Le Gard (Prononciation en français standard retranscrite phonémiquement selon la norme API.) est un département français situé dans la région Occitanie (anciennement en Languedoc-Roussillon). Il tient son nom de la rivière le Gardon (« Gard » en occitan), localement appelée le Gardon, qui le traverse. L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et La Poste lui attribuent le code 30. Sa préfecture est Nîmes.
Géographie
Situation Le Gard fait partie de la région Occitanie qui a intégré l'ancienne région du Languedoc-Roussillon.
Son point culminant est le mont Aigoual dans les Cévennes à d'altitude.
Points extrêmes du département du Gard : Nord : Malons-et-Elze ; Sud : Le Grau-du-Roi ; Est : Villeneuve-lès-Avignon ; Ouest : Revens.
Population commune la plus peuplée : Nîmes ( en ) ; commune la moins peuplée : Causse-Bégon ( en ).
Superficie commune la plus étendue : Nîmes () ; commune la moins étendue : Massanes ().
Classement Liste des communes les plus étendues du département : Nîmes () ; Saint-Gilles () ; Vauvert () ; Val-d'Aigoual () ; Saint-Laurent-d'Aigouze () ; Beaucaire () ; Lanuéjols () ; Dourbies () ; Aigues-Mortes () ; Le Grau-du-Roi () ; Saint-André-de-Valborgne () ; Lussan ().
Géologie Le département possède une grande variété géologique qui a structuré ses paysages et qui est à l'origine d'une importante palette d'activités liées à son sol et à son sous-sol : ressources minières (or, argent, plomb, zinc, antimoine, fer, charbon, lignite, asphalte, uranium), ressources minérales (pierre à chaux ou à ciment, pierre de taille ou marbrière, ocres, craie de tailleur, argiles, sel marin ou sel gemme, sources minérales ou thermales)Géologie du Gard.
Sur le plan géologique, le sous-sol est constitué de formations allant de l'antécambrien au Quaternaire récent. Il se divise en quatre grandes zones : la zone cévenole au nord-ouest ; les Garrigues au centre ; les Costières au sud-est ; le « bas-pays », constitué par la plaine rhodanienne, la plaine littorale et la Petite Camargue.
Climat
Le climat du Gard est de type méditerranéen.
Lors de la canicule de juin 2019, le , alors que le département était placé en alerte rouge par Météo-France, un record de a été enregistré dans la commune de Gallargues-le-Montueux. Le précédent record de ce département datait du , avec à Saint-Christol-lès-Alès et Conqueyrac. Le record national revenant finalement ce même jour à la commune de Vérargues (Hérault), à quelques kilomètres de Gallargues, avec .
Histoire
vignette|centré|Carte du Gard, 1790.
Le département a été créé à la Révolution française, le en application de la loi du , à partir d'une partie de l'ancienne province de Languedoc.
L'affirmation selon laquelle le canton de Ganges , aurait été échangé avec celui d'Aigues-Mortes attribué à l'Hérault « afin que le département possède un débouché sur le golfe du Lion » n'a jamais pu être vérifiée, notamment aux archives départementales du Gard et de l'Hérault. De plus, Ganges a toujours appartenu au diocèse de Montpellier, Aigues-Mortes à celui de Nîmes et de sa sénéchaussée. Cette déclaration voit le jour pour la première fois dans l'ouvrage de Pierre Gorlier « Le Vigan au cours des siècles, histoire d'une cité languedocienne » publié en 1955. La confusion semble plutôt venir des années 1830 alors que Ganges, pour des raisons de , demande à être rattachée au Gard mais cette proposition est rejetée. Lors du découpage des départements, les diocèses d'Alès et d'Uzès furent amputés d'une petite partie, autour des Vans, qui fut rattachée au sud de l'Ardèche, tout comme Meyrueis au nord du massif de l'Aigoual se retrouva en Lozère. Marsillargues, proche de Lunel mais comprise dans le diocèse de Nîmes, passa dans l'Hérault alors que Beaucaire et la Terre d'Argence, suffragant d'Arles, revinrent au Gard.
Le département du Gard est riche culturellement. S'il a au travers de l'histoire toujours fait partie du Languedoc, la Provence a aussi influencé sa culture dans sa partie orientale.
