Saint-Henri, anciennement Séon Saint-Henri, est un quartier de Marseille, situé dans le et au nord-ouest de la ville, en bord de mer sur la plaine littorale du bassin de Séon. Il fait ainsi partie des Quartiers Nord.
Anciennement jumelé à Saint-André sous le nom de Séon, ce village acquiert sa paroisse en 1745. Ancien hameau d'agriculteurs du terroir de Marseille, puis village de l'industrie des tuiles, Saint-Henri est aujourd'hui une zone résidentielle et d'activités des Quartiers Nord de Marseille.
Toponymie
Le village a pris le nom de l'ancienne chapelle Saint-Henri, en devenant une paroisse en 1745.
Géographie Situation Le quartier de Saint-Henri est situé au nord de Marseille, le long du littoral. Il est délimité au nord-ouest par le quartier de L'Estaque, et au sud-est par le quartier de Saint-André.
On trouve au sein de Saint-Henri un quartier prioritaire portant le même nom, qui inclut la cité Rabelais et la résidence des Mûriers. Il compte habitants en 2018 pour un taux de pauvreté de près de 39 %Quartier Prioritaire : Saint Henri sur sig.ville.gouv.fr.
Géologie et relief
Saint-Henri fait partie du bassin de Séon, plaine littorale comportant également Saint-André et L'Estaque. Il se trouve entre les collines au nord-est et la mer Méditerranée au sud-ouest. Ce bassin sédimentaire contient une part importante d'argile. L'extraction de cette matière première au cours des siècles derniers à des fins industrielles (fabrication de briques et de tuiles), dans ce que l'on appelle des « creux d'argile », a créé un relief accidenté. Les dépressions y sont ponctuellement brutales, prenant la forme de cirques qui rappellent les anciennes carrières d'argile de Saint-Henri.
Voies de communication et transports
Route Saint-Henri est traversée par la route départementale 568 (ancienne route du Littoral) qui aboutit vers le nord au quartier L'Estaque puis à la commune Le Rove en direction de l'autoroute A55, et vers le sud à l'autoroute A55 et au centre-ville de Marseille.
Rail La grande ligne de Paris à Marseille traverse le quartier de Saint-Henri, mais la gare de Séon-Saint-Henri est fermée à tout trafic. La ligne secondaire de l'Estaque à Saint-Charles via Arenc ne comporte pas de gare dans sa traversée de Saint-Henri. La gare maritime de Mourepiane, gare de marchandises, est à l'abandon, le trafic de conteneurs transitant par le port de Mourepiane s'effectuant désormais par voie routière.
Histoire
Du XVIe au XIXe siècle, une campagne agricole Au XVIe siècle, le site de Saint-Henri fait partie du domaine de Séon (qui comprenait aussi l'actuel Saint-André), appartenant aux seigneurs Saumati (Sommati), et les terres sont louées aux paysans. En 1745, sous l’égide de Monseigneur de Belsunce, Saint-Henri érige sa propre paroisse indépendante du village de Saint-André. À la suite de la Révolution française, les terres seigneuriales de Saint-Henri sont rattachées à la commune de Marseille.
À cette époque, l’activité principale de Saint-Henri est la production de vin blanc. La vigne profite ici d’un terrain sec et de coteaux ensoleillés. Mais en 1863, la maladie du phylloxera ravage les vignes. Le vignoble de Saint-Henri ne sera jamais reconstitué, et le village abandonne sa vocation agricole pour se tourner vers l’industrie.
Du XIXe siècle au milieu du XXe siècle, l’apogée de l’industrialisation tuilière Saint-Henri est établi sur un sol fait d’argile, que l’on extrayait vraisemblablement dès l’Antiquité (pour en faire des amphores destinées au transport du vin de la région). Faite à base d'argile, la fabrication de tuiles s’accroît considérablement au cours du XIXe siècle, accompagnée par la première révolution industrielle. Ainsi, alors qu’on trouve 21 fabriques artisanales de tuiles en 1805 totalisant 45 ouvriers, ce nombre augmente pour compter 150 tuileries en 1860, employant environ 800 ouvriers.
Le paysage de Saint-Henri se modifie alors. Les creux d’argile, trous creusés pour aller chercher la matière première, se multiplient, laissant un relief accidenté au territoire. Les longues cheminées des fours Hoffmann utilisés par les usines dépassent les toitures. Les logements ouvriers, souvent auto-construits, donnent naissance à plusieurs bidonvilles aux abords des usines, faits de tuiles données ou vendues par les patrons. On retrouve également d’autres habitats typiques de l’architecture ouvrière, comme les courées ou les baraquements.
