Menkaouhor Kaiou (également connu sous le nom d'Ikauhor et en grec ancien sous le nom de ) est un pharaon égyptien de l'Ancien Empire. Il est le septième souverain de la , il règne aux alentours de -2389 à -2381.

Menkaouhor règne peut-être pendant huit ou neuf ans, succédant au roi Niouserrê, et précédant Djedkarê Isési. Bien que Menkaouhor soit bien attesté par des sources historiques, peu d'objets de son règne ont survécu. Par conséquent, son lien de parenté avec son prédécesseur et son successeur n'est pas clair. aurait été la mère de Menkaouhor, comme l’indiqueraient les preuves découvertes dans sa tombe en 2015.

Au-delà de la construction de monuments, la seule activité connue datant du règne de Menkaouhor est une expédition dans les mines de cuivre et de turquoise du Sinaï. Menkaouhor ordonne la construction d'un temple solaire, dernier temple de ce type construit sous cette dynastie, appelé Akhet-Rê, qui signifie « l'Horizon de Rê ». Ce temple solaire, connu pour les inscriptions trouvées dans les tombes de ses prêtres, n'a pas encore été localisé. Menkaouhor est enterré dans une petite pyramide à Saqqarah, que les anciens Égyptiens appelaient Netjer-Isut Menkaouhor, signifiant « Les lieux de culte du roi Menkaouhor sont divins ». Connue aujourd'hui sous le nom de Pyramide sans tête, la ruine avait été perdue sous les sables jusqu'à sa redécouverte en 2008.

La figure de Menkaouhor était au centre d'un culte funéraire jusqu'à la fin de l'Ancien Empire, avec au moins sept domaines agricoles produisant des biens pour les offrandes nécessaires. Le culte d'un Menkaouhor déifié, alors connu sous le titre de « Fort Seigneur des Deux Terres, Menkaouhor le Justifié » réapparaît pendant le Nouvel Empire, et dure au moins jusqu'à la , environ 1200 ans après sa mort.

Généalogie

Du fait de la rareté des sources et du fait que, dans les titres portés par les membres de la famille royale, le souverain est souvent sous-entendu et non cité directement dans ceux-ci, il est difficile de reconstruire l'arbre généalogique de la famille royale de cette période. Ainsi, les relations liant Menkaouhor avec ses prédécesseurs et ses successeurs sont incertaines.

Ascendance

La filiation de Menkaouhor est inconnue ; en particulier sa relation avec ses prédécesseurs Néferefrê et Niouserrê ne peut être établie avec certitude. Il semble certain qu'il soit issu de la famille royale. Cependant, son lien exact reste sujet à débat : en effet, si le roi Néferirkarê Kakaï et la reine étaient les parents des rois Néferefrê et Niouserrê, la seule reine de la génération suivante ayant le titre de « mère du roi » est la reine , enterrée pendant le règne de Niouserrê ou de Menkaouhor. Si l'identité de son royal époux est très probablement Néferefrê de par la localisation de sa tombe, l'identité de son royal fils est très incertaine : il pourrait s'agir de l'éphémère roi Chepseskarê, qui aurait pu alors être un enfant mort quelque temps après sa montée sur le trône, mais aussi de Menkaouhor.

Une marque de construction découverte en 2008 dans le mastaba du « fils aîné du roi » Ourkaourê, probable fils aîné de Niouserrê, mentionne un certain Menkaouhor, sans aucun titre et accompagné de la date « de la saison Akhet, » ; une autre marque de construction indique que ce Menkaouhor était chargé de la construction de la tombe, avec sous son commandement les « quatre équipes (de construction) du roi ». Les égyptologues Miroslav Verner, Hana Vymazalová et Filip Coppens suggèrent que cela pourrait se référer au futur roi Menkaouhor à une époque où il était encore prince.

Épouses

Il n'existe pas d'épouse attestée pour ce roi. Un certain nombre de reines (Noubnebty, , et ), dont les tombes sont datées de la , font l'objet de débats parmi les chercheurs pour savoir où elles se situaient au sein de la famille royale de l'époque. Vivienne Gae Callender a par exemple proposé la reine Noubnebty comme épouse de Menkaouhor, Aidan Mark Dodson et Dyan Hilton ont proposé quant à eux la reine et Wilfried Seipel a proposé la reine .

