Sarrebruck (, , localement Saarbrigge ) est la capitale du Land de la Sarre, le plus petit État allemand en surface et en population, quoique très densément peuplé, et une des seize capitales d’État de la République fédérale d'Allemagne.

La ville est le principal centre économique, universitaire et culturel de la Sarre et de ses environs. Sa population dépasse les ( au ). La communauté urbaine de Sarrebruck compte environ . L'eurodistrict de Sarrebruck-Forbach avoisine les .

Sarrebruck est un nœud de communication, desservi par les autoroutes françaises A4 (vers Paris) via A320 et allemandes A1 (Cologne), A6 (Luxembourg, Mannheim) et A8, par le TGV/ICE sur la ligne Paris - Francfort, par les trains régionaux français et allemands et par l'aéroport de Sarrebruck.

L'histoire originale de la Sarre au fit de Sarrebruck une capitale d'État à plusieurs reprises. La Sarre ayant rejoint la république fédérale d'Allemagne en 1957, Sarrebruck est devenue capitale fédérale de Land à la même date.

Longtemps tournée vers les industries lourdes, située au centre d'un important bassin charbonnier, la ville connut un développement important pendant les deux premières révolutions industrielles mais aussi un contre-coup à partir des années 1980. Aujourd'hui Sarrebruck s'oriente vers de nouvelles activités industrielles (chimie, construction, agro-alimentaire) et compte restructurer profondément son centre-ville pour le rendre plus attractif.

Sarrebruck entretient des relations privilégiées avec Metz, Nancy et Luxembourg, les trois autres villes de la Grande Région. Elle a participé au programme de l'année européenne de la capitale de la culture 2007. C’est également une ville qui se veut bilingue, car les autorités de la Sarre veulent que la moitié des habitants parlent français d'ici vingt ans.

Toponymie Sarrebruck (Sarabrucca) ne doit pas son nom aux ponts (en allemand : Brücke, pluriel : Brücken) au-dessus de la Sarre comme on pourrait croire, car les premières mentions du lieu datent d'une époque où il n'y avait pas encore de pont sur la Sarre (le premier pont, lAlte Brücke a été construit après la première mention du nom). En réalité, le nom Sarrebruck vient probablement de l'ancien nom de la forteresse située sur un rocher (= Brocken) de Sarabrucca. Ce rocher porte aujourd'hui le château de Sarrebruck.

La ville est appelée Saarbrücken en allemand et en néerlandais, Saa(r)brigge ou Saa(r)bricke en francique rhénanGeoplatt, Saa(r)brekgen en francique mosellanBraun, Edith u. Mangold, Max: Saarbrücker Wörterbuch. Saarbrücker Druckerei und Verlag, 1984, , S. 299.Nikolaus Fox: Saarländische Volkskunde, Volkskunde rheinischer Landschaften, hrsg. von Adam Wrede, Bonn 1927, S. 142. et Saarbrécken en luxembourgeois.

Géographie Situation Localisation

Sarrebruck est située dans le sud de la Sarre et sur la rivière éponyme Sarre. La ville est bordée par la Lorraine. Sarrebruck est distante de de ParisDistances calculée sur Google Maps et de Berlin par la route (et non à vol d'oiseau). Elle est située à de Francfort, à de Cologne et à de Bruxelles. Les autres villes proches sont Metz (), Luxembourg (), Strasbourg (), Nancy (), et Mannheim ().

Directement située à la frontière franco-allemande, Sarrebruck entretient des rapports très étroits avec le département français de la Moselle : il existe ainsi une « Eurozone » entre Forbach et Sarrebruck, le TER (Train Express Régional) Metz-Sarrebruck a été cofinancé par la Lorraine et la Sarre, le tramway de Sarrebruck s'arrête également à Sarreguemines. Sarrebruck est également reliée à Strasbourg par TER.

Sarrebruck est à de Paris en ICE et à de Francfort.

À la croisée géographique et historique de la France et de l'Allemagne, Sarrebruck abrite de nombreuses institutions franco-allemandes, notamment le lycée franco-allemand, l'université franco-allemande (fondée en 1999) ainsi que la Chambre de commerce française en Allemagne.

