Téti est le premier roi et le fondateur de la égyptienne. Il s'est fait construire une pyramide à Saqqarah, près de celle de Menkaouhor. Il succède à Ounas et meurt assassiné, remplacé sur le trône par le mystérieux Ouserkarê. On situe son règne aux alentours de 2323 / 2321 à 2291 av. J.-C..

Généalogie

Origines

Téti n'est, en l'état actuel des connaissances, pas d'origine royale. Sa mère était la dame . Le nom de son père est inconnu, Jean Yoyotte et Jean Vercoutter avaient proposé Shepespouptah, hypothétique fils d'Ounas, dernier roi de la , mais rien ne vient confirmer une telle supposition. Une autre hypothèse, proposée par Naguib Kanawati, ferait de Sechséchet la fille d'un certain Iynéfert, prêtre funéraire de Mykérinos et dont le mastaba atteste qu'il était père d'une Sechséchet et d'une Nebet, ainsi que de trois fils nommés Tjenti, Qai-Iouf et Iynéfert ; Iynéfert et Tjenti sont connus pour être les noms de deux vizirs du règne d'Ounas ou, pour le second, du tout début du règne de Téti, tandis que Nebet est connue pour être le nom de l'une des reines d'Ounas. Si cette hypothèse, que Thierry Stasser et Yannis Gourdon trouvent séduisante, s'avère exact, alors cela ferait de Téti le neveu par alliance de son prédécesseur.

Épouses

Le roi est connu pour avoir plusieurs épouses : la reine , attestée par sa pyramide à côté de celle de Téti ; elle semble être la première reine de Téti à avoir eu une pyramide ; si elle porte de manière certaine le titre d'« épouse du roi », le titre de « fille du roi » a également été découvert dans son temple funéraire ; si Zahi Hawass, qui a publié la découverte, et Thierry Stasser font de cette reine une fille d'un roi qui ne pourrait être que Ounas, Yannis Gourdon considère que ce titre pourrait en fait se référer à une fille de , qu'il identifie à Ouâtetkhethor Sechséchet, la reine , qui s'est faite construire un mastaba pendant le règne de son époux, mastaba qui a été transformé en pyramide pendant le règne de son fils ; sur la stèle fausse porte de la reine, sculptée pendant le règne de son fils, elle porte le titre inhabituel de « fille du roi de Haute et Basse-Égypte » ; Stasser comme Gourdon considèrent ce titre comme devant être pris avec précaution car pouvant être fictif, bien que Stasser ne réfute pas totalement la véracité de ce titre, pouvant être une fille d'Ounas et d'une épouse secondaire ; Gourdon rappelle qu'Ipout signifie « Celle d'Ipou », c'est-à-dire la ville d'Akhmîm ; cela pourrait signifier que la reine venait de cette ville , à moins que, si elle est bien fille d'une épouse secondaire d'Ounas, ce soit sa mère qui ne vienne de là, comme , fille royale et nommée ainsi en l'honneur de son ancêtre , la reine , identifiée très récemment par des inscriptions dans le temple funéraire de sa pyramide située à côté de celles des deux reines précédentes ; la pyramide avait été associée par erreur par son découvreur, Zahi Hawass, à celle de , une reine , identifiée par un bloc retrouvé dans le temple funéraire de Téti et qui mentionne ...Ḥr ḥm.t nṯr Ṯȝjssp=f Sš-sš.t ; le premier titre, ...Ḥr, est probablement la deuxième partie du titre tjs.t Ḥr ou du titre smr.t Ḥr, deux titres d'épouse royale ; quant au titre nṯr Ṯȝjssp=f, il s'agit d'un titre de prêtrise souvent porté par des reines également filles royales ; Stasser suppose que cette reine nommée Sechséchet pourrait également être la propre sœur de Téti ; Gourdon pense quant à lui que cette reine a été nommée ainsi à la suite de son mariage avec Téti, l'un des fragments de papyrus datés du règne de Téti et retrouvés près de la pyramide d'Ounas portait le nom d'une reine nommée ; Stasser et Gourdon réfutent l'identification de cette reine à une homonyme de la car il s'agit d'archives relatives à la gestion du chantier de construction de la pyramide de Téti, et font donc de cette reine une épouse de Téti, un bloc de remploi, provenant du monument funéraire de et démantelé par , a été retrouvé dans le temple funéraire de ; ce bloc était inscrit avec le texte, aujourd'hui lacunaire, mw.t nsw.t bjty ḫntt... ; si mw.t nsw.t bjty signifie clairement « mère du roi de Haute et Basse Égypte », la partie ḫntt a parfois été considérée comme le début d'un nom propre, parfois rendu par Khentkaous ; cependant, non seulement, le double t interdit la reconstruction Khentkaous, mais, surtout, ḫntt pourrait parfaitement être le début d'un titre de reine, comme ḫntt-r-s.t-smȝ ; en conséquence, Stasser et Gourdon réfutent l'identification de ce texte à une reine de Téti, mais l'associent à une série de titres associée à ; Callender réfute une telle position et considère que cette Khentet... doit être considérée comme une épouse d'un roi, probablement de Téti, et serait donc la mère de l'obscur Ouserkarê, une stèle fausse porte d'une reine Tatjet, originaire de Saqqarah et datée du début de la , pourrait être la seule attestation d'une autre épouse de Téti.

