Châteaulin (prononcé : Prononciation en français de France retranscrite selon la norme API. ; ) est une commune française du département du Finistère, en région Bretagne.

Géographie

Situation et site

Châteaulin est située au centre du département du Finistère, à l'ouest du bassin de Châteaulin et près de l'entrée de la presqu'île de Crozon. La commune est entourée des collines du Massif armoricain, les monts d'Arrée au nord-est, les montagnes Noires au sud-est et le Ménez Hom à l'ouest. La ville est née sur une butte, formant initialement un site fortifié portant le château, de la rive concave, aussi rive gauche, d'un méandre de l'Aulne, même si la ville s'est par la suite surtout développée sur la rive droite du méandre formé par la rive convexe du même méandre ; c'est une « ville-pont » qui s'est développée au niveau du dernier pont sur l'Aulne avant l'estuaire et la rade de Brest, là où cessaient les possibilités de navigation maritime (même si Port-Launay, un peu plus en aval a été le port principal) ; l'aménagement de l'Aulne lors de la construction du canal de Nantes à Brest en a fait aussi un port fluvial pendant la majeure partie du et le début du .

Topographie vignette|500px|center|Châteaulin vu depuis les hauteurs de la montagne de Saint-Gildas (en Plomodiern). La topographie de la commune est assez accidentée, avec des dénivelés notables : les bords de l'Aulne sont à d'altitude à hauteur de la ville, les buttes schisteuses de la rive gauche s'élèvent jusqu'à d'altitude à proximité même de l'Aulne, l'altitude record atteignant même , à la lisière du bois de Saint-Gildas, au sud-est du finage communal, à la limite communale avec Cast. Les méandres très prononcés de l'Aulne donnent à la commune des limites assez sinueuses, en raison principalement du méandre du Quinquis-Pennarpont, situé à l'est du finage communal, qui contient notamment la chapelle de Kerluhan, dont toute la rive convexe appartient à la commune de Châteaulin, mais qui est séparée de la ville par un autre méandre constituant la commune de Saint-Coulitz. La partie nord du territoire communal s'élève jusqu'à , au nord-est de la chapelle de Lospars, à la limite communale avec Pleyben, mais atteint déjà au Pouillot, la côte de Stang ar Garront avec sa pente forte et sa longueur expliquant la célébrité de la course cycliste les boucles de l'Aulne.

Géologie vignette|Carte géologique du Massif armoricain. vignette|Reconstruction moderne de la Pangée (il y a 237 millions d'années). La collision entre la Laurussia et le Gondwana à l'origine de ce supercontinent est le moteur de l'orogène varisque ( sur la carte) dont l'empreinte subsiste notamment à travers l'Europe (dessinant un V dont la pointe serait le Massif central).

Châteaulin correspond à la terminaison occidentale du synclinorium médian armoricain qui s'étale en une vaste région de composition complexe, de la rade de Brest à Morlaix. Limitée au nord par les monts d'Arrée et la vallée de l'Élorn, tranché à l'ouest par les falaises de la rade de Brest et de la presqu'île de Crozon, bordé au sud par les montagnes Noires, et pincé à l'est par deux failles, cette unité sédimentaire et tectonique a été dénommée dès 1886 par le géologue Charles Barrois, « bassin de Châteaulin ».. Cependant, .

Le bassin très subsident de Châteaulin-Carhaix est une dépression qui s'étend sur une longueur approximative de , creusée dans des molasses métamorphisées en schistes à dominante carbonifère.

