vignette|325x325px|Dents fossiles de Carcharodon carcharias du miocène provenant, à gauche du Pérou et à droite des USA. Collection Max Rouger. Le Grand requin blanc (Carcharodon carcharias) est une espèce de requins de la famille des Lamnidae et de l'ordre des Lamniformes (et non des Carcharhiniformes car il est dépourvu de paupières nictitantes). Il est le seul représentant actuel du genre Carcharodon.

Par sa taille maximale supérieure à six mètres de long (on suppose qu'il peut atteindre une taille encore supérieure), c'est l'un des plus grands poissons existants et un des plus grands prédateurs vivant actuellement dans les océans. L'orque est en effet son unique prédatrice documentée à l'âge adulte. La population des Grands requins blancs a diminué de 75 % dans l’Atlantique Nord-Ouest entre 2008 et 2018..

Le Grand requin blanc a une alimentation très variée : pinnipèdes, poissons, tortues marines, cétacés

Le Grand requin blanc est considéré comme le requin le plus dangereux, devant le Requin-tigre et le Requin-bouledogue, puisqu'il est responsable du plus grand nombres d'attaques contre les humains, même si elles sont rares et que la grande majorité d'entre elles ne sont pas mortelles.. Il n'est pourtant pas un « mangeur d'hommes ». Ce type de requin est connu du grand public pour avoir été le sujet du best-seller Les Dents de la mer de Peter Benchley et de son adaptation cinématographique par Steven Spielberg.

Description Mesures Le grand requin blanc mesure en moyenne de de long. À approximativement , âge de sa maturité sexuelle, il mesure . Les grands requins blancs en mer Méditerranée sont plus massifs que leurs cousins océaniques. Les femelles sont matures plus tard, à environ et mesurent alors ..

La taille du plus grand spécimen jamais pêché a fait l'objet d'un grand nombre de débats, de conjectures et de fausses informations ..

Pendant des décennies, le livre Guinness des records, ainsi que les travaux de nombreux ichtyologues, présentaient deux spécimens comme les plus grands jamais capturés : l'un de capturé dans les eaux sud australiennes près de Port Fairy dans les années 1870, et l'un de capturé au Nouveau-Brunswick, Canada dans les années 1930. Richard Ellis et John E. McCosker, dans leur livre (1991), dédient un chapitre entier à ce sujet. Ils concluent que le plus grand spécimen jamais capturé et mesuré correctement devait faire (mesuré à plat sur le sol et non suspendu à un filin) pour . Il a été pêché à Cuba en 1945. Le requin blanc de , capturé en 1987 à Malte, ne devait mesurer d'après les experts qu'entre Klimley, Peter; Ainley, David (1996). Great White Sharks: The Biology of Carcharodon carcharias. Academic Press. ..

Concernant les records non vérifiés de plus de , Richard Ellis et John E. McCosker doutent de la fiabilité des mesures, notant qu'elles étaient trop importantes en les comparant aux très grands requins blancs avérés que l'on a pu répertorier. Le requin blanc de prétendument pêché au (Canada) a été mal identifié, car il s'agissait d'un requin pèlerin, ayant un corps de forme similaire au requin blanc. La question du requin blanc de de Port Fairy dans les eaux australiennes a été réglée dans les années 1970, lorsque J. E. Reynolds a examiné les mâchoires du requin et a conclu qu'il ne faisait que de long. Il a suggéré qu'une erreur avait été commise dans l'enregistrement original en 1870.

Pour conclure, la taille maximale est estimée à de long tout au plus, par des spécialistes comme l'Italien Alessandro de Maddalena, mais les grands requins blancs de plus de sont extrêmement rares. Aucun grand requin blanc atteignant les n'a jamais été capturé.

En France, à Sète, le , une femelle est pêchée. Cette dernière mesure 5,90 mètres et pèse alors environ 2 tonnes (le muséum de Lausanne fait l'acquisition de ce spécimen ; une reproduction en plâtre est visible en ce musée.).

