Thaon-les-Vosges (prononcé ) est une ancienne commune française située dans le département des Vosges, en région Grand Est, devenue, le , une commune déléguée de la commune nouvelle de Thaon-les-Vosges.

Ses habitants sont appelés les Thaonnais.

Par arrêté préfectoral du , la commune nouvelle de Capavenir Vosges est créée par la fusion de Oncourt, Girmont et Thaon-les-Vosges, conformément aux délibérations des conseils municipaux, respectivement, du 14, 10 et . Son siège est fixé à la mairie de Thaon-les-Vosges. Fin 2021, la commune nouvelle reprend le nom de Thaon-les-Vosges.

Géographie Localisation Thaon-les-Vosges est située dans la vallée de la Moselle à en aval d'Épinal et à de Nancy.

vignette|center|300px|<center>Situation de Thaon-les-Vosges.

Communes limitrophes

Géologie et relief La ville s'est construite dans la plaine alluviale de la Moselle. Les prélèvements effectués en 1899 retrouvent cinq couches géologiques : Muschelkalk supérieur et inférieur (Trias germanique), alluvions anciennes et modernes et limon des plateaux sur les points les plus élevés, en périphérie de la commune.

Voies de communication et transports Voies routières La ville bénéficie de deux accès directs vers la voie rapide N 57.

Lignes SNCF La gare ferroviaire de la ville est située sur la ligne Nancy-Épinal.

Ports Thaon-les-Vosges est traversée par le canal de l'Est et le projet de création d'un port à visée touristique a été retenu. Des gravières sont en exploitation à la limite nord de la ville et les matériaux extraits sont convoyés par une rotation de barges vers Chavelot pour stockage.

Toponymie

Le nom de la localité est mentionné sous les formes De Tadone (1003) ; Thaon (1297) ; Taon (1343) ; Tawon (1396) ; De Taonno (1402) ; Tahon (1441) ; Tallon, pour Tawon (1461) ; Taion ung bon villaige () ; Thaon, Tanon (1656) ; Tavon (1711) ; Thaon vulgairement Thavon (1753) ; Taon (1801) ; Thaon-les-Vosges (1890)Paul Marichal, Dictionnaire topographique du département des Vosges, Paris, Impr. nationale, 1941.

Ce nom de lieu a peut-être pour origine l’anthroponyme germanique Tato pris absolumentAlbert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, , Librairie Guénégaud, 10 rue de l'Odéon - Paris , 673. . Dans ce cas la terminaison -on du nom de personne indique qu'il s'agit d'un cas régime.

Remarque : la forme latinisée Tadone montre la lénition du [t] intervocalique qui s'est amuï complètement, conformément à une évolution régulière en langue d'oïl.

Histoire En fut célébré le premier millénaire de la ville, les premières traces écrites attestant l'existence de la ville remonterait à l'an 1003.

En 1904, l'abbé Constant Olivier a publié un livre en deux volumes intitulé « Histoire de Thaon-les-Vosges »C. Olivier, « Histoire de Thaon-les-Vosges », Res Universis éds, fac-similé de l'édition restaurée de 1904, 1990 ..

Il y fait état des quelques inventions archéologiques de la période gallo-romaine, faites sur le territoire de la commune : un fragment d'une porte de bronze, découverte dans le lit de la Moselle et déposée au Musée d'Épinal en 1835, de nombreux débris de tuiles plates, tuiles romaines, au lieu-dit « Les Thuillons ».

Deux découvertes laissent supposer une occupation antérieure : un éclat de silex au lieu-dit « Fontaine La Chatte », une pointe de lance à douille en bronze datée de l'âge du bronze (Registre d'entrée du Musée d'Épinal, M.D.V., V, 99)Michel Provost, directeur scientifique, « Carte archéologique de la Gaule », tome 88, Les Vosges Académie des Inscriptions et Belles Lettres éds. 2005 ..

Ce qui suit est tiré de l'histoire de Thaon d'après le livre de l'abbé C. Olivier.

Thierry de Hamelant, évêque de Metz construisit vers 980, au centre d'Épinal (Spinal) un monastère de vierges dédié à Saint-Goery et régi par les règles de saint-Benoit. Secondairement sera fondé l'hôpital Saint-Gœry à côté du monastère, et qui sera tenu par les religieuses. Thierry de Hamelant le plaça sous la protection des papes, des empereurs, des ducs et des seigneurs lorrains.

