Ploudalmézeau , ou Gwitalmeze en breton, est une commune du département du Finistère, en région Bretagne. Elle appartient à Pays d'Iroise Communauté et comprend deux pôles, l'un rural autour du bourg, l'autre maritime à Portsall, avec un port dans une ria. La côte se caractérise par un littoral préservé ; de petites criques, des dunes et de grandes plages de sable comme celle de Treompan. Cette côte, bordée par la mer Celtique, a connu une catastrophe maritime et écologique avec le naufrage du pétrolier Amoco Cadiz à Portsall le .
Géographie
Localisation La principale caractéristique de la commune est d'avoir deux centres agglomérés principaux, distants de quatre kilomètres, le bourg de Ploudalmézeau à l'est et Portsall, à l'ouest, au bord d'une ria de deux kilomètres de long, qui est appelé lAberig (le petit aber), probablement par comparaison avec ses voisins plus larges et plus longs (l'aber-Ildut au sud, l'aber-Benoît et l'aber-Wrac'h, à l'ouest).
Il en résulte une dualité caractéristique des communes côtières, entre une population qui a vécu, au long de l'Histoire, uniquement de l'agriculture, et une autre tirant tout ou partie de ses ressources de la mer, non seulement de la pêche, mais aussi de la récolte du goémon. vignette|left|Carte de la commune de Ploudalmézeau.
Géologie et relief La superficie de la commune est de ; son altitude moyenne est de , variant de .
L'intérieur du finage communal est constitué par un morceau du plateau granitique du Léon, en pente douce vers le nord, et atteignant jusqu'à d'altitude dans sa partie sud. Ce plateau est drainé par de minuscules fleuves côtiers dont les principaux sont celui qui se jette dans l'anse de Kersaint et qui limite à l'ouest la commune, la séparant de celle de Landunvez, et le Gouer ar Frout, qui limite à l'est la commune, la séparant de celle de Lampaul-Ploudalmézeau. Le bourg de Ploudalmézeau, excentré dans la partie est du territoire communal, est situé à une altitude d‘environ .
La côte est principalement rocheuse, composée de granite (le granite de Ploudalmézeau est un granite à deux micasLouis Chauris, Sur la structure des massifs granitiques du Nord-Ouest du Pays de Léon, "Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences", avril 1965) et extrêmement découpée (de l'ouest vers l'est, les pointes du Guilligui, de Croas-ar-Rheun, de Penvir, d'Énez Koun, de Porsguen, de Cléguer, de Téven (alignement de rochers de Carrec Cros) alternent avec des plages dont les principales sont celles de Prat Léac'h-Kerros, de Tréompan et des Trois-Moutons). De nombreux écueils et îlots rendent la navigation très dangereuse. L'estuaire sur lequel est installé Portsall et la petite anse de Pors Guen offrent des mouillages abrités accessibles par des chenaux soumis aux aléas des marées, l'estran, par endroits sableux (les dunes de Tréompan occupent un espace en partie boisé et atteignent d'altitude), par endroits rocheux, découvrant largement à marée basse. Sur l'estran situé devant les dunes de Tréompan, de la tourbe et même des anciens arbres affleurent par très basse mer : d'après la datation au carbone 14, cette végétation fossilisée remonterait à environ à ans avant notre époqueMarie-Thérèse Morzadec-Kerfourn, Variations de la ligne de rivage armoricaine au Quaternaire : analyses polliniques de dépôts organiques littoraux, 1974.
Les îles Le littoral présente de nombreux îles et îlots, parmi lesquels l'île Carn, un îlot côtier accessible à marée basse, situé au large de Portsall et qui abrite un cairn du NéolithiqueP.-R. Giot, J. L'Helgouach, Le cairn de l'île Carn, en Ploudalmézeau, Bulletin de la Société archéologique du Finistère, tome LXXX, année 1954, mais aussi les îles Koun, l'île Longue (enez hir), Carrec Cros, et l'île verte.