Enfants

Les enfants attribués de manière certaine à Téti sont les suivants : , son deuxième successeur, fils de la reine , Tétiânkhkem, « fils aîné du roi de sa chair », qui épousa une certaine Mérout et dont le mastaba se trouve entre la pyramide d' et celle de ; le nom de sa mère a fait l'objet de plusieurs hypothèses : Zahi Hawass et Naguib Kanawati font de sa mère la reine ; Michel Baud considérait quant à lui que sa mère était la reine , sa tombe étant située juste à côté ; Thierry Stasser réfute ces deux hypothèses et propose que le prince soit né d'une troisième lignée maternelle, peut-être la reine , dont la pyramide se trouve juste à côté ; Yannis Gourdon considère quant à lui que le prince serait un fils du roi , décédé au début du règne, avant que la nécropole associée à la pyramide ne soit prête, Ouâtetkhethor, surnommée Sechséchet, mariée à Mérérouka, le vizir et chef des prêtres de la pyramide de Téti, avec qui elle eut un fils, nommé Mérytéti ; elle est appelée « fille aînée du roi de sa chair » et possède une chapelle dans le mastaba de son époux ; elle est adulte et représentée dans la tombe de Mérérouka comme étant aussi importante que lui , ce qui montre son statut très élevé ; selon Kanawati, elle serait la fille de la reine ; selon Stasser, son statut et son âge lui permet de déduire que la princesse était probablement la fille de la reine la plus importante et ancienne, c'est-à-dire probablement , Noubkhetnebty, surnommée Sechséchet, « fille du roi de sa chair », mariée au vizir Kagemni, avec qui elle eut peut-être deux fils, nommés Tétiânkh et Irenakhty ; elle est représentée dans le mastaba de son époux en tant que très jeune fille ; son nom rappelle celui d'Ouâtetkhethor, tout deux basés sur la titulature du roi ; ainsi, elle est considérée comme étant née de la même reine qu'Ouâtetkhethor ; en conséquence, selon Kanawati, elle serait la fille de la reine , tandis que selon Stasser, elle serait plus probablement la fille de , Sechséchet, surnommée Shechit, « fille aînée du roi de sa chair », et épouse du superintendant Néfersechemptah, et représentée dans le mastaba de son époux situé dans la nécropole du complexe pyramidal de Téti ; elle est représentée à de nombreuses reprises dans la tombe de son époux (moins qu'Ouâtetkhethor, mais plus que ses autres (demi-)sœurs), ce qui montrerait son rang de fille aînée d'une épouse principale de Téti ; comme elle n'a pas la même mère qu'Ouâtetkhethor, Kanawati propose comme mère la reine , quant à Stasser, il indique juste que sa mère devait être d'un rang élevé, sans pour autant donné de nom (il avait déjà associé la reine à Ouâtetkhethor), Sechséchet, surnommée Shechti, « fille du roi de sa chair », mariée au « gardien des couronnes, grand intendant des deux maisons du Trésor, supérieur des prêtres de la pyramide de Téti » Shepespouptah (il est peut-être identique à celui ayant laissé une dédicace sur le linteau d'entrée de la tombe de Mehou), la princesse est représentée dans la tombe de son époux d'une taille réduite et jeune ; mariée à un officiel important mais de second rand par rapport à Mérérouka, Kagemni ou encore Néfersechemptah, il est probable qu'elle ne soit la fille cadette que d'une épouse secondaire, Mérout, surnommée Sechséchet, titrée « fille aînée du roi » , mariée au « scribe royal des documents, supérieur des scribes, noble du roi » Ptahemhat et représentée dans la tombe de ce dernier située près du complexe funéraire de Djéser ; son rang d'aînesse indique qu'elle était une fille d'une autre reine qu'Ouâtetkhethor et Shechit ; le rang peu élevé de son époux indiquerait que sa mère était une épouse secondaire, d'un rang inférieur à la mère d'Ouâtetkhethor, une fille anonyme mentionnée sur un fragment d'obélisque retrouvé dans la nécropole des reines de , plus précisément dans la partie sud du complexe de la pyramide de l'Ouest, mais n'appartenant pas à ce dernier ; ce fragment mentionne en effet l'« épouse royale de la pyramide de , fille aînée du roi » ; un autre fragment retrouvé dans la nécropole est inscrit du texte « fille du roi de sa chair » ; cette reine anonyme est une fille royale de Téti et est différente de toutes les autres reines connues de ; la mention de « fille aînée du roi » indique de manière certaine qu'elle était issue d'une lignée maternelle différente que les autres « fille aînée du roi » ; sa pyramide se situe dans la nécropole des reines de et est encore à retrouver.

