vignette|Photographie aérienne de Dakar en 2011 depuis la station spatiale internationale. La ville de Dakar () est la capitale de la république du Sénégal et de la région de Dakar. Elle compte sur les (estimation 2018.) que compte l'ensemble de la région de Dakar. C'est une des quatre communes historiques du Sénégal et la capitale de l'Afrique-Occidentale française (AOF) de 1902 à 1958.
Sous la double action des apports migratoires depuis les campagnes et de l'accroissement naturel, la région de Dakar s'est très rapidement développée. Elle est ainsi passée de en 1970 à d'habitants en 2018 soit une augmentation de près de 5 % par an. Métropole macrocéphale, elle accueille la moitié de la population urbaine du pays.
Sa situation à l'extrémité occidentale de l'Afrique, sur l'étroite presqu'île du Cap-Vert, a favorisé l'installation des premiers colons, puis le commerce avec le Nouveau Monde, et lui confère une position privilégiée à l'intersection des cultures africaines et européennes. Organisatrice du premier Festival mondial des Arts nègres voulu par le président Léopold Sédar Senghor en 1966, la ville est le siège de l'Institut fondamental d'Afrique noire et de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest.
N'occupant que 0,28 % du territoire national, la région de Dakar regroupe sur , 25 % de la population et concentre 80 % des activités économiques du pays« Dakar, la "fourmilière humaine" auditée », article de Moctar Dieng dans Sud Quotidien, ..
Toponymie Le nom de Dakar apparaît pour la première fois sur une carte en 1750 lorsque le botaniste français Michel Adanson effectue un croquis du Cap-VertVoir , " des côtes maritimes du Sénégal depuis le cap vert jusqu'à l’île Gorée" dans "Cartes inédites d'Adanson sur le Sénégal" ..
Dakar pourrait être la version francisée de , l'appellation locale, dont l'étymologie reste incertaine, peut-être dérivée de l'expression wolof signifiant « ce qui s'y installe sera en paix ». ou encore de , une association de (pays) et (s'échapper) « D'où vient le nom de Dakar ? », article de Dominique Mataillet sur Jeune Afrique.com, .. Selon la même source, il pourrait aussi s'agir du terme wolof , qui désigne le tamarinier, un arbre très présent sur la côte à l'arrivée des Lébous au .
La localité étant évoquée dans certains documentsOn trouve notamment cette dénomination dans le traité du passé avec le damel du Cayor : , cité par Claude Faure dans Histoire de la presqu'île du Cap Vert et des origines de Dakar, Paris, E. Larose, 1914, . sous le nom de « d'Accard », on a également pu y voir la référence à un négociant ou marin français peu connu de la fin du , nommé Accar ou d'Accard.
Histoire vignette|L'île de Gorée vers 1747.
Dakar ou encore la presqu’île du Cap-Vert a toujours été administrée par un gouvernement de la République lébou depuis 1793 George Thomas Kurian, , ABC-CLIO, USA, 1994, .. D'ailleurs quand les premiers colons débarquent à Dakar, ils trouvent sur place les Lébous. La République lébou qui existe toujours a fait face aux colons avec courage et détermination pendant des années. Les colons les respectaient de par leur attitude noble. Traditionnellement pêcheurs, agriculteurs, ils étaient aussi de remarquables commerçants.
Les origines Les grattoirs, poinçons, haches, colliers de coquillages et autres vestiges découverts sur la côte occidentale de la presqu’île du Cap-Vert (pointe des Almadies, Ouakam) ou bien à l’est (Hann, Bel-Air) attestent d’une présence humaine sporadique sur la façade atlantique dès le Paléolithique, puis d’un peuplement de l’ensemble de la péninsule au Néolithique.