Ce pays fut, dit-on, occupé primitivement par les Ibères. Ceux-ci furent chassés par le peuple celte des Volques qui prirent, en s'établissant dans cette contrée, le surnom d'Arécomiques, c'est-à-dire Volques du pays plat, pour se distinguer des Volques Tectosages, qui occupaient les montagnes du côté de Toulouse. La civilisation orientale fut apportée sur ces rivages par les Phéniciens, qui, du au , y fondèrent de nombreux comptoirs ; par les Rhodiens, qui, vers - 900, fondèrent « Rhoda » à l'embouchure du Rhône ; enfin, par les Phocéens, fondateurs de Marseille. On se rappelle les expéditions lointaines auxquelles s'associèrent les Arécomiques, sous Segovesos, Bellovesos, Brennus. Entraînés sans doute par les Massaliotes dans le parti de Rome, les Arécomiques s'opposèrent au passage d'Hannibal (ou Annibal) et tentèrent de l'arrêter sur les bords du Rhône. Il les vainquit et passa (- 218). Vers - 154, les Arvernes soumirent tout le pays des Arécomiques ; mais leur séjour fut de peu de durée, et ils avaient déjà disparu quand les Romains se montrèrent.
L'influence de Marseille décida les Arécomiques à se soumettre volontairement (- 121) au proconsul En. Domitius ; en récompense, le Sénat permit à Nîmes et aux vingt-quatre bourgs placés dans sa dépendance de conserver leurs lois, leur religion et leurs usages. Rome trouva depuis dans les Arécomiques des sujets toujours fidèles et toujours étrangers aux mouvements qui agitèrent la Gaule. Quelques années après, les Cimbres et les Teutons traversèrent, avec l'impétuosité et les ravages d'une tempête, tout le pays entre le Rhône, les Cévennes et les Pyrénées, et fondirent sur l'Espagne pour revenir ensuite se faire battre par Caius Marius.
L'attachement que les Arécomiques vouèrent dès lors au vainqueur des barbares du Nord et à son héritier Quintus Sertorius leur valut la haine de Sylla et de Pompée, qui donnèrent une partie de leurs terres aux Marseillais. Pour la même raison, ils furent favorablement traités par Jules César et par Auguste. Leur pays fut compris dans la Narbonnaise, plus tard, dans la Narbonnaise première, et se couvrit de monuments romains qui font du Gard le département le plus riche en antiquités de cette époque.
Les invasions barbares, arrêtées depuis Marius par la puissance romaine, recommencèrent en 407. Crocus, roi des Vandales, dévasta la Narbonnaise et renversa plusieurs monuments romains. Il fut vaincu par le second Marius. Aux Vandales succédèrent les Wisigoths auxquels fut soumis le pays de Nîmes. le leur enleva un instant. Mais la victoire d'Ibbas, général ostrogoth, le leur rendit, et leur domination n'y fut plus troublée que par la révolte du duc Paul sous Wamba (672).
En 720, les Sarrasins, sous l'émir Zama, se répandent jusqu'au Rhône ; ils sont vaincus deux ans après par Eudes d'Aquitaine. Iousouf prend le même chemin en 737 ; Charles Martel le bat à son tour. Pour la troisième fois, le pays de Nîmes est envahi par les Sarrasins en 752 ; mais il se révolte, forme une ligue et chasse les étrangers. Le chef qui avait été porté à la tête de cette sorte de république, Ansemond, ne se sentant pas appuyé par assez de forces pour résister longtemps aux Maures, se mit sous la protection de Pépin le Bref et lui livra Nîmes en 752. Pépin donna le gouvernement de Nîmes et d'Uzès à Raoul, qui fut le premier comte en 753..
Moyen Âge vignette|150px|Blason du Gard(non officiel, proposition de Robert Louis).
