Chepseskaf est un pharaon de la d'Égypte sous l'Ancien Empire. Il régna de six à huit ans entre la fin du et le début du . Les seules activités fermement datables de son règne sont l'achèvement du complexe du temple de la pyramide de Mykérinos et la construction de sa propre tombe en forme de mastaba à Saqqarah-Sud, le Mastaba el-Faraoun, signifiant « Le banc du pharaon ».

Généalogie

De nombreuses hypothèses ont été émises concernant la parentée de Chepseskaf, que ce soit concernant ses origines, ses épouses et ses enfants. Les seules éléments certains sont les suivants : une « mère de deux rois de Haute et Basse-Égypte » nommée a été enterrée près de la pyramide de Mykérinos, dans son propre monument dont les dimensions sont relativement importantes pour une tombe d'épouse ou de mère royale ; divers éléments retouvés dans ou à proximité de son complexe la relient au roi Khéphren, tandis que la localisation de ce complexe la relie au roi Mykérinos, une « fille du roi de sa chair » et « épouse du roi » nommée Bounéfer, enterrée à proximité de , était également « prêtresse de Chepseskaf », mais la relation avec ce dernier n'est pas précisée, l'absence de lien apparent entre Chepseskaf avec ses prédécesseurs et ses successeurs : non seulement la descendance de Mykérinos est incertaine (d'ailleurs, aucune des reines attribuées à Mykérinos ne possède le titre de « mère du roi »), mais l'ascendance d'Ouserkaf l'est tout autant, l'énigme du roi Djédefptah (Tamphthis), attesté directement par aucun document et dont l'existence n'est pas acceptée par l'ensemble des égyptologues car il pourrait être une création de la tradition historique égyptienne.

La seule relation que les égyptologues pensaient acquise, celle avec la princesse Khâmaât, épouse du grand prêtre de Ptah et longtemps considérée comme la fille de Chepseskaf, s'avère être fausse : il s'agit en réalité de la fille du roi Ouserkaf.

Parmi les dernières reconstructions généalogiques proposées, Chepseskaf est vu comme le fils de la reine et le frère d'Ouserkaf, hypothèse défendue notamment par Vivienne Gae Callender et Miroslav Verner.

Quant à sa relation avec la reine Bounéfer, elle est considérée soit comme son épouse, soit comme sa fille, bien que plusieurs chercheurs ne se prononcent pas.

Règne

Un roi peu connu

Il fut probablement le dernier roi de la d'Égypte s'il n'a pas été remplacé par un souverain inconnu du nom de Djédefptah, comme l'indiquent certains écrits égyptiens et, indirectement, le Canon royal de Turin. La pierre de Palerme indique bien Chepseskaf comme succédant à Mykérinos mais ne conserve de son règne que les indications relatives à sa première année de règne qui débute le onzième jour du quatrième mois de l'année avec les cérémonies du couronnement. Cette même année est celle du choix du site sur lequel s'élèvera le tombeau du roi qui est baptisé : « La pyramide de Chepseskaf est purifiée » et dont l'emplacement est à Saqqarah-sud. Selon des analyses de ce document et des fragments supplémentaires découverts depuis, l'espace compris entre cette première année de règne de Chepseskaf et celles de son successeur n'excède pas sept années de règne. Tout dépendrait donc de ce successeur dont certaines sources font Djédefptah ou directement Ouserkaf. Les sources complémentaires ne donnent pas plus d'information et si Manéthon, qui nomme Chepseskaf Sebercheres, lui accorde sept années de règne, le Canon royal de Turin lui en donne quatre.

Si ce roi est moins connu que ses prédécesseurs, c'est d'une part à cause de la relative brièveté de son règne et, d'autre part, parce qu'on ne lui connaît pas beaucoup de vestiges archéologiques aussi importants que, par exemple, la pyramide de Mykérinos ; la tombe du roi était d'ailleurs très pauvre d'un point de vue épigrahique. Le règne de Chepseskaf reste en outre entouré de plusieurs questions troublantes qui font encore débat parmi les égyptologues et historiens faute de découvertes venant confirmer ou infirmer les différentes hypothèses à son sujet. La famille du roi, la durée de son règne, le choix du site de son tombeau ainsi que la forme définitive du monument, la succession du roi, tous ces points restent dans l'incertitude de l'histoire d'une fin de dynastie où semblent se concurrencer les différentes lignées royales pour le trône d'Horus.

, au titre de « mère de deux rois de Haute et Basse-Égypte », personnage entouré du même trouble lié à la fin de la , s'est fait édifier un tombeau à proximité de celui de Mykérinos. Il semble qu'elle ait joué un rôle important dans le passage de la à la avec l'avènement d'Ouserkaf.