De nombreux industriels français sont également présents à Sarrebruck, par exemple Peugeot et Saint-Gobain.

Communes limitrophes (allemandes et françaises)

Climat Sarrebruck a un climat continental tempéré avec un niveau annuel de précipitations de avec un maximum mensuel en décembre (). La température annuelle moyenne est de , avec une moyenne de de juin à août (les mois les plus chauds) de décembre à février (les mois les plus froids).

Les hivers sont rigoureux avec des précipitations neigeuses occasionnelles. Les étés sont chauds et peuvent être caniculaires.

Site Sarrebruck est située dans une vallée traversée par la Sarre et bordée par de nombreuses collines et terrasses. Au nord de la ville débute une longue série de collines de moyenne altitude, tandis qu’au sud la ville est limitée par la forêt domaniale et ses massifs de grès. À l’ouest débute le Warndt.

Le point le moins élevé est à au-dessus du niveau de la mer, tandis que le point le plus élevé culmine à .

Urbanisme Projets urbains

vignette|gauche|Ancien siège des charbonnages sarrois. Stadtmitte am Fluss : mise en souterrain de l'autoroute urbaine et aménagement des berges de la SarreSite du projet Stadtmitte am Fluss. Transformation du centre commercial Saar Galerie : la Saar Galerie intègre l'ancien bâtiment de la direction des mines (Bergwerkdirektion). Le nouveau centre commercial Europa Galerie a une superficie de sur trois niveaux. Début des travaux en 2008 ; ouverture en . Nouvelles rues piétonnes : les rues Sulzbachstr., Rotenhofstr., Futterstr., Lampertstr. et Passagestr. deviendront piétonnes d'ici 2010. Urban II : Ce projet européen vise à réhabiliter et à désenclaver les quartiers sensibles selon plusieurs axes : développement économique et culturel, renforcement du dispositif d'insertion socio-professionnelle, rénovation des habitations et des espaces verts..

Histoire Appartenances historiques 1080-1391 1391-1797 (Sarre) 1797-1802 (Sarre) 1802-1804 (Sarre) 1804-1815 (Grand-duché du Bas-Rhin) 1815-1822 (Province de Rhénanie) 1822-1918 (Province de Rhénanie) 1871-1918 1918-1920 1920-1935 1935-1945 1945-1947 1947-1957 1957-présent

vignette|200px|Château de Sarrebruck.

Antiquité Sarrebruck est mentionnée pour la première fois en 999. Son origine remonte cependant à l'époque des Celtes et des Romains. Au cours du , les Romains érigèrent un Vicus, qui se trouvait au point d'intersection des routes Metz - Worms et Trèves - Strasbourg. Le mithraeum de Sarrebruck ()

Moyen Âge Au Moyen Âge, Sarrebruck devient la capitale d'un comté du même nom, formé au à partir du Saargau. Possession de la maison de Nassau-Weilbourg (branche de Nassau-Sarrebruck) de 1381 jusqu'à la Révolution française. L'église Saint-Arnual, située dans le quartier de même nom, abrite les tombeaux des comtes, puis princes de Nassau.

Au , la comte Guillaume Henri (Wilhelm Heinrich) commande à l'architecte Stengel de nombreux monuments, dont le château, la Ludwigskirche et la basilique St-Johann. Une période de construction intensive commença, qui donna à la ville la physionomie d'une résidence princière. Influencé par Palladio, Stengel créa de magnifiques ouvrages de style baroque classique.

Temps modernes

Époque contemporaine

Révolution française vignette|200px|Pont Vieux. Les troupes de l'armée révolutionnaire française occupent Sarrebruck en 1793. Par les traités de Campo Formio (1797) et de Lunéville (1801), la rive gauche du Rhin est donnée à la République française (puis à l'Empire). Sarrebruck devient française et n'est plus une ville frontalière.

Sarrebruck restera française jusqu'en 1815 : les Sarrebruckois, devenus Français, bénéficient donc des mêmes droits civiques que les autres citoyens français. Sarrebruck fait alors partie du département français de la Sarre dont le chef-lieu est Trèves.

