thumb|upright=1.4|Dentifrice appliqué sur une brosse à dents.
Le dentifrice, ou pâte dentifrice, aussi appelée pâte à dents au Canada francophone, est une pâte appliquée sur une brosse à dents pour le nettoyage des dents, il est un complément au brossage, qui peut se faire sans dentifrice. Le dentifrice est en effet secondaire comparé à l'action mécanique du brossage sur la santé bucco-dentaire.
Le dentifrice contribue à l'hygiène bucco-dentaire de plusieurs manières : il permet d'enlever plus facilement la plaque dentaire, évite la mauvaise haleine, et peut contenir des substances qui préviennent les maladies liées aux dents et aux gencives (comme la gingivite). Les deux ingrédients les plus importants sont le fluor qui renforce l'émail et le reminéralise. et le bicarbonate de soude qui aide à retirer la plaque dentaire, a une activité bactéricide, des propriétés de blanchiment des dents et une capacité à neutraliser l'acidité. Les effets du brossage dentaire dépendent de la manière dont celui-ci est effectué, et non du dentifrice..
Histoire On parlait autrefois de Jacques Christophe Valmont de Bomare (1775), Dictionnaire raisonné universel d'histoire naturelle ; contenant l'histoire des animaux, des végétaux et des minéraux etc. Nouv. éd., rev. et augm. par l'auteur, Paris, Brunet, , poudre officinaleSimon Morelot Poignée (1803), Manuel du pharmacien-chimiste, Pharmaceutical chemistry, qui visait à raffermir la gencive et blanchir les dents. Une recette de poudre blanchissante donnée par Louis Joseph Marie Robert (1805) est : Girofle en poudre (dose : un gros), à quoi l'on ajoute de la crème de tartre (dose : un demi-gros), de l'alun calciné (dose : un demi-gros), de la cochenille en poudre (dose : un demi-gros), du sucre (une once), le tout étant à réduire en poudre par porphyrisationLouis Joseph Marie Robert (1805), Manuel de santé ou nouveaux éléments de médecine pratique, d'après l'état actuel de la science et la méthode analytique de Pinel et de Bichat, , . Mais d'autres recettes ajoutaient à la crème de tartre de la pierre ponce, du « corail préparé », de l'« os desséché », à l'époque appliqué non pas à la brosse à dents, qui n'existait pas, mais « au doigt mouillé de vin ». On l'appelait ainsi car il fallait tremper son doigt dans le vin puis dans le dentifrice en poudre.
Le terme dentifrice vient du latin dentifricum, de dens, dentis : « la dent » et fricare : « frotter »..
La première référence à une forme de dentifrice se trouve dans un manuscrit égyptien datant du , qui mentionne une mixture à base de sel, de poivre, de feuilles de menthe et de fleurs d'iris. Les Égyptiens de l'Antiquité, eux, employaient un mélange de cendres et d'argile. Les ingrédients exacts du dentifrice restent inconnus, mais il a été rapporté que son goût est Déjà dans l'Antiquité on commence à pratiquer l'hygiène bucco-dentaire en utilisant des bâtonnets fibreux à mâcher, comme le siwak, servant de brosse à dents. Les Grecs et Romains de l'Antiquité étoffent certaines de ces recettes en y ajoutant des ingrédients plus abrasifs tels que de la poudre de pierre ponce, de la poussière de marbre, des coquilles d'huîtres broyées, de la poudre d'os pilé ou calciné..
Au Moyen Âge, le dentifrice reste le plus souvent sous la forme d'une poudre avec différents abrasifs, et est appliqué avec un linge. Jusqu'au , l'urine humaine ou animale fermentéeL'urine laissée quelques semaines dans un récipient fermé subit la fermentation ammoniacale : plusieurs micro-organismes (le principal étant Micrococcus ureae) hydrolysent son urée en carbonate d'ammoniaque, responsable du pH alcalin et de l'effet détergent. . reste très prisée : elle passe pour avoir un bon effet détergent, désinfectant et de blanchissement des dents..