Attestations contemporaines

Les mentions de son règne subsistent aujourd'hui à travers les rares tombes de dignitaires contemporains qui se concentrent essentiellement à Gizeh et dans une moindre mesure à Saqqarah. Ce sont de bons indices pour une durée de règne écourtée d'autant que la plupart de ces membres de la famille royale ou dignitaires de la cour ne font que citer le roi sans davantage de détails ce qui complique la compréhension de son règne. Sekhemkarê, fils de Khéphren, prêtre des cultes funéraires royaux dont le mastaba découvert à Gizeh (G8154) a livré l'ensemble des règnes sous lesquels il vécut depuis celui de son père jusqu’à celui de Sahourê en passant donc par celui de Chepseskaf. Bounéfer, princesse de sang royal et prêtresse du culte de Chepseskaf enterrée à Gizeh (G 8408). Netjerpounésout, autre prêtre funéraire, dont le mastaba situé également à Gizeh (G 8740) donne aussi une liste de souverains sous lesquels il servit cette fois depuis Djédefrê jusqu'à Sahourê. , grand prêtre de Ptah, qui fait inscrire sur la stèle fausse porte de son mastaba une biographie qui énumère également les règnes des souverains sous lesquels il vécut avec une mention particulière pour chaque règne depuis Mykérinos jusqu'à Niouserrê. On y apprend ainsi qu'il est né sous le règne de Mykérinos et qu'il est éduqué à la cour avec les enfants royaux, dont Chepseskaf. Kaounésout, inspecteur du palais royal, qui possède aussi son mastaba à Gizeh (G 8960) dans lequel Chepseskaf est cité.

Le seul document assuré du règne est une stèle fragmentaire retrouvée dans le temple de la pyramide de Mykérinos sur laquelle est inscrit un décret royal de Chepseskaf attestant de l'intervention du roi en faveur du temple et du culte funéraire de son prédécesseur.

Sépulture

thumb|left|Mastaba de Chepseskaf Si les annales et sources contemporaines qualifient le tombeau de Chepseskaf comme étant une pyramide (mer en égyptien antique) et qu'il s'est bien fait aménager un complexe funéraire, le monument n'a pas la forme d'une pyramide. Le périmètre assez grand de l'ensemble et la mention de la pierre de Palerme laissent supposer qu'initialement une pyramide avait été projetée mais que du fait du décès prématuré du souverain, il fut achevé sous la forme d'un gigantesque mastaba.

Le tombeau royal initialement devait mesurer . Il est construit en blocs de grès revêtus de calcaire fin de Tourah ainsi que de granit rouge d'Assouan pour les assises basses. Son aspect final devait s'apparenter à celui d'un gigantesque sarcophage à l'image du tombeau d'Osiris. Les appartements funéraires eux, sont conçus sur un plan comparable à ceux de la pyramide de Mykérinos, avec descenderie, couloir d'accès obturé par des herses de granit, antichambre et chambre funéraire de granit couverte par une voûte en chevrons, contenant le sarcophage royal.

Le tout était complété par un temple funéraire, une chaussée montante et un temple d'accueil situé à la lisière entre les terres cultivées et le désert.

Des vestiges de statues à l'effigie de Chepseskaf ont été retrouvés dans ce complexe funéraire dont deux têtes exposées au Musée du Caire, et sont d'une qualité équivalente aux fameuses triades de son père Mykérinos.

Le Mastaba Faraoun, comme l'appellent les habitants des environs, fait figure d'exception parmi les tombes royales de l'Ancien Empire. Si ce monument représentait une réelle volonté de rupture de la part de Chepseskaf, il ne pouvait être ignoré de ses contemporains et devait être bien visible depuis la capitale Memphis. Le fait que Djedkarê Isési ou encore les pharaons de la aient choisi de bâtir leurs propres complexes funéraires à proximité n'est pas le fruit du hasard ou le fait d'un manque de place pour les édifier. Tout autour des dignitaires de la fin de l'Ancien Empire se feront aménager leurs mastabas.

Titulature

Postérité

Ancien Empire

Le culte funéraire de Chepseskaf semble avoir été très limité après sa mort, probablement en raison de la brièveté de son règne. Seuls trois prêtres et fonctionnaires funéraires associés à ce culte sont documentés. Ce nombre est extrêmement faible comparé à celui des autres souverains de la  ; par exemple, 73 prêtres et fonctionnaires funéraires sont recensés pour Khéops et 21 pour Mykérinos. Le culte semble également avoir disparu plus rapidement que sous ses prédécesseurs. Alors que celui de ses prédécesseurs s'est perpétué jusqu'à la fin de la , il n'est documenté pour Chepseskaf que jusqu'à la .

L'importance économique du culte a également diminué sous Chepseskaf. De nombreux domaines agricoles étaient généralement établis pour fournir les offrandes. Soixante domaines ont été identifiés pour Khéops, mais seulement deux pour Chepseskaf.

Moyen et Nouvel Empire

La seule mention connue de Chepseskaf au Moyen Empire figure sur un bas-relief commandé par un boucher nommé Ptahhotep, dans la cour du temple funéraire du Mastaba de Chepseskaf. Apparemment, un culte dédié à Chepseskaf avait été rétabli au début du Moyen Empire, puisque Ptahhotep s'adresse au prêtre sur le bas-relief, lui demandant d'effectuer des offrandes. Il utilise ainsi le prestige du roi défunt pour s'assurer sa propre subsistance dans l'au-delà.

Sous la , au Nouvel Empire, plusieurs tombeaux modestes furent construits dans la cour du Mastaba de Chepseskaf. Sous la suivante, un vaste programme de restauration fut entrepris à l'échelle nationale sous , dirigé par son fils Khâemouaset. Des inscriptions attestent également des réparations effectuées sur le tombeau de Chepseskaf à cette époque.

Notes et références Notes

Références

Bibliographie

Bibliographie sur la famille royale

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Autres références

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