La Thuringe ( ; ), officiellement l’État libre de Thuringe (), est un Land de la République fédérale d'Allemagne.
État fédéré situé au centre du pays, il est le douzième en nombre d'habitants et le onzième en superficie. Sa capitale est Erfurt et son ministre-président Mario Voigt.
Géographie Situation La Thuringe est située au centre de l'Allemagne et est bordée (à partir du nord et dans le sens des aiguilles d'une montre) par les länder de Basse-Saxe, Saxe-Anhalt, Saxe, Bavière et Hesse.
Son extension maximale est de du nord au sud et de d'est en ouest.
La Thuringe, surnommée le « cœur vert de l'Allemagne », est riche en forêts. En particulier, au sud-ouest, se situe la forêt de Thuringe (Thüringer Wald), une chaîne de moyennes montagnes qui s'étend d'Eisenach à Sonneberg. Elle se prolonge par les monts de Thuringe, entre Saalfeld et Sonneberg. Au nord de la forêt de Thuringe se situe un plateau. Au nord-ouest, il comprend une petite partie des montagnes du Harz. D'autres massifs de collines se situent en Thuringe : le Rhön, le Dün, le Kyffhäuser et le Hainich. La partie orientale est en général en plaine.
Les principales rivières sont : la Saale qui coule dans ses parties basses du sud vers le nord, l'Ilm, la Werra, l'Unstrut et l'Elster Blanc.
Le point le plus élevé de Thuringe est le Großer Beerberg qui culmine à ; le point le plus bas se situe à , près de Wiehe.
Le centre géographique de l’Allemagne se situe dans le nord-ouest du territoire de la Thuringe, dans la forêt nationale du Hainich, non loin de la ville de Mühlhausen en Thuringe.
Faune et flore
Environ sortes de plantes poussent en Thuringe. La forêt de Thuringe est emblématique de la région et lui a valu le surnom de Deutschlands grünes Herz . La principale essence qui la compose est l'épicéa mais on trouve aussi des sapins de Douglas, des mélèzes et des hêtres. La forêt de Thuringe a souffert et continue de souffrir de la pollution atmosphérique, notamment du fait des pluies acides.
La chaîne de collines du HainichLes données de ce paragraphe proviennent essentiellement des articles "Hainich" et "Nationalpark Hainich" de la wikipédia germanophone ainsi que du site officiel http://www.nationalpark-hainich.de/ présente un intérêt environnemental particulier qui explique la création du parc naturel national du Hainich en 1997. On y trouve la plus vaste forêt de feuillus d'Allemagne, qui présente une très grande variété de hêtres mais également de frênes, d'érables, de tilleuls et de rares alisiers torminaux. La faune du parc se compose d'une faune européenne commune ; on y trouve par exemple des chevreuils, des blaireaux, des grenouilles, des crapauds ou encore des sangliers. Mais on trouve aussi des chauves-souris ou des chats sauvages. Plus de 180 espèces d'oiseaux vivent dans le Hainich (pouillots siffleurs, pinsons des arbres, pics épeiches) mais aussi de très nombreuses espèces de papillons et d'insectes. Races domestiques originaires de Thuringe Âne de la forêt de Thuringe Barbu de Thuringe Bouclier de Thuringe Chamois de Thuringe Chèvre de Thuringe Hirondelle de Thuringe Selle de Thuringe
Climat
Démographie
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Villes
Les villes en Thuringe Position Ville Habitants District 31 décembre 1970 31 décembre 2000 30 juin 2005 1. Erfurt ville indépendante 2. Gera ville indépendante 3. Iéna ville indépendante 4. Weimar ville indépendante 5. Gotha Gotha 6. Eisenach ville indépendante 7. Nordhausen Nordhausen 8. Suhl ville indépendante 9. Altenbourg Pays-d'Altenbourg 10. Mühlhausen Unstrut-Hainich 11. Saalfeld Saalfeld-Rudolstadt 12. Ilmenau Ilm 13. Arnstadt Ilm 14. Rudolstadt Saalfeld-Rudolstadt 15. Apolda Pays-de-Weimar 16. Greiz Greiz 17. Sonneberg Sonneberg 18. Sondershausen Kyffhäuser 19. Meiningen Schmalkalden-Meiningen 20. Sömmerda Sömmerda
Histoire
Préhistoire On note des traces de peuplement de la région dès (). Un squelette d' (Néandertalien) datant de est trouvé près de WeimarEhringsdorf sur britanncia.com.Page archéologique..