Dès la fin du , les règles de saint Benoit sont oubliées et le monastère prend l'apparence d'un chapitre noble avec une organisation féodale; à la tête de ce chapitre se trouve l'abbesse secondée par la doyenne et la secrète.

Les dames abbesses d'Épinal étaient seigneurs fonciers et le territoire de Thaon était en grande partie sous leur pouvoir (les 3/4) ; le temporel des évêques de Metz recouvrait en effet le territoire de Thaon et le successeur de Thierry de Hamelant, Adalberon l'avait attribué au monastère en réservant le quart restant à l'évêché. Thaon était alors constitué de dix manses, ce qui permet d'évaluer la population à 200 - 250 habitants.

L'évêque mit le monastère sous la protection de l'empereur d'Allemagne Henri II (saint Henri), et c'est dans la charte officialisant cette mainbournie qu'apparait pour la première fois le nom de Thaon (Ad Tadonem). Il y confirme la donation des biens faite par Adalberon au monastère de Spinal et notamment « une église et la chapelle en dépendant à Thaon (ad Tadonem)Parchemin original à la Bibliothèque Municipale d'Épinal. Arch. Vosges Cartulaire manuscrit du chapitre d'Épinal. G.106. Pages I et IV et G. 107

Le territoire est donc divisé en deux seigneuries : la grande seigneurie est la propriété des abbesses et la petite seigneurie est la propriété de l'évêque de Metz. De ce fait il y a deux maires à Thaon (voir administration, liste des maires).

À partir de 1260 le choix de l'évêque de Metz qui doit succéder à Jacques de Lorraine, mort cette même année, est responsable d'une querelle et d'une grande période de guerres entre l'évêque de Metz et le duc de Lorraine. Thaon aura alors à souffrir des combats dans les territoires avoisinants (combat de Vaxoncourt en 1260, guerre de Guillaume de Trainel à partir du , combat d'Hadigny en 1272)

La fin du et tout le verront continuer ces combats. Le dernier accord de paix est daté de 1395 (Richard de Châtel y demande à l'évêque de Metz le remboursement de dommages occasionnés par ses troupes dans la ville d'Igney et dans la ville de Fontenois sous Deneuvre).

Les besoins d'argent de l'évêque de Metz sont tels qu'il est amené à vendre la petite seigneurie en y conservant ses droits de suzerain, à Philibert de Bauffremont (dénombrement manuscrit signé de Philibert de Bauffremont, conservé à la bibliothèque d'Épinal et daté du ).

La petite seigneurie restera la propriété des Beauffremont et la dernière lettre qui en fait état est signée Pierre de Bauffremont et datée du .

La période qui suit est obscure sans aucun document historique précisant à qui appartient la petite seigneurie. Et en 1509, on retrouve, dans les comptes des receveurs d'Épinal, la petite seigneurie rattachée à la ville d'Épinal, et donc propriété des ducs de Lorraine.

Thaon subira les conséquences des événements militaires du : incursion des troupes seigneuriales de Robert III de Sarrebruck, de Robert de Baudricourt (1431), passages des routiers et des écorcheurs, mercenaires privés d'employeurs. Cinq cents routiers périront dans les flammes de Sercœur incendiée par les soldats de l'évêque de Verdun.

Thaon souffrira également des hostilités incessantes entre les deux villes voisines : Châtel la bourguignonne et Épinal la lorraine. Ce conflit commence en 1465 lorsque Louis XI donne la possession d'Épinal à Thiébaut IX, seigneur de Châtel et maréchal de Bourgogne, ce que les bourgeois d'Épinal refusent, et se termine le avec la mort de Charles le Téméraire à Nancy.

Après un demi-siècle de tranquillité, la région de Thaon va connaitre une période de troubles à partir de 1535 avec le désir de chefs protestants d'imposer le religion de Luther, d'abord Guillaume de Furstemberg, puis le colonel et baron Polwillers, gouverneur de Haguenau.

