Vantiva, anciennement Thomson (1982–2010) puis Technicolor (2010–2022), est une entreprise française spécialisée dans la conception et la fabrication de systèmes d'accès à internet haut débit et les services technologiques destinés aux opérateurs de réseauÀ Hollywood, l'autre visage de Technicolor, Le Point, le 3 juillet 2012.
Vantiva est l'héritière du groupe Thomson en France. Au début du , filiale française d'un groupe américain et spécialisée dans les équipements de production et de distribution d'électricité, Thomson a évolué au fil de multiples rachats et fusions pour s'orienter vers la fabrication de matériels électroniques et audiovisuels. Les liens qui la rattachaient aux États-Unis sont coupés dans les années 1950. Connu notamment pour ses téléviseurs à partir des années 1960, Thomson partage dans les années 1980 ses activités entre deux grands secteurs : l'électronique grand public et les équipements professionnels à vocation militaire. Cette dernière branche est rattachée à sa propre entité Thomson-CSF (nom issu d'une fusion réalisée en 1968) et devient en 2000, un groupe indépendant dénommé Thales. L'autre branche, rebaptisée Thomson Multimédia en 1995, produit initialement du matériel électronique grand public mais les difficultés rencontrées l'éloignent par la suite de ce secteur. À partir de 2005, elle se recentre uniquement sur les services et les équipements électroniques professionnels destinés au secteur des médias et du divertissement. En 2010, l'entité prend le nom Technicolor, du nom de sa filiale américaine spécialisée dans le traitement d'image. En , à la suite d'une opération de séparation de la division d'effets visuels Technicolor Creative Studios (désormais Technicolor Group), l'entreprise prend le nom de Vantiva.
Vantiva opère à travers quatre divisions distinctes : Connected Home fabrique des modems haut débit et des décodeurs Android TV ; Vantiva a acquis Home Networks de CommScope le et a cédé au fonds américain Variant Equity sa division Supply Chain Solutions (ex-Technicolor DVD Services) en et devenue depuis Conectiv Supply Chain Solutions. HomeSight propose des solutions qui soutiennent les prestataires de soins à domicile et de santé à domicile, en leur permettant d’offrir des soins personnalisés, préventifs et économiques à distance, directement au domicile de leurs clients ; Smart Spaces fournit des systèmes de surveillance pour les installations de self-stockage ;
Histoire centré|vignette|628x628px|Schéma montrant l'évolution des différentes entités liées à l'histoire de Thomson, Thomson-Brandt et Thomson-CSF.
Ère Thomson (1883–2010)
Débuts de l'entreprise En 1883, Elihu Thomson et Edwin Houston s'associent pour créer une importante société d’électricité spécialisée dans un premier temps dans la construction de dynamos et de moteurs à courant continu puis alternatif par la suite, la Thomson-Houston Electric Company, basée aux États-Unis et disposant de filiales internationales. En 1892, la fusion de Thomson-Houston et Edison General Electric Company donne naissance à General Electric. En 1893, la Compagnie française pour l'exploitation des procédés Thomson-Houston (CFTH) est créée. Elle est chargée d'exploiter en France les brevets de la Thomson-Houston Electric Corporation dans le domaine alors émergeant de la production et du transport de l'électricité.
En 1919, Radio Corporation of America (RCA) et, en France, la Compagnie générale de télégraphie sans fil (CSF) sont créées. En 1922, Thomson rachète à la famille de Fenoyl la Société nouvelle de la manufacture de porcelaine de Sainte-Foy-l'Argentière laquelle disposait d'un brevet sur les isolateurs électriques en porcelaine. En 1928, Thomson-Houston fusionne avec une partie de la SACM pour former une nouvelle entreprise. Ce sera Als-Thom, contraction d'ALSace-THOMson, société de construction électro-mécanique. En 1932, création de la marque Ducretet Thomson, par intégration de Ducretet-RogerLa marque Ducretet-Thomson, sur doctsf.com..