D'autres enfants lui sont souvent attribués, sans pour autant qu'il y ait unanimité parmi les chercheurs. Deux vizirs d'Ounas, Akhethétep Hemi et Ihy, s'étaient fait construire chacun un mastaba, situé à l'extrémité d'une rangée de mastaba située au nord de la chaussée d'Ounas ; or, ces deux vizirs ont été disgrâciés et ces deux mastabas ont été réattribués d'une part au « fils aîné du roi de sa chair » Nebkaouhor, surnommé Idou, pour le mastaba d'Akhethétep Hemi (les inscriptions et représentations dans la tombe d'Akhethétep Hemi n'ont d'ailleurs pas du tout été retouchées, montrant une inhumation très rapide du fils royal), et d'autre part à la « fille du roi de sa chair » Sechséchet, surnommée Idout, pour le mastaba d'Ihy. Comme ce que laisse suggérer leur surnom respectif, ces deux enfants semblent avoir été frère et sœur ; or, premièrement, Sechséchet est un nom donné à beaucoup de filles de Téti, deuxièmement, elle est représentée avec la tresse de l'enfance, et, troisièmement, l'enterrement de la princesse a eu lieu très probablement sous le règne de Téti, il est certain que Sechséchet Idout soit une fille de Téti, et il est donc très probable que Nebkaouhor Idou soit également un fils de Téti. Thierry Stasser suppose qu'ils ont été enterrés dans la nécropole d'Ounas car ils seraient morts au tout début du règne de Téti : la nécropole associée au complexe funéraire de Téti n'était donc pas prête à recevoir les sépultures de ces deux enfants royaux. En conséquence, il suppose que la mère de ces deux enfants royaux devait être une reine que Téti aurait épousé avant de monter sur le trône ; or la pyramide la plus ancienne des trois pyramides de reine appartient à la reine , qu'il fait donc la mère de ce prince et de cette princesse. Naguib Kanawati considère quant à lui que ces deux enfants seraient nés de la reine , qu'il considère comme la fille d'Ounas, ce qui justifierait l'enterrement de ces deux enfants royaux dans la nécropole de leur grand-père maternel.

En plus de ces deux enfants, Kanawati et Stasser proposent les filles suivantes : Sechséchet, surnommée Sathor, épouse de Isi, gouverneur de la province d'Edfou ; aucun titre ne la mentionne comme fille de roi ; cependant, son nom étant Sechséchet, et son surnom, Sathor étant à rapprocher des noms Nebkaouhor et Ouâtetkhethor (les noms basés sur Horus sont assez rares à cette époque), elle est très probablement une fille de Téti, issue de la même mère que ces deux enfants royaux, à savoir pour Kanawati et pour Stasser,