Dix ans plus tard, les protestants de France veulent aider ceux d'Allemagne et Thaon verra passer les troupes luthériennes du prince de Condé et les reîtres de Jean Casimir, le fils de l'électeur palatin Frédéric III (1567).

En 1569, le roi de France Henri III essaie de leur barrer la route à Jeuxey et à Baccarat alors que le duc Charles III renforce la garnison de Châtel ; ces troupes vivent aux frais des villages où elles s'abritent y compris Thaon.

La guerre entre catholiques et protestants en France ramène Jean-Casimir et ses reîtres en 1575 en Lorraine. Ils sont rejoints par 7000 suisses aux environs de Thaon et ils se dirigent vers la frontière française en ( guerre de religion) en incendiant une partie de Portieux.

Le village de Thaon a été victime d'un incendie dans les dernières années du ; on retrouve en effet aux archives départementales un extrait des comptes de l'an 1600 faisant état d'aides apportées par son Altesse le duc de Lorraine aux victimes de cet incendie. Il verse en effet le deuxième tiers de cette aide en 1600. Par ailleurs cet extrait signale que 21 maisons représentait près de la moitié du village.

center|thumb|240px|<center>Extrait des comptes de 1600.

Le village de Thaon estant esté bruslé accidentellement proche de la moitié jusque a la concurrence de vingt et une maisons appartenantes aux meilleurs conduicts dudict village. Ils auroient recouru par règlement a son Altesse, laquelle (apprés le rapport des officiers de ceste recepte vu et entendu en conseil) auroit remis aux particuliers ainsy affligés les aydes ordinaires et extraordinaires pour trois ans, dont c'est icy le deuxieme reste (après la cotte desdicts gruillers déduicte). Cinquante trois francs neuf gros. Comme il appert par les tesmoignages rendus en son compte dernier tant du mandement de son altesse que du contrerolle Icy L III fr IX gros (lire 53 fr 9 gros) Somme X IIII C XXV fr. L gros (lire 14 100 25 fr. 50 gros égal 1425 fr. 50 gros)

L'année 1633 marque le début des hostilités entre la Lorraine et la France qui vont durer plus de trente ans.

Thaon aura à subir le passage des différentes troupes du conflit ; la population épuise toutes ses ressources à subvenir aux besoins des différents belligérants et sera rançonnée, pillée, ses champs dévastés. Les soldats qui ont laissé les plus mauvais souvenirs sont les suédois et les cravates (croates?) qui incendient presque systématiquement tous les villages qu'ils occupent; c'était particulièrement le cas du régiment de Batilly (régiment weimarien du nom de son colonel, à la solde de la France).

Le traité des Pyrénées n'est suivi que d'une brève accalmie et la guerre recommence en . Un mois plus tard Créqui investit Épinal et fait le siège de Châtel qui se rend le .

Il y aura bien un essai de riposte de Charles IV en (reprise de Remiremont, d'Épinal puis de Châtel) mais la réaction de Turenne va mettre fin aux hostilités.

Politique et administration Tendances politiques et résultats Élections municipales

thumb|200px|L'hôtel de ville. Élection municipale de 2014Résultats des élections municipales et communautaires 2014 pour la commune de Thaon-les-Vosges, sur le site du Ministère de l'Intérieur. : voix et 64,01 % pour Dominique Momon (DVD), 746 voix et 20,56 % pour Jordan Grosse-Cruciani (FN), 559 voix et 15,41 % pour Pierre Gérard (DVD), 62,85 % de participation. Élection municipale partielle de 2009 Élection municipale partielle du 8 mars 2009 - Commune de Thaon-les-Vosges (Vosges), sur le site du Ministère de l'Intérieur. : voix et 59,01 % pour Dominique Momon (UMP), 750 voix et 22,72 % pour Jean-Paul Gadroy (SE), 603 voix et 18,27 % pour Gérard Grünenwald (DVG), 57,65 % de participation. Élection municipale de 2008Résultats des élections municipales 2008 pour la commune de Thaon-les-Vosges, sur le site du Ministère de l'Intérieur. : voix et 50,15 % pour Raymond Dégémard (UMP), 952 voix et 26,20 % pour Jean-Paul Gadroy (SE), 859 voix et 23,64 % pour Gérard Grünenwald (DVG), 64,15 % de participation.

Liste des maires

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