Descendance

Djedkarê Isési pourrait être le fils, le frère, le cousin ou encore l'oncle de Menkaouhor. Miroslav Verner privilégie cependant l'hypothèse qu'il était un fils de Niouserrê et de la reine de la pyramide numéro 24 de Lepsius, car certains des enfants de Djedkarê sont inhumés non loin de cette pyramide.

Si la reine est bien l'épouse de Menkaouhor, alors il est possible qu'il soit le père du prince Rêmkoui], ou Râemka, enterré dans le mastaba S80 ; il est en général considéré comme étant le fils de la reine de par la proximité de leur tombe, même s'il n'y a pas d'élément permettant de prouver cette relation.

Deux fonctionnaires importants du royaume, Kaemtjenent et Isésiânkh, ont également été donnés comme fils de roi, car ils possèdent chacun le titre de « fils du roi » ; le roi en question a généralement été considéré comme étant Djedkarê Isési, mais Menkaouhor a également été proposé pour Kaemtjenent et ils ont généralement été considérés comme des fils de et des frères de Rêmkoui. Cependant, les titres portés par ces deux personnages semblent montrer qu'il ne s'agissait pas de fils royaux réels mais de roturiers ayant obtenu le privilège d'avoir un titre honorifique de filiation royale.

Règne vignette|Statuette trouvée à Memphis représentant Menkaouhor paré des insignes royaux

Peu de sources mentionnent Menkaouhor parmi les découvertes faites sur les principaux sites de la . De ce fait ce souverain est mal connu et peu étudié d'autant qu'il succède à Niouserrê et précède Djedkarê Isési dont les règnes brillants éclipsent quelque peu le sien.

Durée de règne

Le papyrus de Turin lui accorde huit années de règne, durée de règne équivalente à celle que lui donne Manéthon qui le nomme Mercherês. Cette durée est acceptée par plusieurs égyptologues. La petite statue assise de Menkaouhor portant la robe de la fête-Sed pourrait suggérer un règne plus long, puisque cette fête n'était généralement célébrée qu'après trente ans de règne d'un souverain. Cependant, l'égyptologue Hartwig Altenmüller juge cette hypothèse peu probable. De simples représentations du festival n'impliquent pas nécessairement un long règne ; par exemple, un relief montrant le pharaon Sahourê dans la tunique de la fête-Sed a été trouvé dans son temple mortuaire, bien que des sources historiques et des preuves archéologiques suggèrent que Sahourê a dirigé l'Égypte pendant moins de quatorze années complètes.

Activités

Une expédition dans les mines de cuivre et de turquoise au Ouadi Maghara dans le Sinaï est attestée par une grande inscription dédicatoire que le chef d'expédition fit inscrire au nom de son souverain, à l'instar des expéditions précédentes ou de celles qui auront lieu par la suite.

Lors des fouilles récentes du temple funéraire de Néferefrê à Abousir, les égyptologues tchèques ont mis au jour des empreintes de sceaux portant le cartouche du roi, preuve qu'il a assuré les cultes funéraires de ses ancêtres.

Temple solaire

Suivant une tradition qui a commencé avec Ouserkaf, le fondateur de la cinquième dynastie, Menkaouhor a construit un temple solaire au dieu du soleil Rê. Il fut le dernier pharaon à le faire. Ses successeurs, Djedkarê Isési et Ounas, abandonnèrent cette pratique car le culte de Rê déclina au détriment de celui d'Osiris. Étant donné la rareté des documents relatifs au temple du soleil de Menkaouhor, il n'a probablement fonctionné que pendant une courte période ou n'a jamais été achevé.

Le temple du soleil de Menkaouhor s'appelait Akhet-Rê, ce qui se traduit par « L'horizon de Rê » ou « L'endroit où Rê émet en avant ». Le temple n'a pas encore été localisé et pourrait se trouver sous les sables de Saqqarah ou d'Abousir. Son existence est connue grâce aux inscriptions trouvées dans les tombes des fonctionnaires de la cinquième et de la sixième dynastie qui ont servi comme prêtres de Rê dans le temple. Il s'agit notamment de Hemou, enterré à Gizeh, et de Neferiretptah et Raemankh, qui ont tous deux été enterrés à Saqqarah-nord. En plus de son service dans le temple Akhet-Rê, Neferireiretptah était prêtre dans la pyramide de Menkaouhor et occupait la fonction d'« ornement royal », le rendant responsable des objets précieux dans le palais du roi.

