La Haute-Vienne ( ou Prononciation en français standard retranscrite phonémiquement selon la norme API.) est un département français, situé dans la région Nouvelle-Aquitaine. Sa préfecture et sa principale ville est Limoges. L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et La Poste lui attribuent le code 87.
Situé au carrefour des axes de liaison historiques entre Paris et Toulouse (nord-sud) et l'océan Atlantique et le Massif central (ouest-est), le département occupe la partie ouest de l'ancienne province du Limousin qui recouvrait aussi une partie des actuels départements de la Creuse et de la Corrèze.
Géographie
Situation
La Haute-Vienne fait partie de la région Nouvelle-Aquitaine, anciennement et historiquement du Limousin et de la Marche. Elle est limitrophe de six départements : la Creuse (préfecture : Guéret) à l'est, la Corrèze (préfecture : Tulle) au sud-est, la Dordogne (préfecture : Périgueux) au sud-ouest, la Charente (préfecture : Angoulême) à l'ouest, la Vienne (préfecture : Poitiers) au nord-ouest et l'Indre (préfecture : Châteauroux) au nord. Elle est drainée principalement par deux cours d'eau qui la traversent d'est en ouest : la Vienne, qui lui donne son nom et qui arrose les deux villes principales, Limoges et Saint-Junien, et la Gartempe, affluent indirect de la Vienne via la Creuse, au nord.
Le département est situé sur la bordure nord-ouest du Massif central ; son altitude est ainsi comprise entre dans la vallée de la Gartempe et près du lac de Vassivière, dans la montagne. Le point culminant du département est le « puy Lagarde »Le Conseil départemental de la Haute-Vienne annonce le toponyme « Mont Crozat ». Le site de Quid présente « bois de Crozat ». Le site du tourisme en Haute-Vienne (édité par la SPL Terres de Limousin) définit même le mont Gargan () comme sommet. Odile Faure détermine comme point culminant le « puy de Crozat » dans son livre « Le Massif central », publié en 2005 aux Éditions Ouest-France. Sur ses cartes, l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN) donne une altitude de au « Bois de Crosas », sur la commune de Peyrat-le-Château, mais un point à , nommé « puy Lagarde », est inscrit sur la limite entre Creuse et Haute-Vienne. Enfin, le nom de « mont de Lauzat » est parfois retrouvé comme point le plus haut du département. Le véritable nom du Mont de Lauzat est le Puy Lauzat (commune de Nedde), mais il n'a que d'altitude. avec une hauteur de . Le chef-lieu de commune le plus bas est Saillat-sur-Vienne () et le plus élevé Beaumont-du-Lac ().
La Haute-Vienne possède ha de bois, soit un taux de boisement de 29,6 %. Le département arrive en dernière position régionale, puisque la Corrèze affiche un taux de plus de 45 %, et la Creuse est recouverte à 29,8 % de forêtsSource DIREN et IFN 2003-2004. Il y a près de km de cours d'eau.
Espaces naturels vignette|Carte hydrographique de la Haute-Vienne. vignette|Paysage près de Saint-Laurent-les-Églises.