En 1955, la devient française, puis change de nom en 1966 pour devenir Thomson-Brandt, à la suite de sa fusion avec la compagnie Hotchkiss-Brandt. En 1966, RCA ouvre une usine de tubes cathodiques. En 1967, Thomson-Brandt fusionne l'ensemble de ses activités d'électronique professionnelle avec la Compagnie générale de télégraphie sans fil (CSF). La nouvelle entité est baptisée Thomson-CSF en 1968 et Thomson-Brandt se focalise uniquement sur l'électronique grand public (téléviseurs, électroménager sous marques Brandt et Thomson). En 1976, Thomson-CSF prend le contrôle des sociétés téléphoniques Ericsson et Le Matériel téléphonique (LMT).
Nationalisation En 1982, Thomson-Brandt et Thomson-CSF sont nationalisés par le gouvernement français. En 1983, les deux entreprises sont regroupées sous le nom de Thomson. Le conglomérat qui fabrique aussi bien des lampes, des téléviseurs, de l'électroménager, des systèmes militaires, qui emploie alors plus de employés, est proche de la faillite avant sa nationalisation en 1982. À cette époque, le groupe s'organise autour de deux pôles : Le pôle orienté électronique grand public, qui deviendra Thomson Consumer Electronic Company (TCE) en 1987 (rebaptisé Thomson Multimedia en 1995), sera dissocié du groupe en 1999 et rebaptisé simplement Thomson en 2002 ; Thomson CSF, spécialisé dans l'électronique professionnelle à vocation essentiellement militaire.
En 1986, General Electric cède à Thomson les droits d'exploitation de sa marque Radio Corporation of America (RCA). Le Président-directeur général Alain Gomez désengage Thomson des télécoms, de l'électroménager et autres activités trop périphériques pour racheter le fabricant de télévisions américain . Les États-Unis sont alors le premier pays de ventes de téléviseurs et est détenteur d'un riche amas de brevets mais l'État n'ayant pas recapitalisé l'entreprise, celle-ci est très endettée et compte 14 milliards de francs de dettes quand Alain Gomez est licencié en 1996.
En 1992, Thomson Électroménager est cédé à l'italien El.Fi, filiale du groupe italien Elettro Finanziaria (connu par sa marque Zanussi). En 1995, Thomson Consumer Electronics est rebaptisé Thomson Multimedia (TMM).
Privatisation vignette|Logo de Thomson Multimédia à la fin des années 1990.|209x209px
En 1996, le Premier ministre français Alain Juppé souhaite vendre au groupe Daewoo l'entreprise publique Thomson Multimédia contre 1 franc symbolique après sa recapitalisation par l'État à hauteur de 11 milliards de francs « Alain Juppé veut scinder Thomson en deux parties », L'Humanité, . Toutefois, cette vente n'aura pas lieu« Thomson : le pouvoir battu », L'Humanité, . En , le gouvernement décide de regrouper autour de Thomson CSF, dans le cadre d'un partenariat stratégique avec Alcatel, les activités d'électronique spatiale et de défense et les activités de communications militaires d'Alcatel, les activités d'électronique professionnelle et de défense de Dassault Électronique, ainsi que les activités satellitaires d'Aérospatiale.
Après une recapitalisation de en 1997 et sa séparation d'avec Thomson-CSF, le duo Thierry Breton - Frank Dangeard rachète des sociétés audiovisuelles professionnelles – dont Technicolor, Inc. pour 2,1 milliards de dollars. et Grass Valley – mais les entités restent indépendantes et ne dégagent pas de synergies. Le groupe abandonne l'électronique grand public voyant avec raison la fin du tube cathodique mais sans exploiter ses technologies très avancées dans les écrans plats OLED et les écrans plasma. De même, il abandonne trop vite en 1998 l'expérience du Lyra, baladeur numérique lancé trois ans avant les iPod. Le désengagement de la filière cathodique n'est pas total en raison de la faillite du repreneur chinois. En 1999, Thomson Multimedia ouvre son capital. En , Thomson-CSF devient Thales.