Au , le lexicographe Antoine Furetière évoque, en 1690, des dentifrices secs (poudres à base de minéraux comme des coraux, pierre ponce, sel et alun ; produits animaux comme des coquilles d’œufs, d’escargots et d’écrevisses, corne de cerf et os de sèche ; et produits végétaux comme des racines cuites avec alun et séchées au four) et humides (distillation d’herbes desséchantes et de médicaments astringents) en usage à l'époque.
Les premiers dentifrices en pâte commercialisés dans des pots en porcelaine apparurent au (Colgate étant la première entreprise à les vendre en masse en 1873), mais ils ne parvinrent pas à vaincre la popularité des poudres avant la Première Guerre mondiale. Alors qu'il vendait à ses patients du dentifrice en pot, qu’il fabriquait lui-même, le dentiste Washington Sheffield s'inspira des peintres qui utilisaient les tubes de peinture en métal pour créer en 1892 le premier dentifrice en tube souple en étain, plus pratique et hygiénique.. reprit l'idée de Sheffield pour produire en masse et vendre en 1896, les tubes de dentifrice souple en étain et enroulables Colgate Ribbon Dental Creme..
Divers additifs furent progressivement ajoutés à la pâte. Le fluorure fut ajouté dans le dentifrice durant l'année 1890. Chaque pays détermine une limite maximale à la quantité de fluorure jugée acceptable pour la santé bien qu'un excès de fluor soit considéré comme étant nocif par plusieurs études et que les tablettes, gouttes de fluor et autres compléments alimentaires en contenant nécessitent une prescription en Belgique..
Au début du , il était conseillé d'utiliser une pâte à base d'eau oxygénée et de bicarbonate de soude. Ce mélange est encore préconisé actuellement pour prévenir les maladies parodontales. En France, le docteur Pierre Mussot fait réaliser en 1894 par Louis-Maurice Boutet de Monvel une affiche devenue célèbre, ainsi que de grandes publicités murales sur des immeubles hausmanniens dans les années 1920Article sur les publicités murales du docteur Mussot, comme celle de Jean Carlu pour la marque Gellé frères.
Publicité pour les dentifrices Pour mémoire, la publicité est une forme de communication de masse, dont le but est de fixer l'attention d'une audience cible (consommateur, utilisateur, usager, électeur, etc.) afin de l'inciter à adopter un comportement souhaité : achat d'un produit, élection d'une personnalité politique, incitation à l'économie d'énergie, etc.
En France
En France le dentifrice est considéré comme un produit d’hygiène et non comme un médicament. Il fait partie des produits cosmétiques selon la définition du règlement européen CE1223/2009. Seuls les dentifrices à concentration élevée en fluor (plus de 1500 ppm) nécessite une prescription médicale. Un suivi médical est nécessaire pour prévenir les effets indésirables comme la Fluorose dentaire. Argument 1 : des dents plus blanches Les dentifrices blanchissants contiennent des agents abrasifs ou des substances chimiques (comme le peroxyde Peroxyde d'hydrogène ou Peroxyde de carbamide) qui peuvent aider à éliminer certaines taches superficielles causées par le café, le tabac ou le vin. Cependant, ces produits n’ont pas la capacité d’altérer la couleur naturelle des dents de manière significative. Le problème est que l’usage fréquent de dentifrices très abrasifs peut endommager l’émail des dents, ce qui à long terme rendra les dents plus sensibles et vulnérables à la décoloration. Le blanchiment véritable nécessite généralement des traitements professionnels. De plus, les résultats de ces dentifrices sont souvent exagérés dans les publicités.
