Cléder (Kleder en breton), est une commune française située dans le département du Finistère, en région Bretagne.
Au cœur de la Ceinture dorée, la ville dispose à la fois de vastes exploitations agricoles (champs et serres) et d'une façade littorale avec de grandes plages de sable fin et une nature préservée.
Géographie Localisation Cléder est située en bordure de la Manche, proche de Saint-Pol-de-Léon et entre les communes de Plouescat, Sibiril, Tréflaouénan et Saint-Vougay. Sa superficie est de hectares (soit ). La distance entre Cléder et Morlaix est (Morlaix se trouve au sud-est de Cléder).
Cléder fit partie de la Communauté de communes de la Baie du Kernic jusqu'à sa fusion avec la communauté de communes du Pays Léonard, et désormais, depuis le , de Haut-Léon Communauté.
Description
vignette|centré|600px|La plage des Amiets, vue panoramique. Le littoral, orienté est-ouest et à dominante sableuse (d'où l'appellation touristique de « Côte des Sables ».), bordé d'un cordon dunaire de faible hauteur ( maximum) et peu large, va de l'estuaire du Pont-Neuf (où se jette un minuscule fleuve côtier, qui sert de limite avec Sibiril) à l'est, à la plage de Kerfissien à l'ouest, en passant par Tévenn Braz, les plages de Groac'h Zu et de Kervaliou et la plage des Amiets ; quelques pointes rocheuses très modestes an Holed, an Amied) les séparant.
Ce littoral, anciennement marécageux (un hameau de Cléder porte le toponyme révélateur de « Palud ») et tourbeux (une grande tourbièreCes tourbes proviennent de végétaux qui vivaient là à des époques où le niveau de la mer était inférieur au niveau actuel. existait devant Kerrien et Roguennic avant les aménagements survenus pendant la seconde moitié du ).). est très fragile et menacé par l'érosion ; le cordon dunaire est régulièrement aminci par les tempêtes et sa rupture éventuelle menacerait les maisons, des résidences secondaires pour la plupart, situées juste en arrière. Chaque année, il faut réensabler (« On a remonté l'hiver dernier » [hiver 2016-2017] dit le maire, Gérard Daniélou, qui voudrait prolonger les enrochements déjà existants, mais cela est désormais interdit, car la commune est classée « Site remarquable » depuis 1986https://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/cleder-contre-l-erosion-dunaire-le-maire-veut-enrocher-5492258, https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/finistere/cleder-tempetes-ont-reduit-cordon-dunaire-1396595.html et https://www.francetvinfo.fr/meteo/tempete/tempete-eleanor/finistere-les-dunes-mises-a-mal_2547007.html.
L'érosion modifie même les paysages rocheux : la roche connue sous le nom "le macareux de Cléder" a ainsi disparu lors d'une tempête en 2009.
Le bourg de Cléder s'est développé sur le plateau, vers d'altitude, à l'écart de la côte, comme c'est le cas pour la plupart des communes voisines, probablement en raison des menaces que représentait le littoral en raison des dangers d'incursions d'envahisseurs venus de la mer et de son caractère inhospitalier, le dit littoral n'étant pas propice à un développement portuaire, même si un modeste port de plaisance a été aménagé au Poulennou dans le cours du . et était traditionnellement peu habité. Ce plateau est troué de quelques vallons creusés par de minuscules fleuves côtiers coulant sud-nord, à l'exception du Kérallé, qui coule est-ouest car il se jette dans l'anse de Kernic. Les altitudes les plus élevées ( au maximum) se rencontrent dans la partie sud du finage communal.
Paradoxalement, malgré la proximité de la mer, Cléder était avant tout une paroisse, et est encore une commune rurale, faisant partie de la Ceinture dorée, cultivant choux-fleurs, artichauts, oignons de Roscoff (AOC), échalotes, etc.
L'habitat rural traditionnel est dispersé en un grand nombre de hameaux et fermes isolées, répartis dans l'ensemble du territoire communal. Ce n'est que dans la seconde moitié du que des lotissements touristiques se sont créés le long du littoral, juste en arrière du cordon de dunes.
Cadre géologique vignette|Carte géologique simplifiée du Massif armoricain.
