Loctudy est une commune du sud du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France, littorale de l'océan Atlantique.
Son activité se partage entre la pêche, la navigation de plaisance et le tourisme.
Ses habitants sont les Loctudistes, en breton Loktudiadez.
Avec ses quatre monuments classés au titre de monument historique, la commune présente des édifices ou constructions du néolithique (Menhir de Penglaouic) et des quatre périodes historiques : la stèle cannelée du placître de l'église (Antiquité), l'église romane Saint-Tudy (Moyen Âge), le manoir de Kerazan (Époque moderne et ) et l'ancienne conserverie Alexis Le Gall (époque contemporaine, ), mais aucune source manuscrite antérieure au Moyen Âge évoquant le lieu n'a été retrouvée.
Occupé dès le néolithique, christianisé vers le , Loctudy demeure un village agricole pendant très longtemps, faisant partie de la seigneurie de Pont-l'Abbé jusqu'à la Révolution française. Loctudy s'ouvre au tourisme, plutôt aristocratique, à la fin du , à l'instigation notable de Marie de Kerstrat, en parallèle avec le commerce de la pomme de terre, qui se développe tout au long du siècle, à la suite de la construction du premier quai en 1848. Se tournant peu à peu vers la mer, c'est véritablement après la Seconde Guerre mondiale que la pêche devient une activité importante et lucrative pour la ville, à Larvor au départ. Une criée est construite en 1965, dix ans après le premier hangar à poissons. Le port de Loctudy est le cinquième de France dans les années 1960 et 1970, avant de connaître un déclin en partie pallié par la construction en 1992 d'un port de plaisance.
Géographie Localisation vignette|Maxime Maufra : Crépuscule jaune sur les vasières, Loctudy (1898, musée des beaux-arts de Quimper). Cette commune se situe sur la côte au sud-ouest du département du Finistère, en Pays Bigouden, sur la rive droite de l'estuaire de la Rivière de Pont-l'Abbé, nettement à l'est de la pointe de Penmarc'h.
Les deux communes limitrophes sont Pont-l'Abbé (Pont-'n-Abad) et Plobannalec-Lesconil (Pornaleg Leskon). La commune de l'Île-Tudy (Enez Tudi), ancienne île devenue presqu'île se trouve en vis-à-vis, de l'autre côté de l'estuaire. Un canot passeur permet de passer d'une rive à l'autre depuis longtemps, mais des accidents sont parfois survenus, par exemple le (le canot se renverse, mais les deux hommes à bord sont sauvés). ou encore le (là encore les deux hommes à bord sont sauvés).. vignette|centre|350px|Loctudy : maisons le long de la mer entre la pointe de Langoz et le port. Le littoral, long de presque huit kilomètres, est formé principalement de plages sablonneuses (plages de Langoz, de Kervilzic, de Lodonnec, de Pich Poud, de Polluen, des Sables Blancs)., bordées de dunes basses, sauf aux pointes de Langoz, de Kérafédé, de Saint-Oual, où existent quelques falaises et un platier rocheux assez large, principalement au niveau des roches Doubennec et Enizan, cette dernière face au port de Lesconil.
Description Le littoral entre la pointe de Langoz et la pointe de Saint-Oual
Le littoral entre la pointe de Saint-Oual et le Stêr
La partie de la rive droite de la rivière de Pont-l'Abbé située en Loctudy inclut les îles Queffen, Garo et aux Rats et va jusqu'au menhir de Penglaouic, recouvert partiellement par l'eau à marée haute. Le port est situé dans l'embouchure de la rivière de Pont-l'Abbé et il est protégé des vents dominants d'ouest. Il dispose d'un chenal d'accès de bonne profondeur naturelle. Le littoral de la rivière de Pont-l'Abbé (partie située en Loctudy)
Les Vasières de la Rivière de Pont-l'Abbé, qui font partie du domaine public maritime et situées à cheval sur le territoire des communes de Pont-l'Abbé et de Loctudy, constituées de vasières et schorres, sont une ZNIEFF (Zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique) de , réserve de chasse et de faune sauvage, servant en particulier de zone d'hivernage à de nombreuses espèces d'oiseaux..
Géologie Sur le plan géologique, Loctudy fait partie du domaine sud armoricain du Massif armoricain marqué par le cisaillement sud-armoricain. Cette immense faille se manifeste essentiellement par des roches magmatiques de type granite armant les reliefs qui constituent les contreforts du haut pays bigouden..
Loctudy, ainsi que les communes voisines de Plobannalec, Treffiagat, Guilvinec, Pont-l'Abbé, Combrit, les deux tiers sud de Plomeur et une partie de Penmarch sont constitués de leucogranite dit de Pont-l'Abbé, formant les saillies de la côte tandis que les rentrants, moins résistants à l'érosion, sont occupés par des cordons sableux..