La géologie du bassin de Châteaulin se caractérise notamment par les « schistes de Châteaulin » qui présentent des veines ardoisières exploitées depuis plusieurs siècles. Si les schistes ardoisiers sont utilisés dès le Paléolithique (lame polie, gravure), l'époque des premières extractions d'ardoises de couverture dans cette région reste encore imprécisée mais la cathédrale de Quimper emploie les ardoises de Laz et de Gouézec dès le , l'église Saint-Maclou de Rouen fait appel vers 1526 à l'ardoise de Châteaulin. Au , les carrières sont cantonnées dans les environs de Châteaulin, tout près de l'estuaire de l'Aulne et assurent la prospérité de Port-Launay qui transporte les ardoises par péniche jusqu'à la rade de Brest, d'où elles sont exportées jusqu'en Normandie par petits caboteurs.. L'activité reste importante au Les ardoisières de Châteaulin sont abandonnées à la fin du , celles de Gourin, Motreff, Plévin et Maël-Carhaix cessent leur exploitation vers 1960, l'ardoisière du Rick en 1978. Simultanément, de petites ardoisières artisanales s'ouvrent dans ce secteur pour le façonnage d'ardoises rustiques à l'ancienne. La seule exploitation importante reste celle des « Ardoisières de Moulin-de-la-Lande » près de Maël-Carhaix qui ferme en 1984 mais rouvre en 1989 sous l'impulsion d'Yvon Barazer qui équipe la mine de machines modernes. Cf , ., dans des ardoisières dont le développement est favorisé par leur proximité avec le canal de Nantes à Brest, le chemin de fer à voie étroite et l'amélioration du réseau routier. Le principal centre s'étend alors vers Motreff et Carhaix qui développent des exploitations mécanisées (outillage des mines tels que marteaux-pneumatiques, treuil puissant, compresseurs à air, pompes d'exhaure).. Les veines étaient de bonne qualité (le pendage subvertical en facilitant la taille) et économiquement viables en raison du très bas prix de la main d'œuvre. Mais les sites disposaient de niveaux ardoisiers de faible épaisseur et en carrière souterraine (celles à ciel ouvert ayant été épuisées), si bien que ces exploitations bretonnes n'ont pas résisté à la concurrence industrielle des grandes ardoisières de Trélazé et des ardoises d'Espagne, ces dernières assurant 80 % de la demande française. La falaise noire de la colline qui domine le quai Carnot à Châteaulin, abritait plusieurs carrières en bordure du canal P. Le Berre, [Les ardoisières de la bordure sud du Bassin de Châteaulin], BRGM, 199, p. 7-8. D'anciens terrils sont encore visibles. La roche montre des alternances de schistes noirs, ardoisiers, et wackes, caractéristiques de la Formation de Pont-de-BuisFormation composée de rythmes sédimentaires composés de wacke de granulométrie moyenne (bancs de 60 à 70 cm de puissance, riches en plantes flottées), de wacke fine à minces stratifications entrecroisées, de niveaux à lamines (shales noirs avec lits centimétriques gréso-argileux) et de schistes noirs. Cf .. Les rapports géométriques entre plan de stratification et plan de schistosité peuvent y être déchiffrésLes deux surfaces orientées entre N120° et N140°E sont pentées vers le nord-est ; le pendage de la schistosité est toujours plus fort que celui de la stratification et conduisent à replacer ces affleurements sur le flanc normal, peu incliné, d'un pli anticlinal déjeté vers le Sud-Ouest Y. Plusquellec, J. Rolet, J.-R. Darboux, Carte géologique de la France à 1/50 000. N°310, Châteaulin, éditions du BRGM, 1999, p. 140. Ces schistes et wackes noirs (contenant des plantes flottées et d'anciens débris végétaux pouvant atteindre 7 % en poids de la roche totale) Villey et al., Notice explicative de la feuille Carhaix-Plouguer au 1/50 000, éditions du BRGM, 1982, p. 14 constituent un véritables musée géologique à ciel ouvert, témoin de la biodiversité exceptionnelle au Carbonifère. En effet à cette époque, le Gondwana entre en collision avec la Laurussia (approximativement l'Amérique du Nord, l'Europe limitée à peu près au niveau actuel de l'Oural) puis avec la Sibérie, à l'origine de la chaîne hercynienne et de la Pangée. Ce supercontinent forme alors un vaste domaine continental réparti de part et d'autre de l'équateur. Il bénéfice d'un climat tropical chaud et humide et voit le développement de la plus vaste forêt équatoriale qu'ait connue notre planète. Dans les marécages côtiers, couverts par une végétation luxuriante (fougères arborescentes, prêles, sphaignes, mousses, gymnospermes et un groupe botanique aujourd'hui disparu, celui des lycophytes), se sont décomposés ces végétaux. Ils ont ainsi contribué à la formation des couches de roches riches en débris végétaux et en matière carbonée, notamment celles du bassin de Châteaulin, mais aussi les roches carbonées de type charbon des bassins houillers..

