vignette|upright=1.1|Exemple de Jâmiʿ (mosquée) : la grande mosquée de Kairouan, Tunisie.

Voici une liste de termes arabes que l'on rencontre dans l'islam. Ils sont parfois difficilement traduisibles et les traductions sont parfois moins précises que le terme en arabe.

Quelques termes sont passés de l'arabe au turc avant de passer au français, quelques termes rares sont même d'origine turque. Ils sont dans une deuxième liste parfois en redondance avec la liste des termes venant de l'arabe.

Les termes français Le nom de ses prophètes Le nom du dernier prophète de l'islam se dit Muhammad () en arabe, devenant, selon la variante parlée, Mohammad ou Moham(m)ed. C'est aussi une version utilisée dans les recherches scientifiques et celle préférée par les arabophones.

On trouve cependant en français d'autres dénominations plus récentes : Mahom ou Mahon (, Moyen Âge) ; Mahomet (, , époque moderne).

Il est dérivé de la forme turque , venant elle-même de la forme latine que l'on retrouve au chez des auteurs comme Raymond LulleLe Livre du gentil et des trois sages, édition de l'Éclat, 1992, et plus d'un siècle avant dans la traduction du Coran faite en latin pour l'abbé de Cluny et théologien Pierre le Vénérable. C'est pourquoi elle est commune à d'autres langues européennes comme l'anglais traditionnel, et proche des versions des autres langues romanes : Mahoma en espagnol, Maomé en portugais, Maometto en italien, Mahomed en roumain (voir Le nom propre Mahomet dans la langue française).

Le Coran

Au , le Coran est connu en France sous le nom Alcoran. La première traduction du Coran en français, réalisée par André Du Ryer, est intitulée L'Alcoran de Mahomet. Les traducteurs suivants Claude-Étienne Savary en 1783 et Albin de Kazimirski Biberstein en 1847, intitulent leur traduction Le Koran. Le Littré, en 1872, remarque : Ce n'est qu'au que le terme "Coran" s'impose peu à peu pour remplacer complètement Alcoran dans l’usage courant.

coran ou Qur'ān sont les transcriptions données par les ouvrages didactiques suivant plus ou moins la transcription arabe traditionnelle

La religion

La religion musulmane est nommée de façon variable en français : musulmanisme au encore référencé dans un dictionnaire de 1845 ou le Littré de 1872, alors qualifié d'archaïque et qui n'a pas survécu. Voltaire, au , utilise mahométanisme ou mahométisme (« religion caractérisée essentiellement par un sévère monothéisme ») mais aussi islamisme (« la religion de Mahomet »), terme qualifié alors d'archaïque. Diderot, toujours au , définit islam comme « la religion des musulmans ».

Le ajoute islamisme pour qualifier le versant politique d'une religion souvent imbriquée dans la structure du pouvoir. Le terme est attesté en français depuis le , où Voltaire utilise le terme pour remplacer « mahométisme ».

Les fidèles

Diderot, au , utilise islamite (« qui professe l'islam ») terme largement inusité de nos jours. Islamiste apparait dans les années 1980 : le mot n’existe pas dans le Grand Robert de 1976. Il est utilisé uniquement pour désigner un adepte d’une idéologie appelée, dans ce contexte, islamisme.

Substantivement ou adjectivalement, sarrasin existe depuis le mais fait, de nos jours, plus référence à l’ethnie qu’à la religion ; mahométan est attesté au avec le sens de « celui qui professe la religion de Mahomet » ; musulman est défini par Voltaire, au comme « nom que les mahométans se donnent » ; alcoraniste, dans un dictionnaire de 1845, dérivé de Alcoran n'a pas eu de suite.

L'adjectif islamique est défini par Diderot, au , comme « qui appartient à l'islamisme » lequel terme était alors, on l'a vu, synonyme de islam.

Le lieu de prière

Ronsard, au , utilise mosquette, en emprunt à l'italien mosche(t)a. Mosquée est en usage dès le avec l'orthographe mosquez. Un dictionnaire de 1845 signale mahomerie ou mahométie soulignant, cependant, que ce sont deux mots peu usités.

Remarques

Sarrasin est passé de mode sauf dans les ouvrages traitant du Moyen Âge. Les dérivés de Mahomet deviennent de plus en plus vieillis.

Bien quislam et musulman dérivent tous deux de la même racine arabe SLM (سَلِمَ salima, « être sain, aller bien »), la langue française a deux séries de dérivés : musulman / islamique : comme dans « art musulman » : « art islamique », musulman / islamite sont synonymes chez Diderot (), musulman / islamiste : deux mots utilisés de manière antagoniste.

Pour un francophone, le mot islamiste est immédiatement mis en rapport avec l'islam politique et comporte une connotation négative. Le mot musulman est plus neutre.