La forêt sous-marine de Loctudy vignette|Carte de la « forêt sous-marine de Loctudy » (par Camille Vallaux). Le géographe Camille Vallaux, qui a trouvé des arbres enlisésDes faits analogues ont été trouvés ailleurs, par exemple sur la plage de Berheaume, à Tréompan, dans la baie de Goulven ou encore dans la baie du Mont-Saint-Michel sur la plage de Kervilzic, décrit ainsi la « forêt sous-marine de Loctudy » en 1906 :
Les tourbières submergées de Loctudy avaient déjà été décrites en 1888 par Victor Meunier : « Dans les grandes marées, à mer basse, on voit (...) dans deux anses, l'une à l'ouest, l'autre à l'est de la pointe dite Bec-Querfédé, la dernière connue sous le nom d'anse de Corn-Guernic (...) des tourbières ayant jusqu'à un mètre d'épaisseur. (..) Monsieur du Chatellier (...) a eu le bonheur de rencontrer nombre d'arbres couchés dans la tourbe, et tous couchés du sud-est au nord-est (...). Ces arbres ont évidemment fait partie d'une veste forêt s'étendant sur toute cette partie de notre littoral. À quelle époque a-t-elle été engloutie ? Est-ce au cinquième, est-ce au sixième siècle ? »..
De là provient probablement la légende rapportée par Paul Sébillot, et avant lui par Jacques Cambry, racontant qu'« à chaque printemps une procession sortie de l'église de Loctudy se rendait à l'une des îles [de l'archipel des Glénan], en suivant une allée de grands arbres »..
Le Ster Kerdour
Le marais maritime de Brémoguer transformait à marée haute Larvor en presqu'île jusqu'à la construction de la digue de Ster Kerdour. Le Ster Kerdour est une ancienne zone de prairies marécageuses (comme l'illustre par exemple le toponyme Pen ar Palud) qui furent poldérisées pendant la décennie 1850 par Hyacinthe Le BleisHyacinthe Le Bleis, né le 3 germinal an XIII () à Pont-l'Abbé, marié le à Pont-l'Abbé avec Constance Pouliquen Quenerdu, constructeur de la minoterie située sur le pont de Pont-l'Abbé en 1849, décédé le à Pont-l'Abbé lors de la construction de la digue de Pen Lan, dans un objectif de valorisation agricole (pour développer principalement des cultures maraîchères). La zone marécageuse du Ster Kerdour, d'une superficie totale de , fait office de « coupure verte » entre Lesconil et Larvor. Le Conservatoire du littoral en a acheté en 2007..
Le déclin progressif de l'agriculture maraîchère dans cette zone à partir des années 1970, a facilité dans la partie sud de ce polder, la plus proche de l'océan Atlantique, gagnée sur le domaine public maritime et située au-dessous du niveau de la mer, sa colonisation par un habitat précaire de loisirs formé de mobil-homes, de caravanes et de cabanes. La progression des friches dans la partie nord de ce polder entraîne la progression de la friche sociale et un mauvais entretien des canaux et fossés de drainage qui tendent à se colmater. Un programme de réhabilitation est en cours.
Le port de Larvor Avant la Seconde Guerre mondiale, le port de Larvor servait principalement d'abri pour des goémoniers (y compris pour le teil-picotAlgue en forme de dentelle revendue et utilisée comme gélifiant dans les produits alimentaires.) , puis, il a été utilisé par des pêcheurs pratiquant notamment la pêche au casier dans l'archipel des Glénan et aussi par des pêcheurs pratiquant la pêche côtière et hauturière, à l'abri de la digue construite par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Désormais, Larvor n'est plus fréquenté que par des plaisanciers, le port comptant une centaine de mouillages.
Traditionnellement, les habitants de Larvor étaient surnommés « Tartares » par ceux du bourg de Loctudy, qui les considéraient « un peu comme des sauvages »..
Une urbanisation diffuse et incontrôlée
Commune traditionnellement paysanne jusqu'au milieu du (son sol limoneux et son climat d'abri lui permirent au de développer une agriculture légumières prospère, notamment de pommes de terres primeur et de carottes), Loctudy a connu une urbanisation importante à partir de la décennie 1960 aux alentours du bourg et aussi par mitage généralisé de l'espace agricole, mais surtout par des constructions individuelles le long du front de mer où les maisons individuelles avec vue sur mer se succèdent désormais presque sans interruption depuis le bourg jusqu'à la palue du Cosquer, la bétonnisation du littoral y étant presque totaleNicole Piriou et Annick Cléac'h, « Le littoral bigouden : un enjeu pour l'urbanisation », dans Le Pays Bigouden à la croisée des chemins, Actes du colloque de Pont-l'Abbé des 19-20-21 novembre 1992, 1993..
Le risque de submersion marine Selon un index global correspondant à l'agrégation de 5 critèresPopulation concernée, pourcentage de la population totale concernée, superficie du bâti exposé, bâti de plain-pied exposé, et part des entreprises situées en zone inondable. effectué en 2011 par l'Observatoire National des Risques NaturelsL'Observatoire National des Risques Naturels a été créé en France en 2012, à la suite des conséquences catastrophiques de la tempête Xynthia de 2010., Loctudy est la sixième commune du Finistère, après Penmarch, Île-Tudy, Treffiagat, Landerneau et Concarneau, la plus exposée au risque de submersion marine avec 23,9 % de sa population totale concernée et 12,03 hectares de bâti exposé au risque de submersion..
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par divers petits cours d'eau.
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de LoctudyLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : l'étang de Kermor, d'une superficie totale de ( sur la commune)..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..