Le Cercle athlétique de Paris-Charenton, abrégé en CAP-Charenton, est un club de football français fondé en 1896 sous le nom de Nationale de Saint-Mandé. Il emménage en 1905 au stade de Charentonneau à Maisons-Alfort, commune toute proche de Paris alors située dans le département de la Seine. Renommé Cercle Athlétique de Paris (CA Paris) en 1905, c'est sous ce nom que le club obtient ses plus grands succès jusque dans les années 1920.
Engagé dans le Championnat de France USFSA dès 1897, le club y gravit tous les échelons et arrive en finale de cette épreuve en 1906 et 1909. Dans les années qui précèdent la Première Guerre mondiale, les Capistes remportent par deux fois le Trophée de France en 1911 et 1913. L'édition 1913 de cette compétition regroupant pour la première fois l'ensemble des quatre fédérations de football alors concurrentes, le CAP peut être considéré comme étant le club champion de France 1913. Les Capistes réussissent ensuite à gagner la Coupe de France en 1920 et à atteindre la finale en 1928.
Le CA Paris obtient le statut professionnel en 1932 et participe aux deux premières saisons du championnat de Division 1 avant d'être relégué en Division 2. La période de gloire du club est révolue et le nombre de Capistes appelés en équipe de France s'arrête à 20 pour un total de 100 sélections. Abonné aux dernières places du championnat de Division 2 et n'ayant plus de stade fixe, le CA Paris quitte la scène professionnelle en 1963. En 1964, le club fusionne avec le Stade Olympique de Charenton et retrouve les terrains de ses débuts à Charentonneau. Depuis, le club évolue dans les divisions inférieures de la Ligue de Paris Île-de-France sous le nom de CAP-Charenton.
Historique
De la Nationale de Saint-Mandé au FC Paris (1896-1905)
thumb|left|Le Football-Club de Paris vainqueur de la Coupe Manier en avril 1905.
Bientôt, le club rejoint la première série, Sous ce nouveau nom, le club remporte la Coupe Manier, une compétition nationale réservée aux clubs n'alignant pas plus de trois joueurs étrangers, .
L'âge d'or du CA Paris (1905-1920)
vignette|Finale du championnat de France de l'USFSA 1909 entre le SH Marseille et le CA Paris.|alt=Action de jeu d'un match de football
thumb|Le CA Paris vainqueur du Trophée de France, en 1913.
En 1905, Un titre de champion de Paris de première série vient marquer voulue par le président du club Michel Fontaine. En phase finale du championnat de France 1906, après avoir écarté le Sport universitaire Caen (8-0), puis le Stade olympique des étudiants toulousains (2-1), le CAP affronte le Racing Club de Roubaix en finale nationale. À Tourcoing, le CAP ouvre le score dès la de jeu. Une puissante équipe roubaisienne et permettent aux Nordistes de s'imposer finalement 4-1.
. Le titre de champion de Paris est à nouveau gagné par le CAP en 1909, ce qui lui permet de participer à nouveau à la phase finale du championnat de France USFSA. L'Angers Université Club (17-1), le Stade rennais (8-3) et l'Union sportive tourquennoise (1-0) sont alors éliminés par les Capistes. En finale nationale, les Parisiens affrontent le Stade helvétique de Marseille à Colombes. Les Suisses de Marseille s'imposent 3-2.
thumb|left|upright=1.2|Finale de la Coupe de France 1920 : le défenseur havrais Grivel sauve son gardien sous les yeux du Capiste Ernest Gravier, à droite.
Le , le CA Paris quitte l'USFSA et fonde la Ligue de football association (LFA) en compagnie de trois autres clubs parisiens que sont le Red Star, l'Union sportive suisse de Paris et le Paris Star . Cette décision fait suite au refus de l'USFSA de devenir membre du Comité français interfédéral (CFI), un organisme unissant les différentes fédérations gérant le football en France à l'exception donc de l'USFSA. Les Capistes enlèvent les titres 1911 et 1913 de cette ligue.