Ville carrefour vignette|left|L'ancien viaduc ferroviaire du « Réseau breton », reconverti en viaduc routier ( à sens unique, en raison de son étroitesse) vignette|Le viaduc ferroviaire de la ligne Landerneau-Quimper vu depuis l'écluse de Guily-Glaz (en Port-Launay)

En raison de sa situation géographique, Châteaulin est une ville carrefour : elle est au carrefour de deux voies rapides, la Route nationale 165 reliant Nantes à Brest en passant par Vannes, Lorient et Quimper et la Route nationale 164 reliant Châteaulin à Rennes via Carhaix et Loudéac qui communiquent entre elles grâce à l'échangeur de Pouillot; de plus la Route départementale 788, qui part du même échangeur et traverse la ville, est l'un des deux axes routiers principaux permettant d'accéder à la presqu'île de Crozon.

Châteaulin fut également un carrefour ferroviaire : si la voie ferrée à voie unique allant de Landerneau à Quimper (connue initialement sous le nom de Ligne de Savenay à Landerneau et à voie normale subsiste toujours et permet à Châteaulin de disposer d'une gare, dénommée Châteaulin embranchement, (le trafic est presque uniquement constitué de TER assurant la liaison Brest-Quimper), l'ancienne voie ferrée à voie métrique du Réseau breton (ligne de Carhaix à Camaret-sur-Mer, ouverte en 1906 pour sa section allant de Châteaulin à Carhaix et en 1923 pour sa section allant de Châteaulin à Crozon, prolongée en 1925 jusqu'à Camaret-sur-Mer, possédait sa propre gare dénommée Châteaulin-Ville. Cette ligne a fermé en 1967.

En raison de la topographie accidentée de la ville, deux viaducs ont été nécessaires pour permettre à ces voies ferrées de franchir la vallée encaissée de l'Aulne ; l'un, en aval de Châteaulin, sur le territoire de la commune de Port-Launay, permet à la voie ferrée à voie normale de franchir cette vallée, l'autre, courbe, situé en peine ville, permettait à la ligne du Réseau breton de se diriger en direction de la presqu'île de Crozon ; il a été reconverti en viaduc routier, à sens unique en raison de son étroitesse.

La ville fut aussi un port fluvio-maritime dont l'importance fut notable pendant l'époque où le Canal de Nantes à Brest était en service (des premières décennies du jusqu'en 1942), même si c'était à Port-Launay que s'opéraient les transbordements entre les péniches et les bateaux de mer.

Hydrographie Réseau hydrographique

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Aulne, le canal de Nantes à Brest et divers autres petits cours d'eau.

L'Aulne, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Lohuec et se jette dans la rade de Brest en limite de Landévennec et de Rosnoen, après avoir traversé .. Les caractéristiques hydrologiques de l'Aulne sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 168 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/06/2010 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour..

Le canal de Nantes à Brest est un canal, chenal et un estuaire et un cours d'eau naturel navigable sur une grande partie de son cours, d'une longueur de . Il prend sa source dans la commune de Nort-sur-Erdre et se jette dans la Loire à Nantes.

Crues de l'Aulne et les inondations