Jean Tiberi, né le à Paris et mort dans la même ville le , est un homme politique français, maire de Paris de 1995 à 2001.
Membre des partis gaullistes et néo-gaullistes successifs, il est plusieurs fois député de Paris entre 1968 et 2012, secrétaire d'État chargé des Industries alimentaires en 1976 et premier adjoint au maire de Paris de 1983 à 1995, ainsi que maire du de Paris de 1983 à 1995 et de 2001 à 2014.
Après l'élection de Jacques Chirac à la présidence de la République, il est désigné par ce dernier pour lui succéder à Paris et l'emporte aux élections municipales de 1995. Mais contesté pour sa gestion et visé par plusieurs affaires judiciaires, il forme des listes dissidentes aux élections municipales de 2001, lors desquelles il termine derrière Philippe Séguin (RPR) et Bertrand Delanoë (PS).
Avec son épouse Xavière, il est ensuite condamné dans le cadre d'une affaire de faux électeurs.
Situation personnelle D'ascendance corse, il naît à Paris« Paris V : Tiberi reste aux manettes ».. Son père est employé d'assurance et sa mère sténodactylographeAriane Chemin et Béatrice Gurrey, « Les Tibéri se rêvent en dynastie », M, le magazine du Monde, semaine du 23 novembre 2013, pages 65-73..
Il effectue sa scolarité au collège Sainte-Barbe et au lycée Louis-le-Grand (époque où, à l'âge de quinze ans, il adhère au RPF), dans le de Paris, puis poursuit des études supérieures en faculté de droit et devient magistrat. Substitut à Metz et à Meaux, il est nommé juge à Beauvais puis détaché à la chancellerie..
Il est marié avec Xavière Casanova, avec qui il a eu un fils, Dominique, également engagé en politique, et une fille, Hélène.
Parcours politique Débuts et ascension Jean Tiberi commence sa carrière politique en adhérant à l'Union gaulliste de René Capitant, formation dite de gaullistes de gauche, et est élu en 1965 au conseil municipal de Paris ainsi que député suppléant de René Capitant. À l'entrée de ce dernier au gouvernement le , Jean Tiberi occupe son siège de député gaulliste de Paris, puis est élu sous son nom propre aux élections législatives de 1973.
Jean Tiberi rejoint le RPR lors de sa fondation en 1976, et devient proche de Jacques Chirac, dans le gouvernement au sein duquel il exerce les fonctions de secrétaire d'État auprès du ministre de l'Agriculture et auprès du ministre de l'Industrie et de la Recherche, chargé des industries alimentaires du au .
Après l'élection de Jacques Chirac à la mairie de Paris en 1977, il devient son suppléant dans le puis son premier adjoint. Il est enfin élu maire du sans discontinuer aux élections municipales de 1983, 1989, 1995, 2001 et de 2008. Parallèlement, il est élu député de la de Paris (nommée jusqu'en 1986) à l'ensemble des élections législatives de 1973 à juin 2007 compris.
En décembre 1974, Jean Tiberi vote la loi dépénalisant l'avortement, dite « loi Veil »http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/interruption/1974-12-20s.pdf. qui est promulguée le .
Jean Tiberi a exercé les fonctions de maire de Paris de mai 1995 à mars 2001 à la tête d'une coalition RPR-UDF-Démocratie libérale. Candidat à sa propre succession, il a été battu en par la liste PS-Verts-PCF menée par Bertrand Delanoë. Lorsqu'il était maire de Paris, ses fonctions de maire du ont été exercées par Jean-Charles Bardon.
Aux élections législatives de juin 2012 Jean Tiberi ne se présente pas pour un nouveau mandat. François Fillon lui succède en tant que député de la de ParisSite de l'Assemblée nationale Élections des 10 et 17 juin 2012 Paris ..
Premières années à la mairie de Paris Jean Tiberi est proposé par Jacques Chirac comme candidat du RPR à la mairie de Paris, de préférence à Jacques Toubon, alors maire du de Paris. À la suite d'une campagne courte (mai-), les listes RPR-UDF remportent quatorze des vingt arrondissements parisiens et élisent donc Jean Tiberi comme maire de Paris et président du Conseil général du département de Paris.
En 1998, Jacques Toubon tente de ravir la mairie à Jean Tiberi en créant un groupe dissident de la majorité municipale, finalement en vain.
La mandature de Jean Tiberi au Conseil de Paris est caractérisée par l'assainissement fiscal de la Ville à partir de 1997. Le début de mandat avait été marqué par la chute des droits de mutation en raison de la crise immobilière et le recours à l'emprunt. Le taux d'exécution du budget 1996 n'avait ainsi pas dépassé 60 % des crédits votés alors que le budget social, particulièrement élevé à Paris, augmentait de 3 % chaque année au détriment de l'investissement.. Cependant, grâce notamment à la reprise de l'immobilier, le taux d'endettement par habitant atteignait son plus bas niveau mesuré en 200020 minutes du 19 septembre 2007.. Converti par ailleurs à un urbanisme « à visage humain »« Pas de travaux porte Maillot », Le Figaro, 14 avril 1996, propos recueillis par Françoise Varenne., de nombreux lieux de conflits débutés sous la mandature précédente s'apaisent à la suite de la modification par Tiberi de nombreux projets comme la ZAC Maillot, la ZAC Moskova, la réhabilitation du Bas-Belleville et des Amandiers, la rénovation du faubourg Saint-Antoine ou la ZAC Pajol..