Les comtes de Nîmes devinrent héréditaires après Charlemagne, dans ces temps de trouble où les Normands se rendirent si redoutables. Ces pirates débarquèrent en 858 dans la contrée qui nous occupe ; les Hongrois y parurent à leur tour en 924 et y commirent d'affreux ravages. Mais bientôt le Nemosez eut des seigneurs capables de le défendre ; ce fut en 956, lorsque l'héritière Cécile épousa Bernard II, vicomte d'Albi, dont les descendants, devenus maîtres de Béziers et de Carcassonne, furent si puissants et si célèbres sous le nom de Trencavel. La vicomté de Nîmes fut pourtant détachée des domaines des Trencavel, en 1130, pour devenir l'apanage de Bernard, fils cadet de Bernard-Athon IV. Elle fut vendue dans le même siècle (1185) par Bernard-Athon VI à Raymond V, comte de Toulouse, déjà maître de cette partie de la contrée que l'on appelait le comté de Saint-Gilles. Au commencement du siècle suivant, Simon de Montfort se la fit adjuger, et son successeur la remit à Saint-Louis, qui la réunit enfin à la couronne de France. Depuis ce temps, le Nemosez, directement soumis aux officiers royaux, n'a plus changé de maîtres.
Le fief d'« Alais » (Alès) appartenait, au Moyen Âge, à la maison de Pelet, descendante des anciens comtes de Melgueil, qui avaient eux-mêmes pour auteurs les premiers vicomtes de Narbonne. Les Pelet, qui ont toujours réclamé en vain le comté de Melgueil et la vicomté de Narbonne, furent même obligés de se contenter de la moitié d'Alais lorsque Simon de Montfort se fut emparé de l'autre. Ils gardèrent cette moitié, sous le titre de baronnie, jusqu'au milieu du . L'autre moitié, devenue partie du domaine de la couronne par la cession d'Amaury de Montfort, fut érigée en comté et passa successivement par mariage ou par vente aux Beaufort, aux Montmorency et aux Conti.
La vicomté d'Uzès, au commencement du , fut acquise par un mariage au baron de Crussol ; le petit-fils de ce seigneur la fit ériger en duché (1556), puis en pairie, et, au , le duc d'Uzès était déjà le plus ancien pair du royaume, toutes les autres pairies s'étant éteintes auparavant.
Au et au , les diocèses de Nîmes, d'Alais et d'Uzès furent agités par les guerres religieuses. Bien que sans cesse persécutés (dès 1660 avec les dragonnades), les protestants y étaient très nombreux, quand la révocation de l'édit de Nantes (18 octobre 1685) vint les frapper d'une proscription générale. Alors, en effet, on leur envoya des missionnaires et des soldats, qui en convertirent quelques-uns ; mais le plus grand nombre aima mieux s'expatrier ou souffrir pour ses croyances.
Ce n'était que des temples renversés, pasteurs mis à mort ou envoyés aux galères, vieillards, femmes, enfants jetés en prison (comme à la tour de Constance à Aigues-Mortes où cette protestante avait gravé sur les murs « Résistez ! »). Beaucoup se réfugièrent dans les Cévennes au nord du département ; mais, là encore, l'inquisition les poursuivit, et des milliers y périrent sur le bûcher ou sur la roue. Désespérés, quelques montagnards cévenols s'armèrent, les uns de faux, les autres de fourches, d'autres d'épées ou de fusils ; et, des montagnes du Gard, de la Lozère et du Vivarais, la révolte se propagea dans le pays d'Alais. Ainsi commença la guerre des Camisards (1702). Les camisards assassinent les prêtres et incendient les églises catholiques. À Fraissinet-de-Fourques, 40 femmes et enfants de miliciens catholiques sont massacrés par les camisards de Castanet, le 21 février 1703.
On sait que cette guerre dura trois ans. Mais la répression dura jusqu'à 1744, voire 1787 (date de l'édit de Tolérance) et même la Révolution française (1789) avec la déclaration des droits et son article sur la liberté de religion (rédigé par un Gardois protestant). Les Camisards marchaient jour et nuit, et par bandes ; ils appelaient frères leurs chefs. Jean Cavalier, qui commandait les bandes de la plaine ou du pays d'Alais, était un garçon boucher à peine âgé de vingt ans. Ardent et courageux, il passait pour un prophète et avait sur ses compagnons un pouvoir absolu. Il eut à combattre le maréchal de Montrevel, ce qu'il fit avec succès ; mais il se rendit à Villars. On dit que le grand roi, s'étant fait présenter le jeune héros, à la vue de son air chétif et de sa petite taille, haussa les épaules et lui tourna le dos.