La LFA ayant adhéré au CFI, ces deux titres permettent également au CA Paris de participer au Trophée de France. En 1911, le CAP remporte cette épreuve en écartant en finale le club catholique parisien de l'Étoile des Deux Lacs (1-0). Le club remporte une nouvelle victoire dans le Trophée de France en 1913. Cette fois, après avoir éliminé l'Étoile des Deux Lacs en demi-finale (4-2 après prolongation), les Capistes sont opposés en finale aux Bordelais de la Vie au Grand Air du Médoc. La rencontre a lieu au stade du Jard à Mérignac et voit la victoire (2-1) des Parisiens.
En 1917-1918, le CA Paris fait partie des 48 clubs qui participent à la première coupe nationale de football, la Coupe Charles Simon, qui est renommée Coupe de France deux ans plus tard. Le CAP atteint les huitièmes (1918) puis les quarts de finale (1919) lors des deux premières éditions de l'épreuve.
thumb|upright=1.7|Le CA Paris vainqueur de la Coupe de France 1920 avec, de gauche à droite, Allègre, McDewitt, Mesnier, Dupé, Poullain, Bigué, Vanco, Gravier, Dreyfus, Pache et Bard (capitaine)
La saison suivante, le CAP atteint la finale de l'épreuve après avoir passé les deux premiers tours contre le CO Billancourt (6-2 à Paris) et l'US Romillonne (8-0 à Romilly-sur-Seine). En huitième de finale, le club parisien bat l'US Servannaise 3-2 à Rennes avant de battre le Red Star en quart à l'issue d'un match d'appui remporté 2-0. La demi-finale est remportée 2-1 à l'extérieur contre la VGA Médoc de Bordeaux. Devant plus de au stade Bergeyre de Paris près du parc des Buttes-Chaumont, les Capistes ne sont pas favoris mais réussissent à enlever la Coupe de France face aux Normands du Havre Athletic Club (2-1). Les Normands ouvrent le score par l'intermédiaire de Thorel à la réception d'un centre de Blouin. Le CA Paris est meilleur que son adversaire et parvient à reprendre l'avantage grâce à deux buts inscrits par Henri Bard, dit « bébé cadum », sur un penalty puis sur un tir de près.
Sur le plan tactique, les deux équipes jouent avec une attaque en W comprenant un avant-centre et deux ailiers. L'équipe du Havre, qui s'est défait de l'AS Cannes après prolongation en demi-finale, dispute la finale privée de son attaquant international Albert Rénier et de son milieu titulaire Sidney Sheldon. L'équipe parisienne est en revanche au complet et aligne en finale sept internationaux français : Henri Bard, Marcel Vanco, Maurice Bigué, André Allègre, André Poullain, Ernest Gravier et Louis Mesnier. Louis Mesnier, international depuis 1904, est alors âgé de 35 ans et joue à l'arrière. Quant au capitaine Henri Bard, il prend sa revanche après avoir perdu la finale avec le FC Lyon en 1918. Deux internationaux suisses complètent l'effectif truffé de stars du CAP : le gardien Ivan Dreyfus et Robert Pache.
Entre championnat de Paris et Coupe de France (1920-1932)
À peine la Coupe de France 1920 gagnée, Tous les joueurs quittent le club sauf Charles McDewitt et Georges Moulène. La reconstruction d'une équipe compétitive au CA Paris prend cinq ans, .
L'équipe du CA Paris se reconstruit autour de jeunes joueurs. En 1924-1925, l'équipe présente ainsi une moyenne d'âge de 22 ans et, selon l'ancien footballeur Lucien Gamblin devenu journaliste au quotidien sportif L'Auto, elle « progresse de dimanche en dimanche ». L'équipe continue de s'améliorer, ce qui permet au club de remporter le titre de champion de Paris deux ans plus tard en 1927. Cette même saison, le Cercle Athlétique de Paris atteint les demi-finales de la Coupe de France. L'Olympique de Marseille, par un cinglant 6-0 à Lyon, met un terme à ce parcours.
thumb|left|Finale de la Coupe de France 1928 : Mahieu remise vers Bertrand devant le défenseur du Red Star Chantrel.