La masse du Grand requin blanc mâle varie entre . Celui de la femelle est compris entre . Ellis et McCosker écrivent en ce qui concerne la masse des requins blancs et concluent qu'ils peuvent peser jusqu'à mais notent également que le plus lourd pesé scientifiquement pesait .

« » est le surnom donné à l'un des plus grands spécimens de requin blanc jamais observés à partir de l'année 2013. Il s'agit d'une femelle vivant au large de l'île Guadalupe (Mexique). Sa taille est estimée à , soit ..

Ce requin femelle fascine aussi bien les scientifiques que le grand public. L'une des vidéos faites en 2013 par le biologiste marin Mauricio Hoyos Padilla et mise en ligne sur YouTube en a déjà été vue plus de de fois au , date de sa présentation au JT de 20 heures de France 2.

Il s'agit d'un requin femelle, dont l'imposante taille donne à penser qu'elle a environ 50 ans.

Or, pour mettre bas, les requins femelles se rapprochent des côtes afin de libérer leurs petits dans des eaux peu profondes, où il y a moins d'animaux prédateurs et où la nourriture est plus abondante. Mais ces zones proches des côtes sont très exposées à plusieurs menaces humaines.

En 2015, le biologiste Mauricio Hoyos Padilla et son association Pelagios-Kakunjá souhaitent donc réunir des dons pour sécuriser les endroits où les requins femelles mettent bas, en taguant les requins femelles en vue de créer une base de données permettant de développer de nouvelles stratégies de conservation près des côtes de l'île Guadalupehttp://www.leparisien.fr/environnement/video-des-images-de-deep-blue-l-un-des-plus-grands-requins-blancs-jamais-observes-14-08-2015-5010747.php| Des images de Deep Blue, l'un des plus grands requins blancs jamais observés (leparisien.fr, 14/08/2015).http://www.e-adrenaline.fr/eau/actualites/video-nouvelles-images-de-deep-blue-l-un-des-plus-grands-requins-blancs-au-monde/6818%7C Vidéo : Nouvelles images de Deep Blue, l'un des plus grands requins blancs au monde (e-adrenaline.fr, 14/08/2015)...

Nicole et Lydia En 2004, une femelle grand requin blanc, surnommée Nicole, parcourt l'hémisphère sud. Puis en 2013, une autre femelle, surnommée Lydia, traversant l'Atlantique, devient la coqueluche des réseaux sociaux comme .

Morphologie générale vignette|gauche|Squelette d'un Grand requin blanc.

Le Grand requin blanc possède un museau conique assez long. Ses dents sont plates, triangulaires, dentelées et peuvent mesurer de longueur au maximum ( dépassant des « gencives »). S'il advient qu'une dent tombe, une autre de la rangée arrière (ses mâchoires sont pourvues de quatre à six rangées), qui est inclinée vers l'intérieur, s'avance vers l'avant de la mâchoire pour prendre sa place. Seules les deux premières rangées sont fonctionnelles.

Les mâchoires du Grand requin blanc mesurent de largeur pour un spécimen de six mètres (il s'agit de la largeur totale, la largeur de la bouche sur un requin vivant de étant de ).

En 2008, il a été estimé que le plus gros spécimen de Grand requin blanc répertorié pouvait exercer une force de (environ ) entre ses mâchoires. Bien qu'elle n'ait pas été directement mesurée sur un spécimen vivant, elle constituerait néanmoins une des plus importantes du règne animalhttps://faculty.washington.edu/fishguy/Resources/Research_PDFs/2008-great-white-shark-jaw-bite.pdf.

vignette|Le Grand requin blanc doit son nom à la couleur blanche de sa face ventrale, contrastant avec la couleur grise de sa face dorsale.

Les fentes branchiales, très longues, n'encerclent pas la tête. Elles précèdent les nageoires pectorales falciformes bien développées, ainsi que des fossettes précaudales et de fortes carènes caudales, caractéristiques des Lamnidae. La nageoire caudale est courte, presque symétrique en forme de croissant. L'espérance de vie est évaluée par la pollution radioactive à pour les femelles et à pour les mâles.. Il possède entre 44 et 52 dents.

