Plounéour-Trez est une ancienne commune située sur la côte nord du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Le , elle fusionne avec Brignogan-Plages pour former la commune nouvelle de Plounéour-Brignogan-plages. Géographie Localisation Plounéour-Trez est une commune littorale de la Manche formant une légère presqu'île entre la Baie de Goulven et l'Anse de Pontusval, marquée par quatre pointes (Beg en breton) peu prononcées : Pointe de Kerguélen, Beg Culéren, Beg ar Groaz et Beg an Toullou (celle de Beg ar Scaf est en Brignogan-Plages), enserrant des longues plages (Kerurus, Menhir et Lividic) ; la côte est à dominante sableuse, marquée par des dunes basses, surtout dans sa partie orientale faisant face à l'Anse de Goulven qui découvre largement à marée basse ; il devient plus rocheux vers le nord-ouest, à l'approche de Brignogan, et particulièrement au niveau des pointes.

Relief et géologie D'assez vaste superficie (), la commune possède une campagne assez étendue, plate pour l'essentiel, sauf dans sa partie sud-ouest qui atteint d'altitude près du hameau de Toulran, mais la majeure partie du finage communal est à moins de d'altitude.

Lieux-dits et hameaux vignette|Le bâtiment de l'ancienne gare de Plounéour-Trez, située au lieu dit La Gare. L'habitat rural est dispersé en de nombreux hameaux comme ceux de Kervillo, Kerurus, Menbleïz, etc. dans sa partie nord, de Tréberre, Mentoull, Kerbreslaouen, Menmeur, etc. dans sa partie ouest, de Trégueiller, Roudouan, le Cléguer, Trévigny, etc. dans sa partie sud ; le lieu-dit La Gare s'explique par l'existence de la ligne de Landerneau à Brignogan (1891-1946) des Chemins de fer départementaux du Finistère, dont le tracé est en partie repris par le sentier de grande randonnée GR 34.

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Plebs Enemori (Eneuuori) aux ., Ploeneour in littore vers 1330, Plouneour Ystrez en 1422, Ploencour Istreas en 1481, Ploeneourys-Treaz en 1486.

Le nom breton de la commune est Plouneour-Trez, c'est-à-dire "paroisse" (le mot breton ploue signifie paroisse) de saint Enéour de la Plage (trez en breton signifie "sable", "plage"), pour la distinguer de Plounéour-Ménez, littéralement « paroisse de saint Enéour de la montagne ».

Histoire Préhistoire et Antiquité thumb|left|Adrien Dauzats : Dolmen à Plounéour (dessin publié en 1845-1846) 1 thumb|Adrien Dauzats : Dolmen à Plounéour (dessin publié en 1845-1846) 2 Un habitat et un dépôt, contenant entre autres des fosses à coquillages et des poteries (en particulier un grand vase à fond plat), datant de l'Âge du bronze ont été trouvés sous les dunes littorales, de formation récente, de la plage du Lividic, particulièrement à la suite des tempêtes de l'hiver 1966-1967Bernard Hallegouet, Pierre-Roland Giot et Jacques Briard, Habitat et dépôt de l'âge du Bronze au Lividic en Plounéour-Trez (Finistère), revue "Annales de Bretagne", année 1971, consultable http://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1971_num_78_1_2598.

La stèle de l'Âge du fer de Menmeur en Plounéour-Trez a été découverte fortuitement en 1962 lors de travaux agricoles ; de forme tronconique et haute de en comptant son socle enterré, elle présente à son sommet un disque plat légèrement débordant ; elle est couverte de dessins géométriques désormais à peine lisibles, les plus nombreux étant des losangesAnne Villard et Marie-Yvane Daire, "Les stèles de l'Âge du Fer à décors géométriques et curvilignes. État de la question dans l'Ouest armoricain", Revue archéologique de l'Ouest, , 1996, consultable http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rao_0767-709x_1996_num_13_1_1044. La commune possède aussi un dolmen et un menhir.

Émile Souvestre évoque en 1836 les ruines d'un immense dolmen, disparu depuis : « Près du village des rochers (Kerroc'h), les ruines d'un immense dolmen de de long sur 15 de large. Les habitans [orthographe respectée] du pays vous diront que ce sont des jeunes filles ainsi transformées pour avoir continué à danser quand le Saint-Sacrement passait ». Le Chevalier de Fréminville décrit en 1844 ce « dolmen gigantesque, mais malheureusement mutilé ; sa plate-forme ayant été détruite, ses pierres verticales, au nombre de quatorze, dont la plus grande à un mètre soixante-dix centimètres d'élévation, sont disposées en trapèze sur une longueur de onze mètres cinq centimètres et une largeur de quatre mètres cinquante-cinq centimètres.

Moyen Âge Selon le Chevalier de Fréminville la paroisse de Plounéour-Trez fut « de tout le Léonnais, celle où le Christianisme pénétra le plus tard et le plus difficilement. Toutes celles qui l'environnent étaient depuis longtemps chrétiennes que ses féroces habitants persistant dans les erreurs de l'idolâtrie. Aussi cette paroisse est-elle encore désignée, par les paysans des autres circumvoisines, par le nom de Lan ar Pagan, la terre, le pays des païens.

Époque moderne Les redevances féodales thumb|La Baie de Goulven et l'Anse de Kernic entre 1771 et 1785 La paroisse de Plounéour-Trez était redevable de dîmes inféodées : la dîme du Mennat était de 166 livres par an, celle du Folgoët de 304 boisseaux de froment, mesure comble de Lesneven, et de 146 boisseaux d'orge. Ces dîmes furent supprimées par l'Assemblée constituante en 1789A. Dupuy, Plounéour-Trez et Plouguerneau, deux communes du Finistère pendant la Terreur, revue "Annales de Bretagne" , juillet 1887, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k214901w/f31.image.

