Joseph von Eichendorff, né le à Lubowitz (Silésie prussienne) et mort le à Neisse (Silésie prussienne), est un poète et romancier allemand. Il figure parmi les plus grands noms de la poésie de langue allemande, aux côtés notamment de Johann Wolfgang von Goethe.
Biographie Le baron () Joseph Karl Benedikt von Eichendorff naît au , près de Ratibor, en Silésie. Ses parents sont le baron Adolf (1756–1818) , un officier prussien, et la baronne Karoline von Kloche (1766–1822), issue d’une famille aristocratique catholique. De 1793 à 1801, il est élevé à la maison avec son frère . En , les deux frères sont envoyés au gymnasium catholique de Breslau ; ils sont placés en internat au couvent Saint-Joseph, jusqu’en 1804. Puis Joseph von Eichendorff part étudier le droit à l'université de Halle (1805-1806) et à celle de Heidelberg (1807-1808), où il rencontre le poète Isidorus Orientalis (pseudonyme d'), qui aura une grande influence sur lui et sur son œuvre. En 1808, il entreprend un voyage d’éducation à travers l’Europe, visitant Paris et Vienne. En 1809, il retourne à Lubowitz pour assister son père dans l’administration des biens de la famille.
À l’hiver 1809-1810, Eichendorff se rend à Berlin, où il rencontre Johann Gottlieb Fichte, Achim von Arnim, Clemens Brentano, et Heinrich von Kleist. Il finit ses études à Vienne en 1810-1812. De 1813 à 1815, il combat dans les guerres de libération de l'invasion de la France napoléonnienne, lors des Sixième et Septième Coalitions. Il épouse dont il a un fils, Hermann. Pour nourrir sa famille, il entre en 1816 dans l’administration prussienne, comme stagiaire à Breslau. En 1817, naît une fille baptisée Thérèse. vignette|gauche|Mémorial en hommage à Eichendorff, Langenzersdorf. Il devient conseiller de l’école et de l’église catholique de Danzig en 1821, puis de l' de Königsberg en 1824. En 1831, il s’installe avec sa famille à Berlin, où il travaille pour plusieurs ministères. En 1841, il est nommé conseiller secret du gouvernement. En 1844, il démissionne, à la suite de divergences d’opinion sur les questions de confession, et se retire avec sa femme Louise, sa fille Thérèse et l’officier prussien Louis von Besserer-Dahlfingen. Pour échapper aux troubles, émeutes et agitation des révolutions de 1848, il voyage à Dresde et Köthen en 1849. Là, en 1854, sa fille acquiert la maison du major Nicolaus Joseph von Holly-Ponienczecz. Eichendorff retourne à Köthen en et demeure dans cette maison jusqu’en octobre. De 1856 à 1857, il est l’hôte, à Breslau, d’Heinrich Förster, dans sa résidence d’été de .
Eichendorff meurt le à Neisse, en Haute-Silésie.
260px|vignette|Maison de Köthen où Eichendorff loge d’avril à .
Successeur de Clemens Brentano, il a écrit un poème intitulé (Dialogue dans la forêt), qui fait intervenir la figure de la Lorelei, contribuant ainsi à fixer ce mythe dans l’histoire, tant et si bien qu’on le croira très ancien. Ce poème sera mis en musique par Robert Schumann en 1840.
Depuis 1956, un prix de littérature Eichendorff a été créé par le Cercle de Wangen, de même qu’un musée Eichendorff, à Wangen im Allgäu. Fondée en 1931, la Société Eichendorff se consacre à l’étude de la vie, de l’œuvre et de l’influence de Joseph von Eichendorff. De 1935 à 1943, un prix Joseph Freiherr von Eichendorff a été accordé.
Son chef-d’œuvre vignette|gauche|Mémorial en hommage à Eichendorff, Prudnik. , traduit en français par Scènes de la vie d'un propre-à-rien ou De la vie d'un VaurienCf. l'introduction de la plus récente traduction de ce texte: De la vie d'un Vaurien. Traduction nouvelle, introduction et notes par Philippe Forget, Les Belles Lettres, Paris 2013. , est un roman typique du romantisme où le voyage et l’amour sont, en apparence du moins, les principaux sujets. Le protagoniste quitte le moulin de son père et devient jardinier dans un château viennois, où il tombe amoureux d’une fille supposée du duc. Parce qu’elle est inaccessible pour lui, il part vers l'Italie, mais retourne ensuite à Vienne, où il finit par apprendre qu’il a confondu la jeune femme qu’il aime avec la fille du duc, que celle qu’il aime a juste été adoptée par le duc et que rien ne s’oppose à ce qu’ils se marient. Mais derrière cette intrigue en apparence futile se cache un véritable réseau de références à des personnages littéraires en correspondance avec « la vision que se fait Eichendorff de la littérature allemande ainsi que sa propre conception du monde et de la vie, portée par un christianisme dénué de tout dogmatisme »De la vie d'un Vaurien, op. cit., Quatrième de couverture..