Cléder est au nord-est du domaine structural de la zone de Léon qui constitue un vaste antiforme granitique et métamorphique de sur orienté NE-SW. Postérieurement au métamorphisme hercynien, se développe un important plutonisme : le chapelet nord de granites rouges tardifs (ceinture batholitique de granites individualisé pour la première fois par le géologue Charles Barrois en 1909C. Barrois, Carte géologique à 1/80000, feuille Lannion (), 1909., formant de Ouessant à Barfleur (Aber-Ildut, Carantec, Ploumanac'h, puis Flamanville et Barfleur, un alignement de plutons de direction cadomienne, contrôlé par les grands accidents directionnels WSW-ENE), datés aux alentours de 300 Ma, correspond à un magmatisme permien.. L'orogenèse hercynienne se termine par la formation de deux accidents crustaux majeurs qui décalent les granites carbonifères : le décrochement dextre nord-armoricain (faille de Molène – Moncontour) et le cisaillement senestre de Porspoder-Guissény (CPG).. Le plutonisme sur le territoire de Cléder se traduit par la mise en place du massif de monzogranite de Brignogan-Plouescat-Cléder qui forme un pluton unique, coupé par le décrochement de Porspoder (baie de Goulven). Le monzogranite de Cléder est constitué par un faciès à mégacristaux d'orthose () et avec un peu de muscovite. Cette venue granitique est associée au fonctionnement de la faille de PorspoderMarcoux, , p. 27-29.
Le granite de Cléder est gris très clair, avec une faible nuance bleutée dans ses parties les plus saines, à grains moyens, et présente une texture porphyroïde. Plusieurs facteurs (aptitude à la taille, très grande résistance aux agents météoriques, extraction aisée sur le littoral clédérois où le granite affleure sous forme de chaos de boules énormes) expliquent l'engouement pluriséculaire pour cette roche qui offre les qualités permettant l'obtention de pierres de taille : par exemple, depuis des carrières exploitées à ciel ouvert situées près du littoral aux lieux-dits "La Grève Blanche" et "Port-Neuf" ainsi qu'à la pointe de Theven Braz. Le granite de Cléder fut utilisé pour construire le château de Kergounadeach, l'église de Plouénan et de Saint-Vougay, pour daller les églises de Tréflez, de Roscoff et du Kreisker, ou pour construite des ouvrages d'art sur la ligne ferroviaire allant de Morlaix à Roscoff. Les carrières aujourd'hui abandonnées occupaient à la fin du près de tailleurs de pierre sur le territoire de Cléder. qui faisait figure à cette époque de « petite capitale du granite », « petite » car cette roche était concurrencée à Morlaix par des granites plus distaux comme ceux de l'Île-Grande..
En 1875, Émile Cartailhac écrit : « Entre le bourg de Cléder et celui de Plouescat est une étendue de terrain très considérable, couverte d'une grande quantité d'énormes pierres brutes, usées et arrondies avec le temps. La plus grosse de ces pierres, qui obstruait le chemin de Plouescat ayant été brisée, on trouva dessous plusieurs haches en bronze et beaucoup d'instruments du même métal d'une forme et d'un usage inconnu »Émile Cartailhac, "Dictionnaire archéologique de la Gaule : époque celtique", tome 1, 1875, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97696550/f305.image.r=Cl%C3%A9derP. Galliou, Carte Archéologique de la Gaule: Finistère, Académie des inscriptions et belles-lettres, 2010, avec références bibliographiques.
Touristiquement, les principaux aspects de la géologie de la région peuvent être abordés au cours de promenades géologiques qui permettent d'observer sur un espace réduit des roches d'âge et de nature différents, témoins de phénomènes géologiques d'ampleur (magmatisme, tectogenèse, métamorphisme, érosion…)..
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Kerallé et divers autres petits cours d'eau.
Le Kerallé, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Saint-Vougay et se jette dans la Manche entre les communes de Plouescat et de Plounévez-Lochrist, après avoir traversé .
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de CléderLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Servais à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Cléder est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Cléder, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Roscoff - Saint-Pol-de-Léon, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
La commune, bordée par la Manche, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d'urbanisme s'y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l'équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (89,2 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (90,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante :