Le Guatemala ou GuatémalaTerme recommandé par la Commission d'enrichissement de la langue française et publié au Journal officiel de la République française ., en forme longue la république du Guatemala ou république du Guatémala (en ), est un pays d'Amérique centrale frontalier avec quatre pays : le Mexique, le Belize, le Salvador et le Honduras. Il est bordé au nord-est par la mer des Caraïbes et à l'ouest-sud-ouest par l'océan Pacifique. C'est le troisième pays de l'Amérique centrale par sa superficie, mais il en est le plus peuplé. Il fait également partie de l'Amérique latine. En 2024, le Guatémala compte plus de 17,85 millions d'habitants.

Sa monnaie nationale est le quetzal, faisant référence à l'oiseau sacré, dont les Mayas utilisaient les longues plumes de la queue comme objets de luxe. D'ailleurs, il est dit par les Guatémaltèques que les Mayas utilisaient les plumes non seulement comme objet de luxe, mais aussi comme monnaie courante. Ce serait donc de là que viendrait le nom de la monnaie.

Le Guatemala est le quatrième pays le plus inégalitaire d'Amérique latine et le neuvième au niveau mondial.. Toponymie Son nom viendrait du nahuatl Cuauhtēmallān, qui peut se traduire par « lieu rempli d'arbres » et signifie peut-être « pays des Quichés » Etimología de Guatemala..

Histoire

La civilisation maya est apparue environ avant l'ère chrétienne. Elle s'est développée dans presque tout le Guatemala actuel, où elle a construit de nombreuses villes, dont Tikal.

Pedro de Alvarado, un conquistador espagnol, détruisit les villes et soumit brutalement les peuples mayas d'Amérique centrale entre 1523 et 1527.

Époque maya La civilisation maya a prospéré dans la majorité du territoire qui constitue aujourd'hui le Guatemala et les régions environnantes pendant environ avant l'arrivée des Espagnols. Son histoire est divisée en trois périodes : préclassique, classique et post-classique. C'est pendant la période classique que cette civilisation a connu ses principales avancées scientifiques et culturelles. La plupart des grandes villes mayas de la région de Peten et les basses terres du Nord du Guatemala ont été abandonnées autour de 1000 mais plusieurs royaumes Mayas ont continué d'exister jusqu'à la conquête espagnole.

Époque coloniale Pendant la période coloniale, sous domination espagnole, qui a duré près de , le Guatemala était une capitainerie générale (capitainerie générale du Guatemala). Il s'étendait de la région de Soconusco dans le Sud du Mexique (Chiapas) au Costa Rica. Les encomiendas voulaient christianiser les groupes autochtones mayas, qui ont été utilisés comme esclaves.

Cet esclavage a été aboli par l'intervention de l'évêque Fray Bartolomé de las Casas dans les années 1550-51, grâce aux controverses de Valladolid.

La première capitale espagnole du royaume du Guatemala était Iximché. La guerre contre les indigènes kaqchikels tua de nombreux indigènes. Plus tard, une autre capitale a été fondée dans la vallée de Panchoy, appelée Santiago de los Caballeros (actuellement Antigua Guatemala).

Indépendance En 1808, l'Espagne est envahie par . La royauté est retirée à , ainsi qu'à son successeur légitime, . Bonaparte confie le pouvoir à son frère, Joseph Bonaparte.

Soucieux de continuer de prêter allégeance à leur véritable souverain, , et inquiets devant la menace de Napoléon, qui ne cache pas ses intentions d'étendre son pouvoir sur les colonies espagnoles d'Amérique, une vaste campagne contre l'occupation française voit le jour dans le Royaume.

Les colons espagnols d'Amérique décidèrent de destituer les autorités espagnoles en les remplaçant par des gouvernements substituts, dans le but de refréner les envies de Bonaparte et d'exercer le pouvoir, pendant l'absence du roi légitime. À ce moment-ci, certains parlaient d'indépendance, mais cet avis n'était pas partagé par tous. « Plusieurs se seraient contentés d'une plus grande autonomie à l'intérieur de l'Empire »(Del Pozo, 2008, )..