Moyen Âge
La Thuringe porte le nom des Thuringes qui occupent son territoire vers le . Passé sous domination franque au , elle forme à partir de 1130 un landgraviat du Saint-Empire romain germanique.vignette|L'abbaye de Paulinzella, construite en 1106.
À la suite de l'extinction des comtes (landgraves) de Thuringe en 1247, avec la mort d'Henri le Raspon, et à l'issue de la guerre de Succession de Thuringe (de 1247 à 1264), la partie occidentale devient indépendante sous le nom de Landgraviat de Hesse. Le reste de la Thuringe revient aux margraves de Misnie, de la maison de Wettin, et est ainsi le noyau du troisième duché de Saxe et du royaume de Saxe. Quand la maison de Wettin se divise en les branches ernestine et albertine en 1485, la Thuringe revient à la première, et se subdivise par la suite en de multiples micro-États en raison de la tradition saxonne de partager l'héritage entre les héritiers masculins : on appelle ces États les duchés saxons. Les plus importants sont les États de Saxe-Weimar, Saxe-Eisenach, Saxe-Iéna, Saxe-Meiningen, Saxe-Altenbourg, Saxe-Cobourg et Saxe-Gotha. La Thuringe ne devient alors plus qu'un simple concept géographique.
Temps modernes
La Réforme Au cours de la Réforme, la Thuringe devient protestante. La foi catholique est abolie dès 1520 : les prêtres sont expulsés et les monastères détruits. Les anabaptistes recrutent dans la région de Mühlhausen où est actif Thomas Müntzer, figure de proue d'une branche de ce mouvement. Seuls demeurent catholiques le district d'Eichsfeld, contrôlé par l'électorat de Mayence, et à un moindre degré, la ville et les alentours d'Erfurt.
Époque contemporaine
Le
vignette|left|Napoleonstein, monument commémoratif de la bataille de Napoléon à Iéna. Napoléon commence à réorganiser ces territoires lors de la création de la confédération du Rhin en 1806. Cette réorganisation est poursuivie au congrès de Vienne de 1814 à 1815 avec la création de la Confédération germanique. Les États de Thuringe faisant partie de l'Empire allemand sont ceux de Saxe-Weimar-Eisenach, Saxe-Meiningen, Saxe-Altenbourg, Saxe-Cobourg et Gotha, Schwarzbourg-Sondershausen, Schwarzbourg-Rudolstadt et les deux principautés de Reuss (Reuss branche aînée et Reuss branche cadette), par la suite fusionnées au sein d'un éphémère État populaire de Reuss.
Le En 1920, sous la république de Weimar, ces États fusionnent en un seul, appelé Thuringe, avec pour capitale Weimar, à l'exception de la Saxe-Cobourg qui vota pour un rattachement à la Bavière. À cette époque, la région est l'un des principaux foyers d'agitation révolutionnaire. En octobre 1923, le KPD entre au gouvernement de l'État de Thuringe et tente d'établir une république des conseils. Éphémère, celle-ci est renversée par l'intervention militaire du Reich qui rétablit un gouvernement social-démocrateGeiss Peter, Henri Daniel, Le Quintrec Guillaume (dir.), Histoire/Geschichte, l'Europe et le monde du Congrès de Vienne à 1945, Manuel d'Histoire franco-allemand, Premières L/ES/S, Paris, Nathan/Klett, 2008, page 244. Voir aussi Histoire du Parti communiste d'Allemagne.. Aux élections en Thuringe du , le parti nazi (NSDAP) passe pour la première fois la barre des 10 % (11,3 %), ce qui lui permet une première participation à un gouvernement local : Wilhelm Frick devient ministre de l'Intérieur et de l'Éducation. L'expérience n'est guère concluante et Frick est démis de son poste moins d'un an plus tardIan Kershaw, Hitler, Flammarion, 2008, p. 242-243. La collaboration entre nazis et conservateurs, en 1930, prépare la chute de la république de Weimar.