Le Grand requin blanc possède une ouïe et un odorat très sensibles. Il est capable de sentir une goutte de sang dans plus de de litres d'eau et d'entendre une proie à de distance. De plus, sous le museau, des récepteurs sensibles aux champs magnétiques lui permettent de détecter les basses fréquences à plusieurs centaines de mètres. Ce sont les ampoules de Lorenzini. Elles lui permettent, entre autres, de détecter des animaux en détresse. Il faut également savoir que le grand expert du Grand requin blanc, Andre Hartmann (le premier homme à nager et toucher le grand prédateur hors d'une cage) a découvert qu'en touchant ces ampoules, le requin devient quasiment inoffensif et se laisse dériver pendant quelques secondes le ventre à la surface. Il a aussi une vue supérieure à l'homme. Bien qu'il ait effectivement une vue supérieure, sa vue de près reste néanmoins mauvaise, et c'est pourquoi dans certains cas une proie très proche de lui peut lui échapper, du fait qu'il ne l'aperçoit pas immédiatement. Ou bien qu'il puisse confondre des objets flottants avec des proies (telles que les tortues). En revanche, sa vue de loin reste excellente et d'une très grande précision. Il fait partie des rares espèces de poissons capable d’utiliser sa vue à l’air libre : des Grands requins blancs vivant à proximité de colonies de phoques ont ainsi été vus avec la tête émergée de façon à observer les phoques réfugiés sur des rochers.

Contrairement à d'autres requins, le Grand requin blanc n'a pas de paupières. C'est pourquoi il roule ses yeux en arrière lors d'une attaque.

Etymologie et appellation

alt=Old photo of a dead shark lying belly up on a beach.|gauche|vignette|Le nom « grand requin blanc » provient probablement de la face ventrale blanche visible des requins échoués.

Le nom scientifique générique, Carcharodon, combine deux mots grecs. Le préfixe carchar- est dérivé de κάρχαρος (kárkharos), qui signifie « pointu » et le suffixe -odon est dérivé de ὀδών (odṓn), qui se traduit par « dent ». L’ épithète spécifique carcharias provient de καρχαρίας (karkharías), signifiant requin en grec ancien... Le grand requin blanc est l’une des espèces décrites initialement par Carl von Linné dans la 10e édition de son , parue en 1758, sous le nom scientifique Squalus carcharias, Squalus étant le genre dans lequel il plaçait tous les requins. Dans les années 1810, La communauté scientifique reconnaissait que le requin devait être placé dans un nouveau genre, mais ce n'est qu'en 1838 que Sir Andrew Smith a créé le nom Carcharodon pour ce nouveau genre.

Avant Linné, plusieurs tentatives de description et de classification du grand requin blanc ont été entreprises. L'une des premières mentions de ce requin en tant qu'espèce distincte apparaît dans l'ouvrage de Pierre Belon, paru en 1553. Il y illustre et décrit le requin sous le nom de Canis carcharias, en raison de la forme irrégulière de ses dents et de sa supposée ressemblance avec un chien. Guillaume Rondelet le nommera Lamia, d'après le monstre mangeur d'enfants de la mythologie grecque, dans son ouvrage en 1554. Ce livre l'identifie comme le poisson qui a avalé le prophète Jonas dans les textes bibliques. Répartition et habitat thumb|Aire de répartition cosmopolite du Grand requin blanc. thumb|gauche|Un Grand requin blanc près de l'île Guadalupe.

L'habitat du Grand requin blanc est principalement côtier dans les eaux tempérées, mais il a aussi été observé en zones épipélagiques dans l'océan. C'est un amateur des eaux peu profondes, mais un spécimen a cependant été pêché sur une longue ligne de . Il aime toutefois évoluer dans plus de de fond, ce qui explique, en partie, pourquoi il y a plus d'attaques de ce requin sur les côtes où l'on atteint très vite des grandes profondeurs. Il possède une faculté d'adaptation aux températures très importantes. Il peut réguler la température de son corps jusqu'à au-dessus de la température ambiante, ce qui explique sa présence dans des eaux parfois relativement froides.