En 2001, Thomson acquiert Philips Broadcast, la division télédiffusion de Philips. En 2003, l’État français vend ses dernières participations dans Thomson. L'accumulation des difficultés et de fortes pertes mène le groupe au bord du gouffre« Thomson, une malédiction française », Le Monde, 16 juin 2009, page 3.. En 2004, Thomson rachète au groupe de télévision privé ITV le studio de postproduction Moving Picture Company (MPC) spécialisé dans les effets visuels pour le cinéma et le film publicitaire.
En 2005, Thomson cède ses parts dans la coentreprise TCL-Thomson Electronics, ses activités téléviseurs, au groupe chinois TCL Corporation, (processus engagé dès 2004) et ses activités tubes cathodiques au groupe indien Videocon. Ses activités audio/vidéo et accessoires ont été cédées en 2007.
En 2006, le groupe Thomson rachète Thales Broadcast and Multimedia et Nextamp, une start-up spécialisée dans le tatouage numérique. En 2007, Thomson ferme les activités « Solutions Silicium ». En , le groupe décide de fermer ses activités de téléphonie résidentielle en Amérique du NordConvocation assemblée générale annuelle de 2009 page 5.
Fin , Frédéric Rose annonce au Figaro sa volonté de vendre des actifs non stratégiques, comme l'activité , PRN consacrée aux réseaux de diffusion de publicité dans la grande distribution, et Screenvision, l'activité de téléphonie résidentielle.
En , certaines analyses font état d'un possible dépôt de bilan devant les difficultés que l'entreprise rencontre à négocier sa dette avec certains de ses créanciers. En juillet, un accord avec les principaux créanciers, en vue de la recapitalisation du groupe, intervient et les perspectives de dépôt de bilan semblent s'éloigner. Le , Thomson entend conclure la restructuration de sa dette d’ici grâce à une procédure de sauvegardequi est acceptée le , et rendu publique le qui opte pour une procédure de sauvegarde afin de renégocier la dette plus tranquillementThomson, suspendu en Bourse, opterait pour un "plan de sauvegarde". Le Monde, 30 novembre 2009. Ce plan est approuvé le par le Comité des Fournisseurs et le Comité des créanciers bancaires et le par l’ensemble des Comités de créanciershttp://www.thomson.net/French/Corporate/News/PressReleases/Pages/Thomson-plan-de-restructuration-approuve-par-l-ensemble-des-Comites-de-creanciers.aspx Communiqués de presse Thomson : plan de restructuration approuvé par l’ensemble des Comités de créanciers. Fin 2009, Atlinks, l'activité européenne de téléphonie résidentielle de Thomson Telecom, est cédée sous forme d'un MBO au fonds d'investissement français Verdoso Industries.
Ère Technicolor (2010–2022)
vignette|203x203px|Logo de Technicolor SA En 2010, après 10 mois de discussions avec ses créanciers, le directeur général, Frédéric Rose, provoque une assemblée générale mixte des actionnaires de la société Thomson, le mercredi qui outre la restructuration financière propose dans la une nouvelle dénomination. Thomson Multimedia devenant Technicolor SA sans changement de la gouvernance d'entreprise.
En 2012, Ericsson acquiert la branche de service de diffusion Technicolor Network Service France (TNSF). Cette activité avait été acquise par Thomson-Technicolor auprès de VCF. En , Thomson Angers SAS est mis en liquidation judiciaire, il fabriquait des décodeurs de type modem-routeur ADSL ou des décodeurs de télévision Internet pour les opérateurs de télécommunicationChez Usine nouvelle.. 351 salariés perdent leur emploi. Il s'agit de la fermeture du dernier site de production en Europe de Technicolor, une usine créée en 1957. Courant 2012, l'activité SmartVision (IPTV) est cédée à la société Devoteam qui l'intègre à sa division Telecom & Media rachetée ensuite par le groupe Ericsson. Le , l'activité Cirpack (VoIP) est vendue à un fonds d'investissement The Martland Group. En 2014, Technicolor SA dépose 745 brevets dans le domaine du son et de l'imageTechnicolor, deuxième déposant français de brevets, le Monde, 26 février 2015. Le de la même année, Technicolor SA annonce l'acquisition de Mr. X Inc, l'un des principaux studio d'effets visuels basé à Toronto.