En 1937, le camp de concentration de Buchenwald est ouvert près de Weimar. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la Thuringe subit de nombreux dégâts, en particulier les villes d'Iéna et Nordhausen qui sont sévèrement bombardées. Bien que les Américains libèrent les premiers la Thuringe en avril 1945, le land de Thuringe est attribué à la zone d'occupation soviétique à partir de juillet 1945. Les Soviétiques lui rattachent une partie de la Saxe prussienne (Erfurt, Mühlhausen et Nordhausen). Erfurt devint la nouvelle capitale du land. Les premières élections au Parlement de Thuringe ont lieu en 1946.
En 1949, la République démocratique allemande est créée et la Thuringe y est rattachée. En 1952, la République démocratique allemande procède à la dissolution des länder, qui sont remplacés par des districts (Bezirke) : en Thuringe, les districts d'Erfurt, de Gera et de Suhl. La frontière avec la Bavière au sud a constitué alors, pendant la guerre froide, une partie du rideau de fer, particulièrement bien visible au musée du mur de Mödlareuth.
L'État de Thuringe est restauré, dans des frontières presque identiques, lors de la réunification de l'Allemagne en 1990. En 1993, elle se dote d'une nouvelle Constitution et devient l'État libre de Thuringe (Freistaat Thüringen).
Les entreprises publiques de l'ex-RDA sont regroupées au sein d’un organisme dit fiduciaire, la Treuhand, qui s'emploie à les privatiser en peu de temps. Les grands groupes ouest-allemands ont pu accaparer les entreprises stratégiques de l’Est, tout en faisant disparaitre les moins rentables. En Thuringe, le processus va entrainer une désindustrialisation massive. Certains progrès sociaux sont supprimés, tels que l'acquis est-allemand donnant aux femmes les mêmes droits et salaires que leurs homologues masculins. Le réseau de crèches et de jardins d’enfants est en grande partie démantelé. Dans l’immobilier, une loi privilégiant la restitution des biens aux familles ouest-allemandes qui pouvaient en afficher la preuve, en remontant parfois sur trois ou quatre générations, a conduit à l’expropriation d'un grand nombre de personnes. La population de la région décroit progressivement.
Administration
Le land de Thuringe est administré par la Constitution de l'État libre de Thuringe du .
À l'image des autres länder allemands, il fonctionne selon le principe de la démocratie parlementaire, le Landtag exerçant le pouvoir législatif et le gouvernement, dirigé par le ministre-président, le pouvoir exécutif. La cour d'appel régionale siège à Iéna.
Politique Depuis sa reconstitution, le , la Thuringe est dominée par l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU). Majoritaire au Parlement régional dès les élections du , la CDU a d'abord gouverné en coalition avec le Parti libéral-démocrate (FDP) jusqu'en 1994, puis avec le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) pendant les cinq ans qui suivent. En 1999, elle remporte la majorité absolue au Landtag, confirmée en 2004. Aux élections de 2009, elle recule fortement mais se maintient au pouvoir grâce à une nouvelle alliance avec le SPD.
Le premier ministre-président du Land était Josef Duchač, contraint à la démission en 1992. Il est alors remplacé par Bernhard Vogel, ancien ministre-président de Rhénanie-Palatinat, qui se maintient au pouvoir jusqu'en 2003, lorsque lui succède Dieter Althaus. Après le mauvais résultat de 2009, ce dernier choisit de démissionner. Il cède la place à Christine Lieberknecht, qui devient la première femme à diriger un Land dans l'ancienne République démocratique allemande.
Après les élections de septembre 2014, les forces de gauche décident de constituer une coalition rouge-rouge-verte dirigée par Bodo Ramelow, chef de file de Die Linke. Bien que cette alliance ne dispose que d'une fragile majorité de 46 députés sur 91, ce dernier est investi ministre-président le 5 décembre suivant. Il est alors le premier chef de gouvernement issu d'un parti de la gauche radicale en Allemagne.
Lors des élections d'octobre 2019, Die Linke atteint 31 % des voix, en progression de trois points. Le parti d’extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD), fondant son discours sur le rejet des migrants, se place en deuxième position avec 24 % des voix, bénéficiant notamment du sentiment de déclassement social d'une grande partie de la population.