Les entités géographiques qui forment la Haute-Vienne sont moins distinctes que celles de la Corrèze voisine, mais les paysages diffèrent toutefois en s'organisant en quatre grands ensembles : la « Basse Marche », occupant un tiers nord du département, s'organisant autour de la vallée de la Gartempe, et délimitée au sud par les monts de Blond, le pays de Saint-Pardoux et les monts d'Ambazac. Constituant la zone la plus plane du département, son altitude varie de 120 à . Elle rassemble environ . Principales villes : Bellac, Magnac-Laval, Le Dorat, Châteauponsac ; la moyenne « vallée de la Vienne », en aval de sa confluence avec le Taurion, et à laquelle on peut ajouter les zones environnantes et les vallées des principaux affluents, tels l'Aurence et la Glane en rive droite, et la Briance, l'Aixette et la Gorre en rive gauche. Cette partie concentre la majeure partie de la population (environ ) et des villes. Son altitude varie de 150 à . Principales villes : Limoges, Saint-Junien, Rochechouart, Aixe-sur-Vienne, Nexon, Pierre-Buffière ; le « plateau limousin », qui s'étend sur la moitié sud du département, en rive gauche de la Vienne. Légèrement vallonné, entaillé par quelques vallées marquées (Briance, Ligoure), son altitude varie de à . Le secteur est émaillé de petits massifs d'altitude modeste, comme les monts de Châlus et les monts de Fayat, qui dépassent les . La zone rassemble environ . Principales villes (du sud-ouest vers l'est) : Châlus, Saint-Yrieix-la-Perche, Châteauneuf-la-Forêt, Saint-Léonard-de-Noblat, Bessines-sur-Gartempe ; la « montagne », regroupant les monts du Limousin et les monts de la Marche, couvrant les franges orientales du département (monts d'Ambazac au nord-est, plateau de Millevaches et mont Gargan au sud-est), auxquels on peut ajouter les monts de Blond au nord-ouest. La limite entre cette zone et les autres est parfois floue, tant les similitudes entre les collines de faible altitude et les sommets les plus hauts. Son altitude varie de 450 à . La zone rassemble environ . Principales villes : Eymoutiers, Ambazac.
Protection de la nature La Haute-Vienne abrite deux réserves naturelles nationales (RNN de la Tourbière des Dauges et réserve naturelle nationale de l'astroblème de Rochechouart-Chassenon), 2 réserves naturelles régionales (réserve naturelle régionale des Sauvages et réserve naturelle régionale du réseau de landes atlantiques du Parc naturel régional Périgord-Limousin), ainsi que 13 sites Natura 2000 et 122 liste des zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique de la Haute-Vienne (ZNIEFF).
Climat
vignette|Givre à Châlus en décembre.
La Haute-Vienne bénéficie d'un climat de type océanique aquitain atténué, subissant une influence montagnarde due à la proximité du Massif central et à l'altitude. Les hivers peuvent être neigeux, particulièrement sur le relief, mais il n'est plus inhabituel de n'avoir qu'un ou deux jours de neige à Limoges. Les étés peuvent être beaux et très chauds, comme très humides. L'automne est souvent agréable et ensoleillé ; septembre et octobre sont rarement froids.
Données climatiques et températuresClimat de Limoges – Haute-Vienne sur le site linternaute.com pour la ville de Limoges :
Limoges Moyenne nationale Ensoleillement 1974 h/an 1973 h/an Pluie /an /an Neige 18 j/an 14 j/an Orage 23 j/an 22 j/an Brouillard 85 j/an 40 j/an Gel env. 75 ~
Records de températures Basses Élevées janvier (1985) + (1999) février (1956) + (2019) mars (1964) + (2005) avril (1970) + (2005) mai (1957) + (2005) juin + (1969) +39,3 °C (2026) juillet + (1954) + (2022) août + (1966) + (2003) septembre (1962) + (2022) octobre (1955) + (2011) novembre (1993) + (1981) décembre (1994) + (1983)
Toponymie Il tire son nom de la rivière Vienne, qui le traverse d'est en ouest.
Son nom est aussi adapté aux deux langues régionales. En limousin, dialecte occitan, le département est appelé « Nauta Vienna » ou Yves Lavalade, « Dictionnaire toponymique de la Haute-Vienne : Noms de communes, noms de lieux habités, noms ethniques, noms de cours d'eau, noms cadastraux, dialectologie occitane, index toponymique, annexes », Éditions Lucien Souny, Limoges, 2000.. En marchois, dialecte du Croissant (langue intermédiaire entre occitan et langue d'oïl) et parlé dans le nord du département, le nom est « Naute Vienne » ou « Aute Vienne »...
Histoire
vignette|Carte du département de la Haute-Vienne, 1790.
Le département a été créé à la Révolution française, le , en application de la loi du , à partir d'une partie de la province du Limousin (pour la moitié sud du département) et du comté de la Marche (sa moitié nord), ainsi que de quelques communes de l'Angoumois (au sud-ouest) et du Poitou (Rochechouart). Il hérite provisoirement du numéro 81 et devient le département au avec l'ajout de départements dans l'Est et le Nord-Est.