Même si l'Espagne se retrouvait sous le contrôle de l'Empire français, une ville au sud du pays y échappait, Cadix. Cette ville était dominée par des libéraux, désireux de mettre un terme à l'absolutisme. Ces dirigeants provoquèrent des élections à Cadix pour former un congrès, qui serait constitué de députés en provenance de tous les territoires espagnols, y compris ceux situés en Amérique(Del Pozo, 2008, ).. « Les députés hispano-américains participèrent activement aux débats, contribuant à rédiger la constitution de 1812 »(Del Pozo, 2008, )..

La Constitution de Cadix s'inspirait des grands principes de la Révolution française de 1789, tels que la souveraineté nationale, la séparation des pouvoirs, la division administrative du pays en provinces et le droit de propriété ou l'égalité(Mastor, 2008, web).. On voit grâce à cela apparaître la première forme de démocratie en Amérique, où le droit de vote est accordé à tous les hommes, y compris les indigènes.

Confrontations entre libéraux et conservateurs La constitution fut acclamée par les patriotes libéraux d'Amérique centrale, mais José de Bustamante y Guerra, gouverneur du Guatemala et président de l'audience, ainsi que Ramon Casaus y Torres, le nouvel évêque, y étaient farouchement opposés. Le gouverneur tenta de l'entraver, du mieux qu'il put. En revanche, lorsqu'en le roi récupéra le pouvoir, il décida par la suite d'abolir la constitution, ce qui déclencha une vague répressive contre les libéraux. Ainsi, les événements de Cadix n'arrêtèrent pas la marche vers l'indépendance.

En effet, en 1820, une rébellion libérale, dirigée par le général Rafael del Riego, menaça sérieusement l'absolutisme de et le contraignit à annuler l'abolition de la Constitution de 1812(Del Pozo, 2008, ).. La restauration de la constitution en 1820 permit à la politique centraméricaine d'être plus populaire auprès du peuple, et elle fit émerger différentes factions qui, par la suite, formèrent les bases des pouvoirs libéraux et conservateurs qui se succédèrent au fil de l'histoire de l'Amérique centrale(Britannica, [s.d]a, web)..

vignette|Réunion qui décida de l'indépendance le .

Le capitaine général Gabino Gaínza devint l'un des atouts majeurs dans l'indépendance. En effet, il agit comme un pont entre les pouvoirs en place et les indépendantistes. C'est lui qui organisa le un séminaire pour parler avec les autorités de la possibilité d'indépendance qui s'offrait à la capitainerie générale du Guatemala. À force de débats portant sur l'indépendance immédiate ou le statu quo en attendant le résultat de l'indépendance mexicaine, la décision fut prise et concrétisée par la signature de la déclaration d'Indépendance d'Amérique centrale. L'Amérique centrale obtint alors son indépendance(Mendonça, 2010, web).. vignette|redresse|La déclaration d'indépendance de l'Amérique centrale rédigée le .

Annexion par le Mexique Par la suite, en 1821, alors que le Mexique venait d'obtenir son indépendance, Gabino Gaínza insista auprès des autorités, pour que les territoires qui formaient la capitainerie générale du Guatemala avant l'indépendance s'intègrent dans l'empire mexicain d'Iturbide. Il se laissa convaincre par les arguments d'Iturbide, «un général de l'armée espagnole qui devint plus tard empereur du Mexique»(Dictionnaire Robert 2, 2006, ).. Ces arguments montrent que « l'Amérique centrale n'est pas encore prête à former une république indépendante ». Il y eut consultation des différentes provinces et villes pendant cette opération. Puis, malgré les refus de certaines d'entre elles, l'annexion à l'empire mexicain fut décidée. C'est ainsi que, « [moins] de quatre mois plus tard, le , Gainza et un groupe d'aristocrates décrètent de leur propre chef l'annexion de l'Amérique centrale à l'empire mexicain d'Agustín de Iturbide »(Buhrer & Levenson, 1980, )..