Les Rouges obtiennent leur revanche sur l'OM peu après. En effet, la Fédération française de football association (FFFA) ayant décidé de mettre en place une compétition de fin de saison attribuant le titre de champion de France réunissant les champions des ligues régionales, le CAP est convié à se mesurer à l'Olympique de Marseille, au Football Club Rouennais, à l'Amiens Athlétic Club et au Sporting Club de la Bastidienne. Le CA Paris remporte ce championnat et est couronné champion de France 1927 en s'appuyant sur une équipe comprenant, entre autres, Albert Ottavis, Jean Fidon, les frères Jean et Lucien Laurent ainsi que Marcel Langiller.
Lors du championnat de Paris 1928, le CAP dispute le titre au Stade français jusqu'à l'ultime journée. Les Stadistes parviennent à s'imposer au stade de Charentonneau et remportent le championnatMiroir des Sports, du 14 février 1928, . Cette même saison, le CA Paris parvient en finale de la Coupe de France. En seizième de finale, il bat le Havre Athletic Club après un match d'appui (0-0 à Charentonneau puis 1-0 au Havre) qu'il avait déjà vaincu en finale en 1920. Le CAP se défait ensuite de l'AS Valentigney et de l'Olympique lillois, avant de dominer en demi-finale le FC Mulhouse 1893, vainqueur de la Division d'honneur du Championnat de France amateur, par 5 buts à 1.
Les Capistes retrouvent en finale le Red Star, pour ce qui est la troisième et dernière finale de l'histoire de la Coupe entre deux équipes parisiennes après celles de 1919 et 1921. Le Red Star se présente avec une équipe expérimentée comprenant notamment les internationaux Paul Nicolas et Juste Brouzes, tous deux triples vainqueurs de la Coupe de France de 1921 à 1923, Marcel Domergue et Augustin Chantrel. L'équipe du CA Paris est plus jeune et ne comprend qu'une « vedette », l'attaquant de 19 ans Marcel Langiller qui est entouré des frères Laurent, 20 et 21 ans, et de Jean Fidon, Georges Ouvray et Pierre Bertrand, qui ont tous moins de 22 ans.
thumb|upright=1.2|Le CAP finaliste de la Coupe de France 1928 avec Blanc ( debout) – Fidon, Ottavis – J. Laurent, Gautheroux, Quentier (capitaine) – Ouvray, L. Laurent, Bertrand, Langiller ( accroupis), Mahieu
Forte de sa plus grande expérience, l'équipe du Red Star domine le début de la rencontre et prend l'avantage 2-0 par Paul Wartel à la suite d'un corner puis par le Norvégien Brenna Egil Lund qui marque sur un corner direct. Dès le début du match, Marcel Langiller, l'un des meilleurs atouts du CA Paris, ainsi que les frères Laurent se blessent. Malgré ce handicap, les Capistes réduisent l'écart à 2-1 en fin de première mi-temps par Pierre Bertrand, qui marque en déviant un tir de Jean Gautheroux. En deuxième mi-temps, le Red Star conserve la « mainmise » sur le match et à la de jeu le milieu de terrain audonien Juste Brouzes scelle le score à 3-1 pour le Red Star, qui remporte sa quatrième Coupe de France. Passant devant le président de la République Gaston Doumergue à l'issue de la rencontre, le gardien du CAP Armand Blanc lui lance « En sport comme en politique, les Rouges sont battus »Une semaine avant la finale de la Coupe de France de football 1927-1928, la gauche perd en effet les élections législatives françaises de 1928. Lors de ce scrutin, la droite, alliée au centre-droit et au centre-gauche, remporte la majorité des sièges mis en jeu..
En 1930, le club connaît une nouvelle grave crise qui disloque ses effectifs. Langiller rejoint l'Excelsior de Roubaix tandis que les frères Laurent signent au Football Club de Sochaux. Le CAP ne se remettra jamais vraiment de cette nouvelle saignée.
Le CA Paris chez les professionnels (1932-1963)
Dès 1932, le club opte pour le statut professionnel. Engagé dans la première édition de la première division professionnelle, le club parisien signe la première surprise à l'occasion de la première journée en s'imposant 1-3 à Sochaux. Ce succès mérité est obtenu grâce à deux penalties transformés par le gardien capiste, le Hongrois Karoly MayerFootball, , du 15 septembre 1932, .. Leader éphémère, le CAP entre vite dans le rang et connaît une saison moyenne en se classant cinquième sur dix équipes dans le groupe B.