Œuvres principales
Die Zauberei im Herbst [L'enchantement en automne], 1808 Contes de fées et sagas de Haute-Silésie (Oberschlesische Märchen und Sagen), 1808-1810 Pressentiment et Présent (Ahnung und Gegenwart), 1815 La Statue de marbre (Das Marmorbild), 1819. Introduction, traduction et notice bibliographique par Paul Sucher, Aubier, Collection Bilingue, Paris, troisième édition, 1962. Traduction par Rémi Laureillard, Romantiques allemands, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, , 1979 ; rééd. avec préface de Marie-Claire Hoock-Demarle, Sillage, 2005 Scènes de la vie d'un propre-à-rien (Aus dem Leben eines Taugenichts), 1826. Traduction par Rémi Laureillard, Romantiques allemands, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, , 1979 ; rééd. avec préf. et notes d'Yvon Girard, Gallimard, 1994. Autre traduction : De la vie d'un Vaurien, par Philippe Forget, Les Belles Lettres, 2013 Dichter und ihre Gesellen [le poète et ses compagnons], 1833 Viel Lärmen um nichts [Beaucoup de bruit pour rien], 1833 Auch ich war in Arkadien [J'étais aussi en Arcadie], 1834 (ou 1838) Die Meerfahrt [Le Voyage en mer], 1835 Mondnacht [Clair de lune], 1837 Das Schloss Dürande, 1837. Traduction : Le Château Durande (Le château du comte DürandeJoseph von Eichendorff et Das Schloss Dürande ou « la fin » du châreau romantique ?), par Armel Guerne dans Les Romantiques allemands, Desclée de Brouwer, 1956 et 1963, rééd. Phébus, 2004 Die Entführung [L'enlèvement], 1839 Die Glücksritter [Les aventuriers], 1841 Frühling und Liebe [Printemps et amour], 1841 Libertas und ihre Freier [Libertas et ses prétendants]
Letzte Heimkehr (Dernier retour), traduction et présentation par Philippe Giraudon, Éditions de la Différence, coll. « Orphée », Paris, 1989 Poèmes de l’étrange départ, traduction de l’allemand de Philippe Marty, Montpellier, France, Éditions Grège, 2013
thumb|left|upright=0.8|Eichendorff
Adaptations musicales des œuvres d'Eichendorff De nombreux poèmes ont été mis en musique, notamment par Robert Schumann, le (« Cycle de Lieder »), opus 39 Hugo Wolf, Eichendorff-Lieder, 1889 Richard Strauss, Im Abendrot, dernier des Quatre derniers Lieder, opus 150, 1948. Création : 1950. Fanny Mendelssohn, Nachtwanderer, opus 7, numéro 1, adaptation du poème Nachts de Mendelssohn
Adaptations cinématographiques , de , de Bernhard Sinkel
Notes et références
Bibliographie Theodor W. Adorno : Zum Gedächtnis Eichendorffs. In: ders.: Gesammelte Schriften. Hrsg. von . Band 11: Noten zur Literatur. Suhrkamp, Frankfurt am Main 2003 (Ursprünglich verfasst zum hundertsten Todestag 1957. Erschienen in den „Akzenten“ 1958, 1. Heft.). : Eine Landschaft Eichendorffs und Eichendorffs Symbolismus. In: Ders.: Probleme und Gestalten. Insel, Frankfurt am Main 1974. (Hrsg.): Joseph von Eichendorff. Leben und Werk in Texten und Bildern. Insel, Frankfurt am Main 1988 (= Insel-Taschenbuch 1064). : Das Ende der Morgenröte. Eichendorffs bürgerliche Welt. Lang, Frankfurt am Main 1987 (= Historisch-kritische Arbeiten zur deutschen Literatur; 6). Hermann Korte: Joseph von Eichendorff. Rowohlt-Taschenbuch-Verlag, Reinbek 2000 (= rororo; 50568; Rowohlts Monographien). : Tradition und Bewegung. Zum sprachlichen Verfahren Eichendorffs. Kohlhammer, Stuttgart 1973 (= Studien zur Poetik und Geschichte der Literatur; 28).
: Eichendorffs Wandel unter den Deutschen. Überlegungen zur Wirkungsgeschichte seiner Dichtung. In: Hans Steffen (Hrsg.): Die deutsche Romantik. Poetik, Formen und Motive. Göttingen 1967 (Kleine Vandenhoeck-Reihe 250 S), S. 219–252 (E: Festschrift für Richard Alewyn. Köln 1967). : Lebendige Allegorie. Studien zu Eichendorffs Leben und Werk. Thorbecke, Sigmaringen 1990 . : Spätromantiker. Eichendorff und E. T. A. Hoffmann. Vandenhoeck und Ruprecht, Göttingen 1997 . Stefan Nienhaus: Eichendorffs Wiederholungsstil. Eine Untersuchung des Erzählwerks. Kleinheinrich, Münster 1991 (= Münstersche Beiträge zur deutschen und nordischen Philologie; 9). Heinz Ohff: Joseph Freiherr von Eichendorff. Stapp, Berlin 1983 (= Preußische Köpfe; 13). : Eichendorff. Der Dichter in seiner Zeit. Eine Biographie. Beck, München 2000 . : Joseph von Eichendorff. Mit Selbstzeugnissen und Bilddokumenten. 16. Auflage. Rowohlt, Reinbek 1993, (= Rowohlts Monographien; 84).
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