Parmi ses principales contributions, on peut noter : l'augmentation du nombre de couloirs de bus protégés et non protégés, Jean Tiberi ayant notamment promis de réduire la circulation automobile de 5 à 10 % d'ici la fin de son mandat ; le lancement en 1996 d'un plan Vélo et la création d'un réseau de pistes cyclables visant à favoriser la circulation cycliste à Paris ; l'inauguration de la passerelle de Solférino reliant la rue de Solférino au jardin des Tuileries ; le lancement des études préliminaires pour un projet de tramway à la périphérie de la capitale, dont l'idée sera reprise et fortement modifiée pour devenir le tramway des Maréchaux ; l'ouverture des voies sur berge le dimanche aux piétons ; l'adaptation des schémas directeurs et prise en compte accrue des maires d'arrondissements et des habitants dans les projets d'aménagements des ZAC Rive Gauche, Pajol et Maillot.
De l'éviction du RPR à l'adhésion à l'UMP Un an avant la fin du mandat de Jean Tiberi et alors que ses affaires judiciaires le poursuivent déjà, le RPR, présidé par Michèle Alliot-Marie, décide d'organiser une procédure permettant la désignation éventuelle d'autres candidats que lui. Philippe Séguin, député-maire d'Épinal devient le candidat officiel du RPR allié à Démocratie libérale et l'UDF. Jean Tiberi maintient cependant sa candidature, protestant contre le fait qu'il n'y ait pas eu de primaires au sein de son parti, et présente des listes dans tous les arrondissements. Le RPR décide son exclusion le . En réaction, le maire retire à tous ses adjoints séguinistes leurs délégations.
Au soir du premier tour en , les listes RPR-UDF-DL de Philippe Séguin arrivent devant celles de Jean Tiberi dans 18 des 20 arrondissements. Philippe Séguin refuse toute fusion avec des équipes dont il juge la fréquentation sulfureuse. Au soir du second tour, avec près de 51 % des suffrages (dont 35 % pour les listes de Philippe Séguin), la droite est finalement devancée en nombre de sièges par la liste de la gauche plurielle conduite par Bertrand Delanoë (12 arrondissements contre 8).
Jean Tiberi remporte 12 sièges au Conseil de Paris, ainsi que la mairie du , tandis que son adjoint aux Finances, Jean-François Legaret, s'impose dans le . À la fin de l'année 2002, Philippe Séguin se retire de la politique, permettant à terme le regroupement du groupe des conseillers de Paris RPR-DL avec les tiberistes dans celui de la nouvelle UMP.
Le dernier mandat de député de Jean Tiberi est obtenu en grâce à sa réélection au second tour face à la candidate PS Lyne Cohen-Solal, avec 52,66 % des suffrages exprimés.
Son dernier mandat de maire du est obtenu à la suite des élections municipales de 2008, sa liste ayant recueilli au second tour 45 % des suffrages exprimés contre 44,1 % pour celle de Lyne Cohen-Solal (PS) et 10,9 % pour celle de Philippe Meyer (MoDem)Chiffres du ministère de l'Intérieur, 17 mars 2008..
L'année suivante, pour cause de défaut de paiement de son loyer, sa permanence politique est exclue par la mairie de Paris du local qu'elle occupait..
En 2011, sur proposition de Christine Lagarde et contre l’avis de la commission d’évaluation, son fils Dominique, qui est aussi son à la mairie du , est nommé contrôleur général économique et financier au ministère de l’Économie. Le Conseil d’État annule cette nomination« Le conseil d’État annule la nomination à Bercy de Dominique Tiberi »..
Jean Tiberi est également membre du comité d'honneur du Mouvement initiative et liberté (MIL), organisation d'inspiration gaulliste formée en 1981.
Il soutient François Fillon au congrès de l'Union pour un mouvement populaire de 2012« Jean Tiberi soutient François Fillon », Le Figaro, 7 octobre 2012..
Dernières années Jean Tiberi ne se représente pas à la mairie du lors des élections municipales de 2014 à Paris, souhaitant passer le témoin à son fils Dominique. Ce dernier se présente finalement en dissident, la candidate désignée par l'UMP étant Florence Berthout, laquelle est élue et succède donc à Jean Tiberi.
thumb|La tombe de Jean Tiberi au cimetière du Montparnasse.
Il meurt le à Paris, à l'âge de 90 ans, des suites d'un cancer.Denis Cosnard, « Jean Tiberi, ancien maire de Paris, est mort », Le Monde, .« Mort de Jean Tiberi, ancien maire de Paris : une vie consacrée à la capitale et au V arrondissement », LeParisien.fr, .. Ses obsèques se déroulent le en l'église Saint-Étienne-du-Mont en présence de certaines personnalités politiques, suivies par l'inhumation au cimetière du Montparnasse (division 4) dans la même ville..
Affaires judiciaires Affaire des HLM de Paris
À partir de 1999, une première procédure judiciaire concerne son rôle en tant que président de l'Office public d'aménagement et de construction (OPAC) des HLM de Paris dans le contournement des procédures légales d'appel d'offres et des marchés des HLM parisiens et dans le financement occulte du RPR..
Cette affaire se termine en 2005 par un non-lieu..
Affaire des faux électeurs du En tant que maire du , Jean Tiberi est suspecté à partir de 1997 d'avoir organisé à compter de 1989 un système de fraude électorale.
L'instruction dans l'affaire dite des faux électeurs du débute à la suite d'une plainte de son adversaire PS dans l'arrondissement, Lyne Cohen-Solal, qui dénonce des centaines d'inscriptions fictives de faux électeurs à différentes adresses de l'arrondissement.. ou des radiations douteuses sur les listes électorales de l'arrondissement lors des élections municipales de 1995 et des élections législatives de 1997. Cette plainte fait suite à l'enquête du Canard enchaîné qui découvre 800 faux inscrits. En échange de ces fausses domiciliations, les personnes se seraient vu attribuer des places de crèche, des logements sociaux ou des emplois..