Il tire son nom de la rivière qui le traverse, la Vienne, affluent en rive gauche de la Loire, née sur le plateau de Millevaches en Corrèze.
Origines vignette|Dolmen à Verneuil-sur-Vienne.
Peu de vestiges préhistoriques ont été découverts sur le territoire qui correspond à l'actuel département. Quelques pièces et vestiges du Paléolithique et Mésolithique ont néanmoins été découvertes près de Saint-Jean-Ligoure et dans les vallées de la Gartempe et de la Vienne.. L'avènement de l'agriculture et de nouvelles techniques plus élaborées ont permis la découverte de céramiques dans l'abri de la Roche aux fées, à Cieux..
L'installation humaine du Néolithique est plus facilement prouvée par différents ensembles mégalithiques, comme le dolmen de Chez Boucher à La Croix-sur-Gartempe, ou celui de la Borderie, à Berneuil (-2650 av. J.-C.) et à Breuilaufa, et le mobilier funéraire trouvé avec attestant du commerce (flèches, coquillages, parures, …).. L'arrivée de l'âge du bronze est illustrée par les haches trouvées à Châlus..
Période gallo-romaine vignette|La voie d'Agrippa en Charente
L'arrivée des Romains avec la conquête de la Gaule se fait sur un territoire occupé par le peuple gaulois des Lémovices, qui donne son nom à la ville de Limoges et au Limousin. d'entre eux furent envoyés à Alésia, menés par le chef Sedullos. Le commerce s'organise dans une région abritant des ressources importantes minières : or à Saint-Yrieix-la-Perche.., exploité jusqu'à la fin du , et étain. Agricoles, avec le vin dont la production est justifiée par la découverte d'amphores à Saint-Gence..
Sous le règne d'Auguste, AugustoritumJean-Michel Desbordes et Jean-Pierre Loustaud, « Limoges antique », Collection « Guides archéologiques de la France », Imprimerie nationale, Paris, 1991 (littéralement le « gué d'Auguste »), l'actuelle Limoges est fondée sur la Vienne. L'établissement de la ville fait suite à une première capitale des Lémovices située sur un oppidum plus en amont, à « Villejoubert », près de Saint-Denis-des-Murs. Son importance est vite remarquée par l'existence d'un grand amphithéâtre romain et la position au carrefour de deux grandes voies romaines : la Via Agrippa, reliant « Lugdunum » (Lyon) à « Mediolanum Santonum » (Saintes), et une autre voie reliant l'Armorique et « Avaricum » (Bourges) à la Méditerranée.
Forte de sa position stratégique, Augustoritum fait partie de la province Aquitaine, tout comme d'autres localités : « Rongomagus » (Rancon), « Blatomagus » (Blond) et « Carovicus » (Château-Chervix).
Avec les premières tensions extérieures et les invasions barbares, la cité connaît un déclin dès le .
Moyen Âge vignette|gauche|Blason du duché d'Aquitaine. vignette|Saint Éloi. vignette|gauche|Vicomté de Limoges. vignette|150px|Édouard de Woodstock, dit le « Prince noir ».
La région est christianisée à partir du , mais la progression du christianisme sera lente et demeurera imparfaite. Un réseau paroissial important se constitue durant la période mérovingienne et la présence d'ermites entraîne un culte posthume de ces hommes, autour de leurs tombeaux. La domination des Wisigoths est de courte durée, car le roi franc s'empare du Limousin après la bataille de Vouillé en 507. Querelles et révoltes se multiplient, et la région est rattachée au duché d'Aquitaine en 674. La vicomté de Limoges est bientôt créée.
Des communautés religieuses sont fondées : Solignac est fondée par Éloi de Noyon ; Saint-Martial en 848. En 994, les reliques de saint Martial sont exposées afin d'éradiquer le « mal des ardents » ; ce sont les premières ostensions limousines. L'abbaye de Saint-Martial possède un imposant patrimoine. C'est aussi l'époque de prospérité de l'ordre de Grandmont, fondé par les disciples d'Étienne de Muret. Ces monastères œuvrent, en plus de leur rôle de christianisation, pour l'aménagement du territoire et l'agriculture.