Liste de termes venant de l'arabe Les termes suivants sont d'abord donnés dans la transcription conventionnelle de l'alphabet arabe puis, entre parenthèses, dans une transcription plus proche des usages propres au français (si le mot existe directement en français, il est indiqué à la suite) et enfin en arabe vocalisé le plus complet possible).

A ʿAbd, ʿabd (abd) : serviteur; esclave; adorateur; ou créature. Il entre dans de nombreux noms composés. Ablution, ġusl (ghusl, grande ablution) et wuḍū' (wudhû', petite ablution) ; Abrogé, mansūḫ (mansûkh) : un verset abrogé est remplacé par un verset postérieur dit abrogatif ; Abrogeant, nāsiḫ (nâsikh) : verset abrogatif remplaçant un verset abrogé ; Aboû, abū (Père, abou) : père, intervient dans la kun'ya (surnom) de nombreux noms arabes ; Achoura, ʿāšūrā' (achoura) : le dix du mois de muharram. Journée de jeûne de l'islam calquée sur le jeûne juif de Yom Kippour, au dixième jour du septième mois. Le chiisme y ajoute la commémoration du massacre de l'imam Husayn. Adab, 'adab ('adab) : Convenance, bienséance, norme héréditaire de conduite traditionnelle dans l'islam ; 'Adala, 'adala : Probité morale, rectitude, droiture ; Adh-Dharoura , adh-dharoura : Nécessité, se dit de quelque chose qui est nécessaire ; Adhan, ʾaḏān (’adhân) : appel à la prière ; ʿAdl, ʿadl (‘adl) : justice ; Ahl al-Bayt, ahl al-bayt (Ahl al-Bayt) (ahl : peuple, gens; bayt : maison) : les gens de la maison, membres de la famille de Mahomet. Ahl al-Kitâb, ahl al-kitāb (gens du Livre) (ahl : peuple, gens; al-kitāb : livre) : fidèles des religions monothéistes préislamiques : juifs, chrétiens ; Ahl at-Taqwa, ahl at-taqwa (Ahl at-taqwa) (ahl : peuple, gens; taqwa : piété) : les gens de la piété. ʾAhzâb أحزاب voir Hizb ;حِزْب Aïd, aʿīd (aïd) : fête ; Aïd el-Adha, ʿīd al-ʾaḍḥā, (fête du sacrifice) : synonyme de Aïd el-Kebir ; Aïd el-Kebir, ʿīd al-kabīr, (grande fête dans les pays nord-africains) : Fête qui rappelle le sacrifice d'Abraham et qui marque la fin du pèlerinage (hajj) ;حج Aïd el-Fitr, ʿīd al-fiṭr, (fête de la rupture) : fête la rupture du jeûne du mois de ramadan ; Aïd es-Seghir, ʿīd aṣ-ṣaḡīr, (la petite fête dans les pays nord-africains) : synonyme de Aïd el-Fitr ; Akh, āḫ singulier de : frère (en islam) ; Akhira, ʾakḫīraʰ (dernière) : la dernière destination, l'au-delà en opposition avec ici-bas (dunyâ) ; Akhlaq, aḫlāq : Règles morales et pratiques morales, caractère d'une personne ; ʿAlim , voir Ouléma ; Allah, ʾAllāh (’Allâh, Allah) , للّه ou : Dieu. Le terme est employé aussi par les chrétiens de langue arabe ; 'Amal, 'amal : Actions, comportement ; Amân, ʾamān, : acte de clémence, saufconduit ; Ansar, ʾanṣār (ansâr) : partisan, auxiliaire, désigne les compagnons de Mahomet originaires de Médine pour les distinguer des muhâjirûn s'étant expatriés de La Mecque pour le rejoindre ; ʿAqîda, ʿaqīda (dogme) singulier de 'aqaîd : article de foi ; doctrine ; croyance ; Arbayn, ʾarbaʿīn, , de ʾarbaʿūna (quarante), : fête chiite de la fin du deuil, après l'Achoura ; As-Salam Alaykoum, as-salām ʿalaykum : littéralement « Que la paix soit sur vous ». La réponse à ce salut est wa ʿalaykum as-salām, : « Et que sur vous soit la paix » ; Astaghfiroullah, ʾastaḡfiru llāha : « Qu'Allah me pardonne » ; ʾAʿoudhou bi-llah, ʾaʿūḏu bi-llāh : « Je cherche la protection d'Allah ! » ; At-Ta'a, at-ta'a : Obéissance (en vue d'apporter le bien-être) ; Au-delà, voir Akhira ou Maʿâd ʾAwliyaʾ, ʾawlīaʾ, pluriel de Walîy ; Awra, ʿawra (ʿawra) : Les parties du corps qui ne peuvent être dévoilées qu'à la famille. Aya, ʾāya (âya, signe) pl. ʾāyāt (âyat, signes) : signes, miracles, puis par extension verset(s) du Coran ; Ayatollah, ʾāya allāh (Ayatollah) : signe de Allah ; titre des religieux chiites du plus haut rang ; ʿAzl, ʿazl (coït interrompu, coitus interruptus) : le fait d'interrompre l'acte sexuel avant l'éjaculation ;