Les premiers habitants sont des Mandingues. Ce sont eux que découvre le navigateur portugais Dinis Dias lorsqu’il débarque sur ces rivages en 1444. À la fin du des pêcheurs lébous fuyant le Tekrour, un royaume situé au nord-est du fleuve Sénégal, commencent à s’y établir. Au , leur village ne comporte qu’une trentaine de huttes.. Dans l’intervalle l’île de Gorée toute proche, que Dinis Dias avait d’abord nommée Palma, attise davantage les convoitises. Prise et reprise une quinzaine de fois, par les Hollandais (qui la rebaptisent , bonne rade), les Anglais et les Français, l’île connaît une histoire plus mouvementée. Quant à Dakar, la localité voit son nom matérialisé pour la première fois sur une carte lorsqu’en 1750 le naturaliste français Michel Adanson le fait apparaître sur un croquis du cap Vert. En 1843, elle ne comprend toujours, selon le témoignage de Paul BoutetCorrespondance de Paul Boutet, secrétaire du capitaine de vaisseau Bruat, citée par ., que .
L'empreinte coloniale vignette|redresse|Dakar en 1850. vignette|redresse|Dakar en 1888. Tandis que Gorée s'enrichit grâce au commerce de l'arachide dont les notables mulâtres sont les initiateurs, la démographie galopante fait que ces derniers et leurs épouses signares se sentent bientôt à l'étroit sur la petite île ; c'est la raison pour laquelle la signare Anna Colas Pépin, son époux François de Saint Jean, maire de Gorée, et le conseil municipal de l'île demandent la création de la ville nouvelle de Dakar à deux reprises le et le . Les notables mulâtres de Gorée ne craignent plus les possibles incursions du damel du Cayor et exigent de l'administration coloniale, avant même l'abolition de l'esclavage, des terres et une aide financière pour leurs ex-serviteurs ; un certain nombre de nouveaux propriétaires de terrain à Dakar sont ainsi d'ex-serviteurs des Signares.. L'idée d'une expansion sur le continent fait son chemin. Sous le Second Empire, les troupes françaises, conduites par le capitaine Protet, prennent possession de la côte en 1857. Un petit fort y est construit, sur lequel le pavillon français est hissé. Dakar reste pourtant un Document cité par Jacques Charpy, La Fondation de Dakar (1845-1857-1869), Paris, Larose, 1958, ., au milieu de la brousse et des dunes. Malgré la construction de quelques maisons de commerce, la bourgade n’est pas encore une vraie ville. Le colonel du génie Émile Pinet-Laprade est son véritable fondateur. Un premier plan cadastral est élaboré en . La construction du phare des Mamelles est lancée en 1859, les travaux du port commencent en 1860. Un nouveau plan d’alignement de la ville est proposé par Pinet-Laprade en .
La nouvelle cité ne se développe pas sans mal. En 1869, une épidémie de choléra fait des ravages et Pinet-Laprade y succombe lui-même le . En 1872, un « statut communal » (dit des « quatre communes ») est accordé à la population, ce qui donne une citoyenneté. Alors que Dakar devient centre d’arrondissement à la place de Gorée en 1875, des résistances subsistent, comme en témoignent ces observations du colonel Canard : « Les propriétaires de terrains où l’on pourrait bâtir habitent tous à Gorée et ne paraissent pas disposés à faire construire des maisons à Dakar » (1876) ; « Dakar est toujours très calme, il est même triste. Peu de maisons, peu d’habitants, peu de commerces et pas d’industrie » (1878) Robert Gaffiot, Gorée, capitale déchue, cité par .. La raison de cette présence faible des notables goréens à Dakar est que la ville de Rufisque sur la petite côte connaissait un développement économique important grâce à l'arachide ; ces familles bourgeoises mulâtres et nègres préféraient donc s'installer majoritairement dans cette ville. Ce n'est que lorsque la ville de Dakar eut un quai moderne et que le Warf de Rufisque devint obsolète qu'ils s'installèrent massivement à Dakar. Un nouveau plan cadastral est élaboré en 1876 et deux ans plus tard Dakar compte environ . Le Dakar devient une commune distincte. Elle ne dépend plus de Gorée et Jean Alexandre devient son premier maire le . De gros travaux d’aménagement et d’assainissement sont entrepris. La population de Dakar atteint , alors que Gorée n’en compte que . vignette|250px|Travaux du port vers 1908. En parallèle, notamment avec la construction de la gare et de la ligne de chemin de fer, la ville rivalise aussi avec Saint-Louis. Elle l’emporte pourtant en devenant en 1902 la capitale de l’AOF (Afrique-Occidentale française). Son premier gouverneur général, Ernest Roume, lance de gros travaux d’urbanisme, parmi lesquels figurent le Palais du gouverneur, l’actuel Palais présidentiel, ainsi que le marché Kermel.