La récolte du goémon thumb|180 px|Habitants de Plounéour-Trez (dessin de 1844). La collecte du goémon a suscité pendant des siècles de nombreuses querelles entre les habitants des paroisses littorales, comme l'écrit Antoine Favé :

La réputation d'être des naufrageurs Longtemps, Plounéour et l'ensemble du Pays pagan ont eu la réputation, probablement exagérée, d'être des naufrageurs ; un auteur non précisé écrit par exemple en 1901 : « Pendant plusieurs siècles et jusqu'à ce que Louis XIV réprimât leurs sinistres exploits, Lannilis, Kerlouan, Guissény, Kertugal [Pontusval], Plounéour et bien d'autres lieux ne furent que des repaires de naufrageurs. Tous les hommes y étaient associés pour conspirer la perte d'autres hommes. (...) Les habitants étaient plus à craindre que les écueils parmi lesquels, le couteau au poing, ils guettaient les épaves et les naufragés »Auteur non précisé, Les rivales amies, "Revue du monde catholique", décembre 1901, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5658250w/f319.image.r=kerlouan.langFR.

En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Plouncourtrez [Plounéour-Trez] de fournir 45 hommes et de payer 295 livres pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne »"Ordonnance... portant imposition pour la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne", 1759, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97412315/f8.image.r=Plovan.

Les épidémies Une épidémie de fièvre typhoïde sévit, comme dans la plupart des paroisses voisines, à Plounéour-Trez en 1775, y faisant cette année-là 65 mortsA. Dupuy, Les épidémies en Bretagne au , revue "Annales de Bretagne", novembre 1886, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k214900h/f47.image.r=Kerlouan.langFR.

L'élevage des chevaux A. Dupuy écrit : « La commune de Plounéour-Trez (...) est habitée par une population active et intelligente, qui a pour spécialité l'élevage du cheval. Les paysans achètent de jeunes chevaux qui, grâce à une nourriture particulière, aux pâturages salins et aux bains de mer, deviennent rapidement des animaux magnifiques, très recherchés pour la remonte de la cavalerie »A. Dupuy, Plounéour-Trez et Plouguerneau, deux communes du Finistère pendant la Terreur, revue "Annales de Bretagne" , juillet 1887, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k214900h/f522.image.r=PLouguerneau.langFR.

La Révolution française Le premier maire de Plounéour-Trez fut son recteur, l'abbé François Perrot. Yves Calvez, du hameau de Kermoné, lui succède le , puis Jean Abjean Uguen le , remplacé en raison de son âge et de ses infirmités par Guillaume Noël le . Le , deux officiers publics, chargés de tenir l'état-civil, sont nommés : Jacques Jacq et Goulven Bihan-Poudec, deux notaires.

Le recteur et les trois vicaires de Plounéour-Trez refusèrent de prêter serment de fidélité à la Constitution civile du clergé et restèrent cachés pendant toute la Terreur. La municipalité refuse de reconnaître la validité de l'élection de prêtres constitutionnels, « la paroisse ne veut et n'accepte que l'abbé François Perrot, son recteur actuel » et les commissaires envoyés par le district trouvèrent « une grande affluence du peuple (...) à la messe inconstitutionnelle». Le , l'abbé Ursin Le Gall, prêtre jureur, est nommé, mais subit l'indifférence complète des fidèles à son égardA. Dupuy, Plounéour-Trez et Plouguerneau, deux communes du Finistère pendant la Terreur, revue "Annales de Bretagne" , juillet 1887, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k214900h/f529.image.r=Plouguerneau.langFR.

En 1793, la commune de Plounéour-Trez n'obéit qu'avec réticence aux ordres de réquisition des biens d'église et n'envoie à Lesneven qu'une partie de l'argenterie de ses chapelles, mais reçoit en l'ordre d'obéir dans les 24 heures « sous peine d'exécution militaire »A. Dupuy, Plounéour-Trez et Plouguerneau, deux communes du Finistère pendant la Terreur, revue "Annales de Bretagne" , juillet 1887, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k214900h/f526.image.r=Plouguerneau.langFR. La municipalité est aussi contrainte de faire abattre les cloches de l'église, malgré ses protestations : « Ne pouvant plus assembler le conseil par le son de ses cloches », la commune est contrainte « de nommer un piéton, postillon ou héraut, tant pour assembler le conseil en cas d'affaire pressante que pour faire passer les ordres et instructions aux corps de garde de Plouescat, du Coréjou et autres »A. Dupuy, Plounéour-Trez et Plouguerneau, deux communes du Finistère pendant la Terreur, revue "Annales de Bretagne" , juillet 1887, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k214900h/f527.image.r=Plouguerneau.langFR. En , un arbre de la liberté est planté dans la commune près de la mairie lors d'une cérémonie solennelle au cours de laquelle Bihan-Poudec, procureur-syndic de la commune prononce un discours patriotique en présence des membres des municipalités de Plounéour-Trez, Goulven, Tréflez et Kerlouan et d'un détachement de 60 hommes de la garde nationale commandés par le capitaine PasquierA. Dupuy, Plounéour-Trez et Plouguerneau, deux communes du Finistère pendant la Terreur ( partie), revue "Annales de Bretagne" , novembre 1887, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k214901w/f46.image.r=Plouguerneau.langFR.