Iturbide se révéla être un incapable dans son rôle d'empereur, et il vida les caisses du Trésor public. En 1823, Iturbide est finalement renversé par Santa Anna et il est condamné à l'exil(Lancha, 2003, ). «[Sous] la pression des libéraux, Fisola [un général mexicain] convoque le Congrès.

Le , c'est la proclamation de la seconde indépendance de l'Amérique centrale(Buhrer et Levenson, 1980, ). et c'est ainsi que naît la fédération de l'Amérique centrale.

Une charte appelée , qui concerne le Guatemala, le Salvador, le Honduras, le Costa Rica et le Nicaragua, est instaurée le . Elle explique quelques formalités, dont la façon que les différents pouvoirs sont distribués au sein de la Fédération. Selon cette charte, « la Fédération est gouvernée par un président, mais le chef de chaque État conserve une grande liberté d'action ».

Désunion de la fédération d'Amérique centrale Du fait que cette fédération présente différentes idéologies politiques, il s'ensuit de nombreux conflits. Il y a d'ailleurs à cet effet plusieurs conflits entre les autorités fédérales et provinciales qui ont eu lieu. Prenons par exemple l'emprisonnement du chef d'État du Guatemala, Burrundia, en 1825 par le président Arce, qui amena beaucoup de tensions, suivie de la prise d'armes du Salvador au nom de la légalité(Mendonça, 2010b, web). « La Fédération centraméricaine reposait sur une Constitution relativement déséquilibrée, qui ne laissait que très peu de moyens financiers et d'autorité à son Président. Surtout, les pouvoirs respectifs des États membres et de la Fédération n'étaient pas clairement définis »(Belaubre, 2006, )..

En 1839, une rébellion orchestrée par Rafael Carrera contre le président du Honduras Francisco Morazán renverse le gouvernement en place. C'est à la fin du mandat du président en 1839 et en 1842, à la mort de Morazán, qui fut tué à cause de sa politique autoritaire, que la Fédération se disloqua pour donner place à cinq pays bien indépendants, soit le Guatemala, le Honduras, le Salvador, le Nicaragua et le Costa Rica(Buhrer et Levenson, 1980, )..

Durant près d'un siècle, nombre de dictateurs se succédèrent et favorisèrent les immigrants européens et les intérêts nord-américains. Les Amérindiens se virent spoliés de toutes leurs exploitations et durent se réfugier vers les terres arides du Nord.

Le Guatemala est alors le premier producteur de bananes et de fruits tropicaux des Caraïbes, son unique ressource, mais l'essentiel de ses terres et de son économie (chemins de fer, courrier postal, etc.) sont aux mains de la United Fruit Company, société nord-américaine, qui s'installa en 1901 dans le pays. Melvin E. Page, Penny M. Sonnenburg, Colonialism: an international, social, cultural, and political encyclopedia, Volume 1, , 2003..

Colonisations belge et allemande La colonisation belge débute avec un navire expéditionnaire envoyé par Léopold de Belgique en 1842. Lorsque les Belges prennent connaissance des ressources naturelles de la région d'Izabal, Léopold décide d'installer à Santo Tomás de Castilla un campement pour construire des infrastructures dans la région ; le gouvernement du Guatemala cède la région, en échange d'une rente annuelle de seize mille dollars à lui verser à vie.

En 1844, Santo Tomás de Castilla est devenue une colonie de la Communauté de l'Union, société de la Compagnie belge de colonisation. Le gouvernement de l'État du Guatemala, cède la région de Santo Tomas à cette société par décret de l'Assemblée constituante du Guatemala le . Les colons doivent se convertir au catholicisme et prendre la citoyenneté guatémaltèque, mais ils ont le privilège d'un gouvernement autonome. Toutefois, dès 1850, la colonisation belge est mise en échec par l'inhospitalité de la région et la dispersion des colons sur tout le territoire du Guatemala.