L’expansion industrielle de la région fait appel à la main-d’œuvre étrangère. Ainsi, au début du XXe siècle, de nombreux immigrés italiens, espagnols et arméniens s’installent à Saint-Henri. Plus tard, ce sont des Algériens qui arrivent pour travailler dans les usines. Ainsi, la population de Saint-Henri passe de 714 à 10 950 habitants entre 1820 et 1930, la grande majorité travaillant dans les tuileries, femmes et hommes confondus.
De la désindustrialisation à nos jours : la mutation résidentielle À partir du milieu du XXe siècle, l'industrie tuilière traditionnelle subit de plein fouet la concurrence des nouveaux matériaux de construction et la modernisation de la filière, entraînant la fermeture progressive des sites de production à Saint-Henri. Les immenses cheminées et les fours Hoffmann disparaissent peu à peu du paysage, tandis que les vastes « creux d'argile » laissés par les excavations sont, pour certains, comblés ou urbanisés.
Le quartier mue alors pour devenir une zone essentiellement résidentielle et d'activités, tout en conservant une forte empreinte de son passé ouvrier et populaire. Les anciens habitats spontanés et les baraquements font progressivement place à des opérations de renouvellement urbain et à des ensembles de logements. Saint-Henri intègre ainsi les dynamiques des Quartiers Nord de Marseille, tout en préservant une identité de « village ».
Culture et patrimoine
Cinéma vignette|Le cinéma Le quartier abrite le cinéma indépendant d'art et essai L'Alhambra . Classé patrimoine remarquable, sa façade est caractéristique des cinémas des années 1930.
Personnalités liées à Saint-Henri Jean-Raymond Mourraille (1723-1809), astronome et mathématicien marseillais. Saint-Pol-Roux (1861-1940), poète symboliste.
Démographie
À partir de 1990, les recensements de population par l'INSEE concernant le quartier Saint-Henri sont composés des IRIS 132160401 à 132160403Table IRIS en géographie au 1er janvier 2021 sur le site de l'INSEE.
Économie L'économie de Saint-Henri repose aujourd'hui principalement sur : Les commerces de proximité et de services : Le long de l'axe principal (rue Rabelais), le quartier conserve un tissu de petits commerces, de services de proximité et d'artisans. Les zones d'activités et la logistique : Le quartier accueille plusieurs structures et parcs d'activités (notamment autour de la zone de Saint-Henri et des axes proches de Mourepiane) regroupant des entreprises de services, d'industrie légère, de commerce et de transport de fret en lien avec le Grand Port Maritime de Marseille. L'économie sociale, solidaire et culturelle : Les structures associatives locales et le pôle culturel jouent un rôle majeur dans la vie locale, l'animation et l'insertion sociale du quartier.
Revenus fiscaux et emploi Sur le plan socio-économique, Saint-Henri reflète les contrastes des Quartiers Nord de Marseille : Niveau de vie et fiscalité : Les données de l'INSEE relatives aux revenus fiscaux des ménages mettent en évidence un niveau de vie médian inférieur à la moyenne marseillaise, avec des disparités notables d'un îlot regroupé pour l'information statistique (IRIS) à l'autre. Population active : Une part importante de la population active relève des catégories socioprofessionnelles des employés et des ouvriers. Le taux de chômage y demeure structurellement plus élevé que dans les arrondissements du centre ou du sud de la ville, bien que partiellement atténué par les dispositifs de la politique de la ville et les structures locales d'accompagnement à l'emploi.
Administration et services Rattachement administratif : Saint-Henri dépend administrativement du 16e arrondissement de Marseille et relève de la Mairie des 15e et 16e arrondissements. Enseignement : Le quartier dispose d'établissements scolaires publics de proximité gérés par la municipalité (écoles maternelles et élémentaires). Politique de la ville : Une portion du quartier est classée en Quartier Prioritaire (incluant notamment la cité Rabelais et la résidence des Mûriers), faisant l'objet de programmes ciblés de renouvellement urbain et d'accompagnement social pilotés par l'ANRU et les collectivités territoriales.
Voir aussi Bibliographie . Texte extrait de
Ministère de la Culture, base Mérimée : fiches signalétiques de l'inventaire général du patrimoine culturel (fiches pour L'Estaque) Yves Ratier, La terre de Marseille. Tuiles, briques et carreaux, Chambre de Commerce et d'Industrie de Marseille, 1989, Marseille.
Articles connexes de Marseille
Notes et références
Catégorie:Quartier de Marseille Catégorie:16e arrondissement de Marseille Catégorie:Quartier prioritaire de la politique de la ville