Les archives découvertes sur le site qui datent pour la plupart du règne de Djedkarê Isési successeur de Menkaouhor, mentionnent également l'existence du temple solaire du roi. Outre ces attestations, un seul sceau portant le nom du temple Akhet-Rê est connu de la tombe de la princesse Khâmerernebti, située près du temple mortuaire de Niouserrê à Abousir. Le sceau a été apposé sur un grand navire indiquant que des provisions pour les tombes des membres de la famille royale ont été envoyées du temple de Menkaouhor au complexe pyramidal de Niouserrê.

Ces temples si particuliers à la étaient intimement liés au fonctionnement du culte funéraire du roi qui était rendu dans le temple de sa pyramide. Comme elle, il faut probablement chercher ses ruines sous les sables du désert entre Saqqarah et Abou Ghorab.

vignette|Relevé de la tombe d'Akhethétep à Saqqarah

Représentations

On ne connaît pas de représentations du roi contemporaines de son règne en dehors d'une statuette découverte dans le grand temple de Ptah de Memphis parmi un ensemble de sculptures royales provenant sans doute d'une partie du sanctuaire dédiée aux souverains du pays. Cette statuette le représente assis sur un trône tenant les sceptres de la royauté, coiffé de la couronne blanche la hedjet, et vêtu du manteau jubilaire caractéristique des cérémonies liées au renouvellement du couronnement, la fête-Sed.

Personnages contemporains

On connaît plusieurs dignitaires de la dynastie qui sont d'ailleurs rattachés à son culte funéraire ou encore à celui de son temple solaire mais qui ne sont pas tous contemporains du règne de Menkaouhor : Hemou, prêtre de Niouserrê et du temple solaire de Menkaouhor, dont le mastaba situé dans la nécropole de Gizeh (G 8492) a livré un relief représentant le défilé des domaines qui sont rattachés au culte funéraire du dignitaire. Parmi ces figures allégoriques, on trouve une représentation d'un des domaines funéraires de Menkaouhor. Ce relief est exposé aujourd'hui au Musée royal d'art et d'histoire de Bruxelles. Kaemânkh, inspecteur ou administrateur du Trésor, prophète de Rê du temple solaire de Menkaouhor, prêtre de la pyramide de Menkaouhor, dont le mastaba est aussi à Gizeh (G 7211). Ptahhotep, vizir, juge, directeur des prêtres des pyramides de Niouserrê, Menkaouhor et Djedkarê Isési, dont le mastaba est à Saqqarah. Akhethétep, vizir, juge, inspecteur des villes de pyramides et directeur des prêtres des pyramides de Niouserrê, Menkaouhor et Djedkarê Isési qui possède son mastaba à côté de celui de Ptahhotep à Saqqarah. Ti, magistrat, célèbre pour son mastaba à Saqqarah. Il assuma plusieurs fonctions administratives et cléricale dont celle de prêtre de Rê dans le temple solaire de Menkaouhor. Ânkhmarê, prêtre des pyramides de Néferefrê et de Menkaouhor, sous le règne duquel il vécut probablement. Son mastaba découvert à Saqqarah possédait un ensemble de chambres destinées à son culte funéraire et qui a livré la stèle fausse porte du prêtre. Senedjemib Mehi, vizir sous le règne d'Ounas, dont le mastaba à Gizeh donne une liste des souverains de la figurant sous la forme d'une procession des domaines funéraires rattachés au culte funéraire du vizir. Menkaouhor y apparaît après les domaines funéraires de Sahourê et de Néferirkarê Kakaï.

D'autres lui sont contemporains, mais ne citent pas le souverain dans leur tombe : , vizir, dont le mastaba (G 5170) se trouve également à Gizeh, exerça sa charge jusqu'au règne de Djedkarê Isési.