Argument 2 : prévenir les caries grâce à une formule enrichie en fluor Le fluor (Fluorure de sodium ou Florure stanneux ou Monofluorophosphate de sodium) est reconnu pour son rôle dans la prévention des caries en renforçant l'émail des dents et en favorisant la reminéralisation. Plusieurs études cliniques valident son efficacité dans la réduction des caries dentairesÉtude clinique menée par l’INSERM et la DGS (1998-2002), "Programme national de santé bucco-dentaire des enfants de 6 à 15 ans". Bien que le fluor soit bénéfique, une utilisation excessive peut entraîner des problèmes tels que la fluorose dentaire, surtout chez les enfants en bas âge.
Argument 3 : soulage la sensibilité dentaire dès la première utilisation Certains dentifrices destinés aux dents sensibles contiennent des ingrédients tels que le Nitrate de potassium ou le fluorure de stanne, qui peuvent aider à diminuer la sensibilité dentinaire en bloquant les canaux nerveux ou en renforçant l’émail. Les effets ne sont pas immédiats, contrairement à ce que prétendent certaines publicités. Une utilisation continue est généralement nécessaire pour obtenir un soulagement durable. En outre, dans certains cas, la sensibilité dentaire peut être le symptôme d’un problème plus sérieux comme une carie ou une maladie des gencives, qui nécessitent des soins professionnels.
Argument 4 : "Procure une haleine fraîche tout au long de la journée." Les dentifrices contenant des agents aromatiques, tels que la menthe, procurent effectivement une sensation de fraîcheur immédiate. Certains incluent aussi des agents antibactériens qui peuvent temporairement réduire les bactéries responsables des mauvaises odeurs. Mais, la fraîcheur apportée est souvent de courte durée. Les causes profondes de la mauvaise haleine, comme des problèmes digestifs, des infections buccales ou des caries, ne sont pas traitées par le simple usage de dentifrices. Seule une approche globale de l’hygiène buccale et des soins professionnels peut offrir une solution durable.
Argument 5 : recommandé par un dentiste L’utilisation de l’image d’un dentiste, praticien basé à l'étranger, pour promouvoir un dentifrice, a pour but de renforcer la confiance des consommateurs. La publicité pour le dentifrice avec une recommandation d’un dentiste a un impact significatif sur nous en raison de plusieurs mécanismes psychologiques et sociaux, notamment l’effet de l’autorité, la crédibilité perçue, et le biais de confiance envers les experts. L’effet d’autorité L’une des principales raisons pour lesquelles les recommandations des dentistes dans les publicités sont convaincantes repose sur l’effet d’autorité, identifié par le psychologue Stanley Milgram dans son étude sur l’obéissance (1963). Selon cette théorie, les individus ont tendance à suivre les conseils ou directives émanant de figures d’autorité, car ces personnes sont perçues comme des sources de savoir légitime et fiable. La crédibilité et la persuasion Dans la théorie de la persuasion élaborée par Carl Hovland et ses collègues (1953), la crédibilité de la source est un facteur clé pour influencer l’attitude et les comportements. Les dentistes, en raison de leur expertise, sont perçus comme des sources crédibles, ce qui renforce la confiance des consommateurs dans le produit recommandé. En France : interdiction de l'utilisation de professionnels de santé à des fins publicitaires En France, l’interdiction de l'utilisation de professionnels de santé à des fins publicitaires est prévu par l’'article R.4127-19 du Code de la santé publiquehttps://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006912881/2012-04-05 stipule qu'il est interdit aux médecins et dentistes de prêter leur concours à la publicité pour des entreprises commerciales ou des produits. Cela inclut l'utilisation de l'image, des recommandations ou des avis d’un professionnel de santé dans des publicités pour des produits tels que les dentifrices. Cette interdiction vise à empêcher que les recommandations médicales soient utilisées à des fins purement commerciales, risquant de brouiller la frontière entre conseils de santé objectifs et promotion de produits.
Synthèse des arguments publicitaires En synthèse, la prévention des caries grâce au fluor est solidement établie, tandis que d’autres promesses, comme le blanchiment rapide ou la fraîcheur durable, ne reflètent pas toujours la réalité scientifique ou les résultats à long terme.