Prusse vignette|200px|Monument à l'empereur Guillaume . En 1815, le congrès de Vienne donne la rive gauche du Rhin au royaume de Prusse. Sarrebruck devient prussienne et frontalière. Au cours du , la ville bâtit sa prospérité sur la révolution industrielle et la production d'acier. L'UNESCO a d'ailleurs classé comme patrimoine de l'humanité une aciérie de Völklingen, située à une dizaine de kilomètres de la ville.

Guerre de 1870

Après la déclaration de guerre par la France le , les troupes prussiennes se retirent d'abord de Sarrebruck ; les Français prennent la ville. Ces derniers construisent alors des postes fortifiés sur les hauteurs de Spicheren qui surplombent Sarrebruck. Cette victoire sera très exploitée par la propagande française. Le , les troupes prussiennes donnent l'assaut ( - trois fois plus de pertes côté allemand) : les Prussiens gagnent la bataille et reprennent la ville. Victorieux, le roi de Prusse Guillaume Ier est proclamé empereur allemand dans la galerie des Glaces du château de Versailles. Le traité de Francfort donne la Lorraine germanophone ainsi que Metz et sa région au nouvel empire. Sarrebruck n'est plus une ville frontalière.

Fusion de Sarrebruck, Saint-Jean et Malstatt Le , les villes jusqu'alors indépendantes de Sarrebruck, Saint-Jean et Malstatt-Burbach, décident de fusionner au . Cet acte donne naissance à la ville actuelle. Au , la ville nouvellement formée compte et est la allemande à l'ouest du Rhin. L'ancienne ville de Sarrebruck prend le nom de Vieux-Sarrebruck .

Traité de Versailles En 1914 éclate la Première guerre mondiale. Vaincue, l'Allemagne cède l'Alsace-Lorraine à la France dès la signature de l'Armistice. Sarrebruck redevient une ville frontalière. Après le traité de Versailles de 1919, le territoire de la Sarre est placé sous administration internationale pour , administré par la Société des Nations sous contrôle français. Sarrebruck devient la capitale de ce territoire controversé.

1935-1945 vignette|gauche|Défilé nazi 1940. vignette|Jour de marché à Sarrebruck peu de temps après la Seconde Guerre mondiale. En 1935, sous l'influence de la propagande nazie et sans que la France ne fasse rien pour convaincre les Sarrois de voter pour le rattachement à la République, la population se prononce à 90 % pour l'adhésion à l'Allemagne. La même année, Élisabeth Pitz, Miss Lorraine d'origine Sarroise, est élue Miss France, ce qui provoque une polémique. La jeune femme renonce à son titre. Entre 1937 et 1938, le Troisième Reich fait construire le théâtre national de la Sarre et agrandir la prison pour récompenser la ville de son vote massif en faveur du rattachement au Reich.

En 1940, la France est vaincue en quelques semaines par l'armée du Troisième Reich. Le département français de la Moselle est rattaché de fait à la région (Gau) dont Sarrebruck est le chef-lieu et qui prend le nom de Gau Westmark. Le camp de torture de Neue Bremm se trouvait dans cette localité. La prison d'avant-guerre reçoit de très nombreux déportés français Nacht und Nebel. Après jugement par la chambre itinérante () du Volksgerichtshof, les condamnés sont répartis entre des bagnes comme Sonnenburg ou des camps comme Sachsenhausen et Dachau.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Sarrebruck a été bombardée à plusieurs reprises par les Alliés. La vieille ville a été presque entièrement détruite. Au total, entre 1942 et 1945, ont été détruits et plus de ont été tuées.

Après-guerre : la Sarre indépendante (1947-1956) Le protectorat d'après-guerre permit aux autorités militaires françaises d'administrer la Sarre, ce qui fit qu'elle n’était plus officiellement incluse dans la zone d’occupation française en Allemagne. Elle ne fit donc plus partie de l’Allemagne dès et se dota d’une constitution le . Le territoire sarrois est alors reconnu comme indépendant au sein des institutions internationales.

Anecdotes peu connues : des timbres sarrois ont été mis en circulation ainsi qu’une monnaie spécifique, le franc sarrois (Saar-Franken) de 1954 à 1957 ;