B Balad, balad (bled) : pays ; cîté ; . ; Banoû, banū (pl.) (descendants de) : dynastie ; tribu. Exemple : al-umawīun ou banū umaīya : les Omeyyades ; la dynastie omeyyade. Devient banī en position de complément de nom ou d’objet. Barakah, baraka (baraka ; bénédiction) : bénédiction (divine) ; Barzakh, barzaḫ : intervalle ; séparation ; (géogr.) isthme. Passage du défunt du monde des mortels à l’au-delà. Bachar, bašar (humanité) : le genre humain ; l’humanité Basîra, baṣīra (discernement) : discernement ; perspicacité ; dans le soufisme la capacité de percevoir la vérité transcendante. Batin, bāṭin (ésotérique) : occulte; secret; ésotérique. Terme de soufisme en opposition avec exotérisme (zâhir) ; Bayt Allâh, bayt allāh (mosquée) : maison de Allah ; mosquée ; Ben, bin (fils de) : fils de dans les filiations dérive de ibn : fils. ; Bidʿa, bidʿa (hérésie) : innovation ; idée nouvelle considérée comme une hérésie ; Bint, bint (fille de) : fille de dans les filiations dérive de ibna : fille. ; Bismillah ar-Rahmân ar-Rahîm, abrégé en Bismillah / Basmala, bi-smi-llāhi r-raḥmāni -r-raḥīmi : Au nom de Allah le tout miséricordieux, le très miséricordieux ; Bay'ah, bayʿa (allégeance) : serment d’allégeance ;

C Calame, voir Qalam ; Calife, ḫalīfaʰ (calife, khalife) : successeur de Mahomet, dirigeant de l'oumma ; Califat, ḫilāfa (khalifat ; califat) : califat ; Cha`abân, šaʿabān : nom du huitième mois du calendrier musulman. Chafʿ, šafʿ (pair) : prière surrérogatoire comportant un nombre pair de prosternations célébrée après la prière canonique de Isha cette prière est suivie de la prière de Witr ; Chahada, šahādaʰ (profession de foi) : témoignage, profession de foi (un des cinq piliers de l'islam) ; Chahid, šahīd (martyr) : témoin ; martyr. Un chahid est considéré comme vivant auprès d’Allah, c'est pour cela que les musulmans n'accomplissent pas la prière de funérailles pour un chahid; Chari`a, šarīʿaʰ (charî‘a, charia) : chemin, voie, loi, code juridique traditionnel des sociétés musulmanes ; Chawwal, šawwāl : nom du dixième mois du calendrier musulman marqué par l'Aïd el-Fitr le premier jour de ce mois ; Chaytân voir Satan ; شَيطان Cheikh, šayḫ (chaïkh, cheikh ou cheik) : ancien, chef ; Chérif, šarīf (chérif) : descendant de Mahomet ; Chirk, širk (chirk, polythéisme) : association ; polythéisme. Le chirk c’est le fait d’accorder à un autre qu’Allah ce qui revient à Allah. Exemple : croire en un voyant est considéré comme chirk. Le chirk est le plus grand péché en Islam. Chiisme, šīʿaʰ (chî‘a, chiite, chiisme) : le courant chiite (littéralement : « disciple ; partisan ») ; Choura, šūrā (concertation) : concertation, prise de décision en commun ; Coran, qurʾān (lecture) : lecture ; récitation ; Chou`oûbiya, voir Shu`ubiya ; "الشعوبية أو "حركة التسوية

D Daʿiyat, dāʿiyat (dâ'iyat) : prêcheur de l'islam Dajjal, dajjāl (antéchrist) : menteur ; celui qui sème la discorde ; Dhabiha, ḏabīḥa, (sacrifice ; offrande) : le sacrifice, l'animal destiné à être égorgé, par métonymie, l'égorgement rituel ; Dhallal, ḍallāl (égarement) : égarement ; Dar al-ʿAhd, dar al-ʿahd (domaine de la trêve) : fut inventé pour décrire la relation de l'Empire ottoman avec ses provinces chrétiennes tributaires ; Dar al-Amn, dar al-amn (domaine de la sûreté) : terme proposé par des philosophes musulmans occidentaux pour décrire le statut musulman en Occident ;