et soumis les puissantes cités de Texcoco et Tlatelolco à qui elle avait imposé des alliances politiques et familiales afin de mieux pouvoir les contrôler. La triple alliance de Tenochtitlan, Texcoco et Tlatelolco était à cette époque engagée dans une phase d'expansion de type impérial et colonial, soutenue par le commerce de ses marchands qui se rendaient aux confins de l'empire afin d'y négocier les matières premières nécessaires à la vie de la capitale, si besoin avec l'aide des guerriers de ses deux alliés. La république de Tlaxcala vivait donc à proximité du cœur d'un empire en pleine expansion.

Lorsque le conquistador Hernán Cortés, arrive dans la région, il doit faire face aux Tlaxcaltèques qui s'opposaient à sa progression vers Tenochtitlan. Dans les régions qu'il avait traversées Cortès avait entendu parler des richesses de la capitale de l'empire aztèque, richesses qu'il convoitait. En chemin, il avait contracté de faibles alliances avec des villages qu'il avait soumis. Mais la république de Tlaxcala n'était pas un village. Un grand nombre de guerriers mobilisés repoussèrent les assauts des conquistadors qui font à deux doigts de l'anéantissement.

Les conseils de caciques de la république tlaxcaltèque acceptèrent finalement une alliance avec les Espagnols dans le but de vaincre l'empire aztèque. Leur stratégie politique est couronnée de succès puisqu'en 1521, tlaxcaltèques participèrent à la destruction de Tenochtitlan lors du siège mené par Cortès. Une grande partie de la capitale de l'empire rival fut incendiée, et le pouvoir politique de Tenochtitlan fut abattu.

Époque coloniale En récompense de l'aide qu'ils avaient apportée à Cortés, les Tlaxcaltèques reçoivent un certain nombre de privilègesD'après une conférence de Bertrand Haan tenue à la Sorbonne le 9 janvier 2013. La ville est régie en municipalité, sous le même modèle que les villes espagnoles d'Espagne ou d'Amérique. Les habitants envoient régulièrement des ambassades en Espagne dès 1527. Une délégation de cinq nobles accompagne Cortès quand il se rend en Espagne pour faire valider son mandat de capitaine général. Ils réclament une reconnaissance du service fait à la couronne et une exemption de l'encomienda (un système de servage extrêmement pénible).

Ces missions se poursuivent tout au long du . En 1534, un noble de Tlaxcala, Diego Maxixcatzin, se rend en Espagne pour demander des privilèges, d'abord le titre de (Ville royale), des armoiries et une tutelle directe sous la couronne. En 1540 et 1543, de nouvelles ambassades ont lieu. Des liens forts entre le municipio indien et la monarchie existent. Ils sont renforcés par la création d'un couvent, Nuestra Senora de la Asuncion, chargé de former les enfants des élites indiennes et de leur apprendre le castillan.

En 1538, la trêve de Nice entre François et Charles Quint est célébrée à Tlaxcala par des représentations théâtrales où sont représentés le roi de France, l'empereur, le pape et des personnages bibliques pour exalter la paix.

La municipalité envoie en 1551 une délégation à laudiencia à Mexico pour poser la question du service personnel, les corvées. Elles relèvent du système précolombien : les nobles de Tlaxcala recevaient les corvées des non-nobles. Les Indigènes sont attirés par le salariat des conquistadores de Mexico et quittent Tlaxcala. Les nobles veulent donc que les corvées subsistent.

Tlaxcala écrit régulièrement au souverain. En 1563, elle obtient enfin le titre de « Ville très noble et très loyale » accordée par Philippe II avec un écu d'armes pour la ville et ses principaux aristocrates.. On constate donc une aristocratisation sur le mode espagnol des dirigeants indiens. Il ne s'agit pas simplement d'un titre honorifique mais d'un statut légal, le plus haut qu'elle pouvait recevoir. Tlaxcala est directement soumise à la Couronne espagnole, sans intermédiaires.

La ville fournit de nombreux soldats pour les expéditions espagnoles vers le Guatemala ou la Floride et pour mater les révoltes internes, comme la guerre du Mixton, contre les Indiens chichimèques. Les habitants de Tlaxcala continuèrent de servir d'auxiliaires aux Espagnols dans leur œuvre de conquête : ils participent à la conquête du nord du Mexique, où ils fondèrent des établissements. Ils particient également à la fondation de Santa Fe du nouveau-Mexique. également accompagnant les Espagnols aux Philippines au .

Démographie La municipalité de Tlaxcala compte en 2010.

Culture Architecture

Galerie

Notes et références

Annexes Bibliographie Bernal Díaz del Castillo, Histoire véridique de la conquête de la Nouvelle-Espagne

Articles connexes Géographie du Mexique

Liens externes

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