Habitat
Le bourg est situé à une certaine distance de la côte, sur un plateau : c'est là une caractéristique commune à de nombreuses communes littorales bretonnes (par exemple à Plouguerneau, Landunvez, Plouarzel, Ploumoguer, etc.), les premiers émigrants bretons fixèrent le centre de leurs plous à l'intérieur des terres, probablement par crainte des pirates saxons. L'habitat rural est traditionnellement dispersé en un certain nombre d'écarts formés de fermes isolées et de hameaux, dont le principal est celui de Portsall, développé autour du port. Le bourg est traditionnellement un des plus gros bourgs du Léon : en 1889, il avait déjà une population agglomérée de habitants.
Le nombre de logements sur la commune a été estimé à en 2014 : de ces logements sont des résidences principales, des résidences secondaires ou occasionnelles ainsi que de logements vacants. La rurbanisation est importante en raison de l'attractivité balnéaire autour de Portsall, mais aussi en arrière des dunes de Tréompan (quartiers de Kervao, Tréompan, La Flosque). Une extension urbaine en doigt de gant le long de la reliant le bourg à Portsall est nettement perceptible, notamment dans le quartier de Kerneuzet. La partie sud de la commune, plus éloignée du littoral, échappe à cette rurbanisation.
Voies de communication et transports
Ploudalmézeau est desservie principalement par la , qui relie la commune, via Lanrivoaré, à Saint-Renan et à l'agglomération brestoise et se prolonge vers l'ouest jusqu'à Porsall. La commune est aussi desservie par la , qui vient de Tréglonou et se dirige vers Plourin. Une rocade contourne désormais le bourg par l'est et le sud.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Kouer er Frout et divers autres petits cours d'eau.
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de PloudalmézeauLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Ploudalmézeau est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Ploudalmézeau, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Brest, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
La commune, bordée par la Mer Celtique, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d'urbanisme s'y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l'équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles ( en 2018), en diminution par rapport à 1990 (). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (), terres arables (), zones urbanisées (), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (), prairies (), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (), espaces verts artificialisés, non agricoles (), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (), zones humides côtières ().. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom breton de la commune est Gwitalmeze.
Au cours de l'histoire, on rencontre les appellations suivantes : Plebs Telmedovia en 884, Ploue Telmedou, Ploue Telmedzo, Ploedalmezeu vers 1330, Ploedalmezeau en 1467 et Guytalmezeau en 1544.
L'étymologie est incertaine : Ploudalmezeau viendrait de plebs (paroisse en latin) devenu plou en breton, et de tel (bosse) et medovie (milieu) ; Telmedovia peut dériver de tel medovio, « devant le milieu, la plaine » et s'est rapproché du breton meze, maez, « les champs » ; en breton parlé, le Plou (paroisse entière) aurait été remplacé par Gwi (le bourg, issu du radical latin vicus)..
Histoire Préhistoire Le cairn de l'île Carn, d'une circonférence de , possède une chambre mortuaire particulièrement bien conservée.
Le dolmen du Guilliguy et son menhir dressé sont classés monuments historiques par arrêté du . À côté du dolmen, au nord, un affleurement rocheux porte 7 cupules disposées en marelle.
Un biface, trouvé à Théven-Camporou, date de l'AcheuléenYvon Guermeur, Bernard Hallegouet et Jean-Laurent Monnier, Le biface de Théven-Camporou (Ploudalmézeau) et l'Acheuléen dans le Finistère, "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1988.
Antiquité
Des restes de maçonnerie gallo-romaine, ainsi que deux sarcophages, ont été trouvés à Ploudalmézeau en 1909"L'Homme préhistorique : revue mensuelle illustrée d'archéologie et d'anthropologie préhistoriques", août 1909.
Moyen Âge Selon Arthur de La Borderie, c'est à Portsall, vers l'an 517, près d'une roche nommée Ar Marc'h Du (Le Cheval Noir), que saint Pol Aurélien, venant de Bretagne insulaire (précisément du Pays de Galles), aurait débarqué sur le continent après un séjour sur l'île d'Ouessant. Un autre lieu possible du débarquement est Melon en Porspoder. Saint Pol séjourna à Telmedonia (Ploudamézeau) assez longtemps, puis établit son ermitage à Lanna Pol (Lampaul-Ploudalmézeau).