De en 1904, Dakar passe à en 1909 et devient le premier port du Sénégal. La reconstruction de la gare ferroviaire est entreprise et l’Hôtel de ville est édifié en 1918. vignette|250px|Le dépôt du chemin de fer vers 1910. Blaise Diagne qui a obtenu la citoyenneté pleine de tous les habitants des quatre communes en 1916, est élu maire de Dakar en 1920 et le restera jusqu’à sa mort en 1934. En 1921, la capitale compte dont , alors que l’île se dépeuple progressivement pour se réduire à en 1926. Gorée est finalement rattachée à Dakar en 1929. Pendant cette période on observe une vague d’immigration libanaise ; cette immigration libanaise a en réalité commencé dès 1890 à Saint Louis. Dans la capitale ces nouveaux venus s’intègrent le plus souvent dans le petit et moyen commerce. La cathédrale du Souvenir africain est inaugurée le en présence de nombreuses personnalités dont Blaise Diagne. Une des cloches de la Cathédrale est offerte par Armand-Pierre Angrand et sa famille. À la fin des , l'agglomération compte .
Pendant la Seconde Guerre mondiale le contrôle de l'AOF constitue un enjeu non négligeable. Une tentative de débarquement des Alliés (Opération Menace) échoue le , au bout d'une lutte fratricide connue sous le nom de bataille de Dakar.
Une capitale cosmopolite
En 1947, le président Vincent Auriol est le premier chef d’État français à se rendre en visite officielle en Afrique noire.. À ce moment-là, Dakar compte environ . L'essor démographique engendre une pénurie de logements, d'emplois et de matières premières. Le le général de Gaulle se rend à son tour à Dakar où il est accueilli fraîchement par des manifestants réclamant l’indépendance du pays., qui se concrétisera deux ans plus tard. Dakar devient d'abord la capitale de l'éphémère Fédération du Mali, puis celle de la République du Sénégal le .
En 1964, une première réforme importante modifie le territoire et le statut de la commune de Dakar. Le territoire de la commune est étendu à celui de la région de Cap-vert, entrainant la disparition de la commune de Rufisquehttps://www.vie-publique.sn/documents/4884/JO-3656-du-19-janvier-1964 | Loi 64-02 du 19 janvier 1964 supprimant la commune de Rufisque et portant réforme du régime municipal de la commune de Dakar. La commune de Dakar est alors divisée en neuf arrondissements : Plateau ; Médina ; Grand- Dakar ; Yoff ; Dagondone-Pikine ; Gorée ; Rufisque-Ville ; Bargny ; Sebikotane. Le conseil municipal est ainsi complété du gouverneur de la région et des délégués du gouverneur, à la tête de chaque arrondissement, pour former le corps municipal.
Dans la foulée de la décolonisation, la Grande Mosquée de Dakar est édifiée en 1964.
En , le siège de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) est transféré de Paris à Dakar Site de la BCEAO..
Plusieurs réformes portant sur la décentralisation et la déconcentration marquent des étapes importantes dans l'évolution de la commune, en 1972, puis en 1983 et surtout en 1996 lorsque la commune de Dakar est découpée en 19 communes d'arrondissement.
Le , le Monument de la Renaissance africaine est inauguré pour le cinquantenaire de l'indépendance sénégalaise. Il est haut de et a été construit par des Nord-Coréens. Peu avant son inauguration, des centaines de personnes ont manifesté dans les rues de Dakar pour demander la démission de Abdoulaye Wade, le président du Sénégal, car cette statue a coûté entre « Confidences de Serigne Mamadou Bousso Lèye, ministre sénégalais de la Culture et de la Francophonie », in Jeune Afrique, , du au , . et de francs CFA. ( d'euros) alors